de Pologne, né le à Dresde et mort dans la même ville le , membre de la maison de Wettin, fils de l'électeur de Saxe et roi de Pologne Frédéric-Auguste, est roi de Pologne et grand-duc de Lituanie de 1734 à 1763, et, sous le nom de de Saxe, électeur de Saxe de 1733 à 1763, ainsi que margrave de Misnie et comte palatin.
Par sa fille Marie-Josèphe, il est le grand-père des rois de France , et , et par sa fille Marie-Amélie, le grand-père des rois et , ainsi que de l'impératrice consort du Saint-Empire Marie-Louise d'Espagne. Le maréchal de France Maurice de Saxe est son demi-frère adultérin.
Biographie
Origines familiales Frédéric Auguste de Saxe est le seul enfant légitime de . Sa mère est Christiane-Eberhardine de Brandebourg-Bayreuth (1671-1727), fille du margrave de Brandebourg-Bayreuth Christian-Ernest. Protestante, elle a refusé de se convertir au catholicisme, contrairement à son époux, et n'a pas pu être couronnée reine de Pologne.
Jeunesse et mariage vignette|gauche|Présentation du prince électoral de Saxe au roi de France par la duchesse douairière d'Orléans, belle-sœur du roi. Frédéric-Auguste reçoit l'éducation d'un futur roi de Pologne : on lui enseigne le polonais et le latin, ainsi que le français et le russe, langue qu'il ne maîtrisera jamais très bien, et diverses sciences.
Il est cependant d'abord élevé dans le luthéranisme, ce qui est renforcé par l'influence de sa grand-mère paternelle, Anne-Sophie de Danemark, qui joue un rôle important durant son enfance.
C'est pourquoi son père l'envoie en 1711 faire un Grand Tour, mais dans des pays catholiques : à Vienne, il assiste au couronnement de l'empereur ; il séjourne ensuite en Italie où il se convertit en 1712. Il vient ensuite à Versailles, où il est présenté par la duchesse douairière d'Orléans, princesse d'origine allemande (la « princesse Palatine »), au roi (). Il y est portraituré par le peintre Louis de Silvestre à qui il propose vainement d'exercer ses talents en Saxe. Au , après un hiver festif à Paris, il entreprend un voyage dans les provinces françaises.
gauche|vignette|193x193px|Le futur vers 1716. À son retour en Saxe, il est marié, le , à l'archiduchesse Marie-Josèphe d'Autriche, âgée de , fille du précédent empereur , nièce de l'empereur . Selon la Pragmatique Sanction édictée par ce dernier en 1713, l'archiduchesse et ses descendants doivent passer, en l'absence d'un fils, après les filles de pour diriger les possessions héréditaires de la maison de Habsbourg (archiduché d'Autriche, royaume de Bohême, royaume de Hongrie, etc.), bien que Charles soit un frère cadet de Joseph. Le , Marie-Josèphe a formellement reconnu les droits de sa cousine, née en 1717, Marie-Thérèse.
La mort d' et la guerre de Succession de Pologne (1733-1736) À la mort de son père en 1733, Frédéric Auguste hérite sans difficulté de l'électorat de Saxe et des autres possessions héréditaires.
En revanche, la succession au trône de Pologne va être difficile, puisqu'il s'agit une royauté élective sous influence des puissances européennes. En , prévoyant la mort prochaine d', la Russie, la Prusse et l'Autriche se sont mises d'accord (traité de Berlin, dit « Traité des Trois Aigles noirs ») pour exclure de l'élection à la fois Frédéric Auguste et Stanislas Leszczynski, qui a déjà été roi de Pologne de 1704 à 1709 sous la protection de Charles XII de Suède. vit en exil en France où sa fille Marie Leszczynska est devenue reine de France comme épouse de Louis XV.
Dans les premiers mois de 1733, la candidature de Stanislas est soutenue par la France, notamment l'ambassadeur Monti et le ministre des Affaires étrangères Chauvelin. Stanislas rentre à Varsovie en et sa victoire paraît certaine. La Russie et l'Autriche décident alors de soutenir la candidature de Frédéric Auguste (traité de Löwenwolde, ). Stanislas est élu le mais une minorité de la noblesse reste favorable à Frédéric Auguste. L'armée russe entre en Pologne (c'est le début de la guerre de Succession de Pologne) et se dirige vers Varsovie. Stanislas se réfugie à Dantzig, ville alors polonaise.
Le , la France, alliée à la Sardaigne, déclare la guerre à la Saxe et à l'Autriche (mais pas à la Russie) ; les opérations militaires françaises vont principalement avoir lieu dans la vallée du Rhin et en Italie, mettant l'Autriche en position difficile. En revanche, l'armée russe ayant mis le siège devant Dantzig : la ville résiste courageusement mais une petite expédition de secours française commandée par Louis de Plélo, en , tourne au désastre Quelques jours avant la chute de Dantzig, Stanislas s'enfuit en Prusse, où le roi Frédéric Guillaume accepte de le recevoir comme hôte. Entre-temps, Frédéric-Auguste a été couronné roi le et est devenu .
La situation n'est cependant pas complètement réglée, la Pologne ayant deux rois, dont un en exil. La supériorité française sur l'Autriche va permettre de trouver une solution en . À cette date, Stanislas réside toujours en Prusse, à Königsberg. À la suite des négociations de paix entre la France et l'Autriche (préliminaires de paix de ), il lui est proposé de recevoir le trône ducal de Lorraine en échange de celui de Pologne (il conserverait cependant le droit de porter le titre de roi de Pologne) ; il fait alors une déclaration publique de renonciation. En 1736, au cours d'une diète de pacification, les partisans de Stanislas reconnaissent formellement Auguste comme roi de Pologne.
La Saxe dans la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) En 1740, l'empereur s'éteint, laissant ses possessions à sa fille aînée, l'archiduchesse Marie-Thérèse. Reniant les engagements qu'avait pris son père, le roi envahit sans sommation la Silésie autrichienne. L'électeur de Bavière, soutenu par la France, pose sa candidature au trône impérial et envahit la Bohême. La guerre de Succession d'Autriche vient d'éclater.
La Saxe et la Bohême voisine sont les champs de bataille où s'affrontent les armées prussiennes et autrichiennes. D'abord opposée à l'Autriche, la Saxe se retire de la guerre dès 1742, n'ayant rien gagné mais devant admettre la suprématie prussienne.
En 1747, le mariage de sa fille Marie-Josèphe avec le Dauphin Louis, fils de et petit-fils du roi Stanislas, scelle sa réconciliation avec le royaume de France.
Son demi-frère adultérin, Maurice de Saxe, proche de la favorite royale et remarquable chef de guerre au service de la France, participe aux opérations menées par la France notamment aux Pays-Bas (bataille de Fontenoy). La paix est signée en 1748 (traité d'Aix-la-Chapelle), confirmant l'émergence de la puissance prussienne.
La Saxe dans la guerre de Sept Ans En 1756, la Prusse envahit la Saxe, alliée de l'Autriche et de la France déclenchant la guerre de Sept Ans.
La Saxe est ravagée par les armées prussiennes qui prennent la famille royale en otage malgré les protestations des cours européennes, les filles du roi étant reine consort de Naples et dauphine de France. L'épouse d'Auguste, Marie-Josèphe, en mourra en 1757.
Mort et succession meurt le . Son fils Frédéric-Christian, de santé délicate, lui succède en Saxe mais meurt dès le , laissant le trône à , âgé de seulement.
En Pologne, c'est un Polonais qui va être élu (le ), avec le soutien de la Russie, Stanislas Antoine Poniatowski, roi de Pologne sous le nom de .
Mariage et descendance gauche|vignette|Portrait équestre d'. Frédéric-Auguste est le fils d', électeur de Saxe et roi de Pologne, et de Christiane-Eberhardine de Brandebourg-Bayreuth.
Il se marie en 1719 avec Marie-Josèphe d'Autriche (1699-1757), fille de l'empereur .
En 1730, la peintre vénitienne Rosalba Carriera réalise au pastel le portrait de son épouse. Il est conservé à la Gemäldegalerie Alte Meister de DresdePortrait de son épouse..
De cette union naîtront : Frédéric (1720-1721) ; Joseph (1721-1728) ; Frédéric-Christian (1722-1763) ; en 1747, il épousa Marie-Antoinette de Bavière (1724-1780) ; Marie-Amélie (1724-1760) ; en 1738, elle épousa Charles d'Espagne, roi de Naples et de Sicile (puis d'Espagne) ; Marguerite (1727-1734) ; Marie-Anne (1728-1797) ; en 1747, elle épousa l'électeur ; François-Xavier (1730-1806) ; en 1765, il épousa la comtesse Claire Spinucci titrée de Lusace (ou von Lausitz) (1741-1792) (postérité) ; Marie-Josèphe (1731-1767) ; en 1747, elle épousa Louis de France, dauphin du Viennois (1729-1765), fils de ; de ce mariage sont nés les futurs , et ; Charles-Christian (1733-1796), duc de Courlande ; en 1760, il épousa Franciszka Krasińska, fille du comte de Corvin (1742-1796) (postérité) ; Christine (1735-1782), abbesse à l'abbaye de Remiremont ; Marie-Élisabeth (1736-1818) ; Albert (1738-1822), duc de Teschen ; en 1766, il épousa Marie-Christine d'Autriche (postérité) ; Clément-Wenceslas (1739-1812), archevêque et électeur de Trèves ; Cunégonde (1740-1826), abbesse à l'abbaye de Thorn et Essen.
Ascendance
Annexes Iconographie vignette|Pièce de émise en 1756 à l'effigie d'. Portrait par Hyacinthe Rigaud en 1715 « en grand manteau royal frappé aux insignes de l’ordre de l’Éléphant de Danemark, flanqué d’un maure habillé à la houssarde » pour et conservé à Dresde, à la Staatlische Kunstsammlungen Dresden, Gemälde Galerie Alte Meister. Inv. Le futur n'a pas été peint dès 1700 par Rigaud, contrairement à ce qui est spécifié en , du catalogue de l'exposition de Dijon. Le portrait du prince de Saxe, produit alors pour cette année-là, est un buste bien connu de (1677-1707). Voir Stéphan Perreau, « Dix nouveaux Rigaud inédits », PERTER, , , .. La toile sera gravée par Jean-Joseph Balechou en 1747, « chef-d’œuvre de science et de force, destiné à figurer en tête de la Galerie de Dresde ». Portalis poursuit son commentaire en estimant que l’estampe « place Balechou au rang des meilleurs burinistes du , et même de toute l’École française »Montaiglon, 1875-1892, (1885), .. Portrait par Nicolas de Largillierre en 1715 (voir image ci-dessus).
Bibliographie J. Roman, Le Livre de raison du peintre Hyacinthe Rigaud, Paris, 1919, , 179, 184. Hans Posse, Die Gemäldegalerie zu Dresden. Die alten Meister, Dresden O.J., 1937, . Ariane James-Sarazin, « Hyacinthe Rigaud (1659-1743), portraitiste et conseiller artistique des princes-électeurs de Saxe et rois de Pologne, et », dans catalogue de l’exposition Dresde ou le Rêve des princes : La Galerie de peintures au , musée des Beaux-Arts de Dijon, Paris, RMN, 2001, .
Articles connexes Union personnelle de Saxe-Pologne
Marie-Josèphe de Habsbourg
Notes et références
Liens externes
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