L’île de Ré (en poitevin: ile de Rét) est une île française située dans le golfe de Gascogne, au large des côtes aunisiennes.
Faisant partie de l'archipel charentais, elle est la quatrième plus grande île de France métropolitaine, derrière la Corse, l'île d'Oléron et Belle-Île. Autrefois partie intégrante de la province d'Aunis, elle est maintenant rattachée au département de la Charente-Maritime et à la région Nouvelle-Aquitaine. Depuis le mois de mars 2015, elle forme un unique canton : le canton de l'Île de Ré.
Le centre historique de l'île est Saint-Martin-de-Ré, qui forme avec la commune voisine de La Flotte l'unité urbaine de La Flotte d'une population de en 2013. La commune la plus peuplée est cependant Sainte-Marie-de-Ré ().
L'île de Ré est séparée du continent par le pertuis Breton et se situe au nord des îles d'Aix, d'Oléron, de Madame et de Nôle, et des forts Boyard, d'Énet et de Louvois situé dans le pertuis d'Antioche au sud. Depuis le , elle est reliée au continent par le pont de l'île de Ré. Touristique, l'île est surnommée « Ré la blanche » en raison de la teinte caractéristique de ses maisons traditionnelles.
Géographie
L’Île de Ré est située sur la façade ouest de la France, au milieu du littoral atlantique, au large des côtes de la Charente-Maritime et au sud de la Vendée, face au port de La Rochelle, et à au plus près du continent.
Caractéristiques L’île de Ré, d'orientation générale N.O.-S.E, s'étire sur une longueur de et sa largeur varie de . Elle présente un développement total de côtes de presque , dont la moitié est constituée de plages, surtout la côte sud-ouest.
Sa superficie est d’environ , ce qui en fait la quatrième île de la France métropolitaine, loin derrière la Corse (), et proche de l'île d'Oléron () et de Belle-Ile (). L'île possède un isthme : le Martray. Très étroit, il ne mesure que de large et sépare le Fier d'Ars, une baie située au nord, du pertuis d'Antioche, au sud. Le relief de l'île est plat dans l'ensemble et le point culminant se trouve au Peu-des-AumontsGéoportail, carte IGN, 01°21'53"O, 46°10'35"N. Le mot peu, qui correspond au français puy, est issu comme lui du latin podium et signifie « la hauteur »., lieu-dit de la commune du Bois-Plage-en-Ré, à d'altitude.
À son extrémité orientale, sur la commune de Rivedoux-Plage, à la pointe de Sablanceaux, l’île est reliée au continent à La Repentie/La Pallice par le pont de l'île de Ré, long de trois kilomètres et inauguré le . La forme en cloche du pont dans sa partie centrale a été imposée par la Marine nationale – soit au-dessus de la mer – permettant ainsi le passage des navires de guerre. Le virage que prend le pont sur presque toute sa longueur permet de contourner une fosse particulièrement profonde présente sur le trajet axial La Pallice – Sablanceaux, selon l'ancien député de l'île, Alain de Lacoste-LareymondiePréface du Secret du Phare des Baleines..
Les côtes de l’île de Ré
La côte nord, d’est en ouest Grande baie, plage de sable, petites dunes (Rivedoux-Plage) Petites falaises (, La Flotte, Saint-Martin-de-Ré) Côte basse, galets (La Couarde nord) Baie bordée de marais (La Fosse de Loix) Petite plage puis galets et banches (Loix) Grande baie bordée de marais (le fier d'Ars) Plage de sable et grandes dunes (, Les Portes-en-Ré) Pointe rocheuse, plage de sable, grandes dunes () et pointe rocheuse (Saint-Clément-des-Baleines)
À marée basse, on découvre de nombreux parcs à huîtres. Le Fier d’Ars est une baie de 800 hectares située au nord-ouest de l’Île.
La côte sud, d’est en ouest Plage de sable, petites dunes, petites falaises (, Rivedoux-Plage) Plage de sable, petites falaises (, Sainte-Marie-de-Ré) Grande plage de sable, grandes dunes et banches (, Le Bois-Plage, La Couarde) Côte basse et plage de sable. (Le Martray, endroit le plus étroit de l’île de Ré, isthme de quelques dizaines de mètres, par grande marée). Côte basse et plage de sable (Ars-en-Ré sud ouest). Plage de sable et grandes dunes (, Saint-Clément-des-Baleines)
La côte sud se renforce d’une digue après La Couarde, jusqu’à Saint-Clément-des-Baleines, sauf aux endroits où de grandes dunes protègent les terres (pointe de Grignon, la Combe à l’Eau), les tempêtes d’ouest risquant d’envahir les terres et de couper l’île en deux (Le Martray).
À marée basse, il est possible de voir les vestiges d’écluses à poissons, dont certaines ont été restaurées à Sainte-Marie-de-Ré.
Environnement maritime Au nord, dans le pertuis Breton : Côtes de Vendée.
À l'est à La Rochelle : Port de La Pallice ; Port des Minimes.
Au sud-est et sud dans le pertuis d'Antioche : Île d'Aix ; Île Madame ; Fort Boyard ; Île d'Oléron.
À l'ouest : Golfe de Gascogne.
Communes L’Île de Ré est formée de dix communes, qui forment le Canton de l'Île de Ré. Ces dix communes sont, dans l'ordre alphabétique (la population en est indiquée entre parenthèses) : Ars-en-Ré () ; Le Bois-Plage-en-Ré () ; La Couarde-sur-Mer () ; La Flotte () ; Loix () ; Les Portes-en-Ré () ; Rivedoux-Plage () ; Saint-Clément-des-Baleines () ; Saint-Martin-de-Ré () ; Sainte-Marie-de-Ré ().
La commune la plus peuplée est Sainte-Marie-de-Ré. Saint-Martin-de-Ré, capitale historique de l'île, forme cependant avec la commune voisine de La Flotte une agglomération, l'unité urbaine de La Flotte, rassemblant en 2013INSEE, Chiffres-clés., ce qui en fait le principal foyer de peuplement urbain de l'île. La commune la moins peuplée est Les Portes-en-Ré.
De petits hameaux anciens, formant actuellement des villages, sont devenus des chefs-lieux de commune (Le Bois et Saint-Clément) ; tandis que d’autres hameaux, restés géographiquement isolés, sont rattachés administrativement à des communes, comme Le Martray à Ars-en-Ré, ou La Noue et Les Grenettes à Sainte-Marie-de-Ré.
Climat
Le climat de l'île de Ré est océanique. L’Île de Ré profite d’un climat assez doux grâce à sa situation géographique et au courant marin chaud du Gulf Stream. L’île est très ensoleillée, avec par an, elle se place après le Sud-est de la France et la Corse. Par contre, les pluies sont plutôt fréquentes en hiver et en automne. Ces caractéristiques sont dues au fait que le relief est quasiment inexistant. En été, la chaleur est atténuée par la proximité de la mer. En hiver, la température est assez douce et les chutes de neige peu fréquentes.
Cependant, il y eut quelques importants faits météorologiques qui ont jalonné l’histoire de Ré. En 1606, l’île fut prise par un hiver terrible, des chroniqueurs parlèrent du « passage de Loix et le fier d’Ars étaient tellement gelés que l’on passe librement sur la glace »Hervé Roques, Dictionnaire de l'île de Ré, Éditions Sud-Ouest. Des évènements similaires se produisirent en 1890 et en 1891.
Faune et flore C'est au nord de l'île qu'on trouve la Réserve naturelle nationale de Lilleau des Niges. Des dizaines de milliers d’oiseaux migrateurs y transitent chaque année (bernaches et canards en hiver, gorgebleues et sternes pierregarins au printemps) mais aussi tadornes, aigrettes…
À quelques kilomètres de là, les forêts domaniales de Trousse-Chemise, du Lizay, de la Combe-à-L'eau et du Bois bordées de plages bordées de dunes révèlent une flore typique des milieux dunaires (linaires, œillets des plages). Les pins maritimes et les chênes verts y abritent, en sous-bois, des plantes caractéristiques des maquis et des garrigues du Midi méditerranéen.
Situé un peu à l'écart dans l’île, à La Couarde, Loix et Ars-en-Ré, les marais salants rétais cachent aussi une flore spécifique des marais : salicorne, statice ou lavande de mer, moutarde noire (Brassica nigra).
En 1994, a été publié un inventaire complet des plantes vasculaires présentes dans l'île de Ré (voir bibliographie). En effet, l'île de Ré héberge quelques plantes rares dont le fameux Ciste hirsute (Cistus hirsutus = C. psilosepalus) dans le bois de Trousse Chemise.
Sismicité
L’île a connu des séismes au cours de son histoire, et des légendes attribuent la création de l’île à de terribles tremblements de terre (voir plus bas à Légendes). vignette|Plans de l'Ile de Ré dressés après la tempête du 9 décembre 1711 en vue de travaux à entreprendre sur les côtes .
Menaces climatiques et naturelles Du fait de sa faible altitude, l'île de Ré est située en première ligne face à l'élévation du niveau des mers consécutive au changement climatique global. Une élévation du niveau des mers de (soit 11 à 70 centimètres)Voir Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat., consécutive à la fonte des glaces peut faire redouter la disparition de l'île de Ré (qui est au maximum à 20 mètres au-dessus du niveau de la mer) à la fin du . Le soulèvement régional étant, en 2010, supérieur à l'élévation du niveau de la mer de /an (mesure du marégraphe de La Pallice)Défense des côtes – Études conseil général., ce risque semble exclu.
Des signes de recul des côtes sont visibles en plusieurs endroits de la périphérie de l'île : érosion des petites falaises littorales de la côte nord (plusieurs mètres par an au bois de Trousse-Chemise)Le Phare de Ré. ; réduction de la largeur des plages de la côte sud et attaque du cordon dunaire lors des grandes marées.
Fin 2019, à la suite d’une consultation publique, la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine décide d'interdire la pêche au chalut au niveau du plateau de Rochebonne, au large des côtes de l'île afin de protéger les bars et les dauphins... La zone d'environ est classée Natura 2000 en raison de sa fragilité..
Démographie
La présence humaine sur l’île remonterait à quelques milliers d’années, comme l'atteste un silex de l'époque protohistorique. Mais elle reste longtemps à l'écart de tout peuplement, même à l'époque gallo-romaine, où l'île de Ré, qui est alors un archipel composé de petites îles, est peu colonisée.
Au début du Moyen Âge, Ré demeure très peu habitée, mais la mise en valeur de ses terres et surtout l'exploitation des marais salants au cours de l'époque médiévale génèrent un peuplement de l’île qui s'effectue progressivement. Au milieu du Moyen Âge, des villages sont créés un peu partout, autour de leurs églises paroissiales, et toute une vie rurale est déjà bien organisée. L'île de Ré compte alors probablement entre .
Aux , alors en plein « âge d'or », l'île de Ré compte près de , un peu moins qu’actuellement.
Le pic est atteint en 1831 avec . Ce chiffre baisse régulièrement de la seconde moitié du (dès le Second Empire) jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Depuis 1946, la population de l'île de Ré n'a cessé de croître, s'accélérant nettement après la construction du pont en 1988, et 20 % des Rétais ont moins de vingt-cinq ans.
La densité de population est de en 2022, et l’accroissement de la population a été important entre 1990 et 1999 (+ 18 %) et reste relativement stable depuis 2006.
Hors-saison, l’île est peuplée d’environ , ce chiffre est multiplié par dix en pleine saison estivale.
Depuis la fermeture de la maternité de Saint-Martin-de-Ré, dans les années 1970, à de rares exceptions, il n'y a plus de naissances rétaises. En effet, les femmes enceintes sont dirigées vers les maternités de la Ville de La Rochelle.
Gentilé
Habitants de l’île de Ré : Rétais, parfois réthais et rhétas en patois local Rivedoux-Plage : Rivedousais La Flotte : Flottais Saint-Martin-de-Ré : Martinais Sainte-Marie-de-Ré/La Noue : Maritais/Nouais Le Bois-Plage : Boitais La Couarde-sur-Mer : Couardais Loix : Loidais Ars-en-Ré : Arsais, Casserons Les Portes-en-Ré : Portingalais Saint-Clément-des-Baleines : Villageois
Toponymie Attestations anciennes