Béthune est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Béthunois. La commune est membre de la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane.

Sous-préfecture du département, Béthune est une ville relativement importante ( en , soit la du département et de la région en population) mais elle est surtout au centre d'une forte agglomération de en et de , soit la de la région et la de France. À cheval entre les collines de l'Artois et la plaine de la Lys, le Béthunois bénéficie de terres agricoles fertiles, qui ont permis une présence constante de l'agriculture. Avec Lille et les villes de l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, elle participe aussi à un ensemble métropolitain de près de d'habitants, appelé « aire métropolitaine de Lille ».

De nombreux services et commerces se sont développés dans cette ville historiquement bourgeoise et batelière qui a connu différentes orientations de ses activités : le textile au Moyen Âge, la mécanique et la chimie (usine de pneumatiques) dans le troisième tiers du . Bien que située en limite du bassin minier, Béthune n'a pas eu de mine sur son territoire. Elle connaît une vague de licenciements dans les années 2000, notamment dans les secteurs de l'horlogerie et de l'emballage.

La ville, à moitié détruite à l'issue de la Première Guerre mondiale puis reconstruite, occupée et endommagée durant la Seconde Guerre mondiale, se renouvelle aujourd'hui à nouveau, avec la création d'écoquartiers et un grand projet de rénovation urbaine.

Ville ancienne, riche par son patrimoine architectural et son histoire, surnommée « la cité de Buridan », Béthune est capitale régionale de la culture en 2011. Géographie Localisation Béthune est édifiée sur le promontoire s'élevant à d'altitude d'une butte gréseuse. Au nord de la ville, avec le « Bas-Pays de Béthune », commence à s'étendre la plaine de la Lys, partie méridionale de la vaste plaine de Flandre. Au sud, l'extrémité de la Gohelle sépare Béthune des premières collines de l'Artois.

Béthune est une ville des Flandres artésiennes, située à de Lens, à d'Arras, préfecture du département, et à de Lille, à vol d'oiseau. La ville est située à de Paris..

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de sept communes.

Géologie et relief La superficie de la commune est de et son altitude communale, faible, varie de . La commune se situe dans le « plat pays », au sud de la plaine de Flandres, en limite de la plaine de la Lys, avant les premières pentes de l'Artois et sur un sous-sol crayeux. Une butte de sable tertiaire repose sur la craie entre Béthune et Beuvry.

Béthune est en limite du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, au nord-ouest des sites d'exploitation du charbon. Des quartzites ont également été autrefois exploités dans toute la région, de Béthune à Valenciennes.. Des bancs de grès, dans la région de Douai puis près de Béthune, ont servi à la fabrication de pavés pour la région. On trouve également de l'argile des Flandres.

Le risque sismique est faible sur l'ensemble du territoire communal (zone 2 sur 5 du zonage mis en place en mai 2011)., comme dans la majorité du Pas-de-Calais.

Hydrographie vignette|alt=Photographie montrant la Lawe à Vieille-Chapelle en aval de Béthune |La Lawe à Vieille-Chapelle, en aval de Béthune.

Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie..

Béthune est arrosée par la Lawe, affluent de la Lys et sous-affluent de l'Escaut. En aval de Béthune, à partir du lieu-dit « Argent-Perdu », la Lawe est canalisée jusqu'à la Lys qu'elle rejoint à La Gorgue. La rivière est restée à un état archaïque de canalisation et présente donc un grand intérêt pour l'étude de l'évolution des canaux..

Le territoire de la commune est bordé, au nord-est, par le canal d'Aire-sur-la-Lys à La Bassée, qui est un maillon de la liaison fluviale à grand gabarit Dunkerque-Escaut.

Par ailleurs, huit autres cours d'eau drainent la commune : la Lawe, rivière d'une longueur de , qui prend sa source dans la commune de Magnicourt-en-Comte et se jette dans la Lys au niveau de la commune de La Gorgue ; le Courant de la Goutte, d'une longueur de , qui prend sa source dans la commune et se jette dans la Lawe au niveau de la commune de Locon ; le Fossé d'Avesnes, d'une longueur de , qui prend sa source dans la commune d'Haillicourt et se jette dans la Blanche au niveau de la commune ; la Blanche, d'une longueur de , qui prend sa source dans la commune de Gosnay et se jette dans la Lawe au niveau de la commune ; le Fossé Turbeauté, d'une longueur de , qui prend sa source dans la commune de Fouquereuil, se jette dans la Lawe au niveau de la commune ; le Port de Bethune Aval, d'une longueur de ; le Catorive, d'une longueur de ; un cours d'eau au toponyme hydrographique inconnu, d'une longueur de .

Béthune était autrefois entourée de zones humides qui ont été peu à peu drainées pour le maraîchage et l'agriculture.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BéthuneLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lillers à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Paysages

La commune s'inscrit dans les « paysages miniers » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)La DREAL distingue, dans la région Nord-Pas-de-Calais, quatre grandes familles de paysages : ceux du Haut Pays, Bas Pays, littoraux et d'interface. Ces grandes familles de paysages comprennent ... Ces paysages, qui concernent réparties sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais, sont constitués de 47,8 % de cultures, de 30,7 % d'espaces artificialisés, de 5,90 % de forêts et de milieux semi-naturels, de 5,20 % de prairies naturelles, permanentes, de 4 % d’espaces industriels, 3 % de friches industrielles, de 1,7 % de cours d'eau et plan d'eau et 1,6 % de terrils. À titre de comparaison, les cultures, qui ici, arrivent en tête avec 47,8 %, représentent 80 % des « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes », ce qui montre l'importance des espaces artificialisés, industriels et de friches industrielles avec 37,7 % de ces paysages miniers..

Ces paysages miniers, terre de charbonnages, avec ses terrils, sont une des formes paysagères qui confère une identité forte à la région Nord-Pas-de-Calais et depuis 2012, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il y a eu jusqu’à et on en dénombrait encore 200 dans les années 2000. Aujourd'hui reconvertis en sites naturels, certains de ces terrils connaissent une nouvelle vie originale comme celui de Nœux-les-Mines transformé en domaine skiable.

Ces paysages s'articulent, d'ouest en est, autour de quatre grands pôles : le bruaysis et béthunois ; le lensois ; le douaisis et le valenciennois. Les principaux éléments qui structurent ces paysages de de long sur , dans sa plus grande largeur, sont, d’ouest en est, les cinq principaux centres urbains que sont Bruay-la-Buissière, Béthune, Lens, Douai et Valenciennes, les autoroutes A1 et A21 et la ligne LGV Nord et les canaux, fleuve et rivières comme le canal de la Bassée, la Deûle, l’Escaut et la Scarpe.

Urbanisme Typologie Au , Béthune est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de BéthuneUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Béthune comprend deux villes-centres (Béthune et Bruay-la-Buissière) et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Béthune, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (90,3 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (88,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (62,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (27,9 %), terres arables (6,1 %), prairies (2,3 %), forêts (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine Tissu urbain vignette|alt=Photographie de la place Lamartine|La place Lamartine. Les premières occupations humaines ont lieu dans le quartier de Catorive, au nord de Béthune, à l'époque mérovingienne. Mais le centre historique s'implante plus au sud ; au Moyen Âge, il s'organise au sein des remparts, autour de la grand-place et du beffroi. Puis les remparts sont supprimés, et la ville se développe au-delà : faubourgs de Catorive, du Rivage, de Lille, d'Arras et de Saint-Pry.