vignette|redresse=1.3|Schéma d'un calorimètre utilisé à l'institut de la nouvelle énergie à base d'hydrogène au Japon.

« Fusion froide » est une expression médiatique qui désigne des réactions supposées nucléaires à température et pression ambiantes.

La plus connue est celle qui semble être une fusion nucléaire réalisée selon des techniques dérivées d'une expérience réalisée par Martin Fleischmann et Stanley Pons en . Cette expérience se caractérisait par un dégagement de chaleur non explicable par la quantité d'énergie électrique reçue (faisant fondre l'électrode). Mais les conditions expérimentales ne permettaient pas d'exclure une origine extérieure non maîtrisée à cette énergie qui semblait excédentaire.

Le terme de « fusion froide » apparaît en 1956 dans un article du New York Times décrivant le travail de Luis W. Alvarez sur la catalyse par muon Ludwik Kowalski, Jones's manuscript on History of Cold Fusion at BYU, université d'État de Montclair, New Jersey, 2004.. E. Paul Palmer de l'université Brigham Young a aussi utilisé le terme en 1986 dans son investigation sur la « géo-fusion », la possible existence de la fusion dans le cœur des planètes.. Les phénomènes de ce domaine de recherche sont aussi appelés (LENR, pour « réactions nucléaires à basse énergie »), CANR, LANR, CMNS, BL, Sonofusion, Bubble fusion, CNT ou « transmutations biologiques ».

L'expression « fusion froide » n'est pas admise par la majorité de la communauté scientifique, parce que l'expérience de Pons et Fleischman est difficilement reproductible et a déclenché une polémique mondiale sur la vérification effectuée par les comités de lecture. Le principe même de la fusion froide reste controversé, certains n'hésitant pas à assimiler ces expériences à celles de l'alchimie et des tentatives de transmutation du plomb en or ; les processus physiques reconnus permettant d'aboutir de façon avérée à des réactions de fusion nucléaire, utilisables pour la production d'énergie, nécessitant en effet des pressions et des températures extrêmement élevées.

Toutefois, des processus de réaction nucléaire à faible énergie peuvent faire l'objet de recherches scientifiques.., financés par des institutions publiques, universités et groupes industriels.. L' (ISCMNS). est l'organisation de référence dans ce domaine. Elle organise des conférences périodiques, telles que les (ICCF)., rencontres annuelles controversées, spécialement . et les . (« ateliers sur les anomalies au sein de métaux chargés en hydrogène »).

Domaine de la fusion froide Pour les chercheurs en fusion nucléaire standard, le mot « fusion » désigne la formation d'un noyau atomique à partir de deux autres projetés violemment l'un contre l'autre à une vitesse très élevée (qui peut être issue par exemple d'une température très élevée, de l'ordre de plusieurs millions de degrés). Une autre méthode connue concerne la fusion nucléaire par catalyse muonique.

L'expression « fusion froide » est plus généralement utilisée par la presse et le grand public pour parler d'expériences provoquant un dégagement inexpliqué de chaleur, qui serait provoqué par une réaction nucléaire encore inconnue, à température ambiante et sans radiations ionisantes. Les chercheurs de ce domaine utilisent diverses expressions pour caractériser des sous-domaines , site LENR-CANR. , Site internet CMNS. : LENR : (en anglais : ) réactions nucléaires à faible énergie, quelquefois appelées fusion froide. CANR : (en anglais : ) réactions nucléaires chimiquement assistées. LANR : (en anglais : ) réactions nucléaires assistées par un réseau cristallin. CMNS : (en anglais : ) science nucléaire dans la matière condensée, par opposition avec les réactions nucléaires étudiées dans le vide des accélérateurs de particules. BL, Sonofusion, : (en anglais : ) fusion par onde de choc ultra-sonique, ou cavitation. CNT : (en anglais : ) transmutation nucléaire à froid .. Transmutations biologiques : réactions nucléaires provoquées et contrôlées par les organismes biologiquesCorentin Louis Kervran, Transmutations à Faible Énergie, Librairie Maloine S.A., Paris, 1964..

Ces divers concepts sont étudiés dans un rapport titré La fusion froide n'est ni l'une ni l'autre..

Conférences internationales Depuis 1989, des conférences internationales se sont réunies sur le sujet, ainsi que des réunions moins solennelles soit sur la fusion froide proprement dite, soit sur le thème plus général des nouvelles énergies, ignorées par la presse scientifique.

L'Académie des sciences de la fédération de Russie organise tous les ans les conférences RCCNT The Russian Conference on Cold Nuclear Transmutation and Ball-Lightning (RCCNT&BL-16), Dagomys, Sotchi, Russie, juin 2009. ().

Année Conférence Lieu Participants Pays Rapports 1990 ICCF 1 Salt Lake City, Utah USA 296 35 1991 ICCF 2 Côme, Italie 57 1992 ICCF 3 Nagoya, Japon 324 18 102 1993 ICCF 4 Lahaina, Maui, Hawaï, USA 12 65 1995 ICCF 5 Monte-Carlo, Monaco 207 15 76 1996 ICCF 6 Sapporo, Japon 175 17 110 1998 ICCF 7 Vancouver, Canada 218 21 76 2000 ICCF 8 Lerici, Italie 145 18 68 2002 ICCF 9 Pékin, Chine 113 17 87 2003 ICCF 10 Cambridge, Massachusetts, USA 135 93 2004 ICCF 11 Marseille, France 173 20 74 2005 ICCF 12 Yokohama, Japon 63 2007 ICCF 13 Sotchi, Moscou, Russie 75 93 2008 ICCF 14 Volume 1 International Conference on Cold Fusion (ICCF-14), volume 1, 10 août 2008, Washington. Volume 2 International Conference on Cold Fusion (ICCF-14), volume 2, 10 août 2008, Washington. Washington, É.-U. 180 15 97 2009 ICCF 15 15 th International Conference on Condensed Matter Nuclear Science, ABSTRACTS, Roma, Italy, October 5, 2009. Rome, Italie 150 14 70 2011 ICCF 16 TOPIC WISE INDEX and PRESENTING AUTHORS INTERNATIONAL CONFERENCE ON CONDENSED MATTER NUCLEAR SCIENCE CHENNAI, INDIA. February 6, 2011. Madras, Inde 85 52 JCMNS Volume 8, May 2012 Mahadeva Srinivasan, Chairman, Organizing Committee for ICCF 16, May 2012 2012 ICCF 17 ICCF-17 Program International Conference On Cold Fusion, Daejeong, Corée. 12 au 17 août 2012. Daejeon, Corée 2013 ICCF 18 ICCF 18 Program Overview International Conference On Cold Fusion, Missouri, Corée. 21 au 27 juillet 2013. Columbia, Missouri 95 462015ICCF 19.Padoue, Italie 2016 ICCF 20 ICCF 20 Sendai, Japon 145. 19 2017 IWAHLM 2017 Costigliole d’Asti, Italie 2018ICCF 21.Fort Collins, Co, U.S.A.2019ICCF 22Assise, Italie2021ICCF 23Xiamen, Chine2022ICCF 24Mountain View, USA2023 ICCF 25Szczecin, Poland2025 ICCF 26Morioka, Japan2026ICCF 27Niagara Falls

Des équipes américaines, italiennes et japonaises continuent à travailler depuis plus de vingt ans sur le sujet et elles estiment avoir obtenu des résultats confirmant qu'un tel phénomène existe (on ne le nomme toutefois plus « fusion froide », mais Réactions Nucléaires dans la Matière Condensée ou réactions nucléaires à basse température ou réactions nucléaires chimiquement assistées). Ces équipes revendiquent la réalité du dégagement de chaleur (supérieur de 25 à 70 % à l'énergie fournie). Certaines affirment avoir mis en évidence la production d'hélium. Certains physiciens, comme Peter L. Hagelstein du MIT (Cambridge, États-Unis) ou Widom et Larsen, en ont proposé une théorie.

En 2012, l'Agence internationale de l'énergie renouvelable a intégré à des groupes de travail les LENR Progress in the Condensed Matter Nuclear Science, Francesco Celani et les CMNS à la recherche de solutions Working Groups on solutions : Novel Energy Systems, LENR, Vacuum Solutions, Francesco Celani pour des énergies renouvelables World Sustainable Energy Conference, International Sustainable Energy Organisation, ONU, 12 janvier 2012 .

En 2017, la conférence internationale IWAHLM a été organisée et sponsorisée par Airbus, HERA et autres..

Origines Le terme de « fusion froide » est devenu commun par la controverse entourant l'expérience de Fleischmann et Pons en . Plusieurs équipes de recherche ont alors tenté de reproduire leurs résultats, sans y parvenir. Un comité organisé par le département de l'Énergie des États-Unis a alors conclu qu'il n'y avait pas de preuves convaincantes qu'une source d'énergie utile pourrait résulter de ces recherches. Cinq ans plus tard, la plupart des gouvernements et des chercheurs déclaraient ne plus poursuivre de recherches sur le phénomène.

Indépendamment, en 1989, en observant des échantillons de matière organique, des gangliosides placés dans une atmosphère d'hydrogène sur un support de nickel, le professeur italien Francisco Piantelli a remarqué une production de chaleur anormale Foresta Martin Franco, La fusione fredda alla senese accende di nuovo la speranza, Corriere della Sera, 19 février 1994.. Avec Sergio Focardi et Roberto Habel, il a alors étudié ce phénomène et ils affirment être arrivés à une expérience parfaitement vérifiable, dont le développement a conduit en 2011 à la réalisation du catalyseur d'énergie de Rossi et Focardi. Ils ont toujours estimé que ce phénomène était différent de celui de Fleischmann et Pons et le désignaient plutôt comme une « réaction nucléaire à basse énergie » (LENR).

Quelques chercheurs ont cependant continué les recherches et organisé des conférences internationales sur la fusion froide. Leurs travaux, publiés dans des revues scientifiques réputées, confirmaient un dégagement d'énergie non expliqué, ou parfois des effets nucléaires. La précision des calorimètres a progressé, conclut en 2004 un second comité du département de l'Énergie des États-Unis, et les indices de génération anormale d'énergie semblent moins contestables qu'en 1989. Cependant, selon son rapport, de nombreuses expériences sont mal documentées, l'amplitude du phénomène n'a pas augmenté, il est difficile à reproduire, et une origine nucléaire reste généralement exclue. Le comité s'est donc opposé au financement d'un programme de recherche majeur, et a identifié différents domaines de recherche susceptibles de résoudre la controverse scientifique.

Expérimentations Palladium

Le , la une du Financial Times déclenche une onde de choc : deux électrochimistes, Stanley Pons et Martin Fleischmann de l'université d'Utah, y déclarent avoir réussi à obtenir une réaction de fusion nucléaire lors d'une relativement banale expérience d'électrolyse effectuée avec une simple paire d'électrodes (dont une de palladium) reliées à une batterie et immergées dans de l'eau lourde..

Lors de cette expérience, ils auraient mesuré un important dégagement de chaleur excédentaire qu'ils interprètent comme la résultante d'un phénomène de fusion nucléaire contrôlée. Ce type de réaction nucléaire, au cours de laquelle des noyaux atomiques fusionnent en générant une très grande quantité d'énergie, est en quelque sorte le Graal des physiciens qui s'efforcent depuis plus de cinquante ans de contrôler les mécanismes à l'origine du fonctionnement des étoiles, mais également des bombes thermonucléaires. La maîtrise de cette source d'énergie quasi illimitée libérerait l'humanité des contraintes liées à l'exploitation de ressources énergétiques non renouvelables ou générant des déchets dangereux, comme c'est le cas actuellement pour le nucléaire « classique » reposant sur le principe de la fission des noyaux atomiques.

L'annonce du Financial Times arrive dans un contexte bien particulier : trois ans auparavant, Tchernobyl a signifié à l'ensemble de la planète que l'énergie nucléaire de fission peut présenter des dangers considérables et les programmes électro-nucléaires engagés au lendemain du premier choc pétrolier de 1973 commencent à être de plus en plus critiqués par l'opinion publique des principaux pays industrialisés.