La , en forme longue le , est un pays arabe du Moyen-Orient à cheval entre l'Arabie et le Levant. C'est une monarchie créée en 1946 (d'abord sous le nom de Transjordanie de 1946 à 1949) après la fin du mandat britannique. Son territoire est entouré à l'ouest par les Territoires palestiniens et Israël, le long du Jourdain et de la mer Morte, au sud par l'Arabie saoudite, à l'est par l'Irak et au nord par la Syrie, avec, en outre, un accès sur le golfe d'Aqaba, celui-ci communiquant plus au sud avec la mer Rouge. Si l'arabe est la langue officielle, l'anglais reste répandu dans les domaines éducatifs et médiatiques. Sa capitale et sa plus grande ville est Amman.

Bien que la Jordanie soit une monarchie constitutionnelle, le souverain jordanien détient une grande partie des pouvoirs exécutifs et législatifs. Le roi est, depuis le , , et la reine, son épouse Rania.

La Jordanie a une population de en 2026.

Géographie

vignette|redresse=2|Le Proche-Orient moderne.|centré vignette|gauche|Les montagnes d'Ajlun. vignette|gauche|Wadi Rum.La Jordanie est un pays du Proche-Orient, entouré par la Syrie au nord, l'Irak au nord-est, l'Arabie saoudite à l'est et au sud, et enfin Israël et la Cisjordanie à l'ouest. Toutes ces frontières représentent . La Jordanie possède également de littoral le long du golfe d'Aqaba au nord-est de la mer Rouge. Les principales villes du pays sont Amman ( en 2010), Irbid et Zarka, toutes trois situées dans le Nord-Ouest du pays.

La Jordanie est composée principalement d’un plateau désertique aride à l'Est, et d’une région montagneuse à l'Ouest. La vallée du Grand Rift et le Jourdain séparent la Jordanie d'Israël. Le point culminant du pays est le jabal Umm ad Dami (), tandis que la mer Morte en est le point le plus bas.

Climat Le climat est généralement sec et chaud entre avril et novembre, surtout sur la plus grande partie du territoire occupé par le désert d'Arabie à l'Est du pays et dans la vallée du Jourdain à l'extrême Ouest. Cependant, le pays a une saison pluvieuse mais qui reste faible, qui est de décembre à mars, dans le mois d'hiver la région montagneuse de l'Ouest, y compris Amman et Pétra est accompagné par de la neige qui reste tout de même occasionnelle. Le mois où le climat est le plus froid est janvier..

Histoire vignette|redresse|gauche|220px|La ville antique de Pétra, considérée comme l'une des sept nouvelles merveilles du monde.Beaucoup de civilisations et de royaumes se sont succédé sur le sol jordanien, à cheval entre le croissant fertile et l'Arabie. Certains peuples historiques y ont établi leurs capitales comme les Ammonites, les Édomites, les Moabites. D'autres civilisations ont également dominé cette région, tels les Akkadiens, les Qédarites, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, ainsi que l'Égypte pharaonienne ou encore la dynastie juive hasmonéenne des Maccabées. La civilisation la plus connue en Jordanie a probablement été la civilisation nabatéenne qui y a laissé de riches vestiges archéologiques comme Pétra.

D'autres civilisations ont également régné en Jordanie comme les Macédoniens, les Romains, les Byzantins et les Ottomans. Dès le , la région a été culturellement musulmane et arabe, à l'exception d'une brève période de domination par les croisés et sous le mandat britannique.

Mandat colonial britannique Au cours de la Première Guerre mondiale, les Britanniques conquièrent sur l’Empire ottoman une bande de territoire limitée au sud par la ligne Aqaba - Bassorah et au nord par la ligne Acre - Damas - Mossoul.

A l'issue de la Première Guerre mondiale, des territoires anciennement ottomans au Proche-Orient sont indéfinis : « Palestine », « Syrie » et « Mésopotamie ». En , lors de la conférence de San Remo, les alliés (re)-définissent les frontières de la région en la scindant en quatre mandats dont celui de Palestine mandataire qui comprend les territoires situés entre la mer Méditerranée et le désert de Syrie, territoires correspondant aujourd’hui aux Territoires Palestiniens, à Israël et à la Jordanie. Le mandat de la Palestine est attribué aux Britanniques.

En 1923, lors de l’officialisation du mandat sur la Palestine, et avec la volonté de respecter les promesses formulées envers Hussein ibn Ali et le mouvement sioniste (accords Hussein-Mac Mahon de 1915 et Déclaration Balfour de 1917), les Britanniques scindent la région en deux parties séparées par le Jourdain : la Palestine mandataire à l’Ouest du Jourdain incluant un « foyer national juif » et, à l’Est du Jourdain, l'« émirat hachémite de Transjordanie » dit ( en anglais). Cette séparation exclut le territoire de Transjordanie des engagements de l'empire britannique en faveur de la création d’un foyer national juif. Ce territoire de Transjordanie est attribué par les Britanniques à Abdallah bin al-Hussein, déjà présent sur place, afin de le dissuader d'intervenir en Syrie avec ses partisans en 1921 contre les Français qui ont pris le dessus sur son frère lors de la révolte syrienne de 1920.. Ces liens privilégiés avec la Grande-Bretagne sont la suite de l'alliance victorieuse contre les Ottomans conclue entre sa famille et les Britanniques lors de la Première Guerre mondiale.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'armée transjordanienne connue sous le nom de Légion arabe combat en Irak et en Syrie aux côtés des forces britanniques.

Royaume hachémite de Transjordanie En 1946, l'émirat acquiert l'indépendance totale et devient le « royaume hachémite de Transjordanie ». En 1945, il fait partie des membres fondateurs de la Ligue arabe et il est admis à l'Organisation des Nations unies en 1955..

vignette|200px|Frontières de 1948 à 1967 figurant la Cisjordanie annexée.

Royaume de Jordanie Conquête de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est En 1948, le royaume de Transjordanie est un acteur important de la guerre israélo-arabe de 1948 à l'issue de laquelle il occupe les collines de Samarie et le désert de Judée qu'il annexe et rebaptise Cisjordanie (faisant écho à la Transjordanie). De même, il avance dans Jérusalem et prend le contrôle de la moitié Est de la ville. Cette annexion est condamnée par la communauté internationale, sauf par la Grande-Bretagne. Les pays arabes ne concèdent à la Jordanie que l'administration du territoire annexé. La Cisjordanie ainsi que la moitié de Jérusalem sont occupées par la Jordanie jusqu'en 1967 et la guerre des Six Jours.

En 1949, pour marquer ses modifications territoriales, le royaume change de nom pour devenir le « royaume hachémite de Jordanie » (sans le préfixe « Trans- ») ou plus communément, la JordanieLe royaume a conservé cette dénomination depuis. En 1967, la Jordanie perd la Cisjordanie lors de la guerre des Six Jours et renonce à toute revendication sur celle-ci après le Traité de paix israélo-jordanien de 1994.. Il accueille également sur son territoire plusieurs centaines de milliers de Palestiniens fuyant la guerre.

En 1951, le roi Abdallah est tué lors d'un attentat palestinien fomenté par les partisans du grand mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini.

Défaite lors de la guerre israélo-arabe de 1967 Après la crise du canal de Suez, le royaume se rapproche du régime de Nasser. Lors de la guerre des Six Jours en 1967, son armée est vaincue en moins de de combats contre les Israéliens, qui s'emparent de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Le royaume accueille qui fuient les combats.

Face à la déstabilisation engendrée par les mouvements palestiniens et aux tentatives de putsch contre le pouvoir hachémite, le roi Hussein lance une répression massive contre les activistes palestiniens en et chasse les groupes armés du paysGéopolitique de la Jordanie par Alain Renon, octobre 1996, , .

En , le groupe terroriste palestinien Septembre Noir assassine le premier ministre jordanien Wasfi Tall.

La Jordanie ne participera pas activement à la guerre du Kippour de 1973.

Après la guerre des Six Jours, le pays perd beaucoup de son prestige aux yeux des Palestiniens qui développent « un État dans l'État ». Ils mènent leur propre lutte contre Israël depuis le territoire jordanien et Israël y répond par des incursions, comme la bataille de Karameh en 1968.

Reconnaissance de l'OLP et libéralisation politique En 1974, Hussein renonce à toute revendication sur la Cisjordanie et reconnait l'Organisation de libération de la Palestine comme seul représentant légitime du peuple palestinien, afin de calmer les revendications nationalistes palestiniennes au sein même de la Jordanie.. 1989 est marquée par la crise économique et une révolte dans le sud du pays, notamment à Ma'an. Un processus de libéralisation politique rapide est entrepris avec la fin de la loi martiale, le rétablissement d'une Assemblée nationale et la participation d'une trentaine de partis à la vie politique, incluant le Front islamique d'action. Le succès des forces islamistes est large lors des premières élections libres en . En revanche, les élections de montrent un recul de l'opposition et des islamistes.

Paix avec Israël En 1994 est signé le traité de paix israélo-jordanien, donnant lieu à des modifications mineures sur les frontières et restant en attente d'un règlement final du conflit israélo-palestinien.

Le roi Hussein meurt le . Son fils, Abdallah II, lui succède et poursuit les réformes politiques et économiques du pays commencées dans les années 1990, vers davantage de libéralisme.

Dans les années 2000, et malgré les événements affectant la région, le gouvernement jordanien se montre régulièrement soucieux de rester en paix avec ses voisins.

Politique

150px 150pxRoi depuis 1999Jafar HassanPremier Ministre depuis 2024 La Jordanie est une monarchie constitutionnelle parlementaire multipartite, où le Premier ministre est le chef du gouvernement. Les rois de Jordanie Période 1946-1951 Talal 1951-1952 Hussein 1952-1999 depuis 1999

Administration territoriale

Selon l'article du système de divisions administratives par le ministère de l'Intérieur, le pays, administrativement, est divisé en 12 provinces (ou gouvernorats), chacune dirigée par un gouverneur nommé par le roi. Ils sont les seules autorités de tous les ministères et les projets de développement dans leurs domaines respectifs. Ces provinces sont divisées en 52 départements. Les gouvernorats sont les suivants : +Les gouvernorats de Jordanie par population 2004 census100pxMahis (Gouvernorat de Balqa) 100pxAqaba, de la Mer Rouge Irbid Province Population. Superficie(km) Densité (hab/km) Capitale Population (estimations pour 2010). 100px (Gouvernorat de Ma'an). 100pxLa Nahr ez-Zarqa (Gouvernorat de Jerash) 100pxAmman, la capitale de Jordanie 1 Gouvernorat d'Amman 8231 246,3 Amman 2 Gouvernorat d'Irbid 1621 570,3 Irbid 650 000 3 Gouvernorat de Zarqa 4080 205,5 Zarka 4 Gouvernorat de Balqa 1076 324,9 Salt 96 700. 5 Gouvernorat de Mafraq 26435 9,3 Mafraq 6 Gouvernorat de Karak 3217 66,6 Al-Karak 7 Gouvernorat de Jerash 402 370 Jerash 8 Gouvernorat de Madaba 2008 67,7 Madaba 9 Gouvernorat d'Ajlun 412 287,.1 Ajlun 55 000. 10 Gouvernorat d'Aqaba 6583 16,3 Aqaba 11 Gouvernorat de Ma'an 33163 3,1 Ma'an 50 350. 12 Gouvernorat de Tafilah 2114 38,3 Tafilah

Économie vignette|Évolution du PIB réel par habitant de Jordanie. vignette|redresse|Amman.