Plougonver est une commune française du département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.
Géographie
Situation vignette|left|Carte de Plougonver et des communes avoisinantes.
Relief et hydrographie vignette|left|Carte des routes et du réseau hydrographique. Le finage communal présente un dénivelé de 178 mètres entre le point le plus haut (Menez Kerespers) situé à 320 mètres d'altitude, qui fait partie du prolongement oriental des Monts d'Arrée qui s'étire d'ouest en est non loin de la limite sud du territoire communal depuis Menez Houarnay (293 mètres) dans son angle sud-ouest et atteint environ 250 mètres dans sa paertie sud-est d'une part, et 142 mètres dans l'angle nord-ouest de la commune, à la limite de la forêt da Coat-an-Noz, là où le Léguer quitte la commune. L'intérieur de la commune a un relief trus bosselé où alternent des collines (283 mètres à l'ouest du hameau de Run an Quérou, au nord du bourg par exemple ou encore 276 mètres à l'est du hameau de Lan Meur, à l'est du bourg (celui-ci est vers 230 mètres d'altitude) et les points les plus bas situés dans les fonds de vallée et principalement dans celle, encaissée souvent d'une bonne cinquantaine de mètres par rapport aux zones avoisinantes, du Léguer.
Le réseau hydrograhique est constitué du fleuve côtier Léguer, qui coule du sud au nord en longeant la limite est et nord-est de la commune, la séparant de Pont-Melvez, Gurunhuel et Louargat avant de poursuivre son cours plus en aval en séparant les communes de Belle-Isle-en-Terre et Louargat, servant aussi de séparation entre les forêts de Coat-an-Noz et Coat-en-Hay. Plusieurs affluents de rive gauche du Léguer concernent Plougonver : à sa limite sud, le Dour Traou Breuder sépare Plougonver de Bulat-Pestivien et un autre ruisseau d'importance modeste conflue avec le Léguer juste à l'endroit où celui-ci quitte le territoire communal. La moitié ouest du finage communal est traversée par des affluents et sous-affluents du Guic : le Ruisseau de Prat Guermeur et le Ruisseau de Goaz Col sont tributaires du Ruisseau de Lan Scalon, affluent du Guic, lui-même affluent du Léguer.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Léguer, le Goaz Col., le Dour Traou Breuder., le Lan Scalon. et le ruisseau de Prat guermeur...
Le Léguer, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Bourbriac et se jette dans la baie de Lannion en limite de Lannion et de Trédrez-Locquémeau, après avoir traversé ..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlougonverLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Paysages et habitat vignette|Le centre du bourg de Plougonver. La commune de Plougonver présente un paysage traditionnel de bocage avec un habitat dispersé constitué de hameaux (appelés localement "villages") et de fermes isolées. À l'écart des grands axes de transports etéloignée des grandes villes, Plougonver a conservé pour l'essentiel son caractère rural.
Transports Plougonver est desservi uniquement par des routes secondaires, les deux principales étant la D 33, axe sud-nord venant de Callac et se dirigeant côté nord vers Belle-Isle-en-Terre d'une part, et la D 54, axe nord-est sud-ouest venant de Gurunhuel et se dirigeant vers La Chapelle-Neuve, ces deux routes se croisant dans le bourg de Plougonver. Mais l'axe routier le plus important est la D 787 (ancienne Route nationale 787), axe allant de Guingamp à Carhaix, proche de la limite sud-est de la commune, mais extérieur à celle-ci. vignette|La gare de Plougonver. La ligne ferroviaire Guingamp-Carhaix passe à la limite sud-est de la commune et Plougonver dispose d'une gare proche de la limite sud de la commune et éloignée du bourg.
Urbanisme Typologie Au , Plougonver est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (89,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (52,1 %), prairies (20,7 %), terres arables (16,8 %), forêts (9,7 %), zones urbanisées (0,7 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes ecclesia de Ploegom vers 1330, Ploegonv à la fin du , Ploegonmeur en 1427, Ploegommer en 1455, Ploegomeur en 1585, Plouegonveur au ..
Plougonver vient du breton plou (paroisse) et Saint-Konveur ou Conmor ou Envel, « paroisse de Conveur ».. Héraldique
Histoire Moyen-Âge Plougonver est une ancienne paroisse de l'Armorique primitive qui incluait Loc-Envel, La Chapelle-Neuve et peut-être une partie de Belle-Isle-en-Terre..
La famille de Kerméno, seigneur du dit-lieu, paroisse de Plougonver, est représentée aux réformations et montres entre 1427 et 1543..
Temps modernes vignette|Carte de Cassini de la partie nord de la paroisse de Plougonver (1790). vignette|Carte de Cassini de la partie sud de la paroisse de Plougonver, incluant La Chapelle-Neuve (1787). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plougonver en 1778 :
Révolution française Le général de la paroisse, formé de 12 paroissiens, se réunit le dans la sacristie de l'église paroissiale : ils élisent François Yves Grimault (syndic), Yves Lebon et Yves Quérou pour les représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée et approuve un cahier de doléances fortement inspiré de celui rédigé par 10 paroisses de la ville de Rennes, avec en plus quelques demandes particulières comme la suppression du droit de moulin (concerne surtout le moulin de Bourgerel), de l'usement de Tréguier (notamment du domaine congéable et des corvées)..
Le 7 floréal an II (), Joseph Le BéchecJoseph Le Échec, né le à Saint-Péver., curé de Plougonver, contraint probablement, écrit renoncer à la prêtrise ; il était devenu agent national provisoire de la commune. Quelques chouans, connus sous le nom de la bande Taupin, assassinèrent le l'ex-prêtre, ainsi que, plus tard, un acquéreur enrichi de biens nationaux, connu sous le surnom de Flouriot VrasProbablement Mathurin Flouriot, né le à Lohuec, marchand et agriculteur, décédé le 25 fructidor an VIII (., qui habitait dans la plus belle maison du bourg de Plougonver..
Le
Plougonver vers le milieu du A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plougonver en 1853 :
Joachim Gaultier du Mottay indique en 1862 que Plougonver possède une école de garçons ayant 78 élèves et une école de filles en ayant 40 ; il écrit : « Le territoire de cette commune est très accidenté et pour ainsi dire montagneux ; il est peu boisé. Les terres sont légères, et les prairies auraient besoin d'être améliorées. Quant aux landes nombreuses dont la commune est couverte,leur situation élevée et la qualité rocailleuse du sol ne permettent pas de la déficher fructueusement. Il y a en Plougonver 20 moulins mus par divers ruisseau et par le Guer (...). On y trouve aussi trois étangs, dont le plus important, celui de Kernevez, est le rendez-vous de nombreux oiseaux de passage dans les hivers rigoureux ; cette commune est, par aileurs, très giboyeuse. L'église, placée sous le patronage de saint Pierre, depuis peu d'années seulement, ne présente de remarquable que sa flèche assez élégante ; on lit sur un de ses piliers le millésime de 1666. Chapelles de Saint-Tugdual et La Chapelle-Neuve. Cette dernière mérite l'attention : elle date des et fut, dit-on, l'église paroissiale, qui portait autrefois le nom de Chapel-Nevez. Elle a été de nouveau érigée en succursale en 1860. Ruines des châteaux de Cludon et de Kermeno. (...) »..
L'abbé Isaac, vicaire à Plougonver, fut condamné en à 18 mois de prison pour outrages publics à la pudeur, notamment pour avoir abusé de plusieurs fillettes ; l'affaire fut évoque par toute la presse nationale de l'époque..
La scission avec La Chapelle-Neuve
La loi du ampute la commune de Plougonver du territoire qui constitue la nouvelle commune de La Chapelle-Neuve, qui était déjà devenue une paroisse indépendante le . La commune de Plougonver avait, avant la scission, une superficie d'environ hectares et une population de habitants, disséminés en de nombreux hameaux dont certains, situés dans la partie ouest de la commune, sont à 8, 10 et même 14 km du chef-lieu ; les habitants de cette partie de la commune ont demandé qu'une municipalité distincte soit créée à La Chapelle-Neuve, principale agglomération de la nouvelle commune, qui a déjà le statut de paroisse succursale et possède une église, un presbytère, un cimetière et une école des filles..
La commune de Plougonver ne fit aucune opposition à cette scission, en reconnaissant le bien-fondé, contestant seulement la présence dans la future commune de La Chapelle-Neuve de quelques hameaux (Trédron, Kervriou, Menez-Houarnay) que Plougonver aurait souhaité conserver..
Le
La Belle Époque vignette|Le bourg de Plougonver au début du . vignette|La création d'une seconde foire à la gare de Plougonver en 1911 (article du journal L'Ouest-Éclair du ).