LIsère (Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API. ; ) est un département français de la région Auvergne-Rhône-Alpes, tirant son nom de la rivière Isère (affluent de la rive gauche du Rhône). L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le . Sa préfecture est Grenoble. Ses habitants sont les « Isérois » et « Iséroises ».

Le département recouvre une grande partie de l'ancienne province du Dauphiné, dont la capitale était Grenoble. C'est le dixième département le plus vaste de France et le deuxième le plus peuplé de sa région.

Étymologie L'origine du mot Isère n'est pas clairement identifiée, et pourrait avoir deux origines différentes : du celtique « Isar », c'est-à-dire « fer », minerai qui devait sans doute être abondant le long des rives de l'Isère à l'époque protohistorique ; du gaulois « Isara » (« l'impétueuse, la rapide »), qui caractérise bien cette rivière alpine avant que la régulation du débit ait été effectuée (grâce, entre autres, au barrage du Chevril mis en service en 1953, sans pour autant supprimer totalement les risques d'inondation).

Ce nom de rivière se retrouve un peu partout en Europe, comme l'« Isar » en Bavière ou l'« Yser » en Flandres, et même l'« Oise » (« Isara », selon Jules César). L'origine celtique du terme n'est pas assurée puisqu'on retrouve ce nom de rivière dans des zones que l'on suppose non influencées par la culture celtique (Vénétie, Thrace, Lituanie)Xavier Delamarre – Dictionnaire de la langue gauloise – Éditions Errance mais sans certitude.

Dans un ouvrage de 2021, le linguiste Jacques Lacroix propose une autre hypothèse. Le nom de la rivière s'est formé sur un thème « Iso- », attesté dans diverses langues celtiques, et signifiant « en bas ». L'Isère serait ainsi une ancienne « Isarā » : « Eau du Bas » (du territoire), en référence à sa position géographique. La rivière naissait à l'extrémité sud-est des Ceutrons. Sur les trois quarts de son parcours, elle coulait chez les Allobroges, dans la partie inférieure de leur ancien territoire. Elle marquait également la frontière sud des Allobroges avec deux autres peuplades gauloises, les Vertamocores et les Ségovellaunes.

Histoire

Une partie de l'ancienne province du Dauphiné viennoise est devenue le département de l'Isère à la Révolution française, le en application de la loi du .

Limites du département Ses limites avec le département du Rhône furent plusieurs fois modifiées.

En 1852, l'apparition de zones urbanisées en périphérie de Lyon conduit à rattacher les communes iséroises de Bron, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Villeurbanne et La Guillotière au Rhône : la Guillotière, la Croix-Rousse et Vaise sont réunies à la commune de Lyon, et les communes de Villeurbanne, Vaux, Bron et Venissieux sont distraites du département de l'Isère et réunies au département du Rhône.. Avant cette date, la commune de Lyon était limitrophe de l'Isère.

En 1967 est créée la communauté urbaine de Lyon. Les structures intercommunales de l'époque ne pouvant dépasser les limites des départements, de l'Isère et de l'Ain sont rattachées au RhôneChaponnay, Chassieu, Communay, Corbas, Décines-Charpieu, Feyzin, Genas, Jonage, Jons, Marennes, Meyzieu, Mions, Pusignan, Saint-Bonnet-de-Mure, Saint-Laurent-de-Mure, Saint-Pierre-de-Chandieu, Saint-Priest, Saint-Symphorien-d'Ozon, Sérézin-du-Rhône, Simandres, Solaize, Ternay et Toussieu).

En 1971, Colombier-Saugnieu est détachée de l'Isère.

Préhistoire L'histoire du territoire qu'occupe actuellement le département de l'Isère est riche et les premières traces humaines remonteraient au paléolithique moyen vers av. J.-C., où les hommes s'installèrent dans les massifs de la Chartreuse et du Vercors malgré le climat froid qui pouvait régner à cette époque. Plusieurs sites isérois confirment cette présence, notamment sur la grotte de Bury qui aurait été occupée pendant une période allant de à av. J.-C.« Grotte de Bury », sur le site officiel du Conseil général de l'Isère. La répartition géographique de ces premiers « isérois » dépendit beaucoup de la météorologie, des périodes de glaciation et de la répartition du gibier. Autour de av. J.-C., les premiers groupes sédentaires prirent place sur les bords de la Chartreuse, du Vercors, du Trièves, dans la cluse de Voreppe et dans la plaine de Bièvre-Valloire où régnait à l'époque un climat chaud et humide rappelant celui que l'on pouvait trouver sur les bords de la Méditerranée et favorable à l'essor d'une agriculture locale.

La fin de la Préhistoire dans le département vit la naissance d'un site néolithique remarquable sur la rive sud du lac de Paladru où s'installa vers un village composé de cinq maisons familiales en bois, équivalant à une population d'environ . Ce site, aujourd'hui sous les eaux du lac, fait l'objet de fouilles. À cette période succédèrent la protohistoire et l'âge du bronze, avec l'apparition des premiers métallurgistes alpins entre 1 300 et 1 100 av. J.-C., certainement afin de répondre à une demande émanant d'utilisateurs locaux. La découverte de nombreux objets en bronze (haches, couteaux, bracelets) sur les communes de Goncelin et d'Allevard montre l'importance de la métallurgie pratiquée par les bronziers autochtones. S'ensuivirent l'âge du fer et l'apparition des premières tribus gauloises des AlpesBibliographie : Auteur : Collectif sous la direction de Chantal Mazard, Atlas du patrimoine de l'Isère, , 1998, Collection : Patrimoine en Isère, Édition : Glénat ..

Époque romaine Avant l'arrivée des Romains, se trouvaient dans la région principalement quatre peuples gaulois ; le plus important d'entre eux étaient les Allobroges, dont le territoire s'étendait depuis Genève jusqu'à Cularo (Gratianopolis puis Grenoble) puis a Vienne qui en était la Capitale.

Entre 125 et 118 av. J.-C., les peuples gaulois du sud-est, qui étaient les Allobroges, les Arvernes et les Voconces, connurent un certain nombre de défaites face à Rome, et cette dernière put dominer une vaste contrée allant des Alpes aux Pyrénées, donnant naissance à la province de la Gaule transalpine.

Vienne devint une cité romaine prospère et était à cette époque le principal centre économique, politique et culturel du territoire qu'occupe aujourd'hui l'Isère. De nombreux monuments de cette époque sont encore visibles dans cette cité, notamment le temple d'Auguste et de Livie, le théâtre antique

Moyen Âge Lors du Moyen Âge, l'Isère et Grenoble connurent une période de développement.

Rome céda sa place au royaume burgonde de 443 à 524 (date de la bataille de Vézeronce) qui lui-même fut suivi par les royaumes francs. Aux côtés de cette autorité royale se trouvaient les évêques qui jouissaient d'un rôle administratif et juridique croissant sur leurs diocèses, devenant ainsi des personnages d'autorité parmi les principaux. En Isère comme partout en Europe, la construction de nombreux châteaux marque la période du Moyen Âge inférieur au bas Moyen Âge (de 750 à 1500). Les fortifications connaissent de fortes évolutions, passant de la motte castrale avec des fortifications en bois, comme le montrent les recherches menées sur le site de la motte du Châtelard à Chirens« Motte du Châtelard » sur le site officiel du conseil général de l'Isère, à des châteaux en pierre destinés à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief.

Vers arrive une vague de construction de châteaux en Isère : cinq fortifications sont dénombrées en 980, et ce sont en 1120. C'est à cette époque qu’apparaissent le Dauphiné et ses dauphins de Vienne, avec , reconnu comme le premier des dauphins. Cet homme ambitieux possède, à la fin du , un château, un village et une église à Vizille mais aussi des terres vers Roussillon au sud de Vienne. Il gagne ensuite plusieurs titres et agrandit son domaine grâce à ses liens de parenté avec les évêques de Grenoble et de Valence et grâce à une fine stratégie de mariagesHistoire du Dauphiné, sur l'atelier des dauphins. Ainsi naît le Dauphiné, qui devient un État indépendant du Saint-Empire romain germanique. Le Dauphiné fut un État indépendant sur une période de plus de deux siècles pendant laquelle se déroulèrent de nombreux conflits avec le comté de Savoie. Et c'est le par le traité de Romans que Humbert II de Viennois céda le Dauphiné au roi de France Philippe VI de Valois.

Époque moderne vignette|gauche|redresse|Blason du département. vignette|redresse|« La Journée des Tuiles du » par Alexandre Debelle, musée de la Révolution française.|alt=Tableau représentant la journée des Tuiles de 1788.

L'époque moderne voit la multiplication des places fortes lors du dans le département et notamment autour de Grenoble, afin de se défendre contre d'éventuelles attaques de la Savoie dont les souverains se trouvent souvent parmi les rangs des ennemis des rois de France. Le est profondément marqué par le travail de François de Bonne de Lesdiguières, lieutenant-général du Dauphiné, qui se donne pour mission de maintenir la paix et de remettre en route la vie économique de la province. Le , tout en étant une période de prospérité pour les Isérois, fut limité par l'exode protestant de la fin du , comme tout le reste de la France. Cependant, un célèbre paysan qui devint contrebandier, Louis Mandrin, mit à mal l'autorité, notamment en s'attaquant aux impopulaires fermiers généraux. Il reçut ainsi rapidement le soutien de la population. Cette période de calme et de prospérité permit ainsi le développement d'une vie intellectuelle qui se révéla très vivante, notamment à Grenoble où se fonda la bibliothèque publique qui comptait parmi ses membres Henri Gagnon, grand-père de Stendhal. Plusieurs « grands noms » isérois sont à noter dans ce siècle des Lumières comme Déodat Gratet de Dolomieu, un des premiers géologues et lithologistes français ; Jacques de Vaucanson, inventeur et mécanicien qui contribua entre autres à l'automatisation des métiers à tisser ; Gabriel Bonnot de Mably, philosophe et frère de Étienne Bonnot de Condillac, lui aussi adepte de la philosophie ; Antoine Barnave, homme politique. Ce dernier, avec Jean-Joseph Mounier, fut à l'origine de la journée des Tuiles, émeute qui se déroula le à Grenoble, pendant laquelle la population de la ville affronta à coups de tuiles les troupes royales. C'est l'émeute notable du début de la Révolution française.