Luvigny est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.
Ses habitants sont appelés les Luvinois.
Géographie
Situation et limites communales La commune s'étale en rive gauche de la haute vallée de la Plaine. Son centre est situé à en amont de Raon-l'Étape.
La rivière Plaine marque la séparation avec la commune meurthe-et-mosellane de Bionville. La forêt occupe actuellement les 2/3 de son territoire, notamment au sud avec la vaste forêt domaniale des Bois Sauvages qu'elle ne partage plus qu'avec les communes d'Allarmont et de Vexaincourt, depuis l'annexion en 1871 de la partie de Raon-sur-Plaine aux abords du Donon. Vexaincourt et Raon-sur-Plaine sont les deux communes vosgiennes voisines, respectivement au sud et à l'est.
Relief et aménagement ancien Le petit village ancien est placé en amont de l'axe du vallon du ruisseau de Luvigny. Cet axe moyen du vallon appartient à un réseau de failles secondaires qui vient de Framont et Grandfontaine, délimite grossièrement des dépôts sédimentaires triasiques d'est ou ouest avant de passer derrière le Taurupt et rejoindre la basse Mauvais en direction nord-ouestVisualisation cartographique sur géoportail.gouv.fr. Le "ruisseau de Luvigny" est mentionné avec justesse sur la carte IGN, car la terminologie descriptive de "goutte" (en patois vosgien, gotte ou gouttière, au sens de vallon ou fossé d'écoulement) ou "haute goutte" (en patois, hhaute gotte, gouttière creusée en relief tabulaire) est tacitement associée à un secteur géographique précis.. Paul Chevreux et Léon Louis indiquaient que le seuil de l'église Saint-Barthélémy était situé à mètres d'altitude.
La commune s'insère entre deux collines à l'altitude modulée ou ondulante, créant deux vallons ouverts grosso modo vers l'ouest : le plus grand au sud est la vallon de Blompierre ou des Grandes Chaumes, emprunté par le ruisseau de la Haute Goutte, qui remonte vers le col Pourrio situé à d'altitude, entre au nord la Tête de la Hazelle à d'altitude, et au sud le point haut de la commune vers d'altitude, sur un secteur nommé autrefois les Hautes Fêtes, qui partait des environs de la Tête d'Asson, à d'altitude, légèrement au sud-est et sur le territoire forestier de Vexaincourt, et suivait la ligne faîtière méridionale du vallon vers l'occident. Le versant à l'ombre montrait un couvert forestier, qualifié de forêt, et que le versant au soleil portait une chaume, dénommée les Grandes Chaumes, déjà couverte de bruyères sur le cadastre napoléonienArchives des Vosges, atlas cantonal de 1809, 3P 4472/36 Luvigny, section B-B2 (forêt et chaumes encore visibles) et 3P 4472/35 Luvigny, section A-B1 (cadastre du village et son finage). le second vallon plus étroit est tourné vers le nord-ouest, il se nomme la Hazelle, partageant sa dénomination actuelle avec l'éperon rocheux pointant vers le nord à d'altitude, délimitant le versant occidental. L'éperon sommital comporte en retrait au sud le dolmen de la Hazelle vers et en avancée dans le raidillon vers le nord, le rocher de la Hazelle vers d'altitude. La partie haute de ce vallon comportait également une chaume, plus modeste, encore enclavée dans la forêt de la Hazelle en 1809, mais couverte de bruyères. Il existait un chemin de la Hazelle montant droit vers la forêt et la chaume, en amont de la vallée avant la limite communale avec Raon-sur-Plaine.
La limite communale avec la commune de Grandfontaine, c'est-à-dire avec les forêts du plateau du Donon annexé par l'armée prussienne en 1871, court simplement vers le nord sur la ligne de faîte, depuis le col Pourrio rejoint par une ligne descendant du point haut de la commune, vers la Tête ou plateau de la Hazelle s'étalant vers l'éperon homonyme. De là, la limite dévale vers le vallon des Coudiots et s'arrête à environ à d'altitude, au-dessus de Raon-sur-Plaine. Luvigny a récupéré toute l'ancienne forêt entourant au nord de l'éperon de la Hazelle. La limite à l'occident avec Raon-sur-Plaine descend un peu au-dessus de la route départementale sous d'altitude avant de remonter en rejoignant le vallon de la Hazelle, où elle commence à descendre, rejoignant vite le ru de la Hazelle, se confondant avec son cours vers le hameau du Trupt, rejoignant la Plaine légèrement en contrebas de celui-ci.
Sur les Hautes Fêtes file vers l'ouest sur presque une ligne de faîte qu'emprunte approximativement la limite communale avec Vexaincourt. Du point haut de la commune pendant environ la commune voisine occupe le sommet et déborde sur le versant, en particulier les croisement d'anciennes voies de débardage. La ligne de faîte, encore nommée les Hautes Fêtes, est respectée comme limite à l'approche de la Tête de Blompierre, autrefois Asson à d'altitude ainsi qu'au col d'Asson à d'altitude, qui le suit. Par contre, le sommet et une petite partie du côté sommital au soleil tendent à être appropriés par la commune de Luvigny, notamment sur l'éperon des Hauts Champs, autrefois Champ-Blompierre ou simplement la montagne de Blompierre, culminant à d'altitude, à côté du Rocher des Hauts ChampsLe nom de Blompierre, à l'origine la pierre ou montagne qui surplombe (la vallée, le village) désignant aussi le bois de Luvigny en contrebas s'est imposé sur l'ensemble du versant forestier du vallon et même sur les hauteurs, prenant dans ce dernier cas la place de l'oronyme Asson, de l'ancien français assom ou asson, adverbe de lieu signifiant de façon concrète "en haut de, au bout de".. La roche des Hauts Champs située à à vol d'oiseau de l'église de Luvigny consiste en une agglomération de rochers en grès vosgien, traversée de couloirs d'un côté à l'autre et couvrant sur plus de deux cents mètres avec une épaisseur de 6 à , l'éperon rocheux sommital de la montagneLéon Monnier, article sur Vexaincourt dans L'Est Républicain, 18 septembre 1939. Léon Monnier affirme que la roche est à à l'est de Vexaincourt, or la distance à vol d'oiseau représente environ . Le journaliste improvisé copiste semble confondre aussi hauteur et longueur..
La descente des limites communales vers la vallée reste également complexe sur ce secteur des Hauts Champs, sous l'ancienne montagne de Blompierre, au voisinage des lieux-dits La Chouette et Le Trépoux. En dessous de la route forestière à d'altitude, la limite semble d'abord partir vers l'ouest en direction du centre de Vexaincourt avant de bifurquer vers le nord-est englobant ou non des anciennes lanières de champs, en dessous du bois de Luvigny, aussi le passage dans la prairie est plus direct vers la Plaine au-dessus de d'altitude.
Le ruisseau de Luvigny ou ruisseau de la Haute Goutte remonte curieusement vers le nord l'axe de la vallée, il contourne un monticule qui s'étage entre son lit étroit et la rue de la Creuse, il finit par se jeter dans la rivière Plaine en contrebas du village, coulant en amont du stade du Behay. Tout se passe comme si des aménagements antiques avaient surélevé en terrasses ou permis d'aplanir de manière régulière pour construire les deux quartiers centraux en aval de l'église, toujours en amont du Behay et du ruisseau. Le ruisseau paraissant remonter l'axe de la vallée semble détourné vers le nord, alors que son cours devrait passer par la creuse (rue de la Creuse) et s'infléchir progressivement vers l'aval. L'aménagement oublié, mais vraisemblablement important et pérennisé à l'époque médiévale, a permis de freiner le cours de la rivière, d'établir des grands étangs ou plans d'eau en amont du village, ainsi que des passages faciles par un pont et des passerelles. Au niveau du village, les prairies d'irrigation n'existaient quasiment pas, alors qu'elles réapparaissaient en amont et en aval. Tout se passe comme si l'installation du village, au sec, avec ses rua ou rigoles les avait fait disparaître.
Ce premier quartier central au plus près de l'église paraît aujourd'hui vide : il a été jadis occupé par le cimetière, la galerie séparatrice et l'ossuaire... Le cimetière a été délocalisé bien en amont de la Grande Rue filant vers Raon-sur-Plaine, probablement à la fin du ou au . D'autres quartiers périphériques en amont des quartiers centraux semblent avoir été construits plus tardivement.
Géologie Les terrasses décrites sont aménagées sur le socle des grès feldspathiques de la couche permienne de Saint-Dié, autrefois considérée en thuringien. Mis à part le fond alluvial de la vallée principale, très étroit au niveau du village, et même légèrement en amont, au niveau de son pont actuel et des dernières installations hydrauliques, l'essentiel du finage de Luvigny se place sur les argiles et grès dites todtliegende Buntsandstein, formant une zone étroite en aval vers Vexaincourt alors qu'il s'impose en largeur à hauteur du thalweg du ruisseau et sur ces rebords, voire se maintient à altitude constante en amont dans une zone moins large du fait du resserrement de la vallée. Le versant forestier, par exemple en amont de la maison forestière de Blompierre (La Hazelle), dévoile sur quelques rebords ou falaises le grés vosgien, alors que les hauteurs et sommets, dans la même ligne de coupe au col d'Asson, se caractérisent par le grés triasique.
La pédologie ancienne était très différente sur ces divers substrats gréseux, car il pouvait exister autrefois des dépôts éoliens ou placage de loess, voire de poudres de roches glaciaires, arrachées au socle volcanique de l'amont autour des deux Raons, et déposés sous forme de tills. L'expérience agricole sur les couches permiennes, d'aspect rougeâtres et souvent sèches d'aspect, généralement pauvres, est parfois contrastée : c'était aussi le cas de rares champs excentrés aux abords des prés bois, dans le bassin permien de Saint-Dié où les moissons de froment et d'orge pouvaient demeurer excellentes, alors que l'essentiel des autres labours rouges peinait à rendre une récolte de seigle et d'avoine acceptable.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Plaine et le ruisseau de Luvigny, autrefois la Haute Goutte.. Notons au nord le ruisseau de la Hazelle, qui, par un cours semi-temporaire assez encaissé, au débit parfois violent en cas d'orages, rejoint rapidement la Plaine en dessous du hameau du Trupt..
La Plaine, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Grandfontaine et se jette dans la Meurthe à Raon-l'Étape, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier de Luvigny.
La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Voies majeures de circulation L'axe majeur de circulation est la vallée de la Plaine. Il était coupé par le vieux chemin ou sentier de Luvigny longeant le ruisseau de la Haute Goutte qui descend du col Pourrio pour remonter vers les hauteurs du Taurupt. Il existait deux chemins au début du qui évitait le ruisseau ou le bas du vallon de Haute GouttePlan cadastral rénové, Tableau d'assemblage, 1846, 3 P 5217/3 Luvigny (Vosges, France): le chemin de Luvigny aux Grandes Chaumes attesté en 1809. Il partait du cœur du village pour rejoindre le versant au soleil du vallon. Il se nomme en 1846 le chemin des Hauts Champs, dénomination d'une haute section de finage en aval des chaumes. le chemin de Luvigny à la forêt impériale de Blompière, attesté en 1809. Partant au sud du village, il longeait d'abord le ruisseau puis gagnait le petit hameau du vallon de la Meule et la ferme du Bois, dénommé aussi Blompierre. Ses deux diverticules principaux, l'un allant vers le bois de Luvigny, l'autre vers la ferme et la forêt royale de Blompierre, se nomment en 1846 chemins de la forêt. Il s'agit pour le second au du chemin de la Basse des Loges.