L'Université McGill (en anglais : , de son nom officiel historique l'Institution royale pour l'avancement des sciences), située à Montréal, est le plus ancien des établissements universitaires du Québec, car elle a été créée en 1821, soit plus de trente ans avant la première université francophone du Canada, l'Université Laval, fondée en 1852, à l'initiative de la direction du Séminaire de Québec, implantée dans la ville de Québec.
Cette université anglophone possède deux campus, séparés par une distance de 38 km. C'est dans ce contexte que des membres de la Société technique de l'Est, un groupe de professionnels et d'entrepreneurs, ont commencé à faire pression sur le gouvernement pour la création d'une école d'ingénieurs. Leur objectif était de combler le vide laissé par l'absence d'une telle institution, en formant des ingénieurs compétents capables de répondre aux besoins de l'industrie québécoise.
Le campus principal est situé dans le Ghetto McGill, un quartier situé à proximité du district financier, en plein centre-ville de Montréal, et le campus MacDonald est à Sainte-Anne-de-Bellevue, situé dans l'Ouest-de-l'Île.
McGill compte parmi ses anciens élèves 12 prix Nobel et 147 boursiers RhodesMcDevitt, Neale, Rhodes Scholarships for Faculty of Arts duo, McGill Reporter, 24 novembre 2020, consulté en ligne le 20 mars 2021., ainsi que trois astronautes, trois premiers ministres canadiens, treize juges de la Cour suprême du Canada, quatre dirigeants étrangers, 28 ambassadeurs étrangers, neuf lauréats des Oscars, onze lauréats des Grammy Awards, trois gagnants du prix Pulitzer et 28 médaillés olympiques.
Histoire gauche|vignette|Hockey sur glace à l’Université McGill en 1884. gauche|vignette|McGill Normal School en 1875 vignette|Statue de James McGill, l'hiver. vignette|Librairie Le James, McGill. L'université est fondée en 1821, après un don de terrain et de en argent par l'homme d'affaires montréalais (d'origine écossaise) James McGill (1744–1813), un riche marchand ayant fait fortune à la suite de la Conquête, dans le commerce de la fourrure au sein de la Compagnie du Nord-Ouest. À la donation charitable viennent s’ajouter des donations du gouvernement colonial à même les biens des Jésuites, confisqués par la Couronne et alors disputés par les Patriotes qui souhaitaient les employer pour le financement de l’ensemble de la population du Bas-Canada. Le « McGill College » dispense ses premiers cours en 1829 dans l'ancienne villa de campagne du marchand. Quatre ans plus tard, le nouvel établissement décerne un doctorat de médecine et de chirurgie à son premier diplômé, William Leslie Logie. En 1839, on agrandit en construisant la Faculté des arts grâce à des dons ; au cours des décennies suivantes, la philanthropie continue de jouer un rôle clé dans l'évolution de l'Université McGill. John William Dawson, recteur de 1855 à 1893, fait rayonner l'institution ; les grands bienfaiteurs de l'époque, dont Lord Strathcona, William Macdonald, William Molson et Peter Redpath, ouvrent leurs goussets et on porte le nombre de bâtiments à dix. En 1857, the McGill Normal School est créé après une entente avec le Gouvernement du Québec.. En 1885, le Conseil des gouverneurs adopte officiellement l'appellation Université McGill.
Lord Strathcona crée un fonds spécial destiné à l'éducation des femmes. Les premières étudiantes sont admises en 1884 et Carrie Derick, bachelière en Arts de 1890, devient la première femme professeure du Canada, enseignant la botanique à McGill. Au tournant du , des dons substantiels de William Macdonald permettent à McGill de se doter d'un second campus avec de grandes terres à cultiver dans l'Ouest-de-l'Île à Sainte-Anne-de-Bellevue où on enseigne l'agronomie. Ces dons permettent également de recruter des sommités comme Ernest Rutherford dont les recherches sur la nature de la radioactivité font connaître l'université internationalement. Rutherford obtient le prix Nobel de physique en 1908.
Dans le même temps l’Université McGill est alors un haut lieu de la loyauté impériale britannique ; ainsi, lors d’émeutes en mars 1900, ses étudiants dévastèrent les bureaux des journaux francophones et s'attaquèrent à l’antenne montréalaise de l’Université Laval (actuelle Université de Montréal), à qui il était reproché de ne pas soutenir la Grande-Bretagne dans la guerre des Boers. Dans les années 1930, l’Université McGill touchée par la vague d' et de racisme qui traverse l’Occident limita l’admission des étudiants juifs, faisant chuter leur proportion qui était de 24 % en 1930 à 10 % en 1937.
La réputation d'excellence de McGill croît avec le temps. Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux chercheurs britanniques ou d'autres nationalités s'y retrouvent et contribuent à l'effort de guerre. Après le conflit, McGill continue à attirer de plus en plus de professeurs et d'élèves. Le retour des soldats et le « baby-boom » auront pour effet de tripler l'effectif étudiant et, pour la première fois, McGill reçoit des subsides de l'État québécois sous le gouvernement de Maurice Duplessis. De nouveaux édifices modernes sont construits à côté des vieux immeubles de pierre.
Dans le contexte de la guerre froide, McGill collabora à un projet de recherche expérimental de la CIA, associée à l’État canadien, dénommé MK-Ultra. L’objectif visait à reconfigurer mentalement des individus dans la perspective de retourner des agents communistes contre leur pays. Pour ce faire, on administrait des chocs physiques et mentaux de nature à réinitialiser la personnalité et les croyances des sujets. Le programme fut dirigé par le psychiatre écossais Donald Ewen Cameron. Les expériences étaient menées sur des individus en situation de vulnérabilité (itinérance, prostitution, problèmes de santé mentale etc.). Les cobayes étaient pris en charge par l’Institut Allan Memorial appartenant à l’hôpital universitaire de McGill, le Royal Victoria.
Le projet, approuve par la CIA en 1953, consistait à administrer des psychotropes, dont du LSD et des barbituriques. Ils étaient ensuite soumis à des séances d’électrochocs au-delà de la fréquence maximale permise à l’époque, sur une période de plusieurs mois, et dont la puissance pouvait excéder jusqu’à 40 fois la norme. Ensuite, les patients étaient soumis à plusieurs mois de privation sensorielle. Une fois la personne réduite à un état de désorientation et de perte de contrôle de ses capacités physiques jusqu’à un stade infantile, elle était reconditionnée. Pour ce faire, le patient était exposé à l’écoute de messages qui se répétaient jusqu’à des centaines de milliers de fois.
Ces expériences se prolongèrent jusqu’au début des années 1970. Sur ordre de Richard Helms, directeur de la CIA, Sidney Gottlieb, directeur du projet MK-Ultra, détruisit une partie des archives en 1973. L’affaire fut rendue publique à la suite d’une enquête parlementaire américaine, consécutive au Watergate. , McGill ne s’est jamais excusé pour les actions du docteur Cameron dans ses murs et n’a jamais répondu de son rôle dans l’affaire.vignette|Vue du campus à partir du mont Royal.
Les années 1970 marquent le mouvement McGill français. Dans la période qui suivait le baby-boom, les étudiants qui finissaient le cégep, qui craignaient que l’Université de Montréal n’ait pas suffisamment de place pour accueillir cette masse d’étudiants, réclamaient de franciser l’université McGill. Alors que celle-ci était financée largement par le gouvernement du Québec, 7% de son effectif étudiant était francophone (dans une province où 82% des citoyens le sont). Le fait que 3 professeurs de littérature française sur 40 étaient francophones attestait également de ce phénomène.
Les examens et travaux peuvent désormais être rédigés par les étudiants au choix en anglais ou en français - hors départements de langues étrangères - les cours, eux, continuant majoritairement à être dispensés en anglais. Certains cours sont cependant donnés en français, par exemple, ceux du Département de langue et littérature françaises. D'autre part, les étudiants en droit doivent comprendre le français, car les cours portent autant sur la common law britannique que le droit civil d'origine française. Quant au corps enseignant, il peut se servir de l'anglais ou du français selon leur choix. Ces mesures ont eu pour effet d'augmenter le nombre des francophones qui forment maintenant près d'un cinquième de la population étudiante.
Aujourd'hui, McGill accueille la population étudiante la plus diversifiée de toutes les universités canadiennes à forte intensité de recherche, ses étudiants étant originaires de quelque 150 pays. En , Suzanne Fortier est devenue la principale de l'Université McGill et la première francophone à occuper ce poste.
Composantes vignette|Carte de l'Université McGill McGill offre des programmes de baccalauréat, maîtrise et doctorat dans les facultés suivantes : Sciences de l'agriculture et de l'environnement, (Sciences sociales et humaines), Droit, , , , Kinésithérapie, Ergothérapie, Médecine, , Musique, , , Bibliothèque de l'Université McGill.
On y retrouve également : Centre d'éducation permanente de l'Université McGill Bureau des études supérieures et postdoctorales de l'Université McGill Centre universitaire de santé McGill, centre hospitalier universitaire associé à l'Université
Enseignement et recherche Relations internationales McGill, avec l'Université de la Colombie-Britannique, est l'une des deux universités canadiennes à être membres du Universitas 21, un réseau d'universités axées sur la recherche.
Pour les diplômés en ingénierie, McGill est reconnu en France sous le nom UMG Québec par IESF (Ingénieurs et Scientifiques de France) dans le cadre de l'ARM France-Québec pour les ingénieurs. IESF gère le Répertoire des Ingénieurs et des Scientifiques de la part du gouvernement français, qui partage des similarités avec le Bottin de l'OIQ au Québec.
Classement En 2020, pour la consécutive, le magazine Maclean's classe McGill au premier rang des universités canadiennes comptant une faculté de médecine et offrant une vaste gamme de programmes de doctorat. En 2022, l'Université McGill est à la du classement QS World University Ranking des meilleures universités du monde. En 2020, le Times Higher Education World University Rankings la fait figurer à la de son classement des meilleurs établissements.
Campus et édifices vignette|droite|Musée Redpath vignette|droite|Le département de science politique à McGill se trouve dans l'édifice Leacock.
Le campus de l'arrondissement de Ville-Marie a son entrée principale, le portail Roddick, sur l'avenue McGill College (stations de métro McGill ou Peel). Il y a deux autres points d'accès pour les voitures, un sur la rue McTavish et l'autre, le portail Milton à l'intersection de la rue Université et de la rue Milton.
L'autre campus principal est le campus MacDonald à Sainte-Anne-de-Bellevue.
L'Université McGill dispose d'infrastructure sur l'île de la Barbade ; le Bellairs Research InstituteBellairs Research Institute fondé en 1954 et se situant à Saint James.
L'Université McGil dispose d'un pavillon de musique, le pavillon Strathcona. Construit en 1896, cet imposant édifice de calcaire gris – nommé à l’origine le Collège Royal Victoria pour filles par Lord Strathcona – avait été rénové pour la dernière fois en 1971, quand il a été donné à l’Université McGill. En 2022, le pavillon de musique Strathcona a fait l'objet d'importants travaux de renforcement structural. Les interventions ont inclus l'excavation complète du périmètre du bâtiment, le renforcement des fondations et l'installation d'ancrages pour stabiliser les murs à leur base. Un système de renforcement innovant, la matrice cimentaire renforcée de fibres (FRCM) de MAPEI, a été appliqué sur l'enveloppe du bâtiment et la structure du toit pour consolider l'ensemble.