La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption ou cathédrale Santa Maria Assunta d’Ajaccio est située dans le quartier de la ville nouvelle génoise. La cathédrale est aussi dédiée à saint Euphrase, titulaire de la première cathédrale d'Ajaccio et à saint François-Xavier. La construction du gros œuvre s'est terminée en 1593 ; elle se rattache au diocèse d'Ajaccio.
y est baptisé le La famille Bonaparte a par ailleurs doté la cathédrale de nombreuses œuvres d'art..
La cathédrale a été classée au titre des monuments historiques en 1906.
Historique
On ne connaît pas l'organisation des églises chrétiennes locales dans le haut Moyen Âge. Athanase d'Alexandrie écrit en 358 que des évêques corses l’ont soutenu dans sa lutte contre l'arianisme, mais sans précision sur leur siègeLes premiers monuments chrétiens de la France, Picard éditeur, Paris, 1995, tome 1, Sud-Est et Corse, , . Cathédrale du vignette|gauche|190px|Vue de la nef et du chœur de la cathédrale d'Ajaccio. La cathédrale actuelle a été précédée de plusieurs autres qui devaient être élevées sur un autre site, dans un quartier ancien, à environ de la ville construite par les Génois. La découverte en 2005 sur le site d'une ancienne manufacture de tabac désaffectée d'un baptistère paléochrétienInrap : un baptistère paléochrétien à AjaccioInrap : Visite du site avec Daniel Istria, archéologue responsable d'opération InrapVille d'Ajaccio : baptistère Saint-Jean, mise en protection des vestigesLe Monde : Un baptistère paléochrétien du découvert à Ajaccio (24-06-2005) dans ce quartier, au lieu-dit Saint-Jean, San Giovanni, semble confirmer cette thèse. Un baptistère est associé à un groupe cathédral mais il n'a pas été trouvé de trace de la cathédrale pendant les fouilles. Les anciens historiens citent une basilique paléochrétienne dédiée à saint Euphrase, Sant'Eufrosio, dont il ne subsiste que le nom altéré de San Frosi dans un texte de 1192.
Saint Euphrase est un évêque martyr, apôtre de l'Espagne qui aurait été ordonné prêtre par les apôtres Pierre et Paul pour évangéliser l'Espagne et aurait fait une escale dans la baie d'Ajaccio. Pendant son court séjour en Corse il aurait commencé à y propager la foi chrétienneNominis : saint Euphrase.
Quand les Vandales se sont installés en Afrique, au ils ont occupé la Sardaigne et la Corse. Peuple chrétien mais arien, on connaît les noms de 27 évêques sur 46 qui ont été exilés en Corse en 484 par le document Notitia provinciarum et civitatum Africae ou Noticia de 484. Ce texte ne mentionne pas d'évêques de Corse. C'est ce que pourrait montrer la cuve baptismale trouvée à Ajaccio qui a dû être construite, ainsi que le groupe épiscopal, après l'installation d'évêques d'Afrique en Corse, soit au début du . Les fouilles de l'Inrap ont montré que la cuve baptismale a été modifiée au fur et à mesure de changements dans la liturgie. Puis une seconde cuve baptismale, ronde, a été construite à côté.
Vers 550, une flotte armée par Totila, roi ostrogoth en Italie, s'est emparée de la Corse et de la Sardaigne sans aucun combat. Après la mort de Totila, en 552, les Lombards vont commencer à s'installer dans le nord puis dans toute l'Italie.
En 596, le pape Grégoire le Grand demande dans une lettre à Gennadios, premier exarque d'Afrique, d'assurer la protection de la Corse contre les incursions des LombardsAbbé Letteron, La Corse dans la correspondance de saint Grégoire le Grand, dans Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse, février 1882, (lire en ligne). En 601, le pape écrit à Boniface, qualifié de défenseur de la Corse, pour lui demander de régler rapidement le problème d’Ajaccio (Aiacium), depuis longtemps privé d’évêqueLettre Gregorius Bonifacio defensori Corsicæ, dans Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse, 1882, (lire en ligne). Ce document est ainsi le premier à nous informer de l’existence d’un siège épiscopal à Ajaccio, non pourvu en 601, mais qui est actif en 649, qui voir l'évêque Benedictus participer au concile à Rome.
Dans la seconde moitié du , quand les Lombards cherchent à s'implanter dans l'île, tous les évêchés primitifs sont réunis sous l'autorité d'un seul évêque siégeant à Mariana. Les autres cathédrales sont devenues de simples églises mais ayant pu conserver leur fonction baptismale..
À partir de 704, les Sarrasins effectuent leurs premiers raids contre la Corse, qui vont durer plus de cinq siècles.
Le , Pépin le Bref a signé un traité à Quierzy avec le pape Étienne II qui permet la création des États pontificaux. En 774, Charlemagne confirme la donation de son père et ajoute la Corse qui entre dans le domaine du Saint-Siège. Si la papauté a théoriquement la suzeraineté de l'île, elle n'a pas les moyens d'en assurer la défense. Après le couronnement de Charlemagne comme empereur, le , et de son fils Pépin, ce dernier a armé, en 806, une flotte commandée par le comte franc de Gênes, AdhémarJean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, chez Arthus Bertrand, Paris, 1824, tome 3, Famille d'Adhémar, page 3 (lire en ligne) Medieval Lands : Conti di Genova, pour défendre l'île contre une nouvelle incursion des Sarrasins. C'est de cette expédition victorieuse contre les Sarrasins que les Génois faisaient remonter leurs droits à la souveraineté sur la Corse.
Cathédrale du En 1077, le pape Grégoire VII cherchant à réactiver les droits de l'Église sur la Corse y a envoyé l'évêque de Pise, Landolfo (1077-1079), qui a convoqué une assemblée générale qui a accepté de faire sa soumission au Saint-Siège. Grégoire VII a récompensé Landolfo en lui donnant l'investiture de l'île et la moitié de ses revenus. En 1091, le pape Urbain II a donné à l'évêque de Pise la totalité des revenus de l'île contre une redevance annuelle. L'évêque Daimbert voulant ajouter à la souveraineté temporelle, la souveraineté spirituelle sur l'île, il a obtenu du pape que Pise soit un archevêché et que les évêques de Corse soient ses suffragants, en 1098Fiess de Colonna, Corse, dans Espagne, îles Baléares et Pithyuses, Sardaigne, Corse, Firmin Didot frères éditeurs, Paris, 1847, (lire en ligne). Après une victoire des Pisans et des Corses sur les Sarrasins établis dans l'île de Minorque, en 1114, le pape Gélase II a accordé à l'archevêque de Pise l'investiture des évêques en Corse.
L'administration pisane a réorganisé l'Église en Corse et restauré les cinq évêchés corses. C'est à ce moment que la cathédrale romane d'Ajaccio est construite. Un évêque d'Ajaccio, Ardizius, est mentionné en 1128 à Pise avec le pape Honorius II. La cathédrale apparaît dans la documentation en 1192 sous le nom de San Frosi puis s'est ajoutée une dédicace à San Giovanni Battista. Son emplacement devait être à au nord du groupe cathédral du .. Sa position est connue par le plan cadastral de 1843.
La guerre va se rallumer entre les Pisans et les Génois pour la domination de l'île à partir de 1205. La papauté a essayé d'éviter l'affrontement en leur donnant des droits égaux. Le pape Innocent II fait de Gênes un archevêché en 1133. L'archevêque de Pise a pour suffragants les évêques d'Aleria, d'Ajaccio et de Sagone. L'archevêque de Gênes a pour suffragants les évêques de Mariana, de Nebbio et d'un troisième qu'il crée, celui d'AcciaPietro Cirneo, Chronique corse, dans Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse, mars-juin 1884, (lire en ligne).
En 1272, la commune de Gênes projette la construction d'un castrum de colonisation, le Castrum Lombardo, sur une colline située à de la cathédrale. La commune a prévu de recruter cent familles d'artisans dont les métiers montrent qu'ils ont été choisis pour construire et entretenir le castrum. Ce castrum a pour but d'assurer la sécurité du mouillage dans le golfe d'Ajaccio pour la flotte génoise. Ce castrum n'est plus cité dans la documentation du laissant supposer l'échec de cette colonisation.. Le désastre pour la république de Pise à la bataille de la Meloria (1284) a entraîné la perte de la Corse et de la Sardaigne par Pise.
En 1295, par le traité d'Anagni le roi Jacques II d'Aragon obtient du pape Boniface VIII le droit de conquérir le royaume de Sardaigne et le royaume de Corse en échange de l’abandon de ses prétentions sur le royaume de Sicile. La cérémonie d'investiture du royaume de Sardaigne et de Corse s'est déroulée dans la basilique Saint-Pierre de Rome le . Le roi d'Aragon n'ayant pas les moyens de conquérir la Corse, il s'est appuyé sur un parti pro-aragonais de la noblesse corse.
En 1457, le Génois Deodato Bocconi est nommé évêque d'Ajaccio. Il fait restaurer la cathédrale et le palais épiscopal. Il permet à l'ordre des Servites de s'installer à Ajaccio dans l'église San Giacomo.
Création de la ville nouvelle et transfert de la cathédrale En 1453, l'Office de Saint Georges assure l'administration directe de la Corse au nom de la république de Gênes pour en assurer une conduite plus efficace.
L’Office de Saint Georges fonde le au lieu-dit Punta della Liccia, sur la côte sud-ouest de la Corse, une place forte qui a pris le nom de l’évêché : Aiaccio. Cette place forte est alors un simple préside moins important que Bastia et Calvi.
La construction de cette nouvelle ville à au sud de la cathédrale a entraîné son déplacement dans l'enceinte urbaine. Une nouvelle église, simple et provisoire, est construite vers 1502 sous le nom d'église Santa Croce. Un document de 1503 montre que l'habitation de l'évêque qui était proche de l'église San Giovanni Barrista a été transféré près de l'église Santa Croce. L'ancienne cathédrale San'Eufrasio et San Giovanni Battista n'a plus alors qu'une fonction de pieve. Elle est attachée à la confrérie des Corses jusqu'au traité de paix entre les populations corses et génoises d'Ajaccio, en 1579. Elle est citée dans une visite épiscopale de Nicolò Mascardi, en 1587.
Dans les années 1520, la construction d'une nouvelle cathédrale est commencée mais la volonté de la Seigneurie de Gênes de séparer la citadelle de la ville en creusant un fossé a entraîné la démolition de ce qui était déjà construit.
Sampiero Corso au service du roi de France Henri II s'empare de la citadelle d'Ajaccio en 1553. Le maréchal de Thermes fait renforcer la citadelle. Giordano Orsini di MonterotondoYou tube : École nationale des chartes, conférence d'Ekaterina Gerasimova : Giordano Orsini - homme politique et militaire de la France au milieu du (1525-1564), au service du roi de France depuis 1551, est gouverneur de l'île vers 1554 après le retrait de Paul de Thermes jusqu'à la fin de la guerre entre la France et la république de Gênes. La paix ne revient dans toute la Corse qu'après la signature des traités du Cateau-Cambrésis, en 1559.
Construction de la cathédrale Santa Maria Assunta thumb|180px|left|Plaque commémorant la pose de la dernière pierre de la cathédrale en 1593. En 1559, le Conseil de la ville d'Ajaccio intervient auprès de la république de Gênes et du pape Grégoire XIII pour permettre la construction d'une nouvelle cathédrale. Ces travaux n'ont pas pu commencer pendant la guerre de Corse. L'évêque Cristoforo Guidiccioni (1579-1582) a commencé à étudier la construction de la nouvelle cathédrale mais n'a pas pu la commencer. Pour obtenir les fonds nécessaires à la construction, le pape a décidé de laisser vacant le siège d'Ajaccio et d'y consacrer tous ses revenus après la mort de l'évêque Cristoforo Guidiccioni, en 1582. Giuseppe Mascari est nommé par le pape en en lui confiant provisoirement l'administration du diocèse.