Parfois décrite comme une particratie, la vie politique belge s'organise autour de partis politiques de taille et d'influence diverses. La société belge des était pilarisée en trois grandes familles politiques qui ont dominé l'histoire politique belge : catholique, libérale et socialiste. Si la pilarisation de la société belge s'est aujourd'hui atténuée, ces partis gardent encore aujourd'hui une influence majeure dans la vie politique du pays. Il existe également d'autres familles politiques en Belgique qui n'ont pas pour autant formé de pilier : c'est notamment le cas, depuis les années 1980, de la famille écologiste. L'importance des partis politiques dans la vie politique belge donne à leurs présidents un pouvoir considérable, notamment dans le cadre des négociations visant à former un gouvernement.

L'une des caractéristiques de la vie politique belge est d'être marquée par une forte question communautaire, entraînant l'apparition de courants régionalistes et nationalistes parfois très importants. C'est notamment le cas du nationalisme flamand qui incarne aujourd'hui l'une des forces politiques les plus importantes du pays. Depuis les années 1970, à la suite des nombreuses tensions communautaires et à la fédéralisation de la Belgique, la majeure partie des partis nationaux ont éclaté entre leur aile flamande et leur aile francophone ; aujourd'hui, il n'existe quasiment plus aucun parti national en Belgique et on trouve des tendances régionalistes et nationalistes dans quasiment tous les partisVoir à ce sujet Pascal Delwit, Jean-Benoit-Pilet, Emilie van Haute, Les partis politiques en Belgique, Bruxelles: Éditions de l'Université de Bruxelles, 2011..

Partis politiques actuels

Partis traditionnels En Belgique, on désigne sous le nom de « partis traditionnels » les trois principales familles politiques du pays ayant dominé la vie politique belge depuis le : la démocratie chrétienne, le libéralisme et, bien qu'apparu plus tardivement, le socialisme. Ces trois tendances politiques constituent chacune un « pilier » de la société belge : chacune de ces trois familles a en effet développé un réseau de syndicats, de mutuelles, d'universités... qui lui est propre. Si cette pilarisation de la société belge est moins prégnante depuis plusieurs décennies, elle a malgré tout laissé des traces dans la vie politique du pays.

Démocratie chrétienne

vignette|549x549px|Évolution des résultats des partis chrétiens belges aux élections législatives depuis 1884.

Les principaux partis démocrates-chrétiens aujourd'hui sont le CD&V en communauté flamande, Les Engagés (auparavant CDH) en communauté française et le CSP en communauté germanophone. Ces partis sont les héritiers des conservateurs catholiques ayant cofondé la Belgique avec les libéraux lors de la révolution belge et dont les tensions avec les libéraux rythmeront le belge. Le premier Parti catholique est fondé en 1884 et changera de nom à plusieurs reprises : Union catholique belge en 1921, Bloc catholique en 1936 puis enfin PSC-CVP en 1945. Après l'affaire de Louvain en 1968, le parti se scinde entre son aile francophone (PSC) et son aile flamande (CVP). À la suite de leur défaite électorale de 1999, les deux partis changent à nouveau de nom : le CVP devient le CD&V en 2001 et le PSC devient le cdH en 2002.

Il existe aujourd'hui quelques différences entre le CD&V et Les Engagés. Le CD&V assume ainsi un nationalisme flamand fort (ce qui l'a d'ailleurs amené à faire, pendant les années 2000, un cartel électoral avec la N-VA) et continue de s'affirmer comme parti chrétien. Les Engagés, quant à eux, ont abandonné la référence au christianisme dans leur nom et préfèrent aujourd'hui se décrire comme un parti humaniste ; Les Engagés n'a pas non plus de fortes revendications communautaires..

Outre ces trois partis principaux, d'autres partis démocrates-chrétiens ou d'inspiration démocrate chrétienne jouent un rôle dans la vie politique belge actuelle. Ainsi, le MCC est, aux côtés du PRL et du FDF, un des trois partis ayant cofondé le MR. Le MCC a été fondé en 1998 par Gérard Deprez, président du PSC de 1982 à 1995 ; ce dernier souhaitait réunir dans un seul et même parti le PSC et le PRL, mais cela ayant été refusé par son parti, il finit par le quitter et fonder le MCC, un parti associant libéralisme et démocratie chrétienne. ProDG, un parti régionaliste de la communauté germanophone, est également d'inspiration démocrate-chrétienne.

Si la famille catholique a longtemps dominé la vie politique belge (sur les 51 premiers ministres de l'histoire belge, 37 étaient issus d'un parti catholique), elle est aujourd'hui en recul : en 2019, à la Chambre, le CD&V n'est plus que le troisième parti flamand et Les Engagés n'est plus que le cinquième parti francophone.

Libéralisme Les principaux partis libéraux aujourd'hui sont l'Open Vld en communauté flamande, le MR en communauté française et le PFF en communauté germanophone. Ces partis sont les héritiers des libéraux ayant cofondé la Belgique avec les conservateurs catholiques lors de la révolution belge et dont les tensions avec les catholiques rythmeront le belge. Le premier Parti libéral est fondé en 1846. Il change de nom en 1961 après la crise congolaise et devient le Parti de la liberté et du progrès. À la suite des tensions croissantes entre les libéraux flamands et les libéraux francophones, le parti se scinde entre son aile flamande (PVV) et son aile francophone (PRL). Le PVV devient le VLD en 1992 puis l'Open Vld en 2007. Le PRL, quant à lui, est la principale composante de ce qui sera le MR : fondé en 2002, le MR est une coalition de parti regroupant le PRL, le MCC (une dissidence du PSC) et le FDF (parti régionaliste francophone bruxellois). Le FDF finit cependant par quitter le MR en 2011 à la suite de la décision du MR d'accepter une scission partielle de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvoorde.

Il existe aujourd'hui quelques différences entre l'Open Vld et le MR. L'Open Vld est ainsi un parti beaucoup plus dur, n'hésitant pas à faire passer en force certaines mesures sans en discuter avec les syndicats. Le MR, quant à lui, est beaucoup plus attaché à une forme de concertation sociale. L'Open Vld est un parti néolibéral tandis que le MR est plus proche du social-libéralisme.

Outre ces partis, il existe d'autres formations politiques libérale en Belgique. Ainsi, en 1998, est fondé le parti Vivant, un parti se présentant à la fois en communauté flamande et en communauté germanophone. Ce parti se réclame du social-libéralisme et défend l'interventionnisme étatique dans l'économie. Bien qu'ayant obtenu des bons scores électoraux en 2004, il finit par fusionner en 2007 avec le VLD pour former l'Open VLD. En communauté germanophone cependant, il continue encore aujourd'hui à se présenter sous son propre nom et est en progression électorale, devenant le principal parti libéral germanophone devant le PFF en 2019.

Avec les catholiques et les socialistes, les libéraux forment l'une des trois principales familles politiques traditionnelles de Belgique, oscillant entre la première, la deuxième et la troisième place en fonction de la période et du contexte historique. En 2019, les libéraux constituent la seconde famille politique du pays, ce qui est également le cas en Wallonie ; en Flandre, les libéraux sont quatrièmes.

Socialisme Les principaux partis socialistes aujourd'hui sont le PS en communauté française, Vooruit en communauté flamande et le SP en communauté germanophone. Ces partis sont les héritiers du POB, un parti social-démocrate fondé en 1885 qui deviendra le deuxième parti de Belgique en 1919 après l'introduction du suffrage universel masculin. Dissous en 1940 par son président Henri De Man, le POB renaît de ses cendres en 1945 sous la forme du PSB. À la suite de nombreuses tensions communautaires au sein du parti, le PSB se scinde entre son aile francophone (PS) et son aile néerlandophone (SP) en 1978. En 2001, le SP devient le sp.a, puis Vooruit en 2021.

Il existe aujourd'hui quelques différences entre le PS et le Vooruit. Ce dernier est ainsi un parti beaucoup plus dur sur l'immigration que le PS qui y est davantage ouvert. La vision de l'État social défendue par le Vooruit est également beaucoup plus modérée que celle du PS.

Avec les catholiques et les libéraux, les socialistes forment l'une des trois principales familles politiques traditionnelles de Belgique, étant généralement la deuxième famille politique du pays et la première de Wallonie. En 2019, les socialistes constituent la première famille politique du pays et de Wallonie, mais ils ne sont plus que cinquièmes en Flandre.

Partis liés à la question communautaire La société belge est, depuis le , marquée par une forte question communautaire. L'influence du mouvement flamand et du mouvement wallon ainsi que les tensions communautaires grandissantes dans les années 1960 amèneront, dans les années 1970, à la fédéralisation du pays avec la création des communautés et des régions. Plusieurs partis politiques ont été constitués au fil de l'histoire du pays afin de défendre les intérêts de l'une ou l'autre des communautés. Ces partis ne sont cependant pas les seuls à défendre des intérêts communautaires et régionaux, certaines revendications étant également reprises par d'autres partis. De plus, même s'il arrive que les partis régionalistes et communautaires affirment être transpartisans, on peut généralement les associer à l'une ou l'autre des familles politiques du pays.

Belgicanisme Les belgicanistes sont les partisans d'un retour à la Belgique unitaire qui existait avant la fédéralisation du pays. Le principal parti belgicaniste est le BUB : créé en 2002, ce parti préconise la refédéralisation des compétences des régions et des communautés (ces dernières étant alors supprimées) ainsi que la réunification du Brabant flamand, du Brabant wallon et de Bruxelles ; les provinces retrouveraient alors un certain nombre de compétences. Le parti défend également une sécurité sociale forte et une baisse des cotisations sociales du travail. Il est également favorable à la monarchie et souhaite qu'elle retrouve du pouvoir. Le parti n'obtient que des scores marginaux aux élections et fait des cartels avec d'autres partis afin d'obtenir des élus. Ainsi, en 2014, il fait un cartel à Bruxelles avec le PTB qui ne lui donnera cependant aucun élu ; en 2019, il fait un cartel avec les Listes Destexhe, mais n'obtient toujours aucun élu. Aux élections de Juin 2024 un nouveau parti belge unitariste fut créé: "l'Unie". Ce parti essentiellement axé sur la jeunesse n'obtient aucun siège lors des élections fédérales, régionales et européennes.

Défense des francophones Le principal parti défendant les droits des francophones est DéFI. À l'origine appelé FDF, il est créé en 1963 afin de défendre les francophones bruxellois à la suite de la mise en place des frontières linguistiques de Bruxelles. Le parti participe notamment à la mise en place de la Région de Bruxelles-Capitale. Bien que le parti se voulait à la base transpartisan en rassemblant des francophones issus des diverses tendances politiques du pays, il se rattache malgré tout à la tradition libérale dans sa variante sociale-libérale ; à partir de 2002, il fera notamment partie, avec le PRL et le MCC, des trois partis à composer le MR avant de le quitter en 2011 à la suite de la décision du MR d'accepter une scission partielle de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvoorde. En 2015, le FDF change de nom est devient DéFI.

DéFI est un parti important à Bruxelles où il fait de bons scores et où il participe généralement à la majorité régionale. Cependant, il peine à s'implanter en Wallonie malgré ses efforts pour devenir un parti de défense des francophones de tout le pays et non plus uniquement à Bruxelles. Au niveau fédéral, il n'obtient qu'un nombre très limité de sièges.