Les Warriors de Golden State (en anglais : Golden State Warriors, GSW, « Guerriers de l’État doré ») sont une franchise californienne de basket-ball de la NBA basée à San Francisco, dans la région de la baie de San Francisco. Elle évolue dans la Conférence Ouest, dans la Division Pacifique, et dispute ses matchs à domicile au Chase Center.
Fondée en 1946 sous le nom de Warriors de Philadelphie, la franchise remporte la première édition du championnat de la BAA, ancêtre de la NBA, en 1947. Elle déménage à San Francisco en 1962, où elle prend le nom de Warriors de San Francisco jusqu'en 1971, et voit évoluer des vedettes du basket-ball des années 1960 et 1970 : Rick Barry, Paul Arizin, Nate Thurmond et surtout Wilt Chamberlain, considéré comme l'un des plus grands basketteurs de l'histoire.
Elle connaît des difficultés par la suite, avant de parvenir à remporter un quatrième titre lors de la saison 2014-2015. Lors de la saison 2015-2016, les Warriors établissent le record du plus grand nombre de victoires en saison régulière, soit 73 matchs gagnés, battant le record de 72 matchs gagnés des Bulls de Chicago durant leur saison 1995-1996. La franchise remporte son cinquième titre lors de la saison 2016-2017, face aux Cavaliers de Cleveland en finale, puis réitère cette performance face au même adversaire l'année suivante, menée par Stephen Curry, Klay Thompson, Draymond Green et Kevin Durant.
Cette franchise est réputée pour son style très offensif (run and gun) : elle figure depuis plusieurs années parmi les meilleures attaques de la ligue. Elle utilise fréquemment un système dit de small ball, avec de plus petits joueurs, pour valoriser l'agilité, la rapidité et le tir à trois points, au détriment de la force physique et du jeu dans la raquette.
Historique
Les Warriors de Philadelphie furent parmi les premières franchises de la BAA. En 1962, ils déménagèrent et devinrent les « San Francisco Warriors ». En 1970, ils changèrent de nouveau leur nom en « Warriors de Golden State » et furent accueillis par la ville d'Oakland. « Golden State » (État doré) est un surnom pour la Californie.
Débuts (1946-1955) thumb|upright|Joe Fulks et Paul Arizin avec les Warriors de Philadelphie en 1952.
Lors de leurs premières saisons, les Warriors sont emmenés par la superstar Joe Fulks qui leur permet de gagner le premier titre de l'histoire de la NBA en 1947, même si c'est Howie Dallmar qui marque le panier de la victoire lors du cinquième match des finales face aux Stags de Chicago. Un an après, ils arrivent encore en finale grâce à une excellente saison de Joe Fulks, mais cette fois-ci ils perdent face aux Washington Capitols. Jusqu'en 1952, les Warriors se font éliminer en demi-finale de conférence malgré l'arrivée de Paul Arizin en 1950. Avec le départ d'Arizin en 1952 et le déclin de Joe Fulks, les Warriors ne se qualifient pas pour les playoffs de 1952 à 1955 malgré un très bon mais trop esseulé Neil Johnston (23,1 points et 13,4 rebonds de 1952 à 1955). Fulks prend sa retraite en 1954 en même temps que le premier entraîneur de la franchise, Edward Gottlieb.
Arizin fait son retour pour la saison 1955-1956. Il est épaulé par un très bon Neil Johnston et grâce à ce duo, les Warriors gagnent le championnat en battant les Fort Wayne Pistons en finale. Ce duo emmène les Warriors encore deux fois en playoffs, avant la retraite de Johnston en 1959.
Ère Wilt Chamberlain et rivalité avec les Celtics de Boston (1959-1965) En 1959, les Warriors sélectionnent Wilt Chamberlain au repêchage. Il ramène les Warriors en playoffs après une excellente saison de rookie (37 points et 27 rebonds de moyenne) en étant bien épaulé par Paul Arizin (22 points et 8 rebonds). En playoffs, après que les Warriors ont éliminé Syracuse au , débute une des plus grandes rivalités de la ligue entre Wilt Chamberlain des Warriors et Bill Russell des Celtics, dont ce dernier sort souvent vainqueur. Boston élimine Philadelphie, 4 matchs à 2.
L'année suivante, les Warriors (toujours emmenés par le duo Arizin-Chamberlain) terminent de la conférence Est derrière Boston. Cependant, en playoffs, Syracuse prend sa revanche sur les Warriors en les éliminant 3 matchs à 0. Pour la saison 1961-1962, Chamberlain réalise la meilleure saison de sa carrière avec plus de 50 points par match, ce qui n'empêcha pas les Warriors de perdre une fois de plus face à Boston (4-3). Avec la retraite de Paul Arizin pour la saison 1962-1963 les Warriors ne se qualifient pas en playoffs. En 1963-1964, ils atteignent les finales de la NBA, mais perdent une face aux Celtics (4-1). L'année suivante, ils manquent une en 3 ans les playoffs. En 1965, les Warriors envoient Chamberlain aux 76ers de Philadelphie.
thumb|upright|Nate Thurmond face à Wilt Chamberlain en 1966. Ère Nate Thurmond (1965-1972) Après le départ de Chamberlain, les Warriors sélectionnent Rick Barry à la draft. Barry et Nate Thurmond (qui a évolué dans l'ombre de Chamberlain pendant deux saisons) forment un duo jeune et prometteur. Ils emmènent même les Warriors en finale en 1967 mais perdent face aux Sixers de Chamberlain. Mais pour la saison 1967-1968, Rick Barry part en ABA (ligue rivale de la NBA). Cependant, Nate Thurmond qui est bien épaulé par Jeff Mullins continue d'emmener les Warriors en playoffs, pendant plusieurs saisons, mais sans jamais atteindre les finales.
Retour de Barry (1972-1978) thumb|left|upright|Rick Barry en 1976.
Dès son retour en NBA, Barry marque 22 points de moyenne et les Warriors vont en finale de la conférence Ouest. En 1973-1974, les Warriors manquent les playoffs malgré un bon bilan (44v - 38d). En 1974-1975, Nate Thurmond est parti à Chicago, mais avec un très bon Rick Barry (30 points de moyenne), les Warriors vont chercher le titre en battant en 7 matches l'équipe de son ancien coéquipier (Nate Thurmond), les Bulls puis en finale les Warriors balayent les Bullets pour gagner le titre. Barry est élu MVP des finales. Après ce titre, Barry reste encore trois saisons chez les Warriors et les emmène encore deux fois en playoffs. De 1977 à 1986 les Warriors ne se qualifient pas pour les playoffs.
Le « Run TMC » (1989-1991) Lors de la Draft 1988, les Warriors sélectionnent en cinquième choix Mitch Richmond en provenance de Kansas State. Ce dernier termine la saison qui va suivre avec 22 points 5,9 rebonds et 4,2 passes décisives de moyenne ; le tout en 79 matchs. Ces performances lui vaudront d'être nommé Rookie of the Year. Dans l'équipe Richmond est alors épaulé par Chris Mullin présent dans la franchise de la baie depuis quatre ans et la saison 1985-1986 (sélectionné lors de la Draft 1985 en septième choix du tour). Lors de cette saison 1988-1989 le niveau de jeu de Mullin lui vaut d'être sélectionné au All-Star Game 1989 et dans la All-NBA Team.
À la Draft 1989 et avec le choix des Warriors de sélectionner le meneur Tim Hardaway, la paire d'extérieurs jusqu'à présent formée par Mullin et Richmond devient un trio qui deux saisons durant marque les esprits. Lors de la saison 1989-1990, le trio est dirigé par Don Nelson, un entraîneur réputé pour son goût pour le jeu rapide. Leur jeu n'est pas assez efficace pour se qualifier en playoffs. Les Warriors terminent la saison avec un bilan de 37-45. Chris Mullin (25,1 points de moyenne), Mitch Richmond (22,1 points de moyenne) et Tim Hardaway (14,7 points de moyenne) font de cette équipe des Warriors la franchise la plus prolifique de la ligue avec 116,3 points par match en moyenne.
A nouveau lors de la saison suivante les Warriors proposent un jeu ultra rapide et offensif, le Run and Gun. En témoigne leur premier match de la saison 1990-1991, le vendredi à Denver contre des Nuggets eux aussi réputés pour l'ultra-offensif Run and Gun ; le match se termina avec 320 points inscrits au total, sur le score de 162 à 158 pour les hommes de la Baie le tout dans le temps réglementaire. Les Warriors termine la saison régulière avec un bilan de 44-38. Ils sont également la deuxième équipe la plus prolifique de la ligue avec 116,6 points inscrits en moyenne, derrière les Nuggets et leurs 119,9 points inscrits en moyenne. Ils finissent également cette saison 42 des 82 matchs de saison régulière en ayant inscrits plus de 115 points.
C'est au cours de cette même saison que le surnom de « Run TMC » leur est attribué. Le San Francisco Examiner, l'un des titres les plus connus de la Baie avait proposé à ses lecteurs de renommer le trio d'extérieurs alors appelé « Big Three ». À la suite de cela, le surnom « Run TMC » (TMC pour Tim Hardaway, Mitch Richmond, et Chris Mullin) est choisi, il fait écho au groupe Run–DMC alors très populaire ainsi qu'au Run and Gun alors proposé par l'équipe.
Chris Mullin termine la saison en tant que joueur le plus utilisé de la ligue, jouant en moyenne par match. Il est également nommé dans la All-NBA Team et sélectionné pour le All-Star Game 1991, tout comme Tim Hardaway. Lors des Playoffs NBA de 1991, les Warriors rencontrent les Spurs de San Antonio au premier tour des Playoffs. Malgré leur statut d'outsiders, les Golden State Warriors disposent facilement des Spurs (3-1). En demi-finale de Conférence, les Warriors rencontrent les Lakers de Magic Johnson et Byron Scott. Malgré l'efficacité offensive des Warriors, leur manque de défense au raison d'eux et ils s'inclinent en cinq matchs (1-4).
Devant le manque de rigueur défensive de la franchise, les dirigeants organisent dès la saison suivante, le , un échange et envoient Mitch Richmond aux Kings de Sacramento en échange de Billy Owens. L'échange est un échec et il en est fini du Run TMC qui a marqué les esprits de tous d'une part par le spectacle permanent proposé par les trois hommes et d'une autre part par l’efficacité offensive du trio ; en effet à eux trois ils inscrivirent en moyenne 72,5 points par match durant les courtes deux saisons passées ensemble, ce qui en fait l'un des meilleurs trios offensifs de l'histoire.
Blessures (1992-1997) En draftant Latrell Sprewell en 1992 puis Chris Webber en 1993 et en ajoutant Tim Hardaway, Chris Mullin et Billy Owens les Warriors auraient pu devenir une excellente équipe mais elle fut gâchée à cause des blessures.
En 1992, Chris Mullin manque la moitié de la saison, Hardaway une dizaine de matchs et Owens n'en joue que 37. En 1993, Hardaway manque la saison entière et Mullin une trentaine de matchs ; mais l'équipe arrive quand même à se qualifier pour les playoffs. En 1994, les Warriors échangent Billy Owens et Chris Webber. Sprewell manque une dizaine de matchs, Hardaway une vingtaine et Mullin n'en joue que 25. En 1995, Mullin et Hardaway ne jouent qu'une cinquantaine de matchs. Hardaway est échangé en 1996, Mullin en 1997 et Sprewell en 1998 pour avoir tenté d'étrangler son entraîneur. Puis de 1994 à 2007, les Warriors ne se qualifient pas en playoffs.
Saison victorieuse (2006-2007) thumb|right|En 2007 pour le retour en play-offs.
Privées de play-offs depuis 1995, l'équipe de Baron Davis finit la saison NBA 2006-2007 en trombe (10 victoires d'affilée) et se qualifient pour les séries éliminatoires. Les Warriors éliminent à la surprise générale la meilleure franchise de la saison régulière, les Mavericks de Dallas, dans ce qui reste comme l'accomplissement de la technique run and gun de l'entraîneur emblématique Don Nelson, qui connaissait bien l'équipe de Dallas pour en avoir été remercié deux ans plus tôt. Le sixième match de cette série reste dans les annales du club de par la prestation (victoire à l'Oracle Arena 111-86), l'ambiance dans l'Oracle Arena (record d'affluence pour un match de NBA de la salle), le 7/8 à 3 points de Stephen Jackson ou la remarquable prestation du meneur Baron Davis (20 points, 10 rebonds alors qu'il est blessé) mais aussi la défense (le MVP 2007 Dirk Nowitzki contenu à 8 points à 2/13).