Francis Scott Key Fitzgerald, né le . à Saint Paul dans l'État du Minnesota et mort le à Hollywood, est un écrivain américain.

Chef de file de la génération perdue. et représentant de l'ère du jazz, il est aussi celui qui lance la carrière d'Ernest Hemingway, rencontré au Dingo Bar pour la première fois, fin d'. Son roman le plus célèbre reste Gatsby le Magnifique, succès planétaire qui fut adapté de nombreuses fois au cinéma, à la télévision ou sur scène.

Il se marie en 1920 avec Zelda Sayre, une jeune fille du Sud qui sera son égérie (et l'autrice d'un roman autobiographique : Accordez-moi cette valse, publié en 1932). Ils ont une fille, Frances Scott Fitzgerald, qu'ils surnomment « Scottie ».

Biographie Origine et enfance Francis Scott Key Fitzgerald naît le dans une famille de la petite bourgeoisie de Saint Paul, capitale du Minnesota. Ses trois prénoms lui sont donnés en hommage à son lointain parent Francis Scott Key qui est le parolier de l'hymne national américain, The Star-Spangled Banner.

Son père, Edward Fitzgerald, est d'origine relativement modeste ; né dans une ferme du Maryland, il s'est installé à Saint Paul après son mariage. À la naissance de son fils, il y exerce comme directeur d'une manufacture de meubles qui fait faillite deux ans plus tard. Engagé ensuite par Procter & Gamble, il est un commis-voyageur sans ambition, vu comme un « raté » par Scott. Sa mère, Mary (Mollie) McQuillan, est l'une des trois filles d'un homme d'affaires d'origine irlandaise ayant fait fortune grâce à l'expansion économique qu'entraîne la guerre de Sécession ; élevée au couvent de la Visitation de Saint-Paul puis à New York, elle parcourt également l'Europe pour parfaire une éducation soignée.

Dans les mois qui précédent la naissance de Scott, Edward et Mollie voient leurs deux filles, de un et trois ans, mourir prématurément. L'écrivain y fait allusion dans son registre, quarante ans plus tard :

Une troisième fille meurt à la naissance en 1900, mais l'année suivante, Annabelle voit le jour à New York. En 1908 la famille revient s'installer à Saint-Paul, sans parvenir à trouver une stabilité financière et sociale. Cependant, les déconvenues professionnelles d'Edward sont compensées par l'argent hérité par Mollie. Ainsi, le jeune Scott devient l'élève de l'école privée . Rapidement impopulaire, il rêve de gloire tout en se considérant comme différent des autres garçons. Lecteur éclectique et assidu, il commence à écrire des poèmes et des nouvelles qu'il publie dans le journal de l'établissement huppé où il est inscrit en 1911 : l'école Newman dans le New Jersey. C'est là qu'il rêve d'entrer dans une des toutes meilleures universités du pays : Princeton, où le jeune Scott connaîtra ses premières grandes désillusions.

Formation à Princeton Sa prétention et son immaturité l'excluent rapidement de l'impitoyable société estudiantine, alors que ses efforts pour intégrer l'équipe de football de l'université se révèlent vains : cet échec le marque toute sa vie. Ce n'est que lors de sa deuxième année dans le New Jersey que le futur écrivain parvient à se faire des amis, ainsi qu'une place dans les journaux de l'université. Accompagné d'Edmund Wilson et John Peale Bishop, Scott participe ainsi à l'écriture d'une comédie musicale du Princeton Triangle Club et offre sa plume au magazine humoristique Princeton Tiger et au Nassau Literary Magazine... Reste que Butler, Byron, Coleridge et Keats deviennent vite trop envahissants. Scott néglige ses études au profit de la poésie, et quitte Princeton sans en être diplômé.

Vie et œuvre

L'armée est le plus à même de réaliser ses rêves de gloire. Il s'y engage en 1917, à l'entrée en guerre des États-Unis lors de la Première Guerre mondiale et, en juin 1918, est envoyé à Camp Sheridan, près de Montgomery, en tant que sous-lieutenant. C'est là qu'il tombe amoureux de l'excentrique Zelda Sayre, dix-huit ans et pleine d'esprit. C'est pour la conquérir qu'il écrit l'ébauche de ce qui sera son premier roman : Le Romantique Égotiste. Rejeté deux fois par Maxwell Perkins, il est finalement accepté en juillet 1919 sous le titre de L'Envers du paradisLe titre "This Side of Paradise" est aussi traduit par "Loin du paradis" (en collection Pléiade de Gallimard). Littéralement, il se traduit par "Avant le paradis", "Avant d'arriver au paradis"., et paraît en librairie le . Le roman connaît un énorme succès et fait de son auteur le représentant de toute une génération, celle de l'ère du jazz. Les retombées financières permettent à l'écrivain d'épouser Zelda. thumb|upright|F. Scott Fitzgerald en 1921, par Gordon Bryant pour Shadowland magazine. Comme nombre de leurs compatriotes, Francis Scott Fitzgerald et son épouse décident de tirer profit du dollar fort et émigrent en France, à Paris et sur la Côte d'Azur, où ils fréquentent l'hôtel du Cap Eden Roc à l'été 1922, puis les villas America, Paquita et Eilenroc avant la villa Saint-Louis, qui depuis est devenue l'Hôtel Belles Rives.

thumb|left|Zelda Fitzgerald en 1922, par Gordon Bryant pour Shadowland magazine.

Après Beaux et damnés qui est un roman déjà très représentatif de son auteur, Fitzgerald écrit à la Villa Marie de Valescure, quartier de Saint-Raphaël, ce qui est considéré comme son chef-d'œuvre, Gatsby le Magnifique. Le , depuis la Villa Marie, il envoie le manuscrit à son éditeur Maxwell Perkins, des éditions Scribner (qui publient Fitzgerald depuis ses débuts): enchanté par le style de l'écrivain, il se met à rêver d'une grande destinée pour le roman. À la parution de Gatsby le Magnifique, en avril 1925, malgré les bonnes critiques, les ventes ne décollent pas, même si elles lui rapportent la jolie somme de . Cela ne satisfait guère l'écrivain, qui est forcé de continuer à écrire des nouvelles, que le Saturday Evening Post et d'autres journaux lui achètent encore un bon prix. Gatsby, ruiné, n'en devenait pour autant ni riche ni pauvre comme Nick (narrateur de Gatsby le Magnifique) : Fitzgerald le montre comme un riche par essence se trouvant pauvre plutôt par accident et de façon provisoire : la fortune lui revient vite tandis que Nick, lui, ne quitte jamais vraiment sa condition initiale malgré quelques gains momentanés. Une grande partie des nouvelles ultérieures porte en filigrane ce même message, à un point que mentionnent tous les commentateurs de Fitzgerald : Les riches sont différents. Même dans une nouvelle sentimentale comme Trois heures entre deux avions, le souci d'afficher comme d'évaluer un statut social est décrit sans complaisance.

Les dernières années thumb|300px|La tombe de Zelda et Scott à Rockville, Maryland, avec la dernière phrase de Gatsby le Magnifique gravée dans la pierre :

Après l'aventure de Zelda avec Édouard Jozan, aviateur français rencontré sur la Riviera, Francis Scott perd sa bonne humeur et devient invivable. Et son succès, quoique très relatif commercialement, relègue Zelda à un rôle secondaire en totale contradiction avec sa nature. Les efforts soutenus de Zelda pour atteindre la célébrité - peinture, danse, littérature - se révèlent vains, et sa schizophrénie apparaît.

Dès la fin de 1926 Scott est appelé à Hollywood et Zelda commence à perdre la tête : elle entend désormais parler les fleurs, ce qui oblige son mari à entamer une tournée des cliniques psychiatriques, une situation qui rend les dernières années de l'écrivain aussi coûteuses que déprimantes. Entre les visites à son épouse (Fitzgerald fait interner Zelda en Suisse, puis à Asheville ; toujours dans les meilleures cliniques), son propre alcoolisme, les dépressions et les soucis financiers (évoqués dans le recueil de nouvelles et d'essais La Fêlure, aussi titré L'effondrement), Scott Fitzgerald parvient toutefois - au bout de neuf ans - à écrire Tendre est la nuit. Ce roman, fortement inspiré de sa femme Zelda et de leur relation., et initialement plutôt mal reçu aux États-Unis, verra sa renommée lentement grandir au fil des ans.

À Paris, le couple vit au 58 rue de Vaugirard entre avril et La mairie de Paris a procédé à la pose d'une plaque commémorative sur la façade de l'immeuble en avril 2025. Source.. Entre 1928 et 1929, ils sont entre Nice et Paris. Ils s'installent ensuite au 10 rue Pergolèse entre 1929 et 1931. En 1935, à l'auberge de Grove Park à Asheville, pendant qu'il se fait soigner pour une tuberculose, il commande environ trente bières par jour. Il tente de se suicider dans le même hôtel l'année suivante en avalant un flacon de morphine. En 1937, il travaille comme scénariste à la MGM. L'expérience à Hollywood est amère pour Fitzgerald, tout comme pour William Faulkner., les films ne sont pas des succès et ses scénarios sont souvent réécrits..... Les 3 dernières années de sa vie sont néanmoins adoucies par une liaison suivie (et harmonieuse) avec la chroniqueuse mondaine Sheilah Graham. C'est chez elle, à Hollywood, le , que Scott Fitzgerald meurt d'une crise cardiaque. Il laisse le prometteur roman Le Dernier Nabab inachevé.

Sa femme meurt quelques années plus tard, en 1948, dans l'incendie qui ravage le sanatorium d'Asheville, où elle est internée Susan Stamberg, « For F. Scott And Zelda Fitzgerald, A Dark Chapter In Asheville, N.C. », National Public Radio, 3 septembre 2013..

Œuvres

Romans 1920 : L'Envers du paradis (This Side of Paradise) 1922 : Beaux et damnés (The Beautiful and Damned) 1925 : Gatsby le Magnifique (The Great Gatsby) 1934 : Tendre est la nuit (Tender is the Night) 1941 : Le Dernier Nabab (The Last Tycoon) - inachevé, publié en 1941

Recueils de nouvelles - Éditions en anglais Flappers and Philosophers (1920) Tales of the Jazz Age (1922) All the Sad Young Men (1926) Taps at Reveille (1935) Babylon Revisited and Other Stories (1960) The Pat Hobby Stories (1962) The Basil and Josephine Stories (1973) The Short Stories of F. Scott Fitzgerald (1989) Flappers and Philosophers - The Collected Short Stories of F. Scott Fitzgerald (Penguin Classics, 2010) I'd Die For You. And Other Lost Stories, (Simon & Schuster, 2017)

Recueils de nouvelles - Éditions en français Je me tuerais pour vous. Et autres nouvelles inédites, Grasset-Fayard, (2017)Je me tuerais pour vous. Et autres nouvelles inédites, sur telerama.fr, consulté le 28 mars 2017 La fêlure et autres nouvelles, Folio, 2016. Magnétisme et autres nouvelles, traduction Thierry Gillybœuf, Éditions de la Nerthe, 2014. Un livre à soi et autres écrits personnels, traduction Pierre Guglielmina, Paris, Les Belles lettres, 2011, 320 p. Un diamant gros comme le Ritz, 27 nouvelles, Collection Pavillons Poche, Robert Laffont (2005) Histoires de Pat Hobby, 10/18 (1981), La Découverte (2003) Carnets (The Notebooks) traduction Pierre Guglielmina, Paris, Fayard, 2002, 442 p. Éclats du Paradis (1977) ou Fragments de Paradis, Le Livre de poche (1996) La Ballade du rossignol roulant (The Cruise of the Rolling Junk), traduit par Jacques Tournier, Belfond, 1993. Réédition Le Livre de poche (1995) avec une présentation par Frédéric Vitoux. Love Boat I (1979), Le Livre de poche (1991) Love Boat II : Entre trois et quatre (1979), Le Livre de poche (1993) Love Boat III : Fleurs interdites (1979), Le Livre de poche (1994) La Fêlure, 16 nouvelles et textes autobiographiques, Gallimard/Folio (1981) Les Enfants du jazz, Gallimard/Folio (1978)

Nouvelles thumb|Couverture du magazine Red Book, contenant la première parution de la nouvelle The Rich Boy (1926). Liste partielle 1920 : Head and Shoulders 1920 : The Camel’s Back 1920 : Bérénice se fait couper les cheveux (Bernice Bobs Her Hair) 1920 : Le Palais de glace (The Ice Palace) 1920 : Ceux qui sourient (The Smilers) 1920 : Le Premier Mai (May Day) 1920 : Le Pirate de haute mer (The Offshore Pirate) 1921 : L'Étrange Histoire de Benjamin Button (The Curious Case of Benjamin Button) 1922 : Un diamant gros comme le Ritz (The Diamond as Big as the Ritz) 1922 : La Lie du bonheur (The Lees of Happiness)