Brélès (en ) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie vignette|gauche|Carte de la commune de Brélès. Brélès est une commune littorale de la partie maritime amont de l'Aber Ildut, lequel se jette dans la partie occidentale de la Manche, non loin de sa limite avec l'océan Atlantique. Brélès est à 10 km au nord-ouest de Saint-Renan. vignette|700px|centre|Le bourg de Brélès dominant la partie maritime amont de l'Aber Ildut. Communes limitrophes
Relief
La commune est limitée au sud par la partie fluviale de l'Aber Ildut, qui est un fleuve côtier et au sud-ouest par sa partie maritime, qui est à cet endroit un aber et sépare Brélès de Plouarzel. Au nord-ouest, un autre minuscule fleuve côtier, qui se jette dans la partie maritime de l'Aber Ildut, lui sert de limite communale avec Lanildut. Un autre tout petit fleuve côtier traverse la partie centrale du finage communal, passant juste au sud du bourg avant de se jeter dans l'Aber Ildut. La présence de ces trois cours d'eau explique que Brélès ait un relief vallonné assez accidenté, les altitudes allant de 98 mètres dans la partie orientale de la commune, près de Kerdréanton, jusqu'au niveau de la mer.
Habitat
Le bourg est situé à une certaine distance de la côte, sur un plateau : c'est là une caractéristique commune à de nombreuses communes littorales bretonnes (par exemple à Plouguerneau, Ploudalmézeau, Landunvez, Plouarzel, Ploumoguer, etc.), les premiers émigrants bretons fixèrent le centre de leurs plous à l'intérieur des terres, probablement par crainte des pirates saxons.. Il est excentré dans la partie occidentale du territoire communal.
L'habitat rural est dispersé en un certain nombre d'écarts formés de hameaux et fermes isolées. Brélès étant éloigné des grands centres urbains, la commune n'a connu que peu de création de lotissements périurbains, uniquement au sud-est du bourg traditionnel , et ait échappé à la périurbanisation.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'aber Ildut et divers autres petits cours d'eau.
L'Aber-Ildut, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plouzané et se jette dans la mer d'Iroise en limite de Plouarzel et de Lanildut, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Aber Ildut sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 660 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/07/1967 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BrélèsLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploudalmézeau à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Brélès est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Porspoder, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par la mer d'Iroise, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (90,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (62,7 %), terres arables (14,9 %), prairies (11,9 %), forêts (5,6 %), zones urbanisées (4,8 %), eaux maritimes (0,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Brélès, en breton Brelez.
Brelez : Bre (colline) et Lez (justice) et doit son nom au fait qu'elle était une hauteur sur laquelle autrefois la justice était rendue.
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Brélès ne possède pas de monument mégalithique mais des urnes funéraires furent trouvées en 1840 à Kerelegou (dont le nom signifie en breton "village des ossements").
Moyen Âge
Selon Charles Nodier, Justin Taylor et Alphonse de Cailleux, le roi semi-légendaire Conan Mériadec aurait abordé en Bretagne sur les rives de l'Aber Ildut où il aurait fait construire une demeure connue sous le nom de "Castel Mériadec", située entre Plouarzel et Brélès (dans les parages de Bel-Air selon le Chevalier de Fréminville, mais aucune trace archéologique ne vérifie cette assertion), dont des ruines étaient encore visibles au début du ; les débris des murailles auraient servi à la construction d'un moulinCharles Nodier, Justin Taylor et Alphonse de Cailleux, "Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Bretagne", 1845-1846, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97223066/f462.image.r=Plouarzel?rk=2682416;4. Jean-Baptiste Ogée en 1778 l'avait déjà affirmé : « On remarque à Plourin [en fait à Brélès] le plus ancien monument qui soit connu en Bretagne [sic]. C'est le château que Conan Mériadec y fit bâtir vers l'an 387, qu'il appela de son nom Castel-Meriadec ; ce monarque y séjournait assez souvent »Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne" (article "Plourin"), tome 3, 1778, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist03og/page/430.
Époque moderne Au , Brélès faisait partie de la sénéchaussée de Brest et Saint-RenanJean Kerhervé, Anne-Françoise Pérès, Bernard Tanguy, Les biens de la Couronne dans la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan, d'après le rentier de 1544, Institut culturel de Bretagne, 1984..
Le manoir de Brescanvel est construit en style gothique au milieu du par la famille Le Roux (parmi ses membres, Guillaume Le Roux, écuyer, est seigneur de Brescanvel à la fin du ). Le décès le de l'abbé Louis-Charles Le Roux, seigneur de Brescanvel et curé de Guilers, fit passer la seigneurie aux mains de son cousin François de Poulpiquet, originaire de Tréménech ; en raison du mariage la même année de son fils Louis de Poulpiquet avec l'héritière de Lesmel (en Plouguerneau), la famille vécut à Lesmel, mais accola le suffixe "de Brescanvel" à son nom de famille.
Le manoir de Bel-Air, une maison noble, a été édifié en 1599 par un seigneur de Kerangar. Son architecture n'a pas été modifiée depuis le ; sur sa façade ouest des échauguettes et un fossé le défendaient, la cale et le quai, qui donnaient un accès direct à la mer, étant protégés par des canons. L'endroit est si secret qu'on ne l'atteignait par la rive qu'à marée basse ; ce site discret permettait, probablement à des corsaires, de décharger leurs prises à l'abri des regards. Selon la légende Bel-Air fut un repaire de contrebandiers pendant la Révolution française ; plus tard Victor Hugo serait venu y retrouver Juliette Drouet qui séjournait à Saint-RenanAlix Delalande et Marie Le Goaziou, "Bretagne. 500 coups de cœur", éditions Ouest-France, 2008, ..
Le moulin de Bel-Air, situé à proximité, a été construit en 1617 ; ce moulin à marée était alimenté en eau par un étang à marée descendante.
Le château de Kergroadès [Kergroadez] est construit au début du par François III de Kergroadez.
Révolution française
La commune de Brélès est créée le . Brélès fut même à partir du 5 fructidor an III () chef-lieu d'un canton, la nouvelle commune formé par, outre Brélès, les communes de Larret, Plourin, Lanildut, Porspoder et Lampaul-Plouarzel, mais ce canton fut dissout le 28 pluviôse an VIII () et Brélès fut rattachée au canton de Ploudalmézeau..
De nombreux prêtres réfractaires furent cachés par les habitants ; la majorité des paroissiens se refusait à assister aux offices des prêtres constitutionnels ; le , jour du pardon, des paroissiennes manifestèrent bruyamment contre le prêtre assermenté de Plourin qui célébrait la messe.
Le
Auparavant trève de Plourin, Brélès devint une paroisse autonome en 1802, à la suite du Concordat de 1801.
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, présentent en 1843 Brélès de manière très succincte : « Brélès, commune formée de l'ancienne trève de Plourin ; aujourd'hui succursale ; chef-lieu de perception. Il y a foire le ; le lendemain si ce jour est férié. Géologie : constitution granitique »..
Une loi datée du remania de manière importante les limites des communes de Plourin, Landunvez, Lanrivoaré, Lanildut et Brélès afin de mettre fin à un découpage très complexe issu des paroisses d'Ancien Régime"Bulletin des lois de la République française", 1850, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k486124w/f400.image.r=Brélès.
Une épidémie de variole frappa Brélès et des communes avoisinantes en 1882Rapport général sur les épidémies de 1882, "Mémoires de l'Académie de médecine", 1887, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6361334q/f171.image.r=Brélès.