Le Toulouse Football Club est un club de football français fondé en 1937 et dissous en 1967 après son absorption par le Red Star FC.

Bien qu'il porte le même nom que l'actuel club principal de la ville, le Toulouse FC, les deux clubs n'ont aucun lien.

Historique Les racines du football toulousain right|thumb|alt=Stade Olympien des Étudiants de Toulouse rugby 1906|Stade Olympien des Étudiants de Toulouse rugby 1906. Deux clubs dominent le football toulousain avant la Première Guerre mondiale : le Stade olympique des étudiants toulousains et le Stade olympien vélo-sport de Toulouse. Les « Étudiants » se paient même le luxe d'éliminer sèchement (5-0) l'Olympique de Marseille (1905) et le fameux Olympique Cettois (1907) en phases finales du championnat de France U.S.F.S.A. Mais, les Toulousains n'atteignent jamais la finale nationale, échouant en demi-finales en 1905 et 1906. Les Étudiants se muent en « Stade Toulousain » (1908) et dominent sous ce nom la période allant jusqu'à la Première Guerre mondiale, sans pour autant atteindre les demi-finales nationales.

La fondation du club L'entre-deux-guerres est nettement plus favorable aux manieurs de ballon ovale. Toutefois, l'idée de créer un grand club pro à Toulouse émerge rapidement. Le , une commission de propagande pour l'implantation du football professionnel à Toulouse se réunit sous l'impulsion de M. Lauriol et du président du FC Sète voisin, Georges Bayrou. On décide d'organiser des matches de prestige afin de jauger le potentiel de spectateurs dans la cité des violettes. La première rencontre oppose le club catalan CF Badalona au FC Sète (victoire sétoise 3-0) devant . Les Sétois affrontent ensuite Cannes : nouvelle victoire de Sète et surtout nouveau succès populaire. Enfin, le , les Toulousains goûtent au football européen avec un match Wiener de Vienne contre Kipest de Budapest. Ces matches d'exhibition s'étant montrés concluants en termes de recettes, la création d'un club professionnel à Toulouse est décidée.

Le , dans une salle du 9, place des Arcades au Capitole, naît le Toulouse Football Club, dont les couleurs sont rouge et blanc. M. Lauriol en est le président. Le club est admis à disputer le championnat professionnel de Division 2 en . Le Stadium () est mis en chantier en cette même année 1937, l'ouverture (qui sera retardé par la guerre) aura lieu en 1949.

Les débuts du club (1937-1939)

Le premier entraîneur-joueur de Toulouse est l'ancien capitaine de l'équipe de France, Pierre Cazal. Le gardien Roux et les attaquants Camarata, Laurent et Jelinek sont les fers de lance de la jeune équipe. En attendant l’achèvement du nouveau stade dont les travaux ont du retard et qui n'est pas prêt pour la Coupe du monde 1938, le club joue sur le terrain du TOEC (futur stade Chapou), les matchs de Coupe du Monde seront également déplacés sur le terrain du T.O.E.C. à l’ancien Parc des Sports. Pour leur première saison, les Rouge et Blanc terminent à une honorable de deuxième division. En Coupe de France, le T.F.C. atteint le stade des 8es de finale. L'Olympique Lillois met fin à cette campagne (1-0).

À signaler durant ces années 1930 la présence dans l'équipe du toulousain André Riou, futur entraîneur du club qui se distinguera par la suite en remportant pour la première fois le championnat (1958) et la coupe (1954) de Belgique à la tête de l'équipe du Standard de Liège, toujours coiffé de son sempiternel béret sur le banc de touche.

L'avant-centre Fernand Planquès signe à Toulouse pour la somme importante pour l'époque de F. Avec ses coéquipiers, il mène le T.F.C. en du championnat 1938-39 de deuxième division.

Le club pendant la guerre (1940-1945)

La guerre interrompt les compétitions. De nombreux joueurs s'exilent à Toulouse, dont le premier but de la Coupe du monde Lucien Laurent, et le club devient une place forte du football français.

Au cours de la saison 1940-1941, le T.F.C., renforcé par les Racingmen Raoul Diagne, Maurice Dupuis et Mario Zatelli ou encore l'ailier roubaisien Henri Luddens, enlève la finale de la Coupe de France de zone non occupée face à Saint-Étienne (1-0, but de Zatelli). En finale inter-zone, les Toulousains, qui pratiquent un W.M. défensif avec marquage individuel, sont battus 3-1 par les Girondins de Bordeaux. En championnat ils terminent deuxièmes du championnat de la Zone libre, à égalité de points avec l'Olympique de Marseille.

Champion de France groupe Sud 1943 thumb|left|Le Toulouse FC champion de France de Zone Sud, en mars 1943. Deuxième des championnats de zone Sud 1941 et 1942, le T.F.C. est enfin sacré champion en 1943 avec 6 points d’avance sur le second, Grenoble.

Les vainqueurs du championnat sud 1943 : Azza, Benezech, Henri Camarata (ancien ailier gauche, devenu arrière), Cros, Daho, Enée, Fascinati, André Frey (international), Hoffmann, Jelinek, Curt Keller (international), André Riou, Mario Zatelli.

La saison suivante, du fait de la réforme du colonel Pascot, la plupart des joueurs du T.F.C. sous affectés à l'équipe fédérale « Toulouse-Pyrénées ». Elle atteint la en championnat et les 8es de finale de la Coupe de France, tandis que le T.F.C. amateur est éliminé en 16es.

Dès 1944, les équipes fédérales disparaissent et le T.F.C. professionnel renaît. Toulouse parvient en demi-finales de la Coupe 1945, mais est sèchement éliminé par Lille, 4-0.

De la Libération aux joies de la Coupe (1945-1961) Le T.F.C. est reversé en D2 à la reprise des compétitions de paix. MM. Bardou, Masal et Carrière composent le comité directeur du club. Camarata est nommé entraîneur-joueur et recrute René Vignal. La ligne d'attaque Camarata-Keller-Hoffman inscrit 88 buts dans la saison (seul le L.O.S.C., champion de D1, fait mieux avec 89 buts), permettant au T.F.C. de terminer deuxième, derrière Montpellier à la différence de buts et d'accéder en Division 1. M. Bardou quitte alors la présidence avec le sentiment du devoir accompli. M. Lauriol reprend son poste. De nouveaux joueurs font leur apparition comme Noël Sinibaldi, mais très vite, les résultats sont plus que moyens ; M. Bardou est alors rappelé à la présidence. Il place Enée, joueur au T.F.C. depuis 1942, au poste d'entraîneur. Celui-ci parvient à maintenir le club parmi l'élite en arrachant la .

À l'intersaison 1947, Toulouse perd de nombreux joueurs dont Keller et Vignal, cédé au Racing pour 2 MF. Le gardien Ibrir, Fortunel, Sbroglia et Bilancini endossent la tunique rouge et blanche. Toujours sous la conduite d'Enée, le T.F.C. se classe .

La grande affaire de l'année 1948 est l'arrivée à Toulouse du canonnier yougoslave Golob, grâce au talent de négociateur du président Bardou. Les frères Jean et Marcel Lanfranchi sont également recrutés et le T.F.C. se hisse en au printemps 1949. À partir de l’été 1949, le club de la cité des violettes évolue enfin au Stadium, dont les travaux avaient été interrompus par la guerre, et pouvant accueillir jusqu'à . La saison suivante montre enfin la vraie valeur de la formation toulousaine, juste renforcée par Urbanski et Marty. Seconds à l'approche des fêtes de fin d'année, les « Violettes » décrochent la , avec quelques regrets. Le président Bardou est tout de même fier de son équipe qui peut compter sur un public fidèle : plus de de moyenne sont enregistrés au Stadium !

Durant la période des transferts, l'avant-centre Marcel Poblome et le meneur de jeu Gomez quittent la ville rose, tandis que l'attaquant de Valladolid Vaquero vient renforcer la ligne offensive. Durant la saison 1950-51, la malchance s'acharne sur le T.F.C. L'infirmerie ne désemplit pas et les finances sont au plus bas. En cours de saison, le siège du club quitte la place du Capitole pour s'installer rue d'Alsace. Ce déménagement provoque une scission au sein des dirigeants, les anciens restant alors au Capitole !

au classement final en 1951, les Toulousains retrouvent « l'enfer de la D2 ». Un changement s'opère alors à la tête du club : le comité directeur est réduit à six membres dont MM. Lonné et Puntis. M. Bardou reste président et Enée entraîneur. Il dirige une équipe qui enregistre les départs de Yvon Fortunel, Octave Sbroglia, Marcel Lanfranchi et Abderrahmane Ibrir. Pour composer sa formation, Enée s'appuie sur une base défensive solide (Mercadier, Jean Lanfranchi, Libar et Bouchouk), mais délaisse quelque peu l'attaque. Résultat, le T.F.C. est de D2, en marquant seulement 52 buts pour 57 encaissés.

Cette désillusion entraîne une nouvelle révolution de palais : Jean-Marc Puntis, ancien trésorier et mécène du club, est porté à la présidence. Il démet Enée de ses fonctions et nomme Charles Nicolas entraîneur. Dans le même temps, le T.F.C. perd son international André Frey, au club depuis 1944. Rapidement, les Toulousains sont à la lutte en haut de tableau avec Strasbourg. Le match décisif entre les deux clubs se déroule à la Meinau devant dont un millier de Toulousains. À cette occasion, les supporters du T.F.C. offrent à leurs homologues strasbourgeois une oie vivante. Mais, , le match, remporté par Toulouse 2-1, se termine dans la plus grande confusion : envahissement du terrain, intervention de la police... Du coup, les Strasbourgeois, mécontents, rendent l'oie! De retour à Toulouse, les supporters s'occupent de l'animal puis le font empailler à sa mort. Ainsi, cette « mascotte » trônera désormais au siège du club. thumb|Le TFC champion de France de Division II, en 1953. À l'issue de la saison, les Rouge et Blanc sont sacrés champions de D2 et accèdent en première division. L'attaque toulousaine est particulièrement efficace avec 92 réalisations, tandis que la défense est hermétique (29 buts concédés). Cette équipe 1952-53 a fière allure : citons ici le gardien Rouxel, les défenseurs Pleimelding et Hadad, les milieux Rossi, Dereuddre et Cahuzac, sans oublier les redoutables attaquants Abdelhamid Bouchouk, Mellberg (meilleur buteur cette saison avec 27 buts) et le Finlandais Rytkonen, grande vedette du T.F.C. jusqu'à son départ en 1960.

Éliminé en Coupe de France en 8es de finale, le T.F.C. participe à la première Coupe Drago. Le , Sochaliens et Toulousains s'affrontent en finale. Menés 3-0 à la mi-temps, les Toulousains remontent leur handicap après le repos, 3-3! Sochaux est déclaré vainqueur après tirage au sort... La même année 1953, Toulouse est également finaliste du Trophée Teresa-Herrera face au Real Madrid, qui l'emporte 8-1. thumb|Le TFC en août 1956. thumb|left|Jules Bigot, entraîneur du T.F.C. de 1953 à 1958, vainqueur de la Coupe de France 1957. thumb|Pierre Cahuzac, joueur de champ de 1952 à 1961, Ch. de France D2 1953 et vainqueur de la Coupe en 1957, devenu entraîneur du TFC de 1979 à 1984. De retour en D1, Jules Bigot, ex-international et deux fois vainqueur de la Coupe de France, prend en main l'équipe. Sur leur lancée, les Toulousains jouent les premiers rôles en championnat, se classant en 1954. M. Puntis quitte alors son poste de président pour reprendre celui de trésorier. M. Lonné lui succède, mais est toujours conseillé par son prédécesseur.

La saison 1954-55 voit un combat acharné pour la première place entre Toulouse et le Stade de Reims. Le jeudi , envahissent les tribunes du Stadium, deux heures avant le coup d'envoi du choc T.F.C.-Reims. Même les patrons toulousains accordent à leurs employés une permission exceptionnelle! L'ailier Valorizek ouvre la marque pour Toulouse. Le T.F.C. se dirige alors tout droit vers une victoire importante, quand l'arbitre accorde un penalty aux Rémois. Raymond Kopa le transforme et les deux équipes se séparent sur ce score nul de 1-1. Finalement, les Rémois sont sacrés champions de France, les Toulousains ratant le titre et une place en Coupe des Champions, nouvellement créée, pour quatre points...