La Creuse (Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est un département français situé dans la région Nouvelle-Aquitaine et ayant appartenu, avant 2016, à la région Limousin avant la disparition de cette dernière.

Il succède à la province de la Marche dont il reprend une grande partie du territoire. La Creuse est située dans le nord-ouest du Massif central et tire son nom de la rivière Creuse qui la traverse.

C'est le second département français le moins peuplé avec en . Sa plus grande ville, Guéret ( en ), est également le siège de la préfecture. Le département ne compte qu'une seule sous-préfecture, Aubusson. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste attribuent le au département.

Dénomination Origine Le nom du département vient du nom de la Creuse, affluent de la Vienne qui y prend sa source puis traverse le département en direction du nord-ouest.

Langues régionales En limousin, dialecte de l'occitan traditionnellement parlé dans la moitié sud du département, le nom du département est « La Cruesa », « La Creusa » ou « La Crosa », prononcé , , ou .

En marchois, dialecte du Croissant (langue de transition) parlé dans la moitié nord à partir de Guéret, l'on dit et écrit « La Creuse » comme en français...

Histoire

vignette|gauche|Carte de la Creuse en 1790. vignette|gauche|Le champ de foire de Royère-de-Vassivière au début du .

Le département est créé par la Révolution française le , en application de la loi du , essentiellement à partir de l'ancienne province de la Marche.

Depuis le Moyen Âge, beaucoup d'hommes partent tous les ans dans les grandes villes sur les chantiers du bâtiment pour se faire embaucher comme maçons, charpentiers, couvreurs, etc. Les maçons de la Creuse deviennent bâtisseurs de cathédrales ou construisent en 1626 la digue de La Rochelle. Au , ils participent – notamment comme plâtriers, métier censé être parmi les plus pénibles – à la construction du Paris du baron Haussmann. Initialement temporaire de mars à novembre, l'émigration devient définitive – la Creuse perd la moitié de sa population entre 1850 et 1950. On retrouve dans le livre de Martin Nadaud « Mémoires de Léonard » la description de cet exode qui marque si fortement les modes de vie.

Du charbon est exploité par les houillères du bassin d'Ahun-Lavaveix du jusqu'en 1969 et à Bosmoreau-les-Mines de 1784 à 1958.

Durant la Première Guerre mondiale, la Creuse enregistre de lourdes pertes. Cette saignée s'accompagne d'un déficit des naissances. Le monument aux morts de la commune de Gentioux reste le témoin de cette hécatombe. En 1917, une mutinerie des soldats russes à La Courtine s'installe dans le camp militaire creusois.

De 1963 à 1980, réunionnais, déclarés « orphelins », sont déplacés par les autorités françaises pour repeupler les départements français victimes de l'exode rural comme la Creuse, le Tarn, le Gers. Beaucoup de parents indigents ou « mères seules » signaient des décharges pour permettre le « déplacement » (certains parlent de « déportation ») de leur enfant vers la Creuse. Ce déplacement d'enfants par des avions entiers est organisé sous l'autorité de Michel Debré, député de La Réunion à l'époque. Cet épisode de l'histoire française, très connu à La Réunion, qui a donné lieu à de nombreuses études écrites ou filmées, est communément appelé « l'affaire des enfants de la Creuse ou des « Réunionnais de la Creuse » ».

Le , la région Limousin, à laquelle appartenait le département, fusionne avec les régions Aquitaine et Poitou-Charentes pour devenir la nouvelle région administrative Nouvelle-Aquitaine.

Emblèmes Blason

Drapeau 150px

Politique

vignette|L'hôtel des Moneyroux à Guéret, siège du conseil départemental.

Conseil départemental de la Creuse Liste des députés de la Creuse Liste des sénateurs de la Creuse Liste des conseillers généraux de la Creuse Liste des conseillers départementaux de la Creuse Liste des préfets de la Creuse

Géographie

vignette|Carte détaillée du département de la Creuse avec ses réseaux routiers et hydrologiques principaux.

La Creuse fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine. Elle est limitrophe des départements de la Corrèze, de la Haute-Vienne, de l'Allier, du Puy-de-Dôme, du Cher et de l'Indre. Il s'agit du deuxième département le moins peuplé de France après la Lozère.

Le département est situé à l'extrémité nord-ouest du Massif central. Le plateau de Millevaches occupe le Sud-Est. Le département culmine à au Puy des Chaires dans la forêt de Châteauvert, à Saint-Oradoux-de-Chirouze.

La Creuse, rivière qui lui donne son nom, prend sa source à d'altitude sur le plateau de Millevaches, à la limite méridionale du département, qu'elle traverse dans une direction grossièrement sud-est/nord-ouest.

Tourbières vignette|Tourbière à Royère de Vassivière.

La Creuse présente de nombreuses tourbières sur son territoire comme la tourbière de la Mazure située entre les communes de Royère-de-Vassivière, Le Monteil-au-Vicomte et Saint-Pierre-Bellevue. Une tourbière est un écosystème très original, fragile, une zone humide caractérisée par l'accumulation progressive de la tourbe, un sol caractérisé par sa très forte teneur en matière organique majoritairement végétale, peu ou pas décomposée. Cette caractéristique fait des tourbières des puits de carbone.

La faune est très spécialisée : le lézard vivipare, le pipit farlouse, la vipère péliade (qui bénéficie d'un statut de protection partielle dans la liste de l'arrêté du ), le circaète Jean-le-Blanc (« Circaetus gallicus ») est un oiseau, rapace diurne de la famille des Accipitridés. Sa silhouette ressemble à celle d'une grosse buse. Ses ailes et sa queue sont larges et son ventre est clair tandis que sa poitrine et sa tête sont plus sombres. Il se nourrit presque exclusivement de serpents.

La flore comporte de nombreuses espèces rares dont toutes les espèces de Droséra.

Forêts La forêt limousine est nouvelle. En 1862, elle occupe une faible surface de hectares. Mais après les deux guerres mondiales, par plantations et boisement des terrains abandonnés, elle se développe pour atteindre en 2015Centre régional forestier. De fait, le développement de la forêt est proportionnel au déclin de la population.

Les grands espaces sont essentiellement occupés par les forêts de résineux (sapin de Douglas et épicéa) ainsi que de feuillus (chêne, hêtre, bouleau, châtaignierLes feuillardiers en Limousin).

Climat

Le climat de la Creuse présente les caractères généraux du climat du Massif Central. Il est humide, froid et très variable. Par suite de l'altitude élevée du département, la température est plus basse que ne l'indique la latitude. Les hivers sont généralement longs et plus ou moins rigoureux, surtout au sud du département où la neige est abondante et persiste souvent pendant plusieurs semaines de l'année. Le nord du département est, quant à lui, plus tempéré. Les étés sont courts.

Les vents dominants sont ceux du sud-ouest. Ils sont en général chargés de pluie. La hauteur moyenne des pluies est d'environ par an dans le sud du département, et au nord.

Les caractéristiques des régions principales sont donc : région nord : températures douces, pluviométrie plus faible ; région centre : températures très variables, pluviosité dépendant de l'altitude et de l'exposition ; région sud : zone plus continentale, grande pluviosité (plus d'un mètre) températures plus basses et enneigement plus long.

Économie

vignette|Race bovine limousine.

L'économie de la Creuse repose traditionnellement sur deux secteurs : l'agriculture (majoritairement l'élevage mais aussi la sylviculture) ; l'artisanat (comme la tapisserie d'Aubusson).

Depuis quelques années, le développement du tourisme vert rapproche celui-ci du niveau des départements limitrophes par la création de nombreuses structures d'accueil, chambres d'hôtes, gîtes ruraux. En particulier, le lac de Vassivière attire des estivants ; il est géré par la région Nouvelle-Aquitaine parce que son étendue est partagée avec le département de la Haute-Vienne.

Transports

La Creuse est relativement isolée du point de vue des transports. Les axes principaux sont la route nationale 145 ou « Route Centre-Europe Atlantique (RCEA) », qui traverse le département d'est en ouest en desservant notamment Guéret, et la ligne des Aubrais - Orléans à Montauban-Ville-Bourbon dite « POLT » pour Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, qui dessert la gare de La Souterraine.

Démographie

Les habitants de la Creuse sont les « Creusois ».

Évolutions démographiques

La Creuse est le second département le moins peuplé de France, après la Lozère. De plus, ce département, contrairement à certains de ses voisins (Allier, etc.), a un solde migratoire positif même si son taux de natalité n'est en rien comparable. En fait, la population baisse à cause du solde naturel très négatif (taux de mortalité élevé et taux de natalité très bas) qui donne à la Creuse une population âgée. Cette situation est accentuée par le fait que les jeunes s'en vont souvent poursuivre leurs études hors du département (parfois dès le lycée) dans les métropoles voisines (Limoges, Montluçon, Clermont-Ferrand, Châteauroux) et ne reviennent pas toujours.

Communes les plus peuplées

Culture vignette|Carte linguistique de la Creuse selon l'« Atlas sonore des langues régionales » (2022) : Bleu : marchois (Croissant) ; Jaune orangé : nord-occitan.. vignette|Église de Sous-Parsat. vignette|Le pont dit romain de Sénoueix. vignette|Procession à Crocq, dans les années 1960. vignette|« La petite Creuse » de Monet.

Langues régionales

La Creuse parle traditionnellement deux langues régionales : le limousin (occitan) et le marchois (Croissant)...

Le nord-occitan, sous sa forme limousine, est parlé dans une grande moitié sud du département avec pour ville principale Aubusson*Lavalade Yves, Dictionnaire occitan/français (Limousin – Marche – Périgord). Étymologies occitanes, 2e édition, Éditions Lucien Souny, La Geneytouse (Haute-Vienne), 2003. * Linguasphere Observatory, 5 = Indo-European phylosector, 2000, page 396, number language: 51-AAA-gj book online / livre en ligne. * Decomps Dominique, l'occitan redde e ben : lo lemosin (le limousin vite et bien), méthode d'initiation au limousin comprenant un manuel, accompagné d'un livret « Traduction des conversations et corrigés des exercices », Collection de l'Institut d'Études Occitanes, Éditions Omnivox, Paris, 1979. * Grenier Paul-Louis, Abrégé de grammaire limousine (Bas-Limousin, Haut-Limousin, Marchois), première édition dans les Mémoires de la Société des Sciences de la Creuse, vol. 30-2, éditions de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, Guéret, 1950, p. 325–352 ; deuxième édition chez les éditions Lecante, Guéret, 1950..

Plus au nord, le marchois est un dialecte du Croissant, aire linguistique de transition entre l'occitan et la langue d'oïl, zone où elles se rejoignent et se mélangent. Les villes de Guéret et de La Souterraine en font partie..

Un des plus vieux documents en langue vernaculaire est dans la Creuse la charte de Chénérailles. Les traces de l'ancien occitan sont fréquentes au Moyen Âge. Ces deux langues sont celles les plus parlées de la population creusoise jusqu'au début du , époque à partir de laquelle le français standard prend le dessus, notamment par l'interdiction formelle de parler la langue du pays à l'école. La langue est donc dès les années 1930 peu à peu reléguée aux zones les plus rurales, où elle est encore parlée quotidiennement aujourd'hui, surtout par les natifs creusois ayant plus de 50 ans.

On trouve également une signification d'oc dans de nombreux patronymes et dans la majorité des toponymes creusois. La langue a surtout laissé sa trace dans les tournures de phrases des Creusois, ainsi que dans leur accent.