Le terme L'escadron volant a fait référence historiquement à au moins trois partis, en Italie, en Ecosse et en France.

En Italie Au , l'escadron volant ou squadrone volante est une expression italienne qui désigne les cardinaux revendiquant leur indépendance à l'égard des deux partis dominants français et espagnol. À chaque déroulement du conclave, le collège cardinalice était traditionnellement divisé en deux clans.Alexandre Zvereva, « Pour en finir avec l’escadron volant », in Le portrait de la Renaissance française, [En ligne], 6 avril 2014, [Consulté le 01/02/2015 ].. Le nom du reflèterait ainsi la propension d'un tiers parti, censément indépendant, à

En Écosse L'expression italienne sert également à désigner le au sein du parlement d'Édimbourg lors des actes d'Union (1707) entre le royaume d'Écosse et le royaume d'Angleterre ; ce groupe de parlementaires gravitait entre le parti de la Cour et celui de l'Opposition, qui se confrontaient au sujet de l'Union des Couronnes.. vignette|Une illustration conforme à la vision romancée de l'escadron volant, publiée dans une édition érotique des Vies des Dames galantes de Brantôme. Composition en couleurs d'Edmond Malassis, 1934.

En France Au , l'escadron volant devient une expression littéraire exploitée par les écrivains pour désigner, dans leurs œuvres, les espionnes de la reine Catherine de Médicis. Les romanciers racontent en effet qu'à la cour de France, un groupe de demoiselles d'honneur aux mœurs légères utilisaient leurs charmes et leur vertu pour désarmer les ennemis de la reine et obtenir leurs confidences sur l'oreiller. Cette représentation fictionnelle, issue de la légende noire de la reine mère, fait cependant florès hors du champ littéraire. Plusieurs auteurs évoquent ainsi à l'envi la

L'expression a longtemps été attribuée à tort à Brantôme, un homme de guerre, aujourd'hui connu pour ses recueils de petites histoires. Brantôme a laissé un témoignage très élogieux de la cour de France sous les derniers Valois. Son témoignage et celui des contemporains étrangers va d'ailleurs à l'encontre de la légende de l'escadron volant. Héritière de la pensée néoplatonicienne, la reine Catherine imposait une rigueur morale exemplaire à ses dames et demoiselles de compagnie, les chargeant de contribuer à policer les mœurs, et à pacifier les relations humaines au sein de la cour de France, par leur éducation, leur esprit et leur conversation.

C'est l'expression d'une manière de vivre imposée par le roi François et sa sœur Marguerite d'Angoulême, consistant à faire de la femme la garante d'un savoir-vivre. Dans le contexte des guerres de religion, le soi-disant escadron volant participe pleinement à la politique de concorde menée par la reine pour apaiser les ardeurs belliqueuses. Face à la violence des hommes (mâles), Catherine propose une cour pacifique dominée par un pouvoir féminin de paix et d'amour. La bonne éducation de ses demoiselles, leur charme et leur tempérance obligent les gentilshommes à faire preuve de respect et de courtoisie.

Cette cour de dames accompagnait toujours Catherine de Médicis quand elle voyageait pour rencontrer ses adversaires. Les premiers jours de la rencontre étaient réservés au contact et à la discussion badine avec les femmes de sa maison. Le charme de la parole opérant, le groupe mâle adversaire devenait plus ouvert et plus conciliant. Ensuite seulement, commençait pour la reine la négociation proprement dite.

Ce rôle majeur de la femme dans la socialisation de la noblesse fut très décrié par les prédicateurs protestants qui voyaient dans la soumission de l'homme à la femme un inversement des valeurs morales. De là, sont nés bien des mythes sur la cour des Valois.

L'historien Jean-François Solnon précise que l'escadron volant,

Suscitant le fantasme d'historiensAlexandre Nicolaï, Les Belles Amies de Montaigne, Paris, Dumas, 1950, 388 p., présentation en ligne. et de romanciers tel que le polygraphe Paul LacroixPierre Dufour (alias Paul Lacroix), Histoire de la prostitution chez tous les peuples du monde depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours, tome 5, Paris, Seré éditeur, 1853, p. 335-343, lire en ligne., l'escadron volant a pris sous leur plume une dimension plus triviale. Sous le prisme de la légende noire de la reine, il est perçu comme un système d'espionnage, dans lequel de belles dames et demoiselles d'honneur, issues de la haute société le plus souvent, séduisent les seigneurs pour leur soutirer des informations.

L'escadron volant de la reine, un opéra-comique écrit par Adolphe d'Ennery et Jules-Henri Brésil sur une musique d'Henry Litolff, exploite le thème en 1888.....

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

. . . Denis Crouzet, « Une princesse qui voulait faire rêver de paix et de sérénité », dans Pouvoirs, contestations et comportements dans l'Europe moderne : mélanges en l'honneur du professeur Yves-Marie Bercé, dir. Bernard Barbiche, Jean-Pierre Poussou et Alain Tallon, Paris, PUPS (Presses de l'Université Paris-Sorbonne), 2005, p. 123-165. . , . Éliane Viennot, La France, les femmes et le pouvoir. L’invention de la loi salique ( - ), t., Perrin, 2006. .

Articles connexes Néoplatonisme médicéen Amour courtois Préciosité

Liens externes Alexandra Zvereva, Le portrait de la Renaissance française, « Pour en finir avec l'escadron volant », , lire en ligne.

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