vignette|Sans-abris à Paris.
Selon la définition de l'Insee, la pauvreté en France pour ses aspects monétaires concerne tous les ménages dont le niveau de vie est inférieur à une fraction donnée (50 % ou 60 %) du niveau de vie français médian tandis que la pauvreté absolue touche ceux qui sont confrontés à au moins 5 privations sur une liste de 13 pour des raisons financières. Le seuil à 60 % du niveau de vie médian est privilégié. En 2024, en France métropolitaine, de personnes vivent sous ce seuil, soit 15,4 % de la population, pour un seuil de par mois pour une personne seule. Stable par rapport à 2023, ce taux reste au niveau le plus élevé observé depuis le début de la série en 1996.
Les chiffres de la pauvreté en France Selon l'Insee Selon l'Insee, la France compte de 8,5 à de personnes pauvres, soit environ 14 % de la population de 2010 à 2012Les très hauts revenus sont repartis à la hausse en 2010, tout comme les inégalités. et 20 % des enfantssource INSEE.. Le taux de pauvreté s'élève à 13,9 % des ménages en 2012 (contre 14,3 % en 2011). Le niveau de vie des ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté a diminué, près de la moitié d'entre elles vivant en 2012 avec moins de par moisEn France, les pauvres encore plus pauvres, Le Monde, 9 septembre 2014.
Selon l'Insee, « si la pauvreté monétaire, stable, touche un peu plus d’un ménage sur dix, c’est près d’un tiers d’entre eux qui expriment un net sentiment de difficulté d’existence »Pauvreté relative et conditions de vie en France - Économie et Statistique, INSEE, 2005, .
Durant la période 2000-2009, le taux de pauvreté de l'ensemble des ménages a enregistré une légère hausse : + 0,3 %, tendance qui se poursuit par la suite, passant de pauvres en 2004 à en 2009La pauvreté en France Observatoire des inégalités, et à en 2010.
On observe sur cette période une suite de baisses et de hausses légères qui s'expriment en mesure absolue (par rapport à un niveau de dépenses constant) et en mesure relative (par rapport au reste de la population) (de 27,3 % à 3,8 %). Les nombreuses aides sociales progressivement créées (RMI en 1988, Aides au logement…) soulagent la pauvreté chez les actifs.
Selon une étude de l'Insee, en France en 2006personnes vivant sous le seuil de pauvreté, Insee., 7,1 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté relatif de 50 % et 13,2 % sous le seuil de pauvreté de 60 %. Cela était monté à 13,4 % de la population en 2007La moitié des Français disposent de moins de par mois, Les Échos, 24 juillet 2009, alors que la moitié des Français disposaient de moins de euros par mois. En 2008, 25 % des salariés gagnent moins de par mois in Amar, Michel ; Charnoz, Pauline ; Clément, Mathilde ; Marc, Bertrand et Missègue, Nathalie « La disparité des temps annuels de travail amplifie les inégalités salariales », in Insee « France, portrait social – Édition 2010 », Insee, oct. 2010, ., et en 2010 il y a enfants pauvres en France enfants pauvres en France.. En 2011, la pauvreté continue sa progression avec un creusement des inégalités sociales14 % des Français touchés par la pauvreté.. Or, les inégalités étaient en (léger) recul en 2013 selon INSEE. Les plus modestes connaissant leur première hausse de niveau de vie depuis 2008 et les plus aisés voyant le leur reculer. Néanmoins, de Français vivent sous le seuil de pauvreté, soit 14 % de population et la pauvreté recommence à augmenter en 2014 pour atteindre le taux de 14,2%France : le taux de pauvreté recommence à augmenter..
En 2016, le taux de pauvreté en France se situe à 14 %, contre 12,8 % en 2004.
Pour la clarification entre pauvreté absolue et pauvreté relative, se référer à l'article Wikipédia : seuil de pauvreté.
Les seuils de pauvreté monétaire La mesure de la pauvreté monétaire en France se fait principalement au moyen de seuils de pauvreté relative définis par l'Insee comme étant égaux à un certain pourcentage du niveau de vie médian nationalInsee Pauvreté monétaire - Définition - le niveau de vie étant défini comme le revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation de ce ménage. L'Insee utilise dans ses calculs le taux de 60 % du niveau de vie médian - comme le préconise l'organisme Européen Eurostat - mais publie d'autres valeurs calculées sur les seuils de 40 % , 50 % et 70 % du niveau de vie médian.
Le seuil de pauvreté en conditions de vie Contrairement aux précédents, il s'agit d'un indicateur de pauvreté absolue, qui correspond à l’exclusion de pratiques et de consommations de base. L'Insee fixe un seuil de pauvreté en conditions de vie lorsqu'au moins 5 facteurs de privations sur les 13 définis se cumulent. Les 13 facteurs se déclinent au niveau individuel pour les 6 premiers, et au niveau des ménages pour les 7 suivants :
ne pas pouvoir s’acheter de vêtements neufs pour des raisons financières, ne pas posséder deux paires de chaussures pour des raisons financières, ne pas pouvoir se réunir avec des amis ou de la famille autour d’un verre ou d’un repas au moins une fois par mois pour des raisons financières, ne pas pouvoir dépenser une petite somme pour soi-même sans avoir à consulter les autres membres du ménage, ne pas pouvoir avoir une activité de loisirs régulière par manque de moyens financiers, ne pas avoir accès à Internet pour un usage privé par manque de moyens financiers, avoir des arriérés de traites d’achats à crédit, loyers, emprunts ou factures d’eau / gaz / électricité / téléphone, ne pas pouvoir faire face à des dépenses imprévues d’un montant d’environ , ne pas pouvoir maintenir le logement à bonne température pour des raisons financières, ne pas pouvoir se payer une semaine de vacances dans l’année hors du domicile, être dans l’incapacité de remplacer des meubles abîmés pour des raisons financières, ne pas pouvoir manger de la viande, du poulet ou du poisson (ou équivalent végétarien) tous les deux jours pour des raisons financières, ne pas pouvoir se payer une voiture personnelle
Les inégalités de revenus
vignette|alt= Un train passe sur un viaduc, à l'arrière plan un littoral urbanisé et la mer.|Les quartiers nord de Marseille représentent une des zones les plus pauvres et inégalitaires de France, où des quartiers très pauvres côtoient des poches plus aisées.
La mesure de la pauvreté en France est principalement opérée de façon relative (en pourcentage du niveau de vie médian) et non de façon absolue (niveau de vie à prix constants). Sa mesure reflète ainsi essentiellement un des aspects de l'inégalité des niveaux de vie, c'est-à-dire des revenus disponibles bruts par unité de consommation des ménages.
Selon l'InseeEnquêtes Revenus fiscaux et sociaux des personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante., en 2003 : Les 10 % de FrançaisC'est-à-dire de personnes résidant en France. les plus modestes (premier décile) avaient un niveau de vie monétaireRevenu disponible brut par unité de consommation. (ou pouvoir d'achat) inférieur à par mois au prix de 2009, avec un niveau de vie moyen de par mois (au prix de 2009). À l'opposé, les Français les plus aisés (dixième décile) disposaient d'un niveau de vie supérieur à € par mois, soit 3,35 fois le seuil des plus modestes. Leur niveau de vie moyen était de € par unité de consommation par mois, soit 6,06 fois celui des moins riches.
En 2008 : Le niveau de vie des Français du premier décile était inférieur à par mois au prix de 2009, soit 6,0 % de plus qu'en 2003, mais le niveau de vie moyen de ce premier décile était de 673 € par mois, soit seulement 1,8 % de plus qu’en 2003. Le niveau de vie des Français du dixième décile dépassait € par mois, 7,0 % de plus qu'en 2003, soit 3,38 fois le seuil du premier décile - un rapport inter-décile pratiquement inchangé depuis 2003. En revanche, le niveau de vie moyen de ce décile avait augmenté de 11,9 %, atteignant € par mois, 6,67 fois celui du premier décile.
En 2009 : Le seuil du premier décile baissait de 1,1 % à par mois (toujours aux prix de 2009), avec un niveau de vie moyen en baisse à par mois (0,4 % de moins qu’en 2003, 2,1 % de moins qu’en 2008). Le niveau de vie moyen moyen baissait de 2,1 % à par mois, un pouvoir d'achat inférieur de 0,4 % au seuil de 1983. À l’opposé, le seuil des 10 % les plus riches augmentait très légèrement (0,7 %) à € par mois avec un rapport inter-décile de 3,44, le plus élevé depuis 2002, le niveau de vie moyen des membres du décile le plus riche baissait néanmoins de 1,2 % à € par mois. Le pouvoir d’achat moyen du décile le plus riche était égal à 6,73 du décile le moins riche, un record depuis au moins 13 ans – le ratio était de 5,95 en 1998Insee « Distribution des niveaux de vie en 2009 », novembre 2011 (données)Insee « Niveau de vie et indicateurs d'inégalité en 2009 », décembre 2011 (données)Insee « Niveaux de vie moyens par décile en 2009 », novembre 2011 données). En d’autres termes, les 10 % les plus riches disposaient de 24,0 % du pouvoir d’achat national (la masse des niveaux de vie) ; les plus pauvres n’en disposaient que de 3,4 %Insee « Masse des niveaux de vie détenue par les x % les plus riches », novembre 2011 (données).
L'inscription au RSA Le revenu de solidarité active (RSA) est un complément de revenu pour les personnes percevant un salaire, et aussi un revenu minimum pour ceux qui sont inscrits comme demandeurs d'emploi. Pour une personne sans revenus d'activité, le RSA se monte à mensuels. Il concerne environ foyers.
Selon d'autres sources publiques L'organisme gouvernemental ONPES remet chaque année un rapport annuel au gouvernement. Le PNUD a mis en place un indice de la pauvreté multidimensionnelle (IPM), basé sur le nombre moyen de privations auxquelles est confronté un ménage, en fonction de trois dimensions : santé (nutrition et mortalité infantile), éducation (années de scolarité et enfants inscrits), enfin, niveau de vie (combustible de cuisine, toilettes, eau, électricité, sol, biens).
Selon d'autres sources privées le BIP 40, qui prenait en compte six dimensions de la pauvreté : emploi et travail, revenus, santé, éducation, logement et justice. Chaque dimension est mesurée par plusieurs indicateurs (58 au total). l'observatoire des inégalités qui publie tous les deux ans un rapport sur la pauvreté en France.
Évolution récente
Perception de la pauvreté Après la Seconde Guerre mondiale, le problème crucial de logement pour les sans-abris issus entre autres de destructions de villes, conduit à l'existence de bidonvilles, dont la résorption sera achevée dans la seconde moitié des années 1970. Ceux-ci réapparaîtront néanmoins dans les années 1990, la crise du logement faisant une nouvelle irruption brutale. Celle-ci poussera certaines populations à revenus modestes, ou bien travaillant dans des secteurs saisonniers, à trouver d'autres formes de logement, telles que le camping (parfois à l'année), ou encore les squats.
La visibilité de la pauvreté varie en fonction de l'exposition médiatique. Selon l'Insee, « la visibilité de la pauvreté était particulièrement forte en France en 1993 […]. Le débat sur la pauvreté y était intense. L’Abbé Pierre, figure charismatique de la lutte contre la pauvreté dans les années 1950, était à nouveau fortement engagé publiquement dans la réflexion collective sur les moyens de faire reculer la misère et l’exclusion du logement en particulier. Les dons en faveur des associations caritatives ont atteint des sommets au cours de cette année et de celles qui suivirent. 1993 est aussi l’année où Pierre Bourdieu et son équipe publièrent La misère du monde qui connut un succès considérable. Enfin, l’analyse approfondie des articles sur la pauvreté parus dans la presse montre une forte augmentation au cours de cette période »La perception de la pauvreté en Europe depuis le milieu des années 1970 - Économie et Statistique, Insee, 2005, page 3 .