La Haute-Savoie (Prononciation en français standard retranscrite phonétiquement selon la norme API.) est un département français faisant partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 74. Le département comprend le nord de la région historique de la Savoie. Sa préfecture est Annecy.
La Haute-Savoie est montagneuse et contient le plus haut sommet de France, le Mont Blanc.
Géographie
vignette|gauche|Carte de la Haute-Savoie. vignette|gauche|La Haute-Savoie en Auvergne-Rhône-Alpes.
vignette|centre|redresse=1.0|Relief du département
La Haute-Savoie fait partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle est limitrophe des départements de l'Ain et de la Savoie, ainsi que des cantons de Genève, de Vaud et du Valais en Suisse et de la Vallée d'Aoste en Italie. Une partie de la frontière avec la Suisse est matérialisée par le Léman ; ainsi, la frontière avec le canton de Vaud est uniquement lacustre.
Son point culminant, le Mont Blanc (massif du Mont-Blanc), est aussi celui de l'Europe de l'Ouest. L'altitude moyenne du département est de , et sa superficie est de . Son relief est déterminé par de grands éléments géographiques qui sont du sud-est au nord-ouest : le massif du Mont-Blanc, les Préalpes de Savoie (massif des Bauges, massif des Bornes, chaîne des Aravis, massif du Faucigny et massif du Chablais) et l'avant-pays savoyard avec le Genevois haut-savoyard et l'Albanais, délimités à l'ouest par les premiers plissements jurassiens. Ces reliefs sont délimités par plusieurs vallées majeures dont la vallée de l'Arve qui constitue un important axe européen de circulation de Genève au tunnel du Mont-Blanc, et la cluse d'Annecy dans laquelle se loge le lac d'Annecy et qui est rejointe par Ugine et Albertville en Savoie voisine.
Ses grandes richesses naturelles comprennent notamment : lacs : le Léman dont en Haute-Savoie, le lac d'Annecy ; cours d'eau : ; forêts : ; réserves naturelles : (second département français).
La Haute-Savoie accueille neuf réserves naturelles : Aiguilles rouges, Carlaveyron, Vallon de Bérard, Contamines-Montjoie, Passy, Sixt-Passy, Roc de Chère, Bout du lac d'Annecy, Delta de la Dranse.
Climat
La Haute-Savoie connaît un climat subcontinental et pour l'essentiel du département, montagnard, froid et neigeux en hiver, doux et orageux en été. Les intersaisons (avril et octobre) sont en moyenne plus sèches, mais la pluviométrie est globalement l'une des plus élevées de France« La Météo de la France », Jacques Kessler et André Chambraud, 1986..
Les perturbations d'origine océanique, après leur traversée de la vallée du Rhône, se réactivent au contact des reliefs alpins. La pluviométrie, de à /an dans le bassin d'Annecy, culmine à 1500/ sur les massifs occidentaux (Aravis-Faucigny-Chablais) qui protègent quelque peu le massif du Mont-Blanc (/an à Chamonix-Mont-Blanc). Dans ce massif, aux hautes altitudes, on trouve un microclimat glaciaire tout le long de la frontière avec l'Italie.
Les importants dénivelés et les effets de versant donnent des températures très variées, qui ont pour point commun des amplitudes thermiques marquées (continentalité). Les rives du Léman sont cependant plus tempérées grâce à l'inertie thermique du lac. À Annecy, on relève des moyennes de + en janvier à + en juillet. Cette chaleur estivale permet localement la présence de vignes.
L'enneigement, grâce au bon niveau pluviométrique et aux basses températures hivernales, est en moyenne et à une même altitude donnée, le meilleur de France (avec le Jura et les Vosges). En plein hiver, on trouve généralement la neige de 500 à . Vers , elle persiste d'octobre–novembre à avril–mai. Au-dessus de à se forment des glaciers.
Faune et flore La végétation naturelle s'étage en fonction de l'altitude et de l'exposition : la prairie, la forêt puis les alpages, avant d'atteindre l'étage nival.
La faune est celle des pays tempérés de montagne et un effort de reconstitution de la faune a été fait (chamois, bouquetins, grands rapaces) dans le cadre des réserves naturelles, lesquelles représentent une superficie de (parc naturel régional des Bauges) partagé avec la Savoie.
Géologie vignette|centre|redresse=3|Coupe géologique synthétique des Alpes centrales. Le massif du Chablais correspond aux Préalpes. Les abréviations sont décrites dans le lien de la figure.
Le département se situe en bordure externe de la chaîne alpine dont l'orogenèse définit la topographie et les unités structurales qui le composent. Il est subdivisé en cinq unités structurales qui sont du sud-est au nord-ouest (des unités internes aux unités externes) : Les massifs cristallins externes. (massifs du Mont-Blanc et des aiguilles Rouges) constituent une série de socles anté-triasiques auxquelles demeurent rattachées localement des couvertures sédimentaires mésozoïques. Ils sont principalement composés d'un granite intrusif d'âge carbonifère auquel se rajoutent des roches polymétamorphiques d'âge néoprotérozoïque à paléozoïque et des sédiments houillers permo–carbonifères. Ces socles sont affiliés au domaine structural de l'Helvétique inférieur ou Dauphinois et constituent les unités de socle les plus externes des Alpes. Leur exhumation date du Miocène ; Les massifs subalpins (massif des Bauges, des Bornes, chaîne des Aravis et du Faucigny) sont uniquement constitués de nappes de charriage (nappe des chaînes subalpines et nappe de Morcles) de la couverture sédimentaire (Trias à Oligocène) du domaine structural de l'Helvétique inférieur ou Dauphinois. Elles consistent en une accumulation de sédiments carbonatés qui décrivent le développement de la marge passive européenne de la Téthys alpine en plateforme carbonatée au Mésozoïque, puis sa transformation en bassin d'avant-pays entre le Paléogène et le Néogène, au cours de l'orogenèse alpine. Les massifs subalpins constituent la seconde chaîne de plissement formée conjointement avec l'exhumation des massifs cristallins externes au Miocène. Ces nappes se caractérisent par une succession de plis qui structurent le paysage (relief de plissement) et dont les traces axiales (généralement représentées par les crêtes des reliefs) présentent une courbure vers le sud-ouest qui reflète la courbure générale des Alpes ; Le massif du Chablais. se distingue par sa géologie particulière qui est constituée d'un empilement de cinq grands ensembles de nappes de charriages d'origine plus internes (helvétique supérieur à Pennique) et d'âge mésozoïque à paléogène (Trias à Éocène). Il constitue l'une des plus grosses klippes des Alpes avec les Préalpes suisses de géologie similaire. Ces différentes nappes correspondent à d'anciens domaines paléogéographiques qui étaient disposés successivement du nord au sud dans le Téthys alpin et décrivaient une variété de paléoenvironnement (plateforme carbonatée, domaine océanique, etc.). Elles sont charriées au-dessus des futures nappes helvétiques à partir de la fin de l'Éocène et constituent la première chaîne de plissement formée lors de l'orogenèse alpine entre le Crétacé et l'Éocène ; Le bassin molassique savoyard est le prolongement occidental du bassin d'avant-pays nord-alpin (ou bassin molassique suisse). Il constitue l'ensemble des plaines du département depuis le Bas-Chablais en passant par le plateau des Bornes jusqu'à l'Albanais. Il est formé par la collision alpine à partir de l'Éocène terminal et est rempli par des dépôts orogéniques (flysch puis molasse) produits par l'érosion de la chaîne alpine en formation. Les terrains les plus jeunes sont des molasses d'eau douce inférieur du Chattien (Oligocène).. En Haute-Savoie, cette molasse est charriée sous l'effet de la progression vers le nord des Alpes et chevauche à hauteur du Léman la molasse du plateau. ; Les unités du Jura sont constitués par les reliefs isolés du Salève et ses chaînons latéraux (montagne d'Âge, Mandallaz) qui émergent au milieu du bassin molassique savoyard puis par les premiers plis du massif du Jura (massif de la Chambotte : montagnes des Princes et du Gros Foug). Ce sont des couvertures sédimentaires carbonatées du domaine structural jurassien d'âge mésozoïque à éocène. Elles sont constituées de calcaires décrivant un environnement littoral peu profond et forment un continuum avec les unités de l'Helvétique inférieur (ou Dauphinois) des massifs subalpins. Le Jura constitue la troisième et dernière chaîne de plissement formée à partir du Pliocène. Contrairement aux précédentes unités sédimentaires, elles ne sont pas constituées de nappes car la couverture sédimentaire est faiblement charriée (moins de ).
L'ensemble de ces unités est recouvert par des dépôts glaciaires provenant majoritairement de la dernière glaciation. Ils consistent en des dépôts de moraine, des dépôts fluvio-glaciaires à glacio-lacustres, ainsi que des blocs erratiques que l'on rencontre préférentiellement en plaine ou au fond des vallées. Outre ces dépôts, les glaciers ont aussi fortement contribué à l'érosion des reliefs pour aboutir à la topographie actuelle.
Activité sismique La Haute-Savoie est marquée par une activité sismique particulière et le département est classé en « zone de sismicité non négligeable » pouvant aller jusqu'à la destruction de bâtiments avec des séismes de magnitude 6 (voire 6,5 ou même 7).
La raison de cette sismicité est à chercher dans les contraintes qui s'exercent sur les roches de la lithosphère, et qui sont liées à l'orogenèse alpine. sous l'effet de la poussée de l'Italie contre les Alpes.
Plusieurs séismes ont été recensés dans la période moderne : dans la région d'Annecy, du fait de la faille du Vuache : en (), en (), le (magnitude 4,2), le 15 juillet 1996 (magnitude 5,3) ; le , un séisme de faible amplitude eut lieu dans la vallée de Chamonix-Mont-Blanc ; son épicentre se situait au col de Balme dans la partie nord du massif du Mont-Blanc. Il n'a fait aucun dégât matériel ; le , à 18 h 03, un séisme de magnitude 4,8 a secoué les deux départements savoyards. Plusieurs sites ont été fragilisés et signalés aux autorités et aux secours. L'épicentre se situait à Mercury (Savoie).
Toponymie Le toponyme « Haute-Savoie » est l'appellation accordée par l'empereur Napoléon III au département, à la suite de la réunion à la France en 1860 du duché de Savoie, berceau de la maison de Savoie, appartenant au royaume de Sardaigne.. Contrairement aux habitudes révolutionnaires de modifier les provinces de l'Ancien Régime en utilisant dans la nouvelle appellation la géographie des lieux, l'empereur concède le maintien du nom usuel du territoire dans la création des deux départements, distinguant désormais celui de la Savoie avec Chambéry, au sud, et de la Haute-Savoie avec Annecy, au nord... Il semblerait que le choix du nom ait été inspiré par la délégation des quarante et un savoyards, menée par le comte Amédée Greyfié de Bellecombe, le . L'historien et spécialiste de la période, Paul Guichonnet, à propos du choix des noms du département, précise qu'une seule source existe :
« Haute » dans Haute-Savoie n'est pas une indication d'altitude, mais la position septentrionale, au nord, de cet ensemble.. Dans la littérature régionale ainsi que l'usage chez certains régionalistes dans les années 1970, on trouve également l'expression « Savoie du Nord » pour désigner la Haute-Savoie..
Le nom « Savoie » provient de l'ancien territoire celte Sapaudie (en latin ), qui signifierait le « (pays des) sapins » ou le « (pays couvert de) sapins » (du gaulois « sapo » : « sapin »). Le nom aurait ensuite dérivé en « Sabaudia », Sabogla, Saboia, Savogia et enfin Savoie.. Au , « Sabaudia » ou « Sabauda » désigne le domaine de la famille princière de Savoie..