Bodilis est une commune française, située dans le pays de Léon qui correspond au nord du département du Finistère en région Bretagne.

Géographie Localisation et communes limitrophes vignette|center|Carte de la commune de Bodilis. La commune, qui faisait partie traditionnellement du pays de Léon, est située à environ au sud-ouest du centre de Morlaix et à au nord-ouest de la ville de Landivisiau.

Elle est proche du parc naturel régional d'Armorique. vignette|gauche|Entrée de la commune.

Relief

Le finage de la commune est limité au sud par la partie aval de la vallée du fleuve côtier Élorn (lequel coule entre à son entrée et à sa sortie du territoire communal) dont la vallée, dont les versants sont boisés (Bois du Quinquis notamment), est encaissée d'une bonne cinquantaine de mètres par apport au plateau du Léon qui occupe la majeure partie de la commune et est situé entre et d'altitude, le bourg de Bodilis étant situé au point le plus élevé de la commune.

La commune présente, ou plutôt présentait, un paysage rural traditionnel de bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux et fermes isolées ; le bourg est excentré dans la partie nord du finage communal. Quelques lotissements se sont créés récemment au sud du bourg, mais la construction est freinée par les nuisances liées à la proximité de la base aérienne de Landivisiau.

La commune est classée en zone de sismicité 2, correspondant à une sismicité faible..

Transports

L'ancienne route nationale 12, désormais D 712, traversait l'extrême sud du territoire communal, son tracé sinueux empruntant la rive droite de la vallée de l'Élorn (par contre la voie ferrée allant de Paris à Brest, dont le tracé est sur la rive gauche traverse les communes de Loc-Eguiner et Ploudiry ; La commune n'est desservie par aucune gare, la plus proche étant celle de Landivisiau) ; la nouvelle route nationale 12, une voie express, traverse la partie sud de la commune (son tracé a été dessiné sur le plateau), la commune étant desservie principalement par l'échangeur de Landivisiau ouest, situé en fait sur le territoire de la commune de Bodilis, auquel les habitants accèdent en empruntant la route départementale qui traverse le bourg de Bodilis et se dirige en direction du nord vers Plouescat.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Élorn, la Flèche et divers autres petits cours d'eau.

L'Élorn, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Sizun et se jette dans la rade de Brest entre les communes de Plougastel-Daoulas et de Le Relecq-Kerhuon, après avoir traversé .

Le petit fleuve côtier la Flèche prend sa source dans l'extrême nord-ouest du territoire communal, à l'est-nord-est de la Base d'aéronautique navale de Landivisiau dont la partie orientale du terrain d'aviation se trouve dans la commune de Bodilis, même si l'essentiel de ses installations sont sur le territoire de la commune de Saint-Servais. D'une longueur de , il se jette dans la Manche en limite de Tréflez et de Goulven, après avoir traversé .

Quelques affluents de rive droite de l'Élorn ont eux-mêmes des vallées encaissées, du moins dans leur partie aval, notamment à l'est le ruisseau de Kerfeunteniou, dont le cours sert à deux reprises de limite communale avec Landivisiau, qui alimentait en eau par le passé plusieurs moulins (Kerfeunteniou, Kerriergars, ar Chastel notamment, ou encore celui de Creac'h Guial sur l'un de ses affluents), et juste avant sa confluence l'étang de Penguilly.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BodilisLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Servais à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Bodilis est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Landivisiau, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (86,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (46,3 %), zones agricoles hétérogènes (31,3 %), prairies (7,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (6,1 %), zones urbanisées (4,1 %), forêts (2,6 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,9 %), mines, décharges et chantiers (0,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Logement En 2014, le nombre total de logements dans la commune était de 600 (dont 96,5 % de maisons et 3,4 % d'appartements).

Parmi ces logements, 91,7 % étaient des résidences principales, 2,5 % des résidences secondaires et 5,8 % des logements vacants.

La part des ménages propriétaires de leur résidence principale s'élevait à 81,6 %..

Toponymie La trève est aussi dénommée Treff de Bodilis en 1486, Notre Dame de Botilys en 1647, Notre Dame de Botylis au ..

Du breton bret. bod « demeure », et ilis « église » ; « demeure près de l'église ».. Bot an iliz, « la demeure près de l'église » (presbytère), s'est transformé en Bodiliz en breton au fil des siècles avec la disparition de l'article défini.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Des tumuli en grande partie arasés, notamment au Spernen (à la limite de Plougar et Plougourvest) témoigent d'une occupation humaine à l'âge du fer

Une voie romaine partant de Saint-Servais pour rejoindre Morlaix passait par le nord du bourg actuel ; elle rejoignait celle allant de Vorgium à l'Aber-Wrach.

Moyen Âge

Une motte castrale datant du haut Moyen Âge existe à Lessougar.

Une foire, ancêtre des foires de Landivisiau, fut créée en 1429, autorisée par le duc Jean V à la demande d'Olivier de Kerozéré [Kerouzéré], en pleine campagne à Coatsabiec, dont il était le seigneur (alors en Plougourvest, désormais en Bodilis), aux alentours de la chapelle Saint-Mathieu, ancien prieuré de l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-TerreLouis Le Guennec, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1928, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5786704t/f137.image.r=Coatsabiec?rk=42918;4. « Il y a lieu convenable et proufitable à y faire tenir foire une foez len au jouret vigille de Saint MahéLe lieu est proche de la chapelle de Saint-Vazé, située en Plougourvest. auquel jour et lieu il y a congregacion et assemblée de gens (l'orthographe de l'époque a été respectée) »Bodilis, "Bulletin de la Commission diocésaine d'architecture & d'archéologie", 1903, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109982z/f180.image.r=Bodilis. Ne trouvant pas à se loger dans les environs, les marchands passaient la nuit sur place, brûlant du bois pour se réchauffer.

Les seigneuries existantes connues étaient celles de Lambezre, de l'Estang et de Creachcaribot, les principales familles nobles étant les De L'Estang, Du Dourguy, Boiséon de Kergorlay.

Époque moderne

Bodilis était alors une simple trève de la paroisse de Plougar, qui aurait son origine dans l'ancien monastère de Mouster-Paul, fondé par saint Paul Aurélien. Albert Le Grand, cité en 1647 par le Père Cyrille Le Pennec, décrit en ces termes Bodilis au :

Vers 1660, il y avait, sans compter les diacres et les sous-diacres, 13 prêtres dans la paroisse de BodilisJean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, [], ce qui s'explique par le grand nombre des chapellenies qu'il fallait desservir : elles étaient neuf en 1691 : Saint-Jean-Baptiste, de l'Étang, de Lambezre, de Yves Person (prêtre), de Yves Rannou, de Jean Rannou, de Yves Abgrall, de Catherine Madec, de Jean Berregar (prêtre) et de Pont-Arzullier. La trève de Bodilis était alors divisée en six cordelées : le bourg, Mouster-Paul, Coat-Sabiec, Ninivit, Le Plessix (ou Quinquis) et LambezreBodilis, "Bulletin de la Commission diocésaine d'architecture & d'archéologie", 1903, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109982z/f192.image.r=Bodilis. Une école des filles est attestée à Bodilis en 1698Jean Rohou, "Fils de ploucs", tome 2, 2007, éditions Ouest-France, [].

Jean Bérégard, recteur de Bodilis entre 1697 et 1704, a répertorié dans une sorte de livre de raison relié à même la couverture de son missel, les obligations religieuses des de la paroisse, le montant des « cueillettes » [recettes] de la fabrique, l'état des offrandes, des testaments, répartis en deux cahiers, celui des riches et celui des pauvres ! La confrérie du Rosaire, pour qu'il améliore son ordinaire lui laissait « manœuvrer » [travailler] le tiers du clos "Parc Mesper", ce qui lui permettait de cultiver quelques journaux de terre en légumes et en « bleds », qui lui rapportaient moins de cinq livres par anAntoine Favé, Le prône du dimanche à Bodilis vers 1700, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1899. Ce prêtre prêchait en breton en traduisant ce qu'il avait d'abord écrit en français.