Le comté de la Marche apparait au nord du Limousin à la fin du et dure jusqu'à la Révolution française. Il passe entre les mains de différentes familles avant d'être généralement détenu à partir de 1525 par la famille royale.
Maison de Charroux
Les premiers comtes de la Marche sont issus de la maison de Charroux. vignette|143x143px|Vers 955/958 - 988 : Boson le Vieux, fils de Sulpice et petit-fils de Geoffroy, comtes de Charroux, comte de La Marche et comte de Périgord par son mariage à Emma de Périgord. La chronique de Saint-Maixent le dit fils de Sulpice et petit-fils de Geoffroy, mais cette filiation est douteuse car ces personnages ne sont mentionnés nulle part ailleurs. Il est dit « le Vieux » (vetulus) dans la chronique d’Adémar, probablement pour le distinguer de son fils du même nom. Boson apparaît dans les textes en 957 et était probablement déjà mort en 974, lorsque son fils Hélie mène la guerre contre les vicomtes de Limoges (voir chronique d’Aimoin). Il était seigneur de Charroux et devient « marquis » (marquio), c’est-à-dire seigneur de la marche, dans des circonstances inconnues (c'est le mariage de Rothilde de Brosse avec Géraud de Limoges après qu'elle s'est séparée d'Archambaud de Comborn, qui justifie le duc d'Aquitaine Manzer fils, d'envoyer Boson à la Tour Saint Austrille pour y créer la Marche. En effet, Géraud de Limoges est son suzerain tandis que Comborn est du Berry. Le Berry avait été sorti de l'Aquitaine par le roi Raoul qui avait destitué Manzer père, duc d'Aquitaine, après que celui-ci ait soutenu Charles III contre le beau-père de Raoul, Robert, comte de Paris, fils de Robert le Fort. On sait seulement qu’il a mené une longue guerre contre les vicomtes de Limoges et qu’il s’est « emparé de la marche de ce pays » (voir chronique d’Aimoin). Il est fondateur des abbayes de Charroux et du Dorat, dont le cartulaire est la principale source de renseignements sur lui. Il épouse Emma, fille et héritière du comte Bernard d'Angoulême et de Périgord. On lui connaît avec certitude cinq fils : Hélie, qui devient comte du Périgord par héritage de sa mère et qui meurt vers 975, « pèlerin sur la route de Rome » pour expier un attentat contre le chorévêque Benoît qu'Ebles de Limoges voulait comme successeurL'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes ..., 1818, 200 (voir chronique d’Adémar). Aldebert , mort au cours d'une bataille livrée à Charroux en 997. Boson II. Gausbert, mentionné plusieurs fois mais sans titre précis. Martin, supposé « fils de Boson et d’Ayna », évêque de Périgueux, était aussi son fils, mais il n’apparaît jamais en compagnie de ses supposés père et frères dans les divers actes que l’on a d’eux.
988-997 : , fils du précédent. D’abord maître de la « marche limousine » (future Haute Marche), il succède à son frère Hélie vers 975 comme comte du Périgord. À l’occasion d’un traité de paix avec les Limousins, il épouse Adalmodis, fille de Géraud, vicomte de Limoges, dont il a un fils, Bernard. Il a un long conflit avec le comte de Poitiers et est tué en 997 sous les murs de Gençay. Il est inhumé à Charroux. 988-1008 : , frère du précédent. D’abord maître de la « marche poitevine » (future Basse Marche), il hérite de son frère Aldebert en 997, et regroupe entre ses mains tous les biens de la famille. Il est le premier à se dire « comte de la Marche », les marches ne formaient pas un comté mais un territoire tampon frontalier du royaume de France et ce titre de comte est probablement une extension de celui de comte du Périgord. Les chroniques le concernant étant contradictoires (Adémar, Pierre de Maillezais), son histoire reste confuse ; il soutient le siège de Bellac contre le roi Robert ; il serait mort empoisonné par son épouse, dont le nom n’est mentionné dans aucun acte authentique, et enterré à Périgueux. Son dernier signe de vie est une charte doublement datée de 1006 et 1012. À sa mort, « le duc Guillaume [d’Aquitaine] s’institua tuteur de ses fils ; à Hélie, fils de BosonUne erreur de traduction de Philippe Labbé, qui a publié les chroniques d’Adémar de Chabannes et de Pierre de Maillezais en 1657, a rajouté à la confusion qui règne sur cette époque ; en effet, au lieu d’écrire « à Hélie, fils de Boson », il a écrit « au fils d’Hélie-Boson », créant ainsi un personnage fantaisiste que des chercheurs peu attentionnés ont pris pour authentique., il attribua la ville de Périgueux, et à Bernard, fils d’Aldebert, il rendit la Marche. » (Chronique d’Adémar). 1009-1047 : (991-1047), fils d'Aldebert ; marié à Amélie, ils ont : Aldebert II. Eudes . Almodis, épouse successivement Hugues V de Lusignan, Pons comte de Toulouse et Raimond-Bérenger comte de Barcelone. Rangarde, épouse Pierre Raymond de Carcassonne. Lucie, épouse Arnaud de Pallars. Agnès, épouse Mariée à Ramnulfe de Montmorillon. 1047-1088 : (♰ 1088), fils du précédent ; marié à Poncia, ils ont :
Boson III. Almodis, épouse Roger Montgommery. Inconnue, religieuse et fiancée en 1076 à Simon de Crépy. 1088-1091 : (♰ 1091), fils du précédent. Sans postérité connue. 1091-v. 1098 : (♰ av. 1098), fils de Bernard et frère cadet d'Aldebert II, il succède à son neveu Boson III. Sans postérité. v. 1098- 1106 : (?-av. 1129), fille d'Aldebert II et sœur de Boson III. Elle épouse Roger III de Montgommery dit le Poitevin et fait passer le comté de la Marche dans la famille de Montgommery.
Maison de Montgommery
v. 1102-? : Roger le Poitevin (♰ v. 1123) de la famille de Montgommery (anglo-normande). Il devient comte de la Marche par son mariage avec Almodis, fille d'Audebert II. Ils ont :
Eudes II. Boson [IV] (♰ ap. 1117), sans postérité connue. Aldebert III. Ponce, épouse Vulgrin II, comte d'Angoulême. 1106-ap. 1119 : Eudes II (♰ ap. 1119), fils des précédents. Sans postérité connue. v. 1119-v. 1168 (♰ 1168), frère du précédent ; épouse Orengarde, ils ont : Audebert IV. Boson [V] ( (♰ ap. 1172), sans postérité connue. Marquise, épouse Guy IV de Comborn, vicomte de Limoges. Sans postérité. v. 1168-1177 : (♰ 1180), fils des précédents ; épouse Mirable, ils ont :
Marquis, décède avant son père, assassiné (♰ 1174/1177) ; sans postérité. Marquise, épouse Guillaume "Calvus" ; sans postérité.
Sans héritier direct, Audebert IV vend le comté de la Marche à Henri II, roi d'Angleterre, pour le prix de livres, 20 chevaux de bataille, 20 mules dont le comte a besoin pour gagner la Terre SainteJean Favier, Les Plantagenêts, Fayard 2004 .. La transaction a lieu à l'abbaye de Grandmont.. Le comte meurt le à Constantinople.vignette|152x152px|
Maison Plantagenêt, rois d'Angleterre
1177-1189 : Henri II Plantagenêt 1189-1199 : Richard Cœur de Lion, fils du précédent. 1199-1199 : Jean sans Terre, frère du précédent. Il cède le comté de la Marche aux Lusignan en 1199.
Maison de Lusignan
thumb|152x152px| 1199-1219 : Hugues IX le Brun, seigneur de Lusignan, reçoit le comté de la Marche de Jean sans Terre et d'Aliénor d'Aquitaine en 1199. 1219-1249 : Hugues X de Lusignan, seigneur de Lusignan, comte de la Marche, fils du précédent, marié en 1220 à Isabelle Taillefer, comtesse d'Angoulême, reine-consort d'Angleterre, veuve de Jean sans Terre. 1249-1250 : Hugues XI le Brun, seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, fils du précédent, marié à Yolande de Bretagne, fille de la duchesse de Bretagne Alix de Thouars et de Pierre de Dreux dit Mauclerc, qui lui apporte en dot le comté de Penthièvre, terres confisquées à Henri d'Avaugour. 1250-1270 : Hugues XII de Lusignan, seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, fils du précédent, marié à Jeanne de Fougères, baronne de Fougères et dame de Porhoët. 1270-1303 : Hugues XIII le Brun, fils du précédent, seigneur de Lusignan, de Fougères, de Porhoët, comte de la Marche et d'Angoulême, fils du précédent ; marié à Béatrice de Bourgogne. Il engage ses terres au roi de France en 1301. Sans postérité. 1303-1308 : Guy de Lusignan, seigneur de Lusignan, de Fougères, de Porhoët, comte de la Marche et d'Angoulême, frère du précédent. Sans postérité. 1308-1314 : Yolande de Lusignan, dame de Lusignan, de Fougères, de Porhoët, comtesse de la Marche et d'Angoulême, sœur et héritière des précédents, mariée à Hélie Rudel, seigneur de Pons et de Bergerac puis à Robert II de Matha, seigneur de Mornac. Elle vend le comté de la Marche au roi de France, Philippe IV le Bel, en 1309, mais en garde l'usufruit, qui le fait administrer par Hugues de La Celle jusqu'en 1314.thumb|143x143px|
Apanage 1314-1322 : Charles IV le Bel, troisième fils du roi Philippe le Bel, qui lui concède le comté en apanage. Le comté de la Marche est érigé en pairie de France en 1316. Charles de la Marche devient roi de France en 1322. Dès son avènement, il échange le comté de la Marche contre le comté de Clermont-en-Beauvaisis avec le duc de Bourbon.
Maison capétienne de Bourbon
thumb|143x143px| 1322-1342 : Louis le Grand, duc de Bourbon. Il acquiert le comté de la Marche du roi Charles IV le Bel, en échange du comté de Clermont-en-Beauvaisis. La pairie attachée au comté est confirmée par le roi. 1342-1359 : Jacques , fils cadet du précédent 1359-1360 Thomas de la Marche est nommé par le duc de Bourbon et frère du roi, lieutenant du bailliage des montagnes d'Auvergne. Il s'installe à Nonette avec une lourde troupe armée. Chevalier de Charles V et lieutenant de Louis II de Bourbon, en 1359 il est nommé seigneur de la Marche, gouverneur d'Auvergne, du Bourbonnais, du Berry et du Mâconnais. Jean de Berry nommé duc fait destituer en 1360 Thomas de la Marche gouverneur d’Auvergne et du Berry et seigneur de la Marche. 1362-1362 : Pierre de Bourbon, fils du précédent (nommé pour quelques mois seulement) 1362-1393 : Jean Ier de Bourbon-La Marche comte de la Marche, de Vendôme et de Castres frère du précédent. Il tient les comtés de Vendôme et de Castres par l'héritage de sa femme Catherine de Vendôme. 1393-1438 : Jacques II, comté de La Marche et de Castres, fils du précédent. Il ne laisse qu'une fille, qui apporte le comté de la Marche à la famille d'Armagnac.
Maison de Broé
En 1455, les biens du comté de la Marche sont confisqués par le Roi et sont ils confiés à des proches du Roi, nommés comtes a temporis. vignette|Blason de la maison de Broé - « D’azur à l’étoile d’or, au chef de même chargé de 3 trèfles de sinople ».|202x202pxde 1455 à 1472 Jean de Broé (1420-1483), chevalier, trésorier du roi, seigneur de Chardon et de Courcelle pour lui et les siens à perpétuité, est nommé seigneur de La marche. Il était auparavant le trésorier du roi et administrateur des deux pays d’Auvergne et de la Marche (région du Limousin). On retrouve mention dans une charte où Jehan de La Broë est cité : « Document 46. Lettres du roi Charles (Charles VII le Victorieux) à Jehan de La Broë - alias Jehan de Broé —, commis à recevoir les deniers provenant de la commission des francs fiefs pour les pays d'Auvergne et de la Marche dès 1449. » - Source : catalogue analytique des Chartres, documents historiques et titres provenant du cabinet de Monsieur Magny de 1867, Jacques Charavey, rue des grands Augustins 26, Paris, 1867, en page 13).