Malik, nom d’artiste de William Tai, né le à Paris et mort le à Huppaye (province du Brabant wallon), est un auteur de bande dessinée belge francophone, principalement connu pour deux séries publiées dans l’hebdomadaire illustré Spirou : la série réaliste Archie Cash sur scénario de Jean-Marie Brouyère entre 1971 et 1987, et la série humoristique Cupidon sur scénario de Raoul Cauvin entre 1988 et 2013.
Sous le pseudonyme de Phénix, il dessine plusieurs récits érotiques pour la revue Bédé Adult’.
Biographie Jeunesse et formations William Tai naît à Paris le Dictionnaire mondial de la bande dessinée de Patrick Gaumer et Claude Moliterni, Larousse, 1994, p. 415 de parents eurasiens et passe une partie de son enfance en Indochine française où son père est fonctionnaire.
Après l'indépendance du Vietnam, ses parents étant séparés, le jeune William vient vivre à Bruxelles chez sa grand-mère maternelle avec sa mère et ses deux frères et sœur. Sa jeunesse se déroule dans une relative pauvreté, avec un père absent, pendant laquelle il s'adonne à la lecture de bandes dessinées, notamment celles d'André Franquin, de Jijé et de Willy Vandersteen, et de l'ouvrage Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre, l'étude des insectes étant une des passions auxquelles il se vouera tout au long de sa vie..
Après une scolarité dans un établissement tenu par des jésuites, il hésite à devenir boxeur, puis s'oriente finalement vers le dessin et suit pendant plusieurs années une formation à l'académie royale des beaux-arts de Bruxelles. où les cours, essentiellement consacrés au dessin publicitaire et aux illustrations de livres pour enfants, l'ennuient au point qu'il songe abandonner le dessin et s'engager dans une carrière dans la banque.
Carrière Les débuts Malik débute dans la bande dessinée en publiant Petit Minusset deviendra grand, un court récit de quatre pages, dans le journal Tintin en , qu'il signe de son seul prénom, William, sur un scénario de Jean-Marie BrouyèreUn récit publié dans Tintin Belgique du et dans Tintin France du ., lequel l'amènera avec lui au sein du journal Spirou., où on lui confie, comme à beaucoup de débutants, le dessin de deux courts récits des Belles Histoires de l'oncle PaulDeux récits écrits par Octave Joly, Week-end dans la préhistoire publié dans le du et Drôle de montreur de nains publié dans le du .., qu'il signe sous son seul nom, Tai, puis les illustrations du roman Langelot suspectUn roman signé Lieutenant X, paru en 1970 aux éditions Hachette dans la collection « Bibliothèque verte ». publié en plusieurs parties dans le journal, sans que le nom de l'illustrateur soit mentionné.
Archie Cash Avec Jean-Marie Brouyère, il crée ensuite la série Archie Cash., un baroudeur aux traits de l'acteur Charles Bronson plongé dans des aventures violentes, qui apparaît pour la première fois dans le de Spirou du avec la première partie de l'histoire Le Déserteur de Toro-Toro publiée en de quinze planches.. Le réalisme et la violence de la série tranchent avec les publications habituelles du magazine. et le style de Malik selon Henri Filippini, surprend, comme le rappelle Olivier Van Vaerenbergh, rédacteur en chef du Journal Spirou de 2005 à 2007, qui se souvient de , et déroute beaucoup de lecteurs du journal. qui n'hésitent pas à se plaindre dans le courrier des lecteurs.. Le premier album, édité en 1973, Le Maître de l'épouvante, est interdit en France par la commission de censure aux motifs de .Selon Thierry Martens, la raison de la censure était surtout politique et diplomatique, le récit se déroulant à Haïti et présentant le régime du pays, alors soutenu par la France, sous un jour peu reluisant.. Malgré cela, les chiffres de vente sont bons, et, grâce au soutien du rédacteur en chef de l'époque, Thierry Martens, qui collaborait anonymement avec Jean-Marie Brouyère.Thierry Martens soutenait d'autant plus la série qu'il en était en fait le co-auteur puisqu'il avait mis en place, avec Jean-Marie Brouyère, un « atelier d'écriture » pour créer dans le magazine des scénarios destinés à promouvoir de jeunes dessinateurs débutants. Martens imaginait un thème général, établissait un synopsis proposant l'essentiel du dialogue, puis Brouyère élaborait le découpage et les dialogues complémentaires. Le nom de Martens ne devait pas apparaître en raison de ses fonctions au sein du journal. Après avoir cessé ses fonctions de rédacteur en chef, Thierry Martens co-signera officiellement avec Jean-Marie Brouyère le scénario de deux épisodes d'Archie Cash (Le Cagoulard aux yeux rouges sous le pseudonyme de Terence et sous le pseudonyme de Teeseling)., et de l'éditeur Charles Dupuis., Archie Cash paraît régulièrement dans Spirou, avec les honneurs de nombreuses couvertures. Sept albums de la série paraissent entre 1973 et 1978, le diptyque Le Maître de l'épouvante / Le Carnaval des zombies, la première histoire publiée, Le Déserteur de Toro-Toro, un recueil d'histoires complètes, Un train d'enfer, puis la trilogie Cibles pour Long-Thi / Où règnent les rats / Le Démon aux cheveux d'ange (1978.).
En 1978, après la publication dans Spirou de l'histoire AsphalteL'histoire ne sera publiée en album qu'en 1982, après que la série ait fait son retour dans Spirou. et malgré de bons chiffres de vente, la série est arrêtée une première fois par le nouveau rédacteur en chef qui prend la suite de Thierry Martens à ce poste, Alain De Kuyssche, à cause de sa violence. Malik et Brouyère créent alors Blue Bird Ballade.., un long récit de bikers se déroulant dans l'ouest des États-Unis, qui ne sera édité que tardivement en 1984 par Dupuis en deux tomes, sous les titres Un duel dans une guitare et Twiggy dans la souricière, dans l'éphémère collection « Dupuis Aventures »..
En 1979, il s'essaie pour la première fois au scénario et débute une nouvelle série dans Spirou, Chiwana, les aventures d'une jeune bergère indienne vivant dans le désert qui cherche à se venger de l'assassin de son père.. Seule la première histoire, De la poussière et des larmes est publiée dans le journal. Cet épisode et le second, Barils, Barbouzes et Barillets, seront finalement édités en albums par l'Édition des Archers en 1984 et 1985..
Il participe parallèlement à des animations dans Spirou, notamment au supplément L'Apache qui Rit.. Il s'essaie ainsi au dessin humoristique en créant, sur scénario de Bom, les aventures du gorille Big Joe et son ami, l'enfant Antoine, qui connaissent deux récits complets de six planches au cours de l'année 1978, puis un récit à suivre sous le titre Antoine et ses amis en 1985... Entretemps, Big Joe, dont il écrit ici seul les scénarios, est publié sous la forme de huit récits complets de sept planches dans le magazine Super As au cours de l'année 1980...
Les tensions sont si vives avec le rédacteur en chef Alain De Kuyssche, que Malik tente de créer, chez un autre éditeurC'est pour cette même raison que Malik avait déjà publié les courts récits de Big Joe dans le magazine Super As en 1980., un clone blond d'Archie Cash, auquel il donne cette fois les traits de Johnny Hallyday. Avec Thierry Martens, sous le pseudonyme d'Yves Varende, au scénario, il publie, en 1983, le premier tome d'une nouvelle série, à nouveau aux Éditions des Archers, Johnny Paraguay, dont il signe seul le scénario du second et dernier tome en 1985.. Malheureusement, l'éditeur fait faillite, ce qui met fin à la série, dont un troisième épisode existe, qui a été publié uniquement aux Pays-Bas par les éditions Arcadia.
En 1983, il revient à Archie Cash avec la publication dans Spirou d'un nouvel épisode, Le Cagoulard aux yeux rouges. Six nouveaux épisodes sont publiés dans Spirou puis édités en albums par Dupuis jusqu'en 1988, mais la série, avec ses histoires aux personnages trop sexués, n'est pas appréciée par les banquiers repreneurs de Dupuis et ne peut plus bénéficier du soutien de Charles DupuisEn 1985, la société Dupuis est vendue, pour sa partie édition, au Groupe Bruxelles Lambert et à Hachette., d'autant plus que Jean-Marie Brouyère a pris ses distances avec le milieu de la bande dessinée pour se consacrer à la peinture.
Cupidon La série Archie Cash étant définitivement arrêtée en 1987, Malik décide de reprendre le dessin humoristique qu'il a pu expérimenter avec Big Joe, ce qui correspond à la nouvelle politique éditoriale du journal Spirou dirigée vers l'humour, sous l'influence de son nouveau rédacteur en chef Patrick Pinchart. En 1988, il crée ainsi, sur des scénarios de Raoul Cauvin, la série de gags Cupidon, qui connaît un grand succès public. Vingt et un albums sont publiés.
Malik s'attèle ensuite à l'adaptation en bande dessinée du roman Les Colonnes du ciel de Bernard Clavel, dont il ne réalise que les deux premiers tomes, en couleurs directes, publiés aux éditions Claude Lefrancq en 1989 et 1992..
À nouveau dans la veine humoristique, Malik crée ensuite, avec le scénariste Vincent Dugomier, la série La Vie secrète des poubelles qui connaît trente-quatre planches de gags publiées dans Spirou entre 1989 et 1991..
Sous le pseudonyme Phénix, il réalise, en couleurs directes, pour le magazine Bédé Adult’, des couvertures et des illustrations ainsi que de courts récits sans paroles érotiques et parodiques, avec les séries Les Passions de Notre-Dame et Les Centaures, seule cette dernière étant publiée en album en 2004..
En 2011, malgré l'intervention de Raoul Cauvin, Dupuis décide d'arrêter Cupidon, ce que Malik n'apprécie pas. Il ne travaillera dès lors plus avec Dupuis et sa carrière peine à redémarrer. Il tente de poursuivre seul les aventures de Cupidon en assurant également le scénario, tout d'abord aux Éditions Joker en 2012, puis par l'intermédiaire de la maison d'édition qu'il crée, Les Éditions du fourbe chinois, en 2013, sans que le succès ne suive.
Il participe également aux albums collectifs humoristiques des Chansons cochonnes mettant en images des chansons paillardes, dont trois tomes sont publiés aux éditions Top Game entre 1990 et 1992 et dont il publiera un quatrième tome dans sa propre maison d'édition, Les Éditions du fourbe chinois, en 2014., puis aux trois tomes de Sortilège publiés entre 2011 et 2018 aux éditions BD Fly. et à l'album Alianah - Un conte de Guy d'Artet en 2015 toujours aux éditions BD Fly..
Il participe à l'album collectif En chemin elle rencontre... Les artistes se mobilisent contre la violence faite aux femmes publiés par les éditions Des ronds dans l'O - Amnesty International en 2009..
En 1996, il dessine un album de Gertrude, un personnage créé par l’humoriste Stéphane Steeman qu’il incarne dans une émission de télévision populaire belge., puis en 2005, Un amour de province… le Brabant wallon, un album publicitaire produit pour la Province du Brabant wallon, dans lequel il intègre le personnage de Cupidon. et Avec Vauban, un album réalisé en couleurs directes sur un scénario de Louis-Bernard Koch, publié aux Éditions du Triomphe en 2010..
Malik travaille également comme illustrateur pour le journal Le Soir et pour le magazine Schtroumpf !.. Dans les années 1980, il réalise des panneaux dessinés à usage de cibles pour l'entraînement des forces de police belges..
En , il annonce sur le site de sa maison d'édition la publication d'un seizième tome de la série Archie Cash, sur un scénario de Jean-Marie Brouyère qu'il avait oublié et , Qui a tué Jack London ?, qui est la suite du dernier album de la série, Curare, publié en 1988.
Entomologiste