Le Finistère (Prononciation en français de France français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API. ; , Prononciation en breton KLT retranscrite selon la norme API.) est un département français situé en région Bretagne. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 29.

Quimper, la deuxième agglomération du Finistère, en est le chef-lieu, et Brest (première agglomération), Morlaix et Châteaulin, respectivement premier, troisième et quatrième arrondissements, en sont les sous-préfectures.

Toponymie Le Finistère tire son nom (littéralement « fin de la terre ») de sa localisation géographiquePierre-Éric Fageol, Olivier Roux, « Dictionnaire thématique d'histoire et de géographie du professeur des écoles », Paris, Seli Arslan, 2007, , . ; selon l'« Annuaire statistique du département du Finistère pour l'an XII de la République », le département doit son nom à l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, dite en latin « Sanctus Mattheus finis terræ » ou « in finibus terræ » (soit « Saint-Mathieu du bout du monde ») ; ceci est confirmé par Pol Potier de Courcy qui précise que la suppression d'un « r » dans le mot est liée à la volonté d'éviter une confusion avec le cap Finisterre (Galice).

En breton, on nomme ce département « Penn-ar-Bed ». En breton, le mot « penn », qui peut signifier tout à la fois « tête » et « bout », s'utilise à toutes les sauces. Le Finistère se dit ainsi Penn ar Bed, c'est-à-dire le bout du monde (ou son commencement, question de point de vue)..

Pour contrebalancer l'impression de « bout du monde » que le nom français peut susciter, et se rapprocher du nom breton, un slogan a été inventé en 2011, devenu une marque commerciale : « Tout commence en Finistère »..

Géographie vignette|Le Finistère, photographié par la mission Sentinel-2. Zoomez pour voir cette image à sa pleine résolution de dix mètres. Des champs recouvrent la campagne française et dominent cette image prise le . La ville de Brest est visible à gauche de l'image, le long de la baie abritée, près de la pointe ouest de la presqu'île. Ouessant et les îles de la mer d'Iroise se trouvent à environ trente kilomètres de la côte française et sont visibles à gauche de l'image.

Le Finistère est situé à l'extrémité ouest de la Bretagne.

Il est bordé au nord, à l'ouest et au sud par la Manche, la mer Celtique et l'océan Atlantique..

Premier département côtier de France, il compte littorales sur 282, soit plus d'un dixième des communes littorales françaises, et de côtes., selon une mesure réalisée en 2022 par le Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) conclut même, grâce à de nouveaux appareils de mesure d'une précision de 5 mètres., soit plus de 10 %. du littoral français.

La côte se divise en caps : cap Sizun. ; en baies : rade de Brest., baie de Douarnenez, baie d'Audierne., baie de Concarneau., en presqu'îles : presqu'île de Crozon. et en rias : Laïta., Aven., Bélon., Odet., Aber Wrac'h., rivière de Morlaix..

La zone marine à l'ouest du Finistère se nomme mer d'Iroise..

Climat

vignette|Carte de précipitations annuelles dans le Finistère (moyenne sur la période 1997–2006).

Le climat du Finistère présente les caractéristiques d'un climat tempéré océanique sous l'influence du Gulf Stream et des perturbations atlantiques.

Relief et géologie

vignette|Carte géologique simplifiée du Massif armoricain. vignette|Le relief du Finistère, partie intégrante du Massif armoricain.

D'un point de vue géologiqueCarte géologique du Finistère, site officiel du Geopark Armorique., le Finistère appartient au Massif armoricain. Il est séparé en trois domaines distincts (domaines Nord – Centre – Sud – Armoricains), séparés par des zones de cisaillement majeures : le cisaillement Nord-Armoricain (au nord) et le cisaillement Sud-Armoricain (au sud). Il est constitué essentiellement d'un socle cadomien (schisto-gréseux au centre et correspondant à la presqu'île de Crozon et au bassin de Châteaulin, granitique et gneissique au nord et au sud et correspondant au plateau du Léon et de Cornouaille, les deux avancées majeures du département vers l'ouest) et d'une couverture paléozoïque étagée du Cambrien au Carbonifère, soumise à des déformations hercyniennes et des intrusions granitiques..

Hydrographie

Le réseau hydrographique a une longueur totale de Site de la Fédération de pêche du Finistère.

Le département est drainé par l'Ellé., l'Aulne., l'Aven, le Bélon, le Moros., l'Odet., la rivière de Pont-l'Abbé., le Goyen., l'Élornarrêté préfectoral 2025, l'Aber-Benoît., la Penzé., le Douron..

Histoire

Préhistoire

vignette|La grotte effondrée de Menez Dregan en période de fouilles.

L'ancienne grotte marine de Menez Dregan contient des traces datant du Paléolithique inférieur..

Des outils datant de l'Acheuléen ont été trouvés..

Des traces du Mésolithique ont été trouvés..

Au Néolithique se développe une population sédentaire..

L'âge du bronze est fortement représenté au Finistère....

À l'âge du fer l'agriculture sur brûlis est pratiquée, comme l'illustre les souterrains retrouvés, des chambres creusées dans le sol, servant probablement de refuge pour les hommes et la conservation des denrées, comme celui de Tréglonou..

Antiquité À l'époque antique, le Finistère était habité par le peuple gaulois armoricain des Osismes (Celtes). Après la conquête romaine, le territoire relevait de la province de Gaule lyonnaise. Le chef-lieu des Osismes fut installé à « Vorgium » (l'actuelle Carhaix). Pendant l'époque gallo-romaine l'actuel Finistère fut en bonne partie défriché, des voies romaines construites (reliant notamment les principales cités comme « Vorgium », « Vorganium », « Gesocribate », « Civitas Aquilonia », Douarnenez), des « villæ » construites, certaines luxueuses (par exemple le site antique du Pérennou en Plomelin ou celui de Keradennec. en Saint-Frégant), d'autres plus modestes (par exemple Valy-CloistreRené Sanquer et Patrick Galliou, « Une maison de campagne gallo-romaine à la Roche-Maurice (Finistère) », Annales de Bretagne, 1972, volume 79, pages 215–251, consultable https://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1972_num_79_1_2633 et site Internet http://www.larochemaurice.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=121%3Avaly-cloitre&catid=2&Itemid=8 en La Roche-Maurice), des centres de fabrication du « garum » aménagés (par exemple aux Plomarc'h en Douarnenez, ainsi qu'en plusieurs autres endroits du littoral de la baie de Douarnenez). Des gisements miniers étaient aussi exploités comme l'étain à Saint-Renan, le plomb argentifère au Huelgoat et à Poullaouen, l'or dans la forêt du Névet ou encore le fer en divers endroits, notamment à Kermoysan. en Quimper.

Au cours du la plupart des villas gallo-romaines furent détruites en raison de l'instabilité politique ; les pièces les plus récentes trouvées dans les nombreux trésors monétaires enfouis datent des environs de 280 (de 273 pour celui trouvé à MorgatYves Éveillard et André Dizerbo, « Un trésor monétaire du siècle à Morgat-en-Crozon », BASF, juillet 2015, consultable https://search.openedition.org/?q%5B0%5D=Un+tr%C3%A9sor+mon%C3%A9taire+du+IIIe+si%C3%A8cle+%C3%A0+Morgat+en+Crozon&op%5B1%5D=AND) ; un « castrum » fut construit à Brest à la fin du pour se protéger des pirates scots, saxons et frisons. Un siècle plus tard, il fera partie du système de défense et de contrôle de la Manche mis en place par le gouvernement impérial, le « Tractus Armoricanus et Nervicanus ».

Haut Moyen Âge

Le territoire est occupé par les Osismes..

Les migrants venant d'outre-Manche développent un ensemble d'institutions se démarquant du reste de la Gaule.. Les clans bretons reconstituent en Armorique les solidarités claniques préexistantes dans l'île de Bretagne, avec à la clef la création de trois royaumes plus ou moins légendaires : Domnonée, Cornouaille, et Broërec, dont les histoires sont mal connues faute de sources.. L'évangélisation des campagnes commence véritablement au . Pays d'habitat dispersé, la Bretagne du haut Moyen Âge montre déjà un certain encellulement ecclésiastiqueCet encellulement ecclésiastique est à peu près achevé avant l'an mille, antérieurement à la construction de la plupart des châteaux qui symbolisent la seigneurie territoriale. qui reposera au Moyen Âge central sur la mise en place d'un réseau de paroisses et de ses subdivisions (quartiers., trèves, frairies dont les chapelles permettent notamment aux fidèles d'assister aux offices sans avoir à se déplacer à pied jusqu'à l'église paroissiale qui dessert souvent un vaste secteur ecclésiastique).. ; la trace de ce réseau est encore présente dans les toponymes contemporains en « Plou- », « Lan- », ou « Loc- ». De nombreux moines formés au pays de Galles., notamment venant du monastère de Llantwit, parcourent le pays et y diffusent un christianisme celtique. C'est parmi ces ecclésiastiques immigrés que s'est forgée plusieurs siècles plus tard la légende des Sept saints fondateurs de la Bretagne.. À la même époque se met en place la frontière linguistique bretonne. La langue des nouveaux arrivants, rattachée au groupe brittonique du sud-ouest, se répand vers l'est, jusqu'aux confins des pays rennais et nantais, donnant naissance au vieux breton ; au-delà d'une ligne allant de Dol de Bretagne à Donges, le latin vulgaire demeure la seule langue vernaculaire. Les migrations inter-Manche s'accentuent après la défaite des Bretons insulaires lors de la bataille de Dyrham en 577, qui a pour effet de séparer les possessions bretonnes du pays de Galles, de Cornouailles et du Devon.. Avec celles-ci, reflet de ces défaites, la légende arthurienne se diffuse sur le Continent.

Entre 1154 et 1189, Henri II Plantagenêt règne sur la Normandie, le comté d'Anjou et l'Angleterre. De par son mariage avec Aliénor d'Aquitaine, il contrôle aussi l'Aquitaine. La Bretagne se trouve au centre de cet immense territoire. Les vicomtes de Léon font face à l'emprise des Plantagenêts et se révoltent sans succès au moins six fois à partir de 1167. À chaque révolte, Henri II d'Angleterre vient en personne ou délègue son armée pour mater le comte de Léon. En 1180, le combat est définitivement perdu et la vicomté de Léon est démantelée« La Roche-Maurice et Landerneau », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, mai 2011, consultable http://www.le-finistere.org/phototheque/index.php?art=2011_05_landerneau.

Moyen Âge tardif En , pendant la guerre de succession de Bretagne et sentant que le verdict serait en faveur de Charles de Blois, proche parent du roi, Jean de Montfort, convoque les grands vassaux bretons pour se faire reconnaître comme duc, mais la majorité ne vient pas (beaucoup d'entre eux ont aussi des possessions en France qu'ils risqueraient de se voir confisquer s'ils s'opposaient au roi)Georges Minois, « La guerre de Cent Ans », Perrin 2008, .. Dans les mois qui suivent (juin–juillet), il effectue une grande chevauchée dans son duché pour s'assurer le contrôle des places fortes (Quimperlé, Quimper et Brest) avant de rentrer à NantesJean Favier, « La Guerre de Cent Ans », Fayard 1980, ..

Charles de Blois assiége et prend Quimper en 1344..

Le diocèse de Cornouaille était sous l'Ancien Régime beaucoup plus étendu que la Cornouaille actuelle. Il s'étendait sur environ 5900 km² et correspondait, en population, à la moitié de la Bretagne bretonnante. Les distances d'un bout à l'autre de l'évêché étaient considérables. Les territoires situés dans l'enclave située entre Saint-Brieuc et Vannes relevaient des juridictions ducales de Ploërmel et de Saint-Brieuc. Ces limites ont été fixées au siècle lors de l'évangélisation du territoire. Le diocèse était divisé en deux archidiaconés : celui de Cornouaille au sud des montagnes Noires comptait 79 paroisses et 23 trèves, tandis que celui de Poher au nord comptait 94 paroisses et 68 trêves.