La Chapelle-du-Bard est une commune française située dans le département de l'Isère, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Ses habitants sont appelés les Chapelains.
Géographie Situation et description Commune rurale de montagne étagée de d'altitude au confluent du Bréda et du Bens à d'altitude au Grand Charnier, traversée par le torrent Le Bard et limitée par le ruisseau du Buisson, qui forme la cascade de la Pierre Tombante, et le Bens respectivement côté commune d'Allevard et côté Arvillard en Savoie, tous torrents affluents du Bréda.
Elle est tournée essentiellement vers l'élevage de bovins, la sylviculture avec près de de forêts communales et 700 de forêts domaniales et en commun avec la commune d'Allevard la station de ski du Collet d'Allevard ou plus de 50 pour cent du domaine skiable se trouve sur la commune de La Chapelle-du-Bard (Prérond, le Super Collet).
Quatre arrêtés préfectoraux de protection du biotope (tourbières) ont été pris par le Préfet de l'Isère à la demande de la commune (environ ) afin de protéger le patrimoine naturel de la commune. Il est à noter que La Chapelle-du-Bard est la seule commune de Belledonne à avoir pris une position ferme en matière d'environnement.
La Chapelle-du-Bard est située à de Chambéry et à de Grenoble.
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Montmélian à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Hydrographie
Voies de communication
Urbanisme
Typologie Au , La Chapelle-du-Bard est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'AllevardUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant neuf communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine d'Allevard, il y a trois villes-centres (Allevard, Crêts en Belledonne et Valgelon-La Rochette) et six communes de banlieue... La commune est en outre hors attraction des villes...
Morphologie urbaine
Lieux-dits, hameaux et écarts
Beauvoir, la Gorge, le Buisson, le Grand Pré, le Mollard, le Pont de Bens, Montgaren, la Curtanne, la Louvière, Sans Repos, Grange Davat, Pré Vieux, Revit, Pré de La Chapelle, le Filament, les Boudanes, les Cavagnates, Plan Baron, la Combe, la Sandre, les Sellières, Pré Darbon, Pré Jenton, Plan Poucet, Pré Sec, les Bugagnières, Maison forestière de Saint Hugon, la Graille, Fraix d'Aval, la Pala, le Bourg, le Plan de Daim, le Coin, le Charvin, Pierre Grosse, Pré Lafleur, Montaulier, Fontaine Froide, l'Etrat, La Francillote, Petit Pré, Mollard Pioulliou.
Toponymie Un texte du en latin cite la « ». Capella (la chapelle), désigne un lieu conservant la cape ou un morceau de la cape de saint Martin, officier romain et protecteur de la Gaule chrétienne. Barro (Bard) est dérivé d'un mot celte bar, toponyme fréquent en Europe celte : hauteur, mont, barre rocheused'après Albert Dauzat linguiste français. D'ailleurs à proximité, près de Pontcharra-sur-Bréda, on trouve Barraux et fort Barraux tristement célèbre comme lieu d'internement durant l'occupation nazie.
Histoire
Origine Un peuplement ancien est attesté par l'existence en 121 av. J.-C. à Détrier, commune voisine de Savoie, d'une voie romaine avec une mansio (gite d'étape), ainsi que la découverte en 1861 d'un sarcophage romain en plomb contenant notamment une statuette en bronze dite « Vénus de Détrier », déposée au musée de Chambéry.
La légende prétend qu'à la période des invasions sarrasines, les Maures occupèrent longtemps la montagne car, attaqués par l'évêque guerrier Isarn, ils se réfugièrent dans des lieux inaccessibles, furent contraints d'habiter dans des grottes, des sites à partir desquels ils faisaient des incursions pour se procurer de la nourriture, ravir des femmes et perpétuer leur descendance. Des scientifiques ont appuyé au ces assertions en se basant sur les toponymes : Morêtel, tombeau du Sarrasin à La Ferrière, Bréda (sous le prétexte que l'on trouve près de Guelma en Afrique-du-Nord une localité appelée Hamman Berda)la Revue de la société scientifique du Dauphiné 1838, mais « Bréda » est bien un toponyme celteOn retrouve les mêmes affirmations concernant les patronymes finissant en AZ ou en OZ, terminaisons de patronymes savoyards qui en fait annoncent une lettre muette ou une accentuation, le Z ne se prononçant pas.. Moyen Âge La Chapelle-du-Bard est typique de l'évolution démographique du Moyen Âge (peuplement, essarts, féodalité…) mais n'échappe pas non plus à ses vicissitudes.
Au le mandement d'Allevard est vendu au Dauphiné mais jamais payé. Il comprend les paroisses d'Allevard, Saint-Pierre, La Ferrière, Pinsot et La Chapelle-du-Bard. La difficulté d'accès en direction de Grenoble, par Sailles en allant sur Goncelin, firent que les habitants se tournèrent plus aisément vers leurs anciens seigneurs de Savoie et restèrent des Savoyards du Dauphiné et, avant l'annexion de la Savoie en 1860, des Savoyards de France.
On trouve au moins un représentant de la petite noblesse en la personne d'un seigneur Montgaren (Mons Garencus) dont la possession est de fait bien délimitée à ce qui aujourd'hui est le hameau de Montgaren. On peut citer aussi des gentilshommes dont les noms se sont perpétués: Bigot, Blanc, Raffin, Didelle, Genton…
La période des Croisades laissera sa trace. En 1346, profitant de l'absence du seigneur d'Arvillard parti guerroyer en Terre Sainte, le seigneur d'Allevard épouse sa fille. Les Savoisiens indignés, « forts de cent bassinets et de mille archers à pied, avec à leur tête » le prétendant déchu « Humbert le Bâtard », franchissent le Bens, s'engagent dans le Val d'Allevard, arrivent à une portée de flèche des murailles d'Allevard mais battent en retraite non sans avoir incendié quelques maisons et ravagé le territoire de La Chapelle-du-Bard y laissant plusieurs morts. Les familles de ces victimes collatérales des croisades furent indemnisées contre espèces sonnantes et trébuchantes.
En 1427 la peste touche la paroisse qui compte alors 82 feuxMultipliés par 6, soit ., tuant cette année-là . En 1428, sur le mandement d'Allevard (environ ), elle tue . En 1439, la paroisse perd (soit près de sur ). À Montgaren, les morts furent ensevelis au lieu-dit de la Combe. À titre indicatif, à Saint-Pierre, sur 317 feux : plus de , à Allevard sur 298 feux : plus de , à La Ferrière: 93 feux et plus de et Pinsot avec 73 feux comptera plus de . En 1630, avec le retour des armées d'Italie, c'est un nouvel épisode de peste, mais moins meurtrier.
Temps modernes Sous le règne de Louis XIV, un traité entre la France et la Savoie, signé du Roi Soleil lui-même, précise que « la rivière Bens forme la frontière, la chartreuse de Saint-Hugon est en Savoie et le village de Montgaren en royaume de France »Archives de la Bibliothèque Nationale. L'annexion en 1860 simplifiera grandement les relations qui s'étaient entretenues au cours des siècles entre les deux populations. Elle fit aussi de fait disparaitre les douaniers fortement implantés à Montgaren.
Les relations entre les habitants de la paroisse et leurs voisins, les puissants moines de la chartreuse de Saint-Hugon, située sur la rive droite du Bens, ont toujours été difficiles. . Aussi, en 1792, les Chapelains ne virent pas d'un mauvais œil l'entrée en Savoie des armées de la République qui chassèrent les Chartreux. La vindicte poursuivra les moines après leur départ et fera là aussi des victimes collatérales. Les habitants de Montgaren accusés à juste titre, par un garde forestier du hameau, de couper les forêts des Chartreux devenues biens nationaux, s'employèrent à le faire accuser de sorcellerie101 personnages célèbres du Grésivaudan, Georges Salamand, éd du Fond de France, 1999 et archives du département de l'Isère. Le tribunal révolutionnaire de Grenoble rendit justice au fonctionnaire de l'État, sanctionna les habitants fautifs et marqua sans doute un des derniers procès pour sorcellerie de l'Histoire moderne. La légende qui entoure les Chartreux ne laisse pas insensible : dans les années 1960, Joseph Navizet, ancien combattant de la Grande Guerre, concessionnaire de la mine d'or des Chartreux, se rendait chaque dimanche, à pied, sac au dos, sur le terrain pour rechercher le filon que les moines auraient dissimulé à l'arrivée des révolutionnaires français. Depuis 1979, l'ancienne chartreuse est occupée par des moines bouddhistes (Institut Karma Ling).
Époque contemporaine
18 juin 1815, l'Empire s'effondre avec la défaite de Waterloo, les troupes françaises stationnées à L'Hôpital et Conflans qui deviendront Albertville, battent a plate couture l'armée sarde puis le lendemain l'armée autrichienne. Le retrait des Français entrainera des représailles sur la population civile et l'occupation entre autres de la Chapelle du Bard, occupation qui laissera un mauvais souvenir aux Chapelains.
Le connaitra un essor de peuplement rural et une industrialisation favorisée par la force motrice fournie par l'eau, l'existence de mines de fer et une population travailleuse marquée par le souvenir des guerres de l'Empire en Crimée et en Italie. Un Chapelain du hameau de Montgaren, le gendarme Raffin-Pernet de la Compagnie des Hautes Alpes fit partie de la première promotion de la Médaille militaire instaurée par l'Empereur Napoléon III en 1852. L'Annexion de la Savoie en 1860 marquera le déclin démographique de la commune avec le départ des troupes de frontière, des douaniers et de leurs familles.