Henri d'Orléans, né le au manoir d'Anjou à Woluwe-Saint-Pierre (Belgique) et mort le à Paris (), est le prétendant orléaniste au trône de France de 1999 à 2019.

Il est connu, à la suite de son père, sous le titre de courtoisie de comte de Paris, et il s'est donné celui de duc de France, qu'il a créé pour rappeler celui de duc des Francs des premiers Robertiens, et d'Hugues Capet lui-même.

Il fut considéré comme chef de la Maison de France sous le nom de « » par ses partisans orléanistes, en tant que chef de la maison capétienne d'Orléans et prétendant orléaniste au trône de France, du à sa mort, le , du fait de sa position d'aîné des descendants en primogéniture mâle de Philippe de France (frère de , duc d'Anjou puis d'Orléans).

Biographie Henri d'Orléans est l'aîné des fils d'Henri d'Orléans (1908-1999), qui portait lui aussi le titre de courtoisie de comte de Paris, et de son épouse Isabelle d'Orléans-Bragance. gauche|vignette|Baptême «béarnais» du prince Henri, le 5 juillet 1933 au manoir d'Anjou à Woluwe-Saint-Pierre . Il se marie le avec la duchesse Marie-Thérèse de Wurtemberg.

Études Il a grandi à l’étranger, la loi d’exil de 1886 abrogée en 1950 interdisant à l'époque l’entrée du territoire français aux chefs des familles ayant régné en France et à leurs fils aînés (il n'était concerné qu'à partir de 1940, en tant que fils aîné du chef de la maison d'Orléans).

Bien que la loi d’exil n’ait été abolie qu’en 1950, Henri d’Orléans fut autorisé à séjourner sur le territoire français pour faire ses études au lycée Montaigne à Bordeaux dès 1947, par dérogation du président Vincent Auriol.. En 1953, il s’installe à Paris et poursuit durant quatre ans ses études en sciences politiques à l'institut d'études politiques de Paris (section Service public, 1957)Sciences Po Alumni.

Carrière militaire

Quelques mois après son mariage, Henri d’Orléans est appelé pour son service militaire durant la guerre d'Algérie. Il est décoré pour faits d’armes à Aïn M'lila.

Puis il signe un contrat d'engagement volontaire pour faire carrière dans l'armée.

En 1959, il est chargé de mission au secrétariat général de la Défense nationale, par décision du général de Gaulle. En 1962, Henri d’Orléans est affecté au en Allemagne.

Il suit une formation d'officier de réserve aux écoles militaires de Saumur en 1963, à la suite de quoi il est affecté au étranger à Aubagne, de 1964 à 1966. Il sert de à au , à Mers El Kebir (Algérie), après quoi il est affecté à la C.A.R de Rueil Malmaison.

En 1974, Henri d’Orléans quitte l'armée.

Carrière civile Pour l'élection présidentielle de 2017, le comte de Paris appelle à voter pour le candidat Les Républicains, François Fillon..

Le Le CSA a reçu le signalement le . Voir : Le Parisien du ., le comte de Paris saisit le Conseil supérieur de l'audiovisuel pour « atteinte à la dignité humaine » et au nom « de tous les enfants handicapés » à propos de l'émission radio Les Grosses Têtes du au cours de laquelle des propos (proférés par Michèle Bernier et par Elie Semoun) qu'il considère comme « indignes » ont été tenus sur le handicap de son fils aîné, François, mort deux jours auparavant..

Mariages et descendance Premier mariage Le , en la chapelle Saint-Louis de Dreux, Henri d’Orléans épouse Marie-Thérèse de Wurtemberg (née en 1934). Selon lui, ce mariage aurait été « arrangé » dans un contexte de réconciliation franco-allemande, ce qu'infirmèrent toujours son défunt père et sa sœur Diane (épouse du « duc de Wurtemberg », frère de Marie-Thérèse).. Le couple a cinq enfants (trois fils et deux filles) :

Marie d'Orléans (née en 1959). Épouse en 1989 le prince Gundakar de Liechtenstein (né en 1949), d'où 5 enfants : Léopoldine, Maria-Immaculata, Johann-Wenzel, Marguerite et Gabriel ; François d'Orléans (1961-2017), titré par son père comte de Clermont en 1999, et dauphin de France en 2003 (François porte le prénom de son oncle paternel mort au combat lors de la guerre d’Algérie l’année précédant sa naissance), sans alliance ; Blanche d’Orléans (née à Ravensbourg le ), filleule de la princesse Élisabeth de Wurtemberg, sa tante maternelle. Elle est titrée par son père Mademoiselle de Valois le ., sans alliance ; Jean d'Orléans (né en 1965), titré par son grand-père duc de Vendôme en 1987, puis par son père régent du dauphin en 2003 et dauphin de France en 2017.. Relève le titre de comte de Paris après la mort de son père, le . Épouse civilement le , à Paris, Philomena de Tornos y Steinhart (née en 1977) et religieusement le , à Senlis, d'où 6 enfants : Gaston, Antoinette, Louise-Marguerite, Joseph, Jacinthe et Alphonse ; Eudes d'Orléans (né en 1968), titré par son grand-père duc d’Angoulême en 1987. Épouse en , à Dreux, Marie-Liesse de Rohan-Chabot (née en 1969), d'où 2 enfants : Thérèse et Pierre.

François et Blanche ont été victimes pendant la grossesse de leur mère de la toxoplasmose, dont ils ont gardé de graves séquelles.

Ce mariage a été déclaré nul par l'Église catholique le .. Sur le plan civil, le comte et la comtesse de Clermont se sont séparés de corps par jugement du du tribunal de grande instance de Paris. Le même tribunal prononce leur divorce le .

Deuxième mariage Henri d’Orléans se remarie civilement à Bordeaux le avec Micaela Cousino (1938-2022), alors âgée de 46 ans, divorcée de Jean-Robert Bœuf (1934-2014, dont un fils : Alexis Francis-Bœuf, né en 1964), fille de Luis Maximiliano CousiñoAncêtres de « Micaela Cousino » et d’Antonia Quiñones de León, marquise de San Carlos. Il la rencontre le , grâce à un ami commun, l’écrivain André Couteaux.

Le premier mariage du prétendant, reconnu nul par Rome, un mariage religieux a lieu le , en l’église Saint-Jean-Baptiste de l'Uhabia, à Arcangues (Pyrénées-Atlantiques), petite ville du Pays basque où Micaela Cousino a passé une partie de son enfance..

Franc-maçonnerie Dans les années 1980, Henri d'Orléans devient membre de la Grande Loge nationale française, avant d'assumer la charge de vénérable maître de la loge « Lys de France » , attachée à la province de Lutèce. Il quitte cette dernière en 2001, lorsqu'il devient le chef de la Maison d'Orléans.. Il est également un ancien grand officier de la Grande Loge de la marque de France..

Pour l'historien Roger Dachez, Henri d'Orléans est entré en maçonnerie pour deux raisons : et une seconde raison, plus politique : ..vignette|Le tombeau d'Henri d'Orléans, comte de Paris et duc de France, dans la chapelle royale de Dreux.

Mort, funérailles et succession vignette|Inscription sur le tombeau d'Henri d'Orléans. Le matin du , jour du de la mort du roi (dont son ancêtre Philippe Égalité avait voté la mort), Henri d'Orléans meurt dans son appartement situé rue de Miromesnil à Paris, à l'âge de 85 ans, alors qu'il s'apprêtait à se rendre à une messe en la mémoire du défunt roi en l'Église Saint-Germain-l'Auxerrois.. Son décès est annoncé par son fils, Jean d’Orléans, via un communiqué publié dans la matinée. Ce dernier lui succède instantanément comme prétendant orléaniste au trône de France, et à 53 ans, devient le nouveau comte de Paris... Les obsèques du défunt comte de Paris ont lieu à Dreux le . Diverses personnalités y assistent, en plus de sa famille, telles la reine émérite Sophie d'Espagne, l'ancienne impératrice d'Iran Farah Pahlavi, le grand-duc Georges Romanov, les princes Emmanuel-Philibert de Savoie, Leka Zogu et Charles de Bourbon des Deux-Siciles, les archiducs Charles et Georges de Habsbourg-Lorraine, le prince , le journaliste Stéphane Bern, ou encore le prince héritier du Maroc..

Henri d'Orléans, comte de Paris, est inhumé en la Chapelle royale de Dreux, aux côtés de sa mère, Isabelle d'Orléans-Bragance, dans la crypte circulaire.

Armes, blasons devises Henri d’Orléans fait usage des pleines armes de France (« d'azur à trois fleurs de lis d'or »), en tant que chef de la maison de France.

Titulature Les titres de comte de Paris et de duc de France, portés par l'aîné des Orléans, ainsi que les autres titres portés par des cadets de la maison d’Orléans (attribués par l'aîné des Orléans) n’ont pas d’existence juridique en France et sont considérés comme des titres de courtoisie.

- : Son Altesse Royale le prince Henri d’Orléans, fils de France ; - : Son Altesse Royale le dauphin de France ; - : Son Altesse Royale le dauphin de France, comte de Clermont ; Le , son père Henri d’Orléans lui attribue le titre de comte de Clermont en référence au dernier fils de saint Louis, Robert de France, ancêtre de la branche capétienne de la maison de Bourbon, dont est issue au celle d’Orléans. La titulature devenait effective à l'instant du mariage.. - : Son Altesse Royale le comte de Mortain ; Le , en raison de son divorce, son père lui retire le titre de comte de Clermont pour lui donner celui de comte de Mortain, dont Henri d’Orléans n'a jamais fait usage. - : Son Altesse Royale le dauphin de France, comte de Clermont ; Par la suite son père le titre de nouveau comte de Clermont par lettre du , rendue publique le . - : Monseigneur le comte de Paris, duc de France. Depuis la mort de son père, les royalistes orléanistes le considèrent comme le chef de la maison d’Orléans, du fait de sa position d’aîné des descendants en primogéniture mâle de Philippe de France (1640-1701) (fils de France, frère puîné de ). Il a alors pris le titre de courtoisie de comte de Paris (son père ayant émis le souhait que l'aîné des Orléans, comme chef de la maison de France, porte ce titre à l’avenir) auquel il a ajouté celui de duc de France.

Le tribunal administratif de Paris a jugé en qu'aucune autorité de la République française ne dispose du pouvoir d'attribuer, de reconnaître, confirmer ou vérifier le titre de prince attribué aux membres des familles ayant régné en France : Vérification des titres de noblesse - Titre de prince attribué par les anciennes lois constitutionnelles aux membres des familles régnantes - Compétence des autorités républicaines pour se prononcer sur la demande de vérification de ce titre - Absence - Titre de noblesse - Absence : « Les lois constitutionnelles de 1875 ayant rétabli la République, le titre de prince attribué aux membres des familles régnantes, éventuellement appelés à l’exercice de la fonction de chef de l’État, dans l’ordre de l’hérédité propre à chaque dynastie, n’a, dès lors, plus d’existence légale. Aucune autorité de la République ne dispose donc du pouvoir d’attribuer, reconnaître, confirmer ou vérifier le titre de prince attribué aux membres des familles ayant régné en France. Le titre de prince attribué par les anciennes lois constitutionnelles à tous les membres de la famille régnante, qui était une qualification politique, les faisant participer à l’exercice de la souveraineté, ne relève aucunement de la procédure de vérification des titres instituée par les dispositions de l’article 7 du décret du 8 janvier 1859, complétées par celles du décret du 10 janvier 1872. Cette qualification princière se distingue, ainsi, des titres de noblesse, personnels et héréditaires, attribués par des actes administratifs de l’autorité souveraine avant l’instauration de la République, qui peuvent être vérifiés par le garde des sceaux, ministre de la justice, et qui constituent une propriété familiale dont la transmission est régie par l’acte administratif les ayant conférés. » TA Paris, section, chambre, , Napoléon, 25 juin 2009. Rappr. CE, 6 décembre 2002, 185836, de Coux, Rec... Toutefois, sur la carte d'identité d'Henri d'Orléans est noté dans la case patronyme : Prince d'Orléans, Comte de Paris..

Henri d’Orléans a adopté le titre de duc de France, inédit à l’époque moderne, à la mort de son père en 1999.

Querelles dynastiques françaises