vignette|Le ciel et la mer dans diverses nuances de bleu. Le bleu est un champ chromatique, regroupant les teintes rappelant celles du ciel et de la mer par temps clair.
Colorimétrie et perception des couleurs
Champ chromatique bleu Le champ chromatique « bleu » comprend de nombreuses nuances soit saturées, comme le bleu outremer, soit pâles comme le bleu ciel ou foncées comme le bleu nuit. Il s'étend des bleu-verts ou turquoise aux bleus violacés.
Les longueurs d'onde dominantes des lumières bleues s'étendent de environ ; la norme AFNOR X08-010 « Classification méthodique générale des couleurs » (annulée le ) fixait ces limites de , et de en incluant les bleu-violet et les bleu-vert. Au contraire des rouges qui deviennent roses, les couleurs les plus lavées de blanc s'appellent toujours bleu, jusqu'à la limite avec les gris ; ; et annulée depuis.. +Champ des bleus selon AFNOR X08-010 « Classification méthodique générale des couleurs » 466 471 476 479 483 486 490 bleu-violet bleu bleu-vert La lumière monochromatique centrale du champ des bleus a une longueur d'onde de environ. La longueur d'onde dominante de la couleur complémentaire de ce bleu central dépend de l'illuminant (blanc de référence) choisi ; elle se situe dans les jaunes, entre .
Position dans les systèmes de couleurs alt=Nuancier bleu utilisé à la manufacture de la Savonnerie|vignette|Nuancier des bleus teints et utilisés pour la manufacture de tapis de la Savonnerie à Paris, 2018 Dans l'augmentation progressive du nombre de termes de couleur que notent Berlin et Kay dans les langues du monde, le bleu n'apparaît qu'en sixième, alors que les langues ont déjà séparé le noir, le blanc, le rouge, le vert et le jaune. Dans les langues européennes, cette distinction est apparue au Moyen Âge. Auparavant, les bleus se décrivent soit comme des nuances de blanc, soit comme des variétés de noirs ou de verts. La langue n'avait pas de nom de couleur qui couvre à la fois le bleu clair du ciel et le bleu sombre de minéraux comme le lapis-lazuli. Aristote place ces couleurs en deux endroits différents de son classement des couleurs, du noir au blanc.
Dans le schéma de la perception des couleurs de Hering, une bonne approximation du système visuel au-delà de la sensibilité des cônes dans la rétine, le bleu est une des quatre teintes élémentaires, l'opposition bleu-jaune venant, avec l'opposition rouge-vert, créer l'impression de couleur.
Dans les procédés de synthèse des couleurs, une des couleurs primaires est le plus souvent un bleu. En synthèse additive, on le choisit par un compromis entre la teinte, la saturation du bleu et la luminosité, selon les possibilités techniques d'en obtenir, soit par des luminophores, soit par un filtre optique à partir d'une lumière moins saturée. Ce bleu tire en général sur le violet . Dans la synthèse soustractive, le bleu primaire tire sur le vert , afin qu'un vert suffisamment saturé puisse s'obtenir par mélange avec du jaune.
Dans les arts visuels, les bleus se situent sur le cercle chromatique entre les verts et les rouges, à l'opposé des jaunes.
Le bleu primaire des écrans de télévision et d'ordinateur est un bleu-violet à la limite du violet, selon la classification des couleurs AFNOR X08-010. Sa longueur d'onde dominante est, avec l'illuminant D65, de , avec une pureté d'excitation de 93% pour les écrans conformes sRGB ou Adobe RGB.
Discrimination des nuances de bleu Pour les lumières monochromatiques, la discrimination du bleu est de l'ordre de sur la longueur d'onde, au minimum et au même niveau que pour les orangés ; elle croît rapidement, jusqu'à cinq fois cette valeur quand la longueur d'onde décroît (bleu-violet). Il semble que les cônes S de la rétine, sensibles au bleu, aient un seuil de discrimination à peu près cinq fois moindre que celle des deux autres types, M et L, sensibles au vert et au rouge ; mais cela ne veut pas dire que le nombre total des bleus soit moindre. La perception colorée implique toujours, à la fois, les trois types de cône et la partie nerveuse de l'appareil visuel. Comme le champ chromatique des bleus n'est pas entamé par d'autres classes de couleur, comme celui des rouges l'est par celui des roses, il se pourrait qu'on y distingue autant ou même plus de nuances.
Azurage
Le mot blanc suscite de nombreuses associations mentales. Du point de vue de la colorimétrie, il désigne une forte luminosité, dépourvue de sensation colorée. Mais on sait, avec certitude, qu'une surface légèrement bleutée est jugée plus blanche qu'une surface idéalement neutre, même plus claire.
Les lessives contiennent des grains bleus afin de donner plus de blancheur au linge (de plus, une légère coloration bleue compense le jaunissement des tissus blancs). Les cachets effervescents destinés à nettoyer les appareils dentaires sont aussi colorés en bleu, pour les mêmes raisons.
La pratique de l'azurage, pour obtenir une sensation de blancheur supérieure, en s'éloignant du blanc défini par l'analyse trichrome par l'ajout de bleu, témoigne d'une limite de cette description des couleurs.
Une couleur froide et fuyante Dans les arts graphiques, le bleu est la couleur la plus froide. Refroidir une couleur, c'est lui mélanger une autre de telle sorte qu'elle se rapproche du bleu sur le cercle chromatique. Dans les images thermographiques en fausse couleur, le bleu dénote invariablement le froid ; comme sur la robinetterie domestique, la pastille bleue indique l'eau froide.
Les couleurs froides - et particulièrement le bleu - sont des couleurs fuyantes. L'enseignement classique de la peinture professe que la perspective atmosphérique consiste à bleuir les lointains et que les ombres, dans les creux, sont plus bleues et plus sombres que le ton local. Les sujets d'une expérience de psychologie expérimentale interprètent un disque bleu placé sur un fond moins froid comme un trou dans le fond ; alors qu'ils interprètent une forme identique, mais rouge, comme une pastille posée sur le fond..
Colorants Des phénomènes de diffusion donnent une couleur bleue au ciel par temps clair. Cette lumière est diffuse et polarisée, et se combine à des diffractions, diffusions et réflexions pour donner le bleu de la mer.. Cependant, la couleur bleu marine n'a qu'un rapport indirect avec celle de la mer par beau temps : c'est celle des uniformes de la marineTrésor de la langue française..
Les ailes de certains papillons, des parties des plumes du paon ou du geai bleu. ont une couleur structurelle bleue sans l'intervention d'aucun pigment.
Verres et émaux La fabrication de verres et émaux bleus à partir de sels de fer, de sels de cuivre et de sels de cobalt remonte à l'Antiquité. Les pièces se sont conservées à travers les siècles. Des livres indiquent des procédés de fabrication. De nombreux minéraux contenant du cuivre donnent un bleu-vert, l'azurite et la lazulite, qui permettent d'obtenir des bleus plus profonds et le lapis-lazuli, une nuance, par comparaison, violacée. Le verre bleu, au cobalt, est attesté en Égypte ancienne au .. La fabrication des verres et émaux bleus subit de grandes variations, selon l'approvisionnement en matières premières et les procédés locaux de fabrication.. Les verres bleus fabriqués avant l'identification du cobalt comme un métal, étaient connus sous le nom de safre ou de smalt.
Teintures et pigments Difficiles à fabriquer et à maîtriser, certains pigments bleus furent longtemps rares ; le bleu outremer était la couleur la plus chère. vignette|Azurite : carbonate de cuivre hydraté, de formule chimique . Le premier pigment bleu est obtenu par les Égyptiens à partir de l’azurite, un carbonate de cuivre naturel. Au cours de la dynastie, les Égyptiens mettent au point un bleu à partir de verre coloré au cuivre et broyé finement , que les Romains adoptent sous le nom de bleu d’Alexandrie, qui devient plus tard le bleu égyptien, dont la recette se répand rapidement dans le monde antique mais se perd au cours du Moyen Âge. Depuis l’Antiquité, l’indigo foncé s'obtenait en broyant des feuilles de guède (Isatis tinctoria). La culture du pastel en Languedoc, à partir du , fit la richesse de la région : c’est le bleu de guède ou bleu de pastel, concurrencé au par l’arrivée de plantes tinctoriales en provenance des Amériques (indigo importé par les Portugais) et des Indes colonisées. Il fut surtout utilisé en teinture. Mélangé à l'huile, les pigments indigo obtenus par mordançage à l'alun virent au gris. Pendant le Moyen Âge, les meilleurs bleus disponibles pour les peintres sont le bleu d'outremer, extrait avec de grandes difficultés d'une pierre, le lapis-lazuli, importé des hautes montagnes d'Iran et d’Afghanistan, et le bleu d’azurite, moins précieux. Au (ré)apparaît le smalt, produit à partir de verre coloré au cobalt broyé , prisé des peintres flamands, malgré sa tendance à prendre dans l'huile une teinte sombre. Le bleu de Prusse, découvert par hasard en 1704 à Berlin par Heinrich Diesbach et Johann Conrad Dippel, est le premier pigment synthétique moderne, produit par réaction de la potasse sur du sulfate de fer. Dès 1710, Antoine Watteau l'utilise dans son tableau de la Mariée du village. Un siècle plus tard Louis-Jacques Thénard produit un autre pigment de synthèse, le bleu de cobalt, employé dès 1806 par Joseph Turner dans son paysage Goring Mill and Church. Ce pigment admiré de Vincent van Gogh reste un des plus chers de ceux mis à la disposition des artistes. En 1826, Jean-Baptiste Guimet effectue la synthèse du bleu d'outremer, si onéreux. Le bleu Guimet est chimiquement identique, pour une petite fraction du prix . George Rowney met au point le bleu céruléum, à base de cobalt comme celui de Thénard, en 1860. René Bohn produit la teinture de bleu d'indanthrène (« indigo d'anthracène ») à la BASF à partir de 1901. Amélioré progressivement, un pigment d'indanthrène est produit en 1928. En 1927 l’industrie des colorants produit le bleu phtalo, appelé à ses débuts bleu monastral, produit industriellement en Angleterre à partir de 1938.
Un laboratoire français cherche à produire des pigments bleus à partir de cultures de bactéries dans un fermenteur.. En 2009, une équipe de l'Université de l'Oregon a découvert fortuitement un pigment synthétique minéral bleu, basé sur un oxyde d'ytrium, d'indium et de manganèse, qu'il a appelé le bleu YInMn d'après les abréviations de ses composants, dont le prix élevé compromet le possible succès commercial.
vignette|upright=.75|Éclairage bleu de la grotte de la flûte de roseau à Guilin (Chine). La difficulté à produire du bleu s'est avérée encore récemment pour les diodes électroluminescentes. Les diodes lumineuses rouges et vertes, puis jaunes et orange ont été inventées et produites dans les années 1960 ; on n'est parvenu à produire des diodes bleues qu'après plus de 30 ans, à la fin des années 1990.
Échelle des bleus
La solidité à la lumière de huit teintures bleues sert de référence pour évaluer celle d'un nouveau colorant, par un processus simple. On expose le colorant à coter à la lumière en même temps qu'une échelle des bleus constituée avec ces huit bleus. La cote est le numéro de la plage qui perd sa couleur comme l'échantillon.
Colorants alimentaires Code Origine Nom chimique D.J.A. (mg/kg m.c) E 131 synthèse bleu patenté V 2,5 E 132 synthèse indigotine, carmin d'indigo 5,0 E 133 synthèse bleu brillant FCPC37H34N2Na2O9S3 ... E 163 Pigments naturels defleurs, de feuilles, de fruits. anthocyanesnuances derouge, bleu et violet -
Symbolique Les associations symboliques du bleu ont largement évolué en Europe au cours de l'histoire. Elles sont différentes, selon qu'il s'agisse d'un bleu pâle, couleur de ciel, ou d'un bleu soutenu, couleur sombre.
Au début du , l'artiste peintre Vassily Kandinsky affirmait que .
Antiquité