La Société française du radiotéléphone, ou SFR, est un opérateur de télécommunications français créé le . Devenue filiale du groupe Altice France de Patrick Drahi depuis 2014, SFR est chronologiquement le deuxième des quatre opérateurs de téléphonie nationaux privés français.

Lorsqu'elle est créée en 1987, l'entreprise est une filiale de la Compagnie générale des eaux. Le groupe Vivendi (filiale du groupe Bolloré) contrôle son capital en totalité à partir de 2011. L'entreprise est ensuite rachetée par le groupe Altice en 2014 pour former le groupe Numericable-SFR, renommé SFR Group deux ans plus tard, la marque Numericable n'étant alors plus utilisée que pour son bouquet de chaînes de télévision.

En , Altice annonce son intention de regrouper la plupart de ses activités sous son seul nom : le , le réseau mobile SFR prend donc le nom « SFR Altice ». Cette décision est toutefois abandonnée en à la suite des mauvais résultats financiers du groupe.

À la suite de mauvais résultats commerciaux et d'opérations ou décisions stratégiques controversées, la maison mère Altice dirigée par Patrick Drahi accumule en 2024 plus de 60 milliards de dettes, une situation affectant considérablement la valeur du groupe et de ses filiales. Le , via un communiqué de presse, Bouygues Telecom, Orange et Free (groupe Iliad) annoncent une offre conjointe non engageante pour le rachat de la majeure partie des activités télécoms de SFR, qu'Altice refuse le lendemain. Le , une nouvelle offre de rachat conjointe est acceptée par Patrick Drahi, les parties entrent en négociations exclusives sur SFR et une partie du portefeuille d'Altice France.

Le 6 juin 2026, le consortium composé de ses trois concurrents historiques (Bouygues Telecom, Orange et Free) annonce via un communiqué de presse avoir finalisé et signé un protocole d'accord avec Altice France, maison mère de SFR. Ce rachat conjoint est estimé à une valeur totale de 20,35 Md€ répartis entre les 3 acheteurs (42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Free et 27 % pour Orange). Ce document signé entre le consortium et Altice a pour objectif final au deuxième semestre 2027 de démanteler SFR et d'en céder les actifs (clients, infrastructures, réseau de vente, salariés, fréquences) aux trois autres concurrents. Ainsi, Free reprend l'intégralité de la marque RED by SFR (6 millions de clients) ainsi qu'environ 2 millions de clients sous marque SFR ; Bouygues Telecom acquiert SFR Business, Prixtel et 5,9 millions de clients particuliers ; et Orange récupère 4,9 millions de clients, dont les MVNO Coriolis Telecom, Syma Mobile et Réglo Mobile.

Historique Origines dans le radiotéléphone (1987-1996) Sous l'impulsion du libéral Gérard Longuet, ministre chargé des Postes et Télécommunications (1986-1988), le monopole des PTT détenu par France Télécom est assoupli et une plus grande concurrence dans les télécommunications est introduite en France. L'autorisation est alors donnée à une entreprise privée de se lancer dans le radiotéléphone. La Compagnie générale des eaux remporte l'appel d'offres et est choisie comme nouvel opérateur en . Elle crée une filiale, la Société française du radiotéléphone, en , notamment sous la direction d'Alain Bravo. Après quinze mois, pendant lesquels la nouvelle société organise ses équipes et met en place ses équipements, le nouvel opérateur est lancé le .

La SFR propose à ses clients son service de radiotélécommunications analogique « SFR NMT » conforme à la norme suédoise NMT, en concurrence avec le service Radiocom 2000 de son concurrent France Télécom.

Les Parisiens sont les premiers à pouvoir s'abonner au nouveau système car le service n'ouvre dans le reste de la France qu'en 1991.

Le , sous la présidence de Philippe Glotin, SFR inaugure le deuxième réseau GSM de téléphonie mobile français dit 2G. Au moment du départ d'Alain Bravo, en 1995, SFR dispose d'une part de marché de 40 % dans le GSM et compte 370.000 abonnés.

Groupe SFR-Cegetel (1996-2005) vignette|droite|Logo du groupe SFR-Cegetel.

En 1996, la Compagnie générale des eaux réorganise, sous la direction de Philippe Germond, ses activités de télécommunications en créant avec un consortium d'autres actionnaires (Mannesmann, British Telecom, SBC) un nouveau groupe d'abord baptisé Cegetel (Compagnie générale de télécommunication, créée le ) puis SFR-Cegetel. Ce groupe devient l'opérateur privé de téléphonie fixe et mobile alternatif à France Télécom.

Parmi les tout premiers entrants dans le secteur concurrentiel de la téléphonie mobile avec la marque SFR et dans la téléphonie fixe dérégulée avec les marques Cegetel et le « 7 », l'opérateur est également fournisseur d'accès à Internet.

Philippe Germond succède à Philippe Glotin, mort brutalement fin 1995. Dès son arrivée, il met en poste des hommes de marketing, venant de Danone (dont Pierre Bardon) ou de Volkswagen, ce qui est alors inédit mais compréhensible à l'époque où le téléphone mobile est en train de devenir un produit de grande consommation : , explique-t-il lors d'un entretien donné au journal Les Échos en 2003. Il donne la priorité à la segmentation de l'offre, à la tarification et à l'investissement dans les agences. , raconte-t-il.

Sous sa direction, SFR devient l'entreprise la plus rentable du groupe Vivendi, passant de moins d'un million de clients en 1996 à plus de 15 millions en 2003, enregistrant près de 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Un temps actionnaire d'AOL France, l'entreprise achète en 2000 à Avenir Télécom son réseau de 160 magasins Phone Shop, lui permettant d'avoir au total 680 points de vente (dont 400 franchisés) pour rivaliser avec les 700 agences de France Télécom. Au cours de huit années d'exercice entre 1999 et 2007, le chiffre d'affaires des activités du groupe est multiplié par 30, par croissance interne. Avec son chiffre d'affaires et sa valeur financière, SFR-Cegetel figure parmi les 40 premiers groupes français.

En 2003, lors de la fusion de Cegetel avec Télécom Développement, opérateur télécom détenu par le groupe SNCF, le groupe SFR-Cegetel devient le principal opérateur privé de télécommunications fixe en France après France Télécom. Le , SFR-Cegetel est le premier opérateur français à commercialiser un abonnement compatible avec son nouveau réseau de téléphonie mobile UMTS dit 3G.

Groupe SFR (2005-2014) Le , le groupe SFR-Cegetel disparaît à la suite de l'achat par Neuf telecom de sa filiale Cegetel, devenue dès lors Neuf Cegetel. SFR conserve toutefois 28 % du capital de l'opérateur fixe. Une scission provisoire est réalisée entre SFR et les activités fixes, ou ex-Cegetel, devenues Neuf Cegetel. Le nouveau groupe SFR est dirigé par Frank EsserSite officiel de SFR - Gouvernance jusqu'au , date à laquelle Jean-Bernard Lévy, alors PDG de Vivendi, prend sa place. Il est remplacé en par Stéphane Roussel, ancien DRH de SFR.

Disposant de ses propres réseaux physiques GSM/GPRS et UMTS/HSDPA, l'opérateur commercialise pour les particuliers, les professionnels et les entreprises, différents services de téléphonie mobile, de données mobile et de services multimédias mobiles en 3G et 3G+ sur le marché français. SFR compte en 2006 environ trois millionsde clients sur son réseau 3G.

En 2006, SFR compte de clients et , est le deuxième opérateur privé de télécommunications mobiles en France après France Télécom, et revendique être le numéro un du marché en ventes nettes pour les nouveaux clients en 2003, 2004 et 2005.

En 2007, SFR lance sa première offre ADSL après avoir acheté les activités fixe de Tele2 en France pour 350 millions d'euros..

Au mois d', de SFR Service Client, principalement des téléconseillers de Lyon, Poitiers et Toulouse, sont transférés à des sous-traitants partenaires (Arvato et Teleperformance). après un conflit social d’une ampleur sans précédent dans l’entreprise..

Une délocalisation massive de la plateforme des appels entrants/sortants (centres d'appel « 1023 ») au Maghreb (Maroc et Tunisie) débute en 2008..

Le , SFR devient l'actionnaire majoritaire de Neuf Cegetel en reprenant les parts du groupe Louis-Dreyfus et ainsi, donnant naissance à une nouvelle entité, présente dans la téléphonie fixe, l'accès à Internet (ADSL-FTTH) et la téléphonie mobile (2G, 3G) plus apte à rivaliser avec le groupe Orange. Dans la foulée, SFR lance une OPA simplifiée sur les titres flottants en bourse de la société Neuf Cegetel en vue de contrôler 100 % de cette société. Cette opération d’une durée de , prend fin le et revient à près de d'euros à SFR.

En , SFR affirme avoir effectué les changements nécessaires au bon fonctionnement de l'entreprise après avoir absorbé Neuf Cegetel. SFR représente alors un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros et un groupe employant 10 000 personnes, suivi d'un plan de départs volontaires qui touche 450 personnes.

À partir du mois d', les sites Internet, options et prestations de la marque Neuf Cegetel sont regroupés sous la marque SFR et, par la même occasion, l’ancienne est rebaptisée NeufBox de SFR. L'habillage graphique et logo de SFR sont actualisés.

À partir du et pour concurrencer Free sur le marché des télécom français, SFR lance des forfaits d'entrée de gamme low cost intitulés « Les séries RED de SFR », la marque devenant ensuite RED by SFR.

La « NeufBox de SFR » est remplacée en par « La box de SFR ».

Le , Vivendi rachète pour huit milliards d'euros les 44 % de SFR possédés par Vodafone et contrôle désormais totalement l'entrepriseInterrogations sur la stratégie Vivendi après le rachat SFR, easybourse.com, consulté le 15 décembre 2012. Le , à la suite d'un accord entre Jean-René Fourtou et Vincent Bolloré qui conduit ce dernier au poste de vice-président du conseil de surveillance de Vivendi, la scission de l'entreprise est annoncée, dans le but d'une prochaine introduction en bourse de SFR, laquelle n'a toutefois pas lieu.

Filiale de Numericable-SFR (2014-2016) upright=1|vignette|Logo du groupe Numericable-SFR.

Rachat (2014-2015) Le , le conseil de surveillance du groupe Vivendi (contrôlé par le groupe Bolloré) entre en négociations exclusives avec Altice (Numericable), dirigé par Patrick Drahi, pour la vente de l'opérateur SFR. Altice propose 11,75 milliards d’euros pour le rachat et de confier 32 % du capital du nouvel ensemble à Vivendi. Le groupe Bouygues, dirigé par Martin Bouygues, est alors en concurrence avec Altice pour le rachat de l'entreprise : Altice dépasse l'offre de Bouygues, qui proposait 11,3 milliards d’euros et une participation de 43 % dans la nouvelle entité. Une semaine plus tard, Bouygues réévalue son offre à 13,15 milliards d'euros. Le , Vivendi annonce avoir choisi Altice pour la vente de SFR contre 13,36 milliards d'euros, tandis que Vivendi garde 20% des parts. L'opération porte la valorisation de SFR à 15,5 milliards d'euros.

Après l'accord de l'Autorité de la concurrence survenu fin , les deux sociétés (Numericable et SFR) fusionnent fin 2014. À ce moment-là, le groupe affiche une dette de 11,7 milliards d'euros. Le , Vivendi annonce vendre ses 20 % de parts restantes à Altice dans le cadre de la fusion entre SFR et Numericable.

Restructuration complexe Le rachat de SFR par Numericable ouvre une période compliquée pour le groupe : entre fin 2014 et fin 2015, il perd 1,6 million d'abonnés du fait des faiblesses de son réseau. Ainsi, concernant sa box ADSL, l'Arcep classe SFR bon dernier avec 16 Mbit/s contre 21 Mbit/s pour Bouygues. De même, pour la téléphonie mobile, l'Arcep dégrade la note de SFR qui passe de 93 à 78.