Benjamin Brueyre ou Bruyère Handbook of Christianity in China, vol. II, p. 122, né le à Tence et mort le dans le Sien-hsien, est un jésuite français qui ouvrit une nouvelle mission en Chine en , plus d'un siècle après l'interdiction de la religion chrétienne par décret impérial (1724). Il est surtout connu pour sa traduction de la Bible en chinois datant de 1862.

Biographie Benjamin Brueyre poursuit ses études au petit séminaire et au grand séminaire de Puy-en-Velay, comme Joseph Gonnet (1815-1895) qui devient aussi jésuite. Il entre dans la compagnie de Jésus le , fait son noviciat à Chieri, puis en Suisse. Il étudie la philosophie à Mélan et à Fribourg (1834-1835) tout en étant professeur scolastique dans divers collèges de la région, dont le collège Saint-Michel, puis il étudie la philosophie à Vals-près-le-Puy. C'est alors qu'il est choisi en 1841 pour partir en mission pour la Chine avec deux confrères, le P. et le P. Claude Gotteland. C'est la première mission jésuite depuis leur expulsion au et la mort en Chine du dernier jésuite en 1793Le père Joseph-Marie Amiot. Il y avait en 1840, deux cent mille chrétiens marginalisés et persécutés, sur tout le territoire, dont s'occupaient moins d'une centaine de prêtres chinois et une quarantaine de missionnaires européens nouvellement arrivés Ann Nottingham Kelsall, Zi-ka-wei and the Modern Jesuit Mission to the Chinese 1842-1952, Master's Thesis, University of Maryland, 1978, p. 41. Les trois jésuites débarquent à Wusong près de Shanghai, le Ann Nottingham Kelsall, op. cité, p. 51. Le P. Gotteland qui dirige la mission avait reçu pour instruction de reprendre la tradition jésuite de travaux scientifiques, tandis que les deux autres prêtres devaient se consacrer à l'apostolat. Le P. Brueyre est soutenu par une forte spiritualité mariale et s'efforce dès le départ de pourvoir aussi aux moyens matériels de la population. Les jésuites s'installent en 1847 dans le village de Zikawei au sud de Shanghai, et reçoivent un grand terrain (agrandi ensuite par des terres achetées par la compagnie de Jésus de France) offert par les descendants de Xu GuangqiBaptisé par Matteo Ricci qui, restés catholiques, avaient maintenu l'entretien d'une petite chapelle, près de sa tombe. Les pères construisent une église et ouvrent un collège, le collège Saint-Ignace, pour les fils de familles de lettrés.

Le P. Brueyre ouvre, quant à lui, en 1843 la mission du Kiang-nan (Jiangnan aujourd'hui) avec Hangtchéou (Hangzhou) pour base, revenant de temps à autre à Zikawei. Le séminaire démarre le avec vingt-trois étudiants et déménage à Song kia-tu en 1853. Toutes les missions sont confiées aux jésuites français dans la région à partir de 1849Il y avait 4 750 catholiques, alors qu'elle est le théâtre de rébellions de 1853 à 1864. Il est élu supérieur du Tché-li oriental de 1859 à 1866 et meurt dans le Sienhsien en 1880.

Son apostolat s'exerce dans des temps difficiles (massacre de 1870 à Tientsin) et il est au début en butte à l'incompréhension du vicaire apostolique de Nankin, , qui quittera la Chine en 1847.

Il a traduit en chinois de nombreux ouvrages de piété, en particulier sur le Sacré-Cœur, et écrit des grammaires et des dictionnaires. Il est surtout connu pour sa traduction de la Bible en 1862. Son nom chinois est Li Xiufang (李秀芳).

Notes

Bibliographie Joseph Burnichon, sj, Histoire d'un siècle, tome III, Paris, 1919, p. 290 Bernadette Truchet, Construction de l'identité de l'autre. Un exemple en Chine au , in « Identités autochtones et missions chrétiennes », Paris, Karthala, 2006 Bernadette Truchet, Un début d'inculturation en Chine au dix-neuvième siècle: le père Gonnet en Chine (1815-1895), Mémoire spiritaine, n°23, 2006

Voir aussi Mission jésuite en Chine Zikawei Diocèse de Sienhsien

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