Lofofora est un groupe de Metal alternatif français, originaire de Paris. Formé en 1989, il est composé de Reuno (chant), Phil Curty (guitare basse), Daniel Descieux (guitare) et Vincent Hernault (batterie). Le nom du groupe est une référence au peyotl dont le nom scientifique est Lophophora williamsii. Lofofora est considéré comme l’un des pionniers du rock fusion (ou crossover) metal (guitares saturées, phrasé rappé, envolées punk) en France.

C’est peu de temps après la rencontre de Phil Curty (basse) et de Erik Rossignol (batteur) au sein du groupe The Hammers que l'impulsion d'un nouveau style de musique s'affirme. Les premiers concerts du quartet ont lieu en 1990-1991. Lofofora signe, en après plusieurs mois de négociations, avec Polygram qui permet de financer un album enregistré et mixé par David Weber (Treponem Pal, Young Gods) en octobre, aux studios des Forces motrices à Genève. Entre janvier et , Lofofora compose les titres de son deuxième album. À la fin de l’année 2001, Lofofora répète en vue d’un nouvel album. En 2024, le groupe sort son onzième album studio.

Biographie Débuts (1989–1993) C’est peu de temps après la rencontre de Phil Curty (basse) et de Erik Rossignol (batteur) au sein du groupe The Hammers que l'impulsion d'un nouveau style de musique s'affirme. Lassé de ce groupe, la rencontre de Reuno à Antibes lors d'un concert d'Iggy Pop aboutit à la fondation de Lofofora, en . Après la montée de ce dernier sur la région parisienne, le groupe commence à jouer avec Karl Shneider (guitariste). Leurs influences vont du punk hardcore (Bad Brains, Red Hot, Dead Kennedys, The Exploited, Fishbone, Fugazi ou The Ramones) aux précurseurs du mouvement hip-hop (Grandmaster Flash, Niggaz With Attitude ou Public Enemy). Les premières années sont marquées par des répétitions chez le batteur (enregistrements de maquettes et concerts (vidéo) et au studio Luna Rossa (Paris, ) qui aboutissent à la conception d'une dizaine de morceaux. Première séparation du guitariste Karl, remplacé par Pascal Lalaurie.

Les premiers concerts du quartet ont lieu en 1990-1991. La rencontre avec le batteur Edgar Mireux du groupe MST, à la fin de l’année 1992, lors d’une répétition au Frigo, permet au groupe de se stabiliser et de réaliser ses premières maquettes enregistrées par Chambinator.. L’intégration dans la structure de management Sriracha Sauce., fondée par Bruno Ponge et Laurent Yvon - initialement pour le groupe Les Coquines - permet au quartet de répéter à l'Hôpital éphémère (vivier artistique du de Paris) et de réaliser 50 concerts lors de l’année 1993, le premier ayant lieu le dans le squat de la Moskova, haut lieu du rock alternatif parisien. Le squat de la Moskova a vu éclore des groupes aussi différents que les Moskokids, les Varans de Komodo ou Bernadette Soubirous et où vécut Reuno pendant près de trois ans. La rencontre avec Patricia Bonneteaud s’avère également décisive car leur permet de bénéficier du Fonds d’action et d’initiative rock (FAIR).

Enregistré en , au studio secret par Chinoi, un cinq titres, qui contient une reprise de Zobi la mouche des Négresses Vertes et associe Tanguy du groupe No Return sur le morceau No facho, est pressé à exemplaires et commercialisé en . Entre-temps, Lofofora se révèle à la profession par les premières parties qu’il réalise lors de la tournée française d’Iggy Pop (sept dates) et surtout par son passage aux Transmusicales de Rennes à la fin novembre. La « une » du supplément culturel du Monde leur consacre un article sur cinq colonnes avec photo et, à sa suite, The Guardian, The Washington Post (dans un dossier consacré à l’existence d’une scène française hardcore) ainsi que la revue Billboard écrivent des papiers sur ce quartet underground parisien.

De Lofofora à Dur comme fer (1994–1999) Lofofora signe, en après plusieurs mois de négociations, avec Polygram qui permet de financer un album enregistré et mixé par Daniel Weber (Treponem Pal, Young Gods) en octobre, aux studios des Forces motrices à Genève. Le groupe est gracieusement hébergé au squat Le Garage, lieu artistique alternatif suisse. Cette réalisation permet d’associer des membres des autres groupes managés par Sriracha Sauce - dont Lofofora est devenu la figure emblématique depuis le split des Coquines - tels Miguel Sagoba et Ifif de Dirty District (sur Baise ta vie et Irie style), de Jam et Jah d’Human Spirit (sur No facho) ou de Yomgui DJ de Oneyed Jack (sur Holiday in France). Le groupe reprend également la chanson Justice pour tous des Moskokids écrite par Jérome Boursault, groupe qu’il avait côtoyé au squat de la Moskova. Approché par plusieurs majors, c’est avec la maison de disques Virgin que Lofofora signe un contrat en pour trois disques. Plus gros succès commercial du quartet à ce jour, l’album éponyme est commercialisé en . Après avoir effectué 74 concerts l’année précédente, Lofofora reprend la route avec Farid Tadjene (ex-Fast Unity) qui remplace Pascal Lalaurie et connaît un succès d’estime auprès du grand public par ses prestations scéniques, les titres étant diffusé par des radios telles que Skyrock ou Fun Radio. La tournée originelle, après la sortie, comprend 92 dates, du au , dont un passage à la Fête de l’Humanité. En décembre, Lofofora effectue une tournée de 10 concerts au Canada avec GrimSkunk et the Smalls. Au total, Lofofora assure 115 concerts lors de l’année 1995.

Entre janvier et , Lofofora compose les titres de son deuxième album. Il fait enregistrer Peuh ! par André Gielen (qui a auparavant enregistré Channel Zero, Deviate et Hoax) au studio Hautregard qui contient le morceau Shiva Skunk, composé avec Ekova, ainsi que Vive le feu, reprise des Bérurier Noir. C’est Farid Tadjene qui, connaissant Medhi Haddab, fait découvrir Ekova aux autres membres de Lofofora. Ekova entre ainsi dans l’association Sriracha Sauce. Avant sa commercialisation, à la fin , le quartet se produit au festival CMJ à l’Under Acme de New York ainsi qu’au Québec. C’est le même André Gielen qui enregistre, en , les deux titres issus de la collaboration entre Lofofora et le groupe de rap Kabal (Grand et fort et La bête) ainsi que leur troisième album, Dur comme fer, en (commercialisé en ), sans doute le plus abouti et le plus sombre du quartet (tempos lourds et inquiétants). En répétition en janvier au New York studio, Lofofora invite Kabal avec lequel il compose deux titres. Ce projet qui se voulait plus ample s’arrête là, faute de financement de la part d’Hostile. Ils jouent ensemble sur une quinzaine de date en . Le titre PMGBO (Partouze Musicale Gang Bang Oral) célèbre les dix ans du groupe en rassemblant des membres de la Calcine, Kabal, LTNO, Mass Hysteria et Oneyed Jack. Quant aux Liquides de Mon Corps, sa composition est issue de la demande du groupe hollandais Transpunk à Reuno d’écrire un titre pour leur deuxième album, titre que Lofofora réenregistre avec Densio au sitar.

Le Fond et la Forme (1999–2002) Après la tournée de Dur comme fer qui s’achève à la fin 1999, fruit de tensions au sein du groupeSur ces tensions au sein de Lofofora, un témoignage a posteriori de Farid Tadjene lors de la sortie de Lames de fond (2003) sur le forum du site officiel du groupe où il se plaint du manque de reconnaissance de Phil Curty et Reuno aux anciens membres. ., les membres de Lofofora prennent du recul. Malgré les rumeurs de splitRumeur est énoncée – entre autres – dans Rock Sound et No Pasaran (, avril 2001). Sur le sujet, Reuno répond ainsi à Strasbourg Magazine : « Ben écoute tu lis ce que tu veux ! Il y a eu un petit flottement cet été au sein de Lofofora, rien de grave en ce qui concerne une prise de tête intérieure […]. Sur le album de Lofofora, il y avait un guitariste qui s’appelait Pascal et qui a décidé un jour de quitter le groupe mais c’est pas parce qu’on s’étaient engueulés ou qu’il y avait eu un clash entre nous, ses raisons elles étaient toutes personnelles et la décision de Farid sur laquelle il est revenu était tout aussi personnelle et comme on ne fait pas d’interview ni pour Voici ni pour Gala vous ne saurez pas ! ! ! [rires] . », le groupe se retrouve au studio Praxis, à Cagnes-sur-Mer, en , pour enregistrer avec Mamad Rafati la réorchestration de trois de leurs morceaux (Les Gens, Viscéral et Weedub) ainsi que quatre reprises (Quand On a que la Haine d’OTH, Vidocq / La Chanson du Forçat de Serge Gainsbourg, Vive ma Liberté d’Arno et Madame Rêve d’Alain Bashung) qui accompagne la retranscription audio de concerts donnés en , à Mulhouse (salle Noumatrouff) et à Montpellier (salle Victoire 2) et mixé par Christophe Menenteau (ingénieur du son des lives du groupe) dans Double (commercialisé en ). Lofofora retrouve les planches à l’occasion du Sriracha Tour (mai) et de certains festivals lors de l’été. À l’automne, Farid Tadjene quitte définitivement Lofofora pour se consacrer au projet In Vivo qu’il a fondé avec Djamal de Kabal. Il est remplacé par Daniel Descieux, le guitariste de Sarkazein et de Noxious Enjoyment que connaît Phil Curty qui joue également dans ce dernier groupe.

À la fin de l’année 2001, Lofofora répète en vue d’un nouvel album. Les compositions sont retardées par le départ brutal, en , du batteur Edgar Mireux, remplacé par Pierre Belleville (Artsonic et ex-Yo! Pizza Jump. Deux semaines après son arrivée, le groupe joue sur la grande scène des Eurockéennes de Belfort où il invite le chanteur de Watcha (sur Ici ou ailleurs) et celui d’Astonvilla, Frédéric Franchitti (sur Madame Rêve)Lofofora avait déjà joué aux Eurockéennes de Belfort, en 1999, mais sous le chapiteau.. Cependant, la prestation n’est pas à la hauteur de ses performances scéniques habituelles, le groupe cherchant des marques qu’il trouve pleinement en tant que tête d’affiche du troisième tour du Sriracha Sauce, en octobre, pour fêter les dix ans de la structure. En effet, Lofofora achève la composition, dans le sud ouest de la France, à la fin de l’été, ce qui donne Le Fond et la Forme, enregistré par Ken Ploquin, au studio RDPC de Paris, en et commercialisé en janvier de l’année suivante.

Deuxième formation et notoriété grandissante (2003–2008)