(né Georg Ludwig ; Hanovre, – , Osnabrück) est duc de Brunswick-Lunebourg (également appelé duché de Hanovre, d'après le nom de sa capitale), prince-électeur du Saint-Empire romain germanique à partir de 1708 et roi de Grande-Bretagne du jusqu'à sa mort.

Electeur de Hanovre, âgé de à la mort d'Anne d'York, dernière reine Stuart de Grande-Bretagne, George devient le premier monarque britannique issu de la maison de Hanovre. Certes, plus de cinquante princes et princesses Européens avaient des liens de parenté plus étroits que les siens avec la reine Anne, mais ils étaient tous catholiques et à ce titre, l'Act of Settlement (en français Acte d'établissement) de 1701 les excluait expressément de la succession. C'est ainsi que George fut le plus proche parent protestant de la défunte reine Anne. Les légitimistes jacobites tentèrent de le renverser pour le remplacer par le demi-frère catholique d'Anne, Jacques François Stuart, fils de , mais ils échouèrent.

Durant le règne de , les pouvoirs de la monarchie diminuèrent et le Royaume-Uni commença une transition vers un système moderne de cabinet mené par un Premier ministre. Vers la fin de son règne, le pouvoir effectif appartenait à Robert Walpole, le premier véritable Premier ministre du Royaume-Uni. mourut lors d'un voyage dans son Hanovre natal, où il fut inhumé. Son fils lui succéda sous le nom de .

Jeunesse Georges est né le à Hanovre, en Allemagne dans le Saint-Empire romain germaniqueL'histoire selon laquelle mourut dans la même pièce que celle où il est né à Osnabrück (comme dans Le Grand Dictionnaire Historique de 1759) est contredite par l'électrice Sophie dans ses Memoiren der Herzogin Sophie nachm. Kurfürstin von Hannover (ed. A. Köcher, Leipzig, 1879, et 68) qui avance que ses deux fils aînés étaient nés à Hanovre (). Il était le fils aîné d'Ernest-Auguste, duc de Brunswick-Lunebourg et de Sophie de Hanovre, princesse Palatine (1630-1714), de par sa mère, Élisabeth Stuart, petite-fille de Stuart, roi d'Angleterre . Il est ainsi l'arrière-arrière-petit-fils de Marie Ire d'Écosse.

Par primogéniture salique, Georges est héritier des titres et des terres allemands du duché de Brunswick-Lunebourg de son père mais également de ses trois oncles, décédés sans enfants.

En 1661, le frère de Georges, Frédéric-Auguste, nait et les deux garçons (appelés Görgen et Gustchen dans la famille) sont élevés ensemble.

Leur mère est absente pendant près d'un an (1664-65) car elle se trouve en convalescence en Italie, mais elle correspond régulièrement avec les gouvernantes de ses fils et elle s'implique largement dans l'éducation de ses enfants. Après son retour, Sophie a cinq autres enfants avec Ernest-Auguste. Dans ses lettres, Sophie décrit Georges comme un enfant responsable et consciencieux qui servait d'exemple pour ses jeunes frères et sœurs.

En 1675, le plus vieil oncle de Georges mourut sans héritier, mais ses deux autres oncles s'étant mariés, leurs possessions passeraient à leurs enfants s'ils en avaient. Le père de Georges emmenait celui-ci chasser et chevaucher et l'introduisit aux questions militaires ; inquiet de son futur incertain, Ernest-Auguste emmena Georges, alors âgé de , combattre dans la guerre de Hollande avec l'objectif délibéré de tester et d'entraîner son fils au combat.

En 1679, un autre oncle mourut sans enfants et Ernest-Auguste devint le duc régnant du Calenberg-Göttingen et de sa capitale de Hanovre.

Le dernier oncle de Georges, Georges-Guillaume de Celle, avait épousé sa maîtresse afin de légitimer sa seule fille, Sophie-Dorothée de Celle, et il semblait peu probable qu'il eût d'autres enfants. D'après la loi salique, la succession était limitée à la lignée mâle et l'héritage de ces territoires par Georges et ses frères semblait assurée. En 1682, la famille accepta le principe de primogéniture, ce qui signifiait que Georges hériterait de tous les territoires sans avoir à les partager avec ses frères.

Mariage vignette|gauche|George en 1680, alors prince de Hanovre (d'après une peinture de Godfrey Kneller). En 1682, George épousa sa cousine germaine, Sophie-Dorothée de Celle. Le mariage fut principalement arrangé pour assurer un confortable revenu annuel et faciliter une éventuelle unification entre le Hanovre et Celle. Sa mère était initialement opposée au mariage car elle méprisait la mère de Sophie-Dorothée qui n'était pas d'ascendance royale, et parce qu'elle s'inquiétait de la légitimité de Sophie-Dorothée. Cependant, elle fut finalement convaincue par les avantages inhérents au mariage.

En 1683, George et son frère, Frédéric-Auguste, participèrent à la bataille de Vienne lors de la cinquième guerre austro-turque et Sophie-Dorothée accoucha d'un fils, George-Auguste. L'année suivante, Frédéric-Auguste fut informé de l'adoption du principe de primogéniture, ce qui signifiait qu'il ne recevrait pas la portion des territoires de son père qu'il espérait. Cela envenima les relations fraternelles et sa relation à son père, mauvaises relations qui continuèrent jusqu'à la mort au combat de Frédéric-Auguste en 1690. Avec la formation imminente d'un État hanovrien unifié et les contributions répétées des Hanovriens dans les guerres de l'Empire, Ernest-Auguste fut fait électeur du Saint-Empire romain germanique en 1692. Les perspectives de George étaient à présent meilleures que jamais en tant que seul héritier de l'électorat de son père et du duché de son oncle.

Sophie-Dorothée eut un second enfant, une fille également nommée Sophie-Dorothée en 1687, grossesse qui devait être la dernière.

Les relations dans le couple se détériorèrent. George préférait la compagnie de sa maîtresse, Mélusine von der Schulenburg avec laquelle il eut deux filles en 1692 et 1693Il y eut une autre fille en 1701. Mélusine von der Schulenburg resta ouvertement la maîtresse de George de 1698 jusqu'à sa mort. et qu'il fit plus tard duchesse non héréditaire de Munster puis de Kendal ; dans le même temps Sophie-Dorothée entretint une aventure avec le comte suédois Philippe-Christophe de Kœnigsmark.

Menacée par le scandale d'une fugue romantique, la cour hanovrienne, dont les frères de George et sa mère, pressèrent les amants de s'éloigner, mais sans succès. Selon les sources diplomatiques provenant d'ennemis du Hanovre, en , le comte fut tué, probablement avec la connivence de George, et le corps fut lesté et jeté dans la rivière Leine. Il fut avancé que quatre courtisans de George-Auguste auraient commis le meurtre dont l'un (Don Nicolò Montalbano) aurait été payé la somme colossale de , soit plus de cent fois le salaire annuel du ministre le mieux payé. Des rumeurs ultérieures insinuèrent que Kœnigsmark avait été découpé en morceaux et enterré sous le plancher du palais de Hanovre. Cependant, les sources provenant du Hanovre lui-même, dont Sophie-Dorothée, contredisent cette version des événements. Kœnigsmark, attiré chez sa maîtresse, aurait été tué sur l'ordre de l'électeur de Hanovre, sur demande de la favorite (et ancienne maîtresse de Kœnigsmark) de celui-ci« En Hanovre au », L'histoire pour tous, février 1962, , ..

Le mariage de George avec Sophie-Dorothée fut dissous, non pour des raisons d'adultère mais en prenant pour base le fait que Sophie-Dorothée avait abandonné son époux. Avec le soutien du père de celle-ci, George fit emprisonner Sophie-Dorothée dans sa ville natale de Celle au château d'Ahlden, où elle resta jusqu'à sa mort en 1726. On lui refusa la visite de ses enfants et de son père, et elle ne put se remarier ou même se promener seule à l'extérieur du château. On lui accorda néanmoins un revenu, des terres et des serviteurs, ainsi qu'un équipage qu'elle pouvait mener hors du château, quoiqu'uniquement sous surveillance.

Électeur de Hanovre vignette|George en 1706 alors qu'il était électeur de Hanovre — manière noire de John Smith. Ernest-Auguste mourut le et laissa ses territoires à George à l'exception de la principauté épiscopale d'Osnabrück, un titre qu'il possédait depuis 1661La principauté ecclésiastique n'était pas un territoire héréditaire et son contrôle alternait entre des souverains protestants et catholiques.. George devint donc duc de Brunswick-Lunebourg (également appelé duché de Hanovre, d'après le nom de sa capitale) de même qu'archi-porte-étendard et prince-électeur de l'Empire.. Sa cour à Hanovre accueillait de nombreuses personnalités culturelles et scientifiques, comme les compositeurs Georg Friedrich Haendel et Agostino Steffani, ainsi que Leibniz, qui était conseiller auprès de la maison de Hanovre depuis 1678 (mais que George appréciait moins que ses parents n'avaient fait).

Peu après l'accession de George à la tête du duché paternel, le prince Guillaume, duc de Gloucester, qui était le second dans l'ordre de succession aux trônes d'Angleterre et d'Écosse, mourut. D'après les termes de l'Acte d'établissement de 1701, la mère de George, Sophie, fut désignée comme l'héritière du trône britannique si le monarque régnant () et sa belle-sœur, la princesse Anne de Danemark (la future reine Anne) mouraient sans héritier. La succession fut réalisée ainsi car Sophie était la plus proche parente protestante de la famille royale britannique ; 56 catholiques avec des revendications héréditaires supérieures furent ainsi exclus de l'ordre de succession. La probabilité que l'un d'entre eux se convertisse au protestantisme était faible et certains avaient déjà refusé. Le Parlement anglais préféra donc un souverain étranger et protestant aux successeurs de la dynastie Stuart.

En , George fut décoré de l'ordre de la Jarretière. Puis le plus proche prétendant catholique au trône d'Angleterre, l'ancien roi , mourut en exil, et Guillaume III mourut au mois de mars suivant. Anne monta sur le trône et Sophie de Hanovre devint l'héritière présomptive de la couronne d'Angleterre. Sophie était âgée de , trente-cinq ans de plus qu'Anne, mais elle restait en bonne santé et avait investi beaucoup d'énergie pour sécuriser la succession, pour elle-même ou pour son fils. Ce fut cependant George qui comprit les complexités de la politique anglaise et de la loi constitutionnelle qui demandait la naturalisation de Sophie et de ses héritiers en tant que sujets anglais, et organisa les détails du transfert de pouvoir vers le conseil de régence. La même année, le dernier oncle de George mourut et il hérita de la principauté de Lunebourg-Grubenhagen, centrée sur Celle.

vignette|gauche|Carte du Hanovre, vers 1720, montrant le Hanovre, Brunswick-Wolfenbüttel et la principauté ecclésiastique d'Osnabrück. Au cours de la vie de George, le Hanovre acquit Lauenbourg et Brême-et-Verden. Peu après l'accession de George au trône de Hanovre, la guerre de Succession d'Espagne commença. L'enjeu était le droit de Philippe, le petit-fils du roi de France , à succéder au trône d'Espagne conformément au testament de . Le Saint-Empire romain germanique, les Provinces-Unies, l'Angleterre, le Hanovre et de nombreux États allemands s'opposaient au droit de Philippe à monter sur le trône d'Espagne car ils craignaient que la maison de Bourbon française ne devienne trop puissante par le contrôle de l'Espagne. Lors de la guerre, George envahit son voisin Brunswick-Wolfenbüttel qui était pro-français, rédigeant lui-même plusieurs plans de bataille. L'invasion fut couronnée de succès avec peu de pertes humaines. En récompense, l'ancienne annexion du duché de Saxe-Lauenbourg par l'oncle de George fut reconnue par les Britanniques et les Hollandais.