vignette|Universum, Camille Flammarion, gravure sur bois, Paris, 1888 (colorisation par Hugo Heikenwaelder, Vienne, 1998). vignette|Horloge astrologique (Venise). vignette|Thème astral du .
L'astrologie est un ensemble de croyances et de pratiques fondées sur l'interprétation symbolique des correspondances supposées entre les configurations célestes (la position et le mouvement des planètes du système solaire) et les affaires humaines, collectives ou individuelles.
L'astrologie est considérée comme une pseudoscience..., une croyance indûment présentée comme scientifique, ou comme une superstition. Cependant, ces auteurs accordent du crédit à ce qu'ils appellent « cosmobiologie » (correspondant surtout aux résultats des recherches statistiques des époux Gauquelin) et se demandent si une « science future » ne serait pas née..
L'astrologie se place, par sa méthode même, en dehors du domaine rationnel ou scientifique. Ses prétendues capacités prédictives ont été réfutées par diverses études scientifiques. Elle constitue toutefois une croyance importante au sein de nombreuses sociétés, se déclinant sous différentes formes.
Sur le plan historique, l'astrologie remonte au moins au Son origine serait dans les tentatives de prédiction des changements saisonniers et d'interprétation des cycles célestes comme des signes de communication divine..
De nombreuses cultures ont accordé de l'importance aux événements astronomiques, et certaines — comme les hindous, les Chinois et les Mayas — ont mis au point des systèmes élaborés pour prévoir les événements terrestres à partir des observations célestes.
L'astrologie occidentale, l'un des plus anciens systèmes astrologiques encore en usage, a son origine en Mésopotamie (du au avant notre ère). Elle s'est propagée ensuite au monde hellénistique puis à la Rome antique, au monde arabe et finalement à l'Europe centrale et occidentale.
L'astrologie occidentale contemporaine est le plus souvent associée à des systèmes d'horoscopes qui prétendent expliquer les aspects de la personnalité d'une personne et prédire des événements significatifs dans leur vie future en fonction de la position des objets célestes....
Tout au long de son histoire, l'astrologie a appartenu à une tradition savante et était courante dans les milieux universitaires, souvent en relation étroite avec l'astronomie, l'alchimie, la météorologie et la médecine.. Elle avait une forte influence sur les milieux politiques. Elle est mentionnée dans divers ouvrages littéraires, de Dante Alighieri et Geoffrey Chaucer à William Shakespeare, Lope de Vega, et Calderón de la Barca.
À partir de la fin du et de l'adoption de la méthode scientifique, l'astrologie a été vigoureusement contestée et critiquée tant sur ses bases théoriques que sur ses bases expérimentales. La preuve fut amenée que l'astrologie n'avait aucune validité scientifique....
Sur le plan sociologique, les croyances associées à l'astrologie sont encore très populaires.
Parallèlement à l'astrologie occidentale, des systèmes différents ont été élaborés en Chine et en Amérique précolombienne mais seules les astrologies d'origines mésopotamienne et chinoise ont perduré jusqu'à nos jours.
Étymologie vignette|Symboles astrologiques des planètes. Le mot « astrologie » vient du latin astrologia., lui-même dérivé du grec ancien , composé de , « astre, étoile », et de , « parole, discours ». Étymologiquement, l'astrologie est donc le « discours sur les astres ».
Astrologie et astronomie Les astronomes grecs de l'Antiquité faisaient déjà la différence entre astronomie et astrologie. Par exemple, Ptolémée traite d'astronomie et d'astrologie dans deux ouvrages distincts, respectivement l’Almageste et le Tetrabiblos.
L'astrologie se fonde sur des calculs astronomiques afin de déterminer les positions des corps célestes et d'établir les thèmes astraux car elle souhaite utiliser les éphémérides les plus précises possibles.
Avant la diffusion à grande échelle de ces éphémérides (ou des logiciels qui les incluent), l'astrologue devait lui-même, souvent à l'œil nu, déterminer les positions des astres. Il lui fallait donc être astronome avant de prétendre être astrologue.
Histoire
Proche-Orient et Europe
Origine astronomique vignette|upright=0.75|Triple conjonction entre la Lune, Vénus et Mercure. Son support étant les astres, l'astrologie est l'une des pratiques divinatoires particulièrement répandues dans l'histoire des cultures. On peut ainsi citer l'existence spécifique d'astrologies maya, arabe, égyptienne, chinoise, indienne et occidentale (dont il est principalement question dans cet article).
Mésopotamie
Les premiers écrits connus concernant les astres remontent à , sous la forme de tablettes d'argile sur lesquelles ont été consignés tous les relevés des mouvements planétaires observés par des prêtres érudits de MésopotamieJean-Marie Durand, Les cieux, premier livre de lecture dans Les Dossiers d'Archéologie, Astrologie en Mésopotamie, , mars 1994.
Ces observations auraient été faites dans un cadre religieuxJacques Halbronn, Serge Hutin, Histoire de l'astrologie, éd. Artefact, 1986, , .. Le mouvement des astres était perçu comme dépendant de la volonté divine ; les prêtres servaient de traducteurs. Leurs connaissances étaient celles d'initiés, les enseignements des temples étant tenus secretsMarie Delclos, Astrologie : racines secrètes et sacrées, éd. Dervy, 1994, , ..
L'astrologie fut longtemps le privilège des seuls souverains. La fonction de prêtre était liée à celle d'astrologue car, dans l'esprit des Babyloniens, des sacrifices ou des rites expiatoires pouvaient concilier les dieuxWilhelm Knappich, Histoire de l'astrologie, éd. Vernal/Philippe Lebaud, 1986, .. Le déterminisme astral pouvait, en principe, être , selon eux, par la magieSerge Hutin, Histoire de l'astrologie : science ou superstition ?, Marabout Université, 1970, ..
Le « fatalisme astral » se développa tardivement, après la conquête de la Babylonie par le roi Perse Cyrus en 539 avant notre ère, ce qui amena la confrontation avec la doctrine de ZarathoustraWilhelm Knappich, Histoire de l'astrologie, éd. Vernal/Philippe Lebaud, 1986, ., qui impliquait un destin individuel et non plus seulement collectif.
La croyance en la prédétermination du caractère et de la destinée ouvrit la voie à l'astrologie individuelle.
Bien que ne s'agissant pas à proprement parler d'« horoscopes » (du grec horoskopos « qui regarde l'heure) » car il n'y est pas encore question du degré du zodiaque qui se lève à l'horizon (physique), les plus anciens « horoscopes » connus proviennent de Babylone et datent de 410 avant notre èreMichaël Richard (doctorant à l'Université de Paris ), Les Dossiers d'Archéologie , mars 1994.
L'historien W. E. Peuckert parle d'une première division du zodiaque en onze secteursL'astrologie, Petite Bibliothèque Payot, Paris, 1980 opérée par les Sumériens qui serait devenue une division en douze secteurs du fait des Babyloniens.
Égypte antique
Grèce antique Une citation largement attribuée à Hippocrate (460-377) dit que nul ne peut exercer l'art médical sans connaitre l'astrologie., mais sans jamais être confirmée par une source fiable.
Platon (428/427-348/347) tient les astres pour « vivants divins et éternels » et les considère comme des « dieux visibles » (Timée, 39e-40d).
Monde hellénistique De Chaldée, l'astrologie se répand après les conquêtes d'Alexandre le Grand (356-323) pendant l'époque hellénistique.. Elle se diffusera en Grèce, en Égypte ptolémaïque et en Inde.
Dans son Histoire de l'astrologieÉd. Vernal/Philippe Lebaud, , 1986, ., Wilhelm Knappich a écrit :
Hipparque (v.190-v.120) découvre la valeur de la précession des équinoxes. Le phénomène lui-même était déjà connu des BabyloniensWilhelm Knappich, Histoire de l'astrologie, p. 49.
Rome antique vignette|Claude Ptolémée, gravure. Du Monde hellénistique, l'astrologie passe au Monde romain.
En Égypte romaine, en 140, l'alexandrin Claude Ptolémée écrit la première synthèse magistrale de l'astrologie occidentale, le Tetrabiblos. Il pose les principes de l'astrologie occidentale.
Ptolémée laïcise l'astrologie hellénistique, ne faisant pas référence aux dieux grecs dans son exposé, ce qui permet sa large diffusion dans les mondes arabe et chrétien du Moyen ÂgeDenis Labouré, Les origines de l'astrologie, éd. du Rocher, , 1997, ..
Compilateur plutôt que praticien, Ptolémée cherche à bâtir un modèle rationnel d'astrologie basé sur la doctrine aristotélicienne (causaliste). Il écarte les éléments qui le gênentWilhelm Knappich, Histoire de l'astrologie, éd. Vernal/Philippe Lebaud, , 1986, . comme les maisons astrologiques qui ont une faible importance dans le TetrabiblosJames Herschel Holden, A history of horoscopic astrology, American Federation of Astrologers, , 1996, .
Successeur d'Hipparque, Ptolémée remplace le zodiaque sidéral, qui prend pour point de repère une étoile fixe (le zodiaque est structuré autour des quatre étoiles dites royales : Antarès, Aldébaran, Régulus et Fomalhaut) par le zodiaque tropical commençant au point vernal. D'autres l'ont précédé dans cette démarche mais c'est Ptolémée, le , qui influence toute l'astrologie occidentaleDenis Labouré, Les origines de l'astrologie, éd. du Rocher, , 1997, ..
Vettius Valens (120-175), jugé plus représentatif des pratiques horoscopiques de l'époque, accorde une grande place aux maisons dans son œuvreJames Herschel Holden, A history of horoscopic astrology, American Federation of Astrologers, , 1996, ..
En Grèce, Claude Galien (129-201) fait de l'astrologie l'un des fondements de la médecine, associée à la théorie des quatre éléments, préexistante..
Moyen Âge Le concile de Laodicée (363-364) interdit formellement l’astrologie. En 400, comme toutes les pratiques divinatoires, l'astrologie est mise au ban de la société par l'Église lors du premier concile de Tolède : ..
Thomas d'Aquin écrit dans sa Somme théologiqueSecunda secundae, question 95. : « Échappent ensuite à la causalité des corps célestes les actes du libre arbitre, faculté de la volonté et de la raison. L'intellect en effet, ou la raison, n'est pas un corps, ni l'acte d'un organe corporel. La volonté, qui est la tendance correspondant à la raison, ne l'est donc pas davantage. Or, aucun corps ne peut impressionner une réalité incorporelle. Il est donc impossible que les corps célestes fassent directement impression sur l'intelligence et la volonté, car ce serait admettre que l'intelligence ne diffère pas du sens : ce qu'Aristote attribue à ceux qui soutenaient que la volonté des hommes est modifiée par le père des hommes et des dieux, c'est-à-dire le soleil ou le ciel. Les corps célestes ne peuvent donc être directement causes des opérations du libre arbitre. »
Par ailleurs, il précise dans une lettre à Réginald de Piperno : « Loin de nous laisser impressionner par le déterminisme et par la fatalité que propagent les astrologues (même sans le vouloir), libérons-nous, et diminuons les astres. Qu'ils nous éclairent et nous aident, mais sans toucher notre pleine responsabilité et liberté. ».
Au , plusieurs monarques européens s'y intéressent : le roi de France Charles V (1338-1380) qui fonde à Paris un collège d'astrologues. Voir ses rapports avec le « physicien » Gervais Chrétien..
Aux , en Roumanie, le monastère orthodoxe Voroneţ construit en 1488 possède une fresque de style byzantin représentant le Jugement dernier. On y voit : à gauche, le Paradis avec les saints et l'Arbre de la Vie ; à droite, les enfers avec des démons et le feu qui descend dans les abysses. En haut, l'image du Christ est entourée, à droite et à gauche, par les signes du zodiaque. (voir ci-dessous).
Renaissance Au , Catherine de Médicis fait élever, dans son hôtel (Hôtel de Soissons), une colonne qui aurait pu servir à consulter les astres..
Elle rencontra le célèbre Nostradamus et eut plusieurs astrologues personnels, dont le nommé Côme Ruggieri..