Bolazec est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie vignette|gauche|Longères route de Plougras. Ancienne trêve de Scrignac, Bolazec est élevée au statut de paroisse lors du Concordat de 1801. Sa superficie ne dépasse pas , bornée à l'est et à l'ouest par les rivières de l'Aulne et du Rudalveget. Située près de la source de l'Aulne, Bolazec est la commune la plus à l'est du parc naturel régional d'Armorique, en limite du département des Côtes-d'Armor (arrondissement de Châteaulin, canton de Huelgoat). Elle fait partie avec Berrien, Huelgoat, Locmaria-Berrien et Scrignac de la « communauté de communes des Monts d'Arrée ». La commune fait aussi partie du parc naturel régional d'Armorique dont elle est la commune située à son extrémité orientale.

Les trois principaux cours d'eau traversant la commune sont l'Aulne, qui limite la partie orientale du territoire communal, le Hellès et le Rudalgevet, limitrophes de la partie occidentale de la commune.

La commune comptait 24 exploitations agricoles en 1999.

Géologie

Des émissions volcaniques datant du dévonien inférieur ont été identifiées à Bolazec et Lohuec..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aulne, le Roudouhir, le ruisseau le Fouessigou et divers autres petits cours d'eau.

L'Aulne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Lohuec et se jette dans la rade de Brest en limite de Landévennec et de Rosnoen, après avoir traversé ..

Le Roudouhir, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plougras et se jette dans l'Aulne à Carnoët, après avoir traversé ..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BolazecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brennilis à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Bolazec est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (92 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (37,3 %), zones agricoles hétérogènes (36,8 %), prairies (17,2 %), forêts (6,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Botglazec en 1445., en 1448. et en 1481, Botglasec en 1535, Botglasec et Botlasec en 1536, Botglasac et Botgasel en Servignac en 1591, Botlazec en 1679, Bollasec en 1690 et Botlazec en 1692.

Le nom Bolazec provient du breton Botglasuc, qui signifie littéralement « buisson vert » ou plutôt « buisson de verdure » en français. Selon une autre source, le nom proviendrait de l'association de Bot (« résidence ») et de Glazec, le nom d'une ancienne famille noble... La motte castrale de Bolazec, dite en breton Kastell ar Voudenn (littéralement « le château de la motte » en français), pourrait avoir été le siège du seigneur dénommé Glazec.

En breton, le nom est , prononcé . C'est également la forme normalisée préconisée par l'Office public de la langue bretonne.

Histoire Les origines La plus ancienne trace d'occupation humaine retrouvée à ce jour concerne un tumulus de l'âge du bronze situé à l'est de Lesnevez. L'époque gallo-romaine a également laissé des éléments patrimoniaux : à Bezidel un habitat a été mis au jour lors de fouilles archéologiques (beuz vient de buis, arbuste importé par les Romains en Gaule pour agrémenter leurs villas). L'ancienne voie romaine dite des Quatre Chemins (de Carhaix à Plestin-les-Grèves) traversait le territoire de Bolazec à partir de Ty Guen, au nord. Elle passait à quelques centaines de mètres de Bezidel puis la voie faisait une courbe pour éviter un terrain marécageux avant le bourg de Bolazec. Après ce dernier, la voie descendait au moulin de Hilvern, unique passage sur l'Aulne. Ty Guen reste aujourd'hui un carrefour important de la route de Guerlesquin à Huelgoat avec la route reliant Morlaix à Carhaix.

Au Moyen Âge et pendant l'ancien régime Deux sites de mottes castrales du ont été retrouvés au Helles, où il reste des vestiges intéressants, et près de Petit Bolazec.

La seigneurie du Helles en 1445 appartient à Jean du Poulmic et Jeanne du Beaumanoir. Cette dernière épouse en secondes noces Jean de Kerimel, chambellan du duc de Bretagne, notamment seigneur de Kerbrat et de Montafilant en Scrignac.

Les trois seigneuries du Helles, en Bolazec, de Kerbrat et de Montafilant, en Scrignac, ont fusionné au début du XVIe siècle et ont appartenu à la famille de Boiséon par le mariage de Marie de Kerimel avec Claude de Boiséon le . La famille de Boiséon les a vendu en 1677 à Jacques Allain, sieur de la Marre, banquier établi à Morlaix. La seigneurie du Helles tenait en fief le manoir du Helles, dont la chapelle était en ruine en 1678, situé à proximité de la motte féodale, le fief de Lesnevez et le fief du Hallégoet. En 1678, dans l'église de Bolazec, les sieurs du Hallégoet possédaient une chapelle, nommée la chapelle du Sacre, avec sculptés dans l'autel deux blasons : le premier étant de trois jumelles de gueules au champ d'argent qui appartient à la famille du Parc de Locmaria et le second trois barrées en dix en fond d'azur.

La seconde enceinte fortifiée, appelée Castel-ar-Vouden correspond au château de la Motte. Elle est située à proximité du village de Bolazec Bian et correspond aux 4 parcelles nommées prat ar Bouden du cadastre de 1831. Le château de Bouden est encore identifiable sur la carte satellite de Bolazec. Une des particularités de Bolazec réside dans le grand nombre de fiefs nobles et roturiers situés à proximité de cette enceinte qui dépendent directement du Roi et de la châtellenie de Carhaix sans être par conséquent placés sous la dépendance d'une seigneurie.

Le village même de Bolazec pourrait probablement avoir son origine au manoir des Botglazec qui a donné son nom à la commune (de « bot », résidence, associé au nom de la famille). Les Botglazec sont mentionnés en 1448 à Scrignac et étaient aussi possessionnés dans les paroisses voisines de Guerlesquin, Botsorhel et Guerlesquin ; leur dernière branche se fond dans celle des Coatmen vers 1580.

Les autres lieux nobles cités aux concernent, outre des manoirs, des métairies nobles dépendant de quelques seigneurs locaux (Clevede, de Boiseon, Guinamant, du Dresnay, du Parc). Ils concernent le Hellegoat Braz -fief noble de la seigneurie du Hellez-, Kersilé -fief noble dépendant de la seigneurie de Coatrescar en Plourac'h-, Lesnevez -fief noble de la seigneurie du Hellez-, La Salle -fief noble de la seigneurie de Kerlosquet en Plourac'h-, Pors Bihan -fief noble dépendant directement de la châtellenie de Carhaix- mais seuls quelques maigres vestiges subsistent aujourd'hui au Hellegoat Braz et à Kersilé. Cette présence noble est peut-être à mettre au compte de la situation géographique de Bolazec, point de passage entre la côte nord (Morlaix) et la ville de Carhaix au sud, seule véritable voie de communication des monts d'Arrée avec la voie romaine Carhaix-Brest. Cependant, la présence de landes et de marécages et la pauvreté des sols n'ont pas permis une implantation durable des manoirs. Les hameaux au statut noble sont souvent devenus de simples fermes avant la fin de l'Ancien Régime.

En 1591, Jan de Kerampuil, procureur du Roi à Carhaix, voulut sanctionner les paroisses de la juridiction de Carhaix qui étaient entrées en rébellion contre le Roi et avaient adhéré « aux ennemis de Sa Majesté & émancipées de son obéissance, du nombre desquelles (...) Bolazec.»

Avant la Révolution française, Bolazec était une simple trève de Scrignac et c'est lors du Concordat en 1801 que Bolazec est élevé au statut de paroisse. À la veille de la révolution, le , François Gueguen fabrique de la paroisse, passe un marché avec deux maçons, Yves Marrec et Pierre Grubil, pour la démolition et la reconstruction du pignon et du clocher de l'église pour une somme de 807 livres (Registre des actes des contrôles de Callac, - p. 90).

Pendant la Révolution française L'élection du premier corps municipal de Scrignac en déplaît aux habitants de Bolazec qui nomment Jacques Le Corre, de Kerbalanen, premier maire de la commune de Bolazec en .

En 1792, le curé de Bolazec, François Cosquer, originaire de Scrignac, refuse de prêter serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Dénoncé, il est arrêté le à La Forêt en Bolazec où il se cachait chez son frère agriculteur. Bien que condamné à mort à Landerneau, il ne fut pas exécuté et libéré fin 1795 après 27 mois de prison. Il redevint curé de Bolazec jusqu'en , date où il fut nommé à Pouldreuzic. Bolazec fut alors sans clergé pendant une vingtaine d'années, redevenant une simple annexe de Scrignac.

Au printemps 1796, une bande de chouans de Scrignac incendie la demeure, l'étable et la grange de Louis Plusquellec, officier municipal de Bolazec et rançonne Jean Gueguen, meunier d'Hilvern et ancien maire. Le , Yves Derrien, âgé de 45 ans et frère de l'agent municipal Guillaume Derrien, est tué d'un coup de fusil dans la cour du manoir de Hallegouet par un soldat de la première compagnie de grenadiers de la .