Le Rite écossais rectifié ou encore RégimeUn Régime se caractérise par le fait qu'il ne sépare pas les « hauts grades » des grades des trois premiers degrés écossais rectifié est un rite maçonnique d'essence chrétienne. Il fut fondé lors du convent général de Wilhelmsbad en 1782. À l'origine, le RER impose à ses membres d'être et comporte six grades dont les deux derniers dépendent de prieurés. Le rite par ses attributs s'inscrit dans la famille des rites maçonniques dites des Appellation datant de 1751, alors péjorative, destinée aux membres de la première Grande Loge de Londres, en opposition aux membres de la postérieure Grande Loge des , qui se revendiquent gardiens des Landmarks..
Histoire Codification et genèse idéologique thumb|upright|Ferdinand de Brunswick-Lunebourg. Le Régime écossais rectifié est codifié lors du convent général de Wilhelmsbad en 1782 sous la présidence du duc Ferdinand de Brunswick-Lunebourg qui devient grand maître de l'ordre à l'issue de ce convent.. Trente-six francs-maçons dûment mandatés venant de toute l'Europe y travaillent du au . Les travaux se tenant en français et en allemand, deux secrétaires sont désignés pour acter tous les documents et décisions. Le secrétaire francophone désigné est Jean-Baptiste Willermoz. Ce convent général est précédé de douze convents nationaux ou régionaux préparatoires tels que le convent de Kolho de 1772 en Lusace., le convent de Brunswick de 1775 ou encore le convent des Gaules à Lyon de 1778.
thumb|upright|left|Jean-Baptiste Willermoz.Lors de ce convent général, les conventuels rectifient la structure géographique (utilisée jusqu'alors et issue de la Stricte observance templièreCertaines étant aussi des pays tel la province d'Italie ou la province d'Helvétie, mais pas toujours : les provinces de Bourgogne, d'Auvergne et d'Occitanie se partageant la géographie française par exemple.) en neuf provinces. Chaque province ayant à son sommet une préfecture, nommée . Ils y décidèrent aussi l'abandon de toute filiation avec l'héritage templier. Lors de ce convent ils rédigent in extenso les rituels des trois premiers grades symboliques et l'articulation du , y intégrant notamment des éléments de l'Ordre des Élus Coëns. Néanmoins, nombre de décisions prises n'ont pu être transcrites dans les faits sur place. Notamment, et en particulier, la réforme du (dit ). et celle du . issus du convent des Gaules. Ces deux réformes servent donc de base et sont amendées au cours d'une dizaine de séances de travail. La codification de ces changements en vue de former le (dit ) et est laissée à la charge des secrétaires. Leurs travaux devant être validés lors d'un convent général ultérieur qui ne se réunit jamais à cause de la Révolution française.
Jean-Baptiste Willermoz s’attache donc à finaliser le travail qui lui est confié. On considère cet ensemble rédigé comme la première version des rituels.. Dans les années qui suivent, il rencontre diverses personnes qui ont une influence sur son travail. En 1787, il rencontre une partisane de Mesmer et du spiritisme, Madame de Vallière.. Son influence lui fait modifier les rituels, ce qui crée un second ensemble de rituels vers 1788. Après la Révolution française, en 1808, à l'occasion de la de la loge à Lyon., .
La préfecture de Zurich, constituée le et représentée au convent par Rodolphe Salztmann, se voit élevée à cette occasion au rang de . Ce dernier veillera à la conservation du Régime rectifié après son extinction en France au ..
, réveil du rite thumb|upright|Camille Savoire. Après une éclipse de plusieurs décennies, le Grand Prieuré d’Helvétie contribue au réveil du Rite écossais rectifié au début du , en transmettant en 1910 à Camille Savoire et Édouard de Ribaucourt. les premiers éléments permettant le retour du rite en France. Il faudra attendre 1935 pour que le Grand Prieuré d'Helvétie réveille entièrement le régime, les 20 et , lors d'une tenue de la Préfecture de Genève au temple de l’impasse d’Argenson à Neuilly-sur-Seine, villa de l’Acacia, avec la constitution du Grand Directoire des Gaules, avec à sa tête Camille Savoire..
Période contemporaine Cependant au cours du temps, à la suite de diverses divergences de vues - au sujet des rituels à pratiquer, de l'interprétation des mots employés, ainsi que de la structure administrative à adopter - en France le R.E.R. se divise en plus d'une quinzaine de structures. Certaines d'entre elles s'organisent au sein d'obédiences tandis que d'autres poursuivent leurs travaux via des structures de régime. Certaines structures issues de cette réédification en France ont même fait des convents particuliers afin d'adapter les rituels à l'actualité de leur temps (éléments de textes, mixité, etc.)Convents particuliers et quelquefois annuels des différentes structures obédientielles tels GLTSO, GPDG.... C'est ainsi que l'on voit actuellement se côtoyer plusieurs structures nationales, mais aussi plusieurs « Provinces de Bourgogne » ou « Provinces d'Auvergne ». Souvent issus des mêmes loges initiales, les organismes de la hiérarchie de chaque province se connaissent mais ne se reconnaissent pas pour autant.. Un début de processus de reconnaissance mutuelle est pourtant observé entre quelques structures. Cela s'officialise par la signature le d'un protocole de bonne conduite ainsi qu'une charte commune, rédigés par quelques Grands Prieurés en Franceil s'agit des Grand Prieuré indépendant de France, Province d’Auvergne (GPDP, GPDF, GPDLA, GPDOMTOM), Grands Prieurés unis des trois provinces, Grand Prieuré écossais réformé et rectifié d’Occitanie.. et signés en la salle du Conclave du Palais des papes à Avignon.
Par ailleurs, des francs-maçons de loges belges, organisés en structure de régime, ont réitéré le travail de codification sur base des décisions du convent de Wilhelmsbad afin de « retrouver » en 2009 le et de l'appliquer à leur structure.
Essence du rite Le Rite écossais rectifié est un rite maçonnique puis chevaleresque d'essence chrétienne.. , dont le christianisme est dit et non dogmatique.. Certains auteurs le qualifient de « christianisme primitifPar « primitif », il faut entendre le christianisme comme chemin d'éveil, tel que pratiqué avant le Concile de Nicée, notamment aussi par les « pères du désert ».. », qualification donnant lieu à diverses interprétations de la que l'ordre dit professer.. Le christianisme peut aller, selon les structures qui pratiquent le Régime rectifié, d'une religion admise en un strict sens de respect des dogmes conciliaires., ou bien faisant simplement référence à la Sainte Trinité, à l'Incarnation du Verbe et à la double nature du .. Toutefois, pour l'historien Roger Dachez le rite est un rite chrétien sans adjectifs qualifiés de , rappelant que les L'Ordre intérieur se qualifie lui-même ..
thumb|upright|Cachet de Martinès de Pasqually au . Le rite se compose, selon les structures, d'un ensemble de rituels pour chaque grade - datant de 1782, 1788, 1808, 1820, ou adapté - et d'un « code » : le ou le et d'une règle maçonnique dite « en neuf points»..
Divers historiens notent que le convent de Wilhelmsbad s'est donc inspiré de plusieurs systèmes initiatiques existants à l'époque pour établir le code arrêté au Convent des Gaules et les rituels maçonniques : L'Ordre des Chevaliers maçons Élus Coëns de l'Univers, de Martinès de Pasqually, dont Jean-Baptiste Willermoz était membre, ordonné par le Traité de la réintégration des êtres (...), de Martinès de Pasqually, et par les Leçons de Lyon, qui se déroulèrent de 1774 à 1776. La Stricte observance templière du baron von Hund (présent à divers convents et avec qui Jean-Baptiste Willermoz correspondait.), maçonnerie chevaleresque initialement établie en Allemagne milieu du puis étendue au reste de l'Europe dans ses Provinces templières Les neuf Provinces de la Stricte Observance étaient les suivantes : I. Aragonia (Aragon) II. Alburnia ( Auvergne ) III. Occitania ( Occitanie ) IV. Legio (Léon) V. Burgundia ( Bourgogne ) VI. Britannia (Grande-Bretagne) VII. Germania Inferior ad Albim et Oderam (Basse-Allemagne) VIII. Germania Superior as Danubam Padum et Tiberim (Haute-Allemagne) IX. Graecia et Archipelagus (Grèce et archipel).. L'Écossisme maçonnique (prisé en France à l'époque), les divers hauts grades maçonniques dont l'organisation n'est pas encore formalisée. La maçonnerie bleue en trois grades (apprenti, compagnon, maître) telle que pratiquée par la franc-maçonnerie française (GODF) à cette époque-là, et inspirée du Rite français. Les rituels maçonniques tels que pratiqués par la franc-maçonnerie suédoise.. Les rituels maçonniques tels que pratiqués par la franc-maçonnerie du Grand-Orient de Hollande. Les rituels maçonniques tels que pratiqués par la franc-maçonnerie allemande.
Structure des grades thumb|Décors du maître écossais de Saint-André au Régime écossais rectifié. La structure est divisée en quatre classes maçonniques., d'une double classe chevaleresque et de deux classes dites .
Le Régime écossais rectifié s'articule de la manière suivante :
I. Loges de Saint Jean (bleues) : 1ᵉʳ grade : Apprenti 2ᵉ grade : Compagnon 3ᵉ grade : Maître
II. Loges de Saint-André (vertes) : 4ᵉ grade : Maître écossais de Saint-André.
III. Ordre intérieur : Écuyer novice Chevalier bienfaisant de la Cité sainte (dit )
IV. Classe secrèteLa classe secrète n'est pas pratiquée dans toutes les structures. : Profès Grand Profès.