Brignogan-Plages (Brignogan en breton) est une ancienne commune du Finistère en région Bretagne, qui est, depuis le , intégrée à la nouvelle commune de Plounéour-Brignogan-plages. de statut administratif commune nouvelle.
C'est une station balnéaire située en bordure de la Manche et qui fait partie de la côte des Légendes.
Géographie vignette|Carte de la commune de Brignogan-Plages Localisation Située à d'altitude et voisine des communes de Plounéour-Trez (avec laquelle elle a fusionné en 2017) et de Kerlouan. Les plus grandes agglomérations situées à proximité sont Lesneven, distante de dix kilomètres, Landerneau, cette dernière ville se trouvant à au sud-est et Brest distante de au sud-ouest. La commune dispose d'une façade littorale longue de cinq km, donnant sur la Manche.
Relief et géologie vignette|Carte géologique du Massif armoricain.
vignette|Brignogan-Plages : rochers dans la campagne témoignant de la transgression flandrienne vignette|upright|Brignogan-Plages : rocher dans la campagne témoignant de la transgression flandrienne Le relief de la commune est d'une platitude remarquable, l'altitude la plus élevée étant de à Toulran, dans la partie sud-est du finage communal, mais la majeure partie de la commune est comprise entre le niveau de la mer et d'altitude.
Brignogan est au nord-est du domaine structural de la zone de Léon qui constitue un vaste antiforme métamorphique de sur orienté NE-SW. Postérieurement au métamorphisme hercynien, se développe un important plutonisme : le chapelet nord de granites rouges tardifs (ceinture batholitique de granites individualisé pour la première fois par le géologue Charles Barrois en 1909C. Barrois, Carte géologique à 1/80000, feuille Lannion (), 1909., formant de Ouessant à Barfleur (Aber-Ildut, Carantec, Ploumanac'h, puis Flamanville et Barfleur) un alignement de plutons de direction cadomienne, contrôlé par les grands accidents directionnels WSW-ENE), datés aux alentours de 300 Ma, correspond à un magmatisme permien.. L'orogenèse hercynienne se termine par la formation de deux accidents crustaux majeurs qui décalent les granites carbonifères : le décrochement dextre nord-armoricain (faille de Molène-Moncontour) et le cisaillement senestre de Porspoder-Guissény (CPG).. Le plutonisme sur le territoire de Brignogan se traduit par la mise en place du massif de monzogranite de Brignogan-Plouescat qui forme un pluton unique, coupé par le décrochement de Porspoder (baie de Goulven). Le monzogranite de Brignogan est constitué par un faciès à biotite et cordiérite et à mégacristaux d’orthose (5–6 cm en moyenne). Cette venue granitique est associée au fonctionnement de la faille de Porspoder.
La nature granitique de son sol explique l'abondance des rochers épars disséminés un peu partout à proximité du littoral (d'anciens îlots rocheux le plus souvent lors de la transgression flandrienne) et l'aspect accidenté de son littoral, parsemé de rochers aux formes souvent pittoresques, principalement à proximité de la pointe de Beg Pol à l'ouest, mais aussi de la pointe de Beg ar Scaf plus à l'est, même si Brignogan est surtout connu pour ses plages, exposées vers le nord, la principale, incurvée au fond de l'anse de Pontusval, une grande baie en arc de cercle étant la « Grande Plage », le long de laquelle s'est développée la station balnéaire, mais aussi en allant vers l'ouest, la plage des Crapauds, la plage de Bihou, la plage des Chardons Bleus, la plage de Porspol et la plage du Phare, et, en allant vers l'est, la plage du Lividic, dont la majeure partie se trouve toutefois sur le territoire de la commune voisine de Plounéour-Trez.
Hydrographie La commune est traversée par trois cours d'eau : l'Horn qui se jette dans la mer à l'ouest de la pointe de Beg Pol. le Scluz et le Garo qui se jettent dans la baie de Pontusval.
Les plages de Brignogan
La commune est de petite superficie (). Le bourg est en forme de « Y », étiré en arc de cercle le long de l'anse de Pontusval d'une part, et le long de la RD 770 d'autre part. Un habitat de type rurbain, formé essentiellement de résidences secondaires s'est développé en arrière de la côte, principalement dans la partie occidentale du finage communal autour de Moabren, Terre du Pont, Perros, Kerverven et, à un degré moindre, dans sa partie orientale, autour de Coat Tanguy et Soulougan, laissant peu de place à la campagne, qui subsiste toutefois autour des hameaux les plus éloignés de la mer comme Kervezval, Pratmeur, Kergrohen et Radénoc.
Les nombreux écueils situés à proximité du littoral rendent la navigation assez dangereuse, ce qui par le passé suscita bien des peurs. Par exemple, Armand Dayot a écrit en 1897 : « Ce pays de Brignogan est maudit et je tremble pour les navires marchands qui, aujourd'hui encore, naviguent le soir, sans pilote, en vue des rivages de ces mauvaises gens »., faisant allusion aux légendes des naufrageurs du Pays pagan proche.
À la limite de Kerlouan, en aval du hameau de Kerzenval, se trouvait une lagune, transformée en étang (il figure sur la carte d'état-major de 1889) qui a été asséché depuis.
Climat Le climat de la frange septentrionale du Pays de Léon, à laquelle appartient Brignogan-Plages, est de type océanique, adouci par le Gulf Stream, la commune faisant partie de la Ceinture dorée bretonne.
La relative fraîcheur des températures en été ( en moyenne), leur douceur en hiver ( en moyenne) et les précipitations moyennes (inférieures à ) s'expliquent par la proximité de la mer qui joue le rôle de régulateur thermique. La température moyenne annuelle est de .
Les vents forts, de la fin de l'automne et de l'hiver, affectant cette partie du littoral léonard sont de secteur ouest. En période estivale, on note le renversement de la prédominance des vents qui sont alors de secteur nord-est.
La durée d'ensoleillement est estimée à plus de par an.
Voies de communication et transports Un temps desservi par une voie ferrée d'intérêt local venant de Landerneau via Lesneven et par l'ancienne RN 170 venant de Quimper jusqu'à Brignogan, aujourd'hui déclassée en RD 770, Brignogan-Plages est, en raison de sa situation péninsulaire, à l'écart des grandes voies de communication moderne. Le port de Pontusval reste un sympathique petit port de plaisance, assez fréquenté durant l'été.
Toponymie Attesté sous le nom Breniogan en 1556.
Le nom Brignogan proviendrait du vieux breton bre, « colline », et de l'anthroponyme Ogan (cf. Tréogan). On rencontre l'appellation Brignaugan à partir du . Le rajout du suffixe « Plages » fut décidé pour des raisons de promotion touristique en 1936.
Un ouvrage récentBernard Tanguy, Dictionnaire des communes, trèves et paroisses du Finistère, éditions du Chasse-Marée 1990. émet l'hypothèse que le bourg de Brignogan, situé sur un mamelon, devrait la première partie de son nom au vieux breton bren « colline », la seconde partie du toponyme ogan existant en d'autres endroits, ainsi que comme nom de famille.
Or, un autre auteur, Francis GourvilFrancis Gourvil, Noms de famille bretons d'origine toponymique, éditions de la société archéologique du Finistère, Quimper 1970. écrit ceci, en 1982, dans le bulletin de la société : « Braenog, nom de lieu en Cardiganshire, Pays de Galles : braen « putride » + og. Brignogan, Finistère, de brein « pourri » + suffixe oc, propre au bas léonais + diminutif an. Le nom de cette station balnéaire a dû concerner à l'origine un endroit où s'accumulaient des algues marines qu'on laissait pourrir sur place ». Le même auteur estime avoir relevé des milliers de correspondances toponymiques entre le Pays de Galles et le seul Finistère.
Hervé Abalain pense que le toponyme est issu du breton bren (hauteur) et an (blanc).
Histoire Préhistoire
Un site habité dès l'Aurignacien a été identifié sur l'estran à Beg-Pol en BrignoganRomain Pigeaud, "Des mammouths aux Menhirs. La Préhistoire dans l'ouest", éditions Ouest-France, 2007, .
Le territoire de Brignogan est occupé dès le Paléolithique, et tous les peuplements successifs y ont laissé des traces, en particulier le menhir de Pontusval (dit aussi de Men Marz).
Origines Hameau de la paroisse de Plounéour-Trez depuis le Haut Moyen Âge, il est connu comme site portuaire depuis le Moyen Âge. Pendant longtemps, le port de Pontusval fut un important lieu de passage pour les marchandises vin, blé, viandes ou ardoises qui transitaient vers les foires de Lesneven et de Goulven : le commerce de grains surtout était très surveillé par les douanes, d'où la présence des « maisons de pierre » à la pointe de Beg ar Scaf et à Coat Tanguy près de Castel Régis.
Brignogan se constitue au fil des ans en un démembrement de l'ancienne paroisse de Plounéour-Trez. L'origine du nom est celui du hameau situé sur la hauteur du territoire (la place de la mairie actuelle) entouré d'autres hameaux : Créac'h Vian, Naod Hir, Le Scluz, Le Garo… Le hameau central ayant grandi, il finit par englober les autres hameaux devenus quartiers de la commune et dont les rues ont pris les noms.
Moyen Âge Le menhir de Pontusval, connu aussi sous le nom de « Pierre du Miracle », fut christianisé à une date inconnue, probablement au haut Moyen Âge :
Légendes Pilleurs d'épaves
C'est un clan particulier qui peuple la région de Brignogan, de Plounéour-Trez, de Goulven, de Kerlouan, de Guisseny. La morne dune plate, semée de mégalithes et de clochers à jour, qui s'étend entre les rochers du littoral et les premiers ressauts du terrain vers l'intérieur, est le pays des Pagans ou « Païens », farouches pilleurs d'épaves, qui pouvaient transborder en une nuit la cargaison d'un navire entier.
On a beaucoup écrit là-dessus et les imaginations romantiques ont accueilli avec faveur les récits épouvantables où l'on parlait de bateaux attirés à la côte par les pires stratagèmes. Cette population criminelle aurait lié des torches aux cornes de taureaux boiteux pour simuler le mouvement alternatif des feux destinés à guider les vaisseaux; elle aurait illuminé l'intérieur des églises de la côte dans le même dessein meurtrier. Mais rien de tout cola n'est démontré. Deux faits seulement sont certains : d'une part, la misère de ces pauvres gens, pour qui la mainmise sur une cargaison représentait des mois de subsistance; d'autre part, leur adresse à s'emparer des épaves. La tempête représentait pour eux une bénédiction divine qu'ils invoquaient sans malice. Déjà en 1187, un concile tenu à Nantes avait tenté vainement de s'opposer au droit de bris. Dans la plupart des ports de France et d'Allemagne, les princes bretons avaient représentants qui délivraient, moyennant paiement d'un droit important, des brefs de sauvetage,
protégeant leur porteur (du moins en théorie) d'un pillage éventuel en cas de naufrage. Mais, à vrai dire les Pagans illettrés se souciaient fort peu des papiers dont pouvait être gonte le portefeuille d'un capitaine noyé.
Longtemps aussi, et jusqu'à ces dernières années, les gens de la côte allaient sur les grèves récolter le goémon, qu'ils brûlaient ensuite, jadis pour servir d'engrais, plus récemment pour en extraire des produits iodés. Pour le recueillir, ils devaient s'avancer dans l'eau glacée jusqu'à mi-corps et agripper le varech au rateau et à la gaffe. Outre leurs habits ordinaires, ils se défendaient alors contre le froid en se revêtant d'un kaban, sorte de veste de drap à capuchon et à manchon, et en se couvrant la tête d'un kalabousen, antique coiffure celtique qui protégeait non seulement le crâne, mais aussi le front, le cou, le menton et la nuque, et ne laissait à la portée du vent que les yeux et le nez.
Pierres à légendes sur la dune