Cette page recense les « affaires » notables révélées par l'hebdomadaire Le Canard enchaîné.
Avant 2000
Affaire Hanau (1928)En novembre 1928, Le Canard enchaîné rapporta et commenta longuement cette affaire, alimentant la méfiance instinctive envers les pouvoirs politiques et économique, et leur malsaine complicité. Il fit paraître de fausses interviews des personnalités concernées, des pastiches de la presse (La Gazette du franc devenant la Galette du franc dans ses colonnes), des contes ayant pour thème les liaisons dangereuses, des comptes-rendus de livres sur les affaires (pour l'affaire Oustric également), sans oublier de nombreux dessins, et même un jeu de l'oie du Canard et du Financier. Affaire Oustric (1929)En novembre 1929, Le Canard enchaîné rapporta et commenta longuement cette affaire, alimentant sa méfiance instinctive envers les pouvoirs politique et économique, et leur malsaine complicité. Il fit paraître de fausses interviews des personnalités concernées, des pastiches de la presse, des contes ayant pour thème les liaisons dangereuses, des comptes-rendus de livres sur les affaires (ainsi Oustric et de Maurice Privat ; Jules Rivet concluait ), sans oublier de nombreux dessins, et même un jeu de l'oie du Canard et du Financier. Affaire Stavisky (1934) La commode à Foccart (1969). En 1969, pendant le bref passage d'Alain Poher à l'Élysée, une commode qui permettait d'enregistrer les conversations tenues dans les autres pièces du palais fut découverteEn première page du Canard enchaîné du , on peut lire en surbandeau l’Histoire de la commode à Foccart qui renvoie en page 2, où il est question de la découverte de la dite commode. Le journal ajoute : Cette découverte a eu l'avantage de mettre en évidence un petit fait qui en dit long : les propos tenus dans les propres bureaux de De Gaulle étaient écoutés et enregistrés par Foccart. Foccart porte plainte contre le journal relevant entre autres les insinuations malveillantes lancées contre lui de manière épisodique, le présentant comme le chef d'une police parallèle, ou l'Éminence grise du chef de l'État…. Durant dix semaines, le Canard instruira à l'avance le procès de M. Foccart, avec une page d'enquête et d'échos chaque semaine. Fin janvier 1970, le tribunal de grande instance de Paris se déclara incompétent et condamne Foccart aux dépens, au motif que le Canard avait attaqué Foccart homme public dans sa fonction, alors que c'était Foccart privé qui s'estimait diffamé. Le , la cour d'appel déboute Foccart.. Affaire de la Garantie foncière, dans laquelle aurait été impliqué un ancien ministre de l'Équipement, Albin Chalandon (1971) Affaire Aranda (1972) Affaire des plombiers, ou encore des « micros », ou « Watergaffe » (1973) L'épectase du cardinal Jean Daniélou (1974)Sa mort subite suscita beaucoup de commentaires : on trouva son corps chez une prostituée parisienne. L'Église catholique expliqua alors que le cardinal visitait fréquemment les malades et les prostituées. Le communiqué officiel ajouta que c'était « dans l'épectase de l'Apôtre qu'il [était] allé à la rencontre du Dieu vivant », employant ainsi un terme théologique désignant l'effort de l'âme vers la sainteté. Le Canard enchaîné, peu convaincu par cette explication officielle, plaisanta sur le mot, lui donnant ainsi la signification de « mort durant l'orgasme » qu'il n'avait en rien au départ, seule acception aujourd'hui retenue par Le Petit Robert.Gabriel Macé répondit le : « Nous sommes des affreux jojos qui ne respectent pas la vie privée (…) et qui se répandent en sous-entendus égrillards (…). En somme, nous avons voulu nuire à la mémoire du cardinal — on va même jusqu'à dire que nous avons voulu mener campagne contre le célibat des prêtres ! » Affaire des diamants de Valéry Giscard d'Estaing et Jean-Bedel Bokassa (1979)Ces carrières politiques ébranlées par des révélations du Canard enchaîné Le Figaro, février 2017 : . Affaire Robert Boulin (1979) Affaire de Broglie (1980) Affaire Maurice Papon (1981)Papon, alors ministre du Budget, entretenant en toute logique des relations d'autorité sur les services fiscaux, décide de déclencher un contrôle fiscal contre un hebdomadaire satirique. Celui-ci n'est autre que Le Canard enchaîné, journal exaspérant la classe politique du fait des nombreux remous qu'il lui a infligé de par ses révélations (ce contrôle fiscal apparut par la suite comme une tentative de museler ce dérangeant journal).
Le , ce journal « riposte », sur le mode de l'arroseur arrosé, en publiant un article de Nicolas Brimo révélant le rôle de Maurice Papon dans la déportation des Juifs bordelais. On y trouve deux documents datés l'un de février 1943, l'autre de mars 1944 et signés de la main de Maurice Papon, alors secrétaire général de la préfecture de Gironde. Ces pièces, communiquées par Michel Slitinsky, prouvaient la responsabilité du haut fonctionnaire dans la déportation de juifs en direction de l'Allemagne.
L'affaire déclenchée quatre jours avant le scrutin présidentiel fut dénoncée comme une opération politique. Elle touchait un ancien préfet, député RPR du Cher, ministre du Budget du gouvernement de Raymond Barre. Mais l'indépendance traditionnelle du Canard enchaîné, tout comme la réticence manifestée par le président Mitterrand à la tenue du procès Papon, devraient faire litière de cette accusation . Publication des feuilles d'impôts de diverses personnalités : Jacques Chaban-Delmas (1972)Le communiqué de l'hôtel Matignon indique : « Les déclarations fiscales sont conformes à la loi et à la réglementation. Celles-ci entraînent une imposition qui tient compte des charges propres au contribuable. On prend acte du fait que cet hebdomadaire n'a mis en cause ni l'exactitude ni la régularité de ces déclarations. », qui a utilisé un moyen alors légal de ne pas payer d'impôt sur le revenu. Le Canard enchaîné, après avoir publié ses feuilles d'impôt singulièrement réduites par l'avoir fiscal, publie au début de 1972Le . Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre des Finances fait adopter un décret du gouvernement interdisant la publication du montant de l'impôt sur le revenu sous peine de devoir s'acquitter d'une amende égale au montant de l'impôt dévoilé. une feuille entièrement vierge, toujours grâce à ce procédéLe , le journal indique que Chaban n'avait pas payé d'impôt de 1967 à 1970 (pour tous les revenus qu'il avait perçus de 1966 à 1969). La loi n'obligeait pas la déclaration de ses indemnités de président de l'Assemblée. L'assurance-vie était déductible, et il avait bénéficié des dispositions de l'avoir fiscal. Jacques Chirac (1972)Le château qu'il avait acquis devait être restauré ; les dispositions fiscales en vigueur lui permirent de déduire de ses revenus la totalité des travaux qu'il fit effectuer à ses frais. Il ne paya pas d'impôts pendant deux ans de façon légale Valéry Giscard d'Estaing (1979)Le , le journal fait grand bruit avec la publication de la feuille d'impôt de 1978 du président. Celle-ci ne comporte pas le montant de l'impôt sur le revenu, conformément à la loi du , que Giscard a fait voter alors qu'il était ministre des finances. Au titre de l'avoir fiscal, le président déclare , et au titre de ses revenus financiers : . La feuille indique aussi que le couple s'adonne au boursicotage, indiquant des investissements en actions de . Ce dernier aspect fera grand bruit dans la presse anglo-saxonne. Marcel Dassault (1979)Le , Le Canard publie sa feuille d'impôt. Il perçoit en 1978 24 millions de francs. Le document est cocasse, Dassault ne s'attribue aucun salaire des entreprises aéronautiques qu'il détient, mais s'accorde un revenu annuel de 54 millions de centimes au titre de rédacteur en chef de Jours de France. Jacques Lafleur (1987)À l'automne 1987, Le Canard révèle que ce dernier, actionnaire de 21 sociétés locales, n'a pas payé d'impôt sur le revenu pour l'année 1985, alors même qu'il déclarait pour la même période 1 million de francs de dividende, qui en vertu de dispositions fiscales locales n'étaient pas fiscalisées. Il fait condamner en première instance le journal à de dommages-intérêts au nom de l’atteinte à sa vie privée. Le journal fait appel, le marathon juridique dure six ans. La Cour de cassation estime une fois que « le respect dû à la vie privée de chacun n'est pas atteint par la publication de renseignements d'ordre purement patrimonial. » Lafleur contre-attaque en vain. À l'été 1993, la cour d'appel de Versailles le condamne à verser au journal et à payer les dépens du procès au motif que « les électeurs d'un homme politique sont en droit d'être informé de tout ce qui concerne leur élu, pour leur permettre de conserver à son égard la confiance qu'ils ont mise en lui pour gérer la chose publique. » Jacques Calvet (1989)À l'automne 1989, en plein conflit social chez Peugeot, le journal révèle, feuilles d'impôts à l'appui, que Jacques Calvet, qui refuse une augmentation de 1,5 % à ses travailleurs, s'est pour sa part augmenté personnellement de 49,5 %. La comparaison fait grand bruit, et Calvet déclenche contre le journal une attaque juridique. Il se fait débouter de l'accusation d'atteinte à la vie privée, et réplique sur le thème du « recel ». Il gagne le procès en France mais sera finalement, après dix ans de marathon judiciaire, débouté par la cour européenne de justice en 1999. L'affaire des avions renifleurs (1983) Affaire des chiffres truqués du chômage (1983) Financement occulte des partis politiques (affaire Urba-Gracco, Gifco, HLM de Paris, Cogedim, financement du RPR, financement du CDS, affaire Michel Noir, affaire Alain Carignon) Affaire dite du « Carrefour du développement » (1986) Affaire Luchaire (1986) Affaire Chaumet (1987) Les listes électorales parisiennes sont par la Mairie de Paris, affirme le Canard en . L'objectif de l'équipe Chirac est de rafler vingt arrondissements sur vingt aux élections municipales de . Cf. Le Canard enchaîné, 15 mars 2006 Affaire de la Société générale et affaire Péchiney (1989) Affaire Paul Touvier et sa protection par les Chevaliers de Notre-Dame (1989) Affaires de la mairie de Paris Affaire des HLM de Paris Affaire de la Sempap Affaire du prêt sans intérêt de Roger-Patrice Pelat consenti à Pierre Bérégovoy (1993) Affaire Yann Piat (1996) Affaire Jean Tiberi () (fraudes électorales et faux électeurs) L'ancien maire de Paris devrait passer en jugement en 2007 après dix ans d'instruction. Cf. Le Canard enchaîné, 15 mars 2006 Affaire Elf-Dumas (1998)
2000-2007
Affaire du dictionnaire breton (2000) Affaire des frais de bouche (2000) Affaire des terrains du château de Bity (2001) Affaire sur les radars automatiques et les voitures diplomatiques (2005) Affaire Gaymard et son duplex de (2005) Le nom du corbeau (Jean-Louis Gergorin) dans l'affaire Clearstream 2 (2006) Affaire du compte japonais de Jacques Chirac à la Tokyo Sowa Bank (2006) Affaire du fichage par les Renseignements Généraux, du socialiste Bruno Rebelle. Bruno Rebelle était un membre décideur de Greenpeace, qui fait l'objet d'un fichage des RG - c'est le cœur de leur mission. Le Canard sous-entendait que ce fichage était commandité par Nicolas SarkozyArticle L'œil des RG sur l'équipe Royal, édition du Canard enchaîné du .. Affaire des conditions d'achat par Nicolas Sarkozy d'un appartement à Neuilly (2007)Éditions des 28 février, 7 mars, 14 mars, 19 septembre et 26 septembre 2007 sur le site « Charlie enchainé ». Jean Paul Bolufer, le directeur de cabinet de la ministre du Logement Christine Boutin, occupait un logement à Paris dans des conditions très avantageuses. Cette affaire a eu pour conséquence la démission du directeur de cabinet. (2007)
2008