vignette|alt=Une grande salle avec des armoires métalliques contre les murs, sur lesquels sont connectés des dizaines de câbles qui sont reconnectés sur l'armoire adjacente|L'ENIAC, vers 1950.

Lhistoire des ordinateurs commence au milieu du . Les premiers ordinateurs ont été réalisés après la Seconde Guerre mondiale.

La deuxième génération d'ordinateurs est basée sur l'invention du transistor en 1947.

La troisième génération d'ordinateurs est celle des ordinateurs à circuit intégré qui ont été inventés par Jack Kilby en 1958. C'est à partir de cette date que l'utilisation de l'informatique a explosé.

Dans les années 1970, à la suite de l'invention du microprocesseur, les ordinateurs personnels apparaissent.

Dans les années 1990, le réseau Internet devient populaire, et relie un nombre exponentiellement croissant d'ordinateurs.

Dans les années 2000, le smartphone apparaît et commence à remplacer l'ordinateur personnel à la maison.

Dans les années 2010, avec la généralisation d'Internet et l'arrivée des objets connectés, les services informatiques migrent dans le cloud.

Précurseurs Calculateurs analogiques vignette|redresse|Le fragment principal de la machine d'Anticythère : environ. Un calculateur analogique est un calculateur qui utilise des mesures physiques continues (par exemple électriques, mécaniques ou hydrauliques) pour modéliser un problème à résoudre, tel que le passage du temps, le déplacement d'un véhicule ou le déplacement des planètes.

Cependant, un calculateur n'est pas une machine à calculer dont les touches sont toutes indépendantes tout en étant liées par les règles de l'arithmétique.

Lorsque les conditions initiales d'un calculateur analogique sont saisies, il n'est plus modifié que par l'action continue de son stimulateur ; manivelle, pendule/poids, roue d'un véhicule

Un calculateur analogique produit toujours le même résultat pour des conditions initiales identiques.

Selon le physicien américain Derek PriceD'après ., la machine d'Anticythère est un calculateur analogique, le plus ancien connu à ce jour est daté de Ce mécanisme à engrenages de bronze synthétise l'ensemble des connaissances astronomiques accumulées par les savants grecs permettant entre autres de prévoir la date et l'heure des éclipses lunaires et solaires des siècles à venir.

Un odomètre, décrit pour la première fois par le Romain Vitruve vers servait à mesurer la distance parcourue sur une route ; il était installé dans un chariot et il faisait tomber une petite boule dans un sac à chaque mille romain parcouru. Ce n'était pas un « calculateur analogique », mais un simple compteur.

Algorithmes et logarithmes Les algorithmes les plus anciens sont attestés par des tables datant de l'époque d'Hammurabi (env. ). Ce sont de simples recettes de calculs.

Vers , des algorithmes plus généraux ont été publiés par des mathématiciens grecs de l'Antiquité, notamment Euclide et Ératosthène.

Au , Mohamed Ybn Moussa al-Khawarezmi théorise les algorithmes en utilisant la nouvelle arithmétique décimale indienne. Le titre de l'un de ses ouvrages (Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison) est à l'origine du mot algèbre (de l'arabe Al-jabr signifiant « compensation »). La méthode algébrique proprement dite remonte à Diophante d'Alexandrie.

Vers 1617, John Napier invente une sorte d'abaque perfectionné. Sa formulation des logarithmes démontre que la multiplication et la division peuvent se ramener, respectivement, à une série d'additions et de soustractions.

Cela permet en 1625 à William Oughtred de développer la règle à calcul, utilisée par de nombreux ingénieurs, jusqu'à l'apparition des calculatrices de poche.

Par exemple, dans les années 1960, une partie des calculs nécessaires au programme Apollo ont été effectués avec des règles à calcul.

Premiers calculateurs mécaniques

En 1609, Guidobaldo Del Monte a fabriqué un multiplicateur mécanique pour calculer les fractions de degré. Basé sur un système de quatre engrenages, la rotation d'un index sur un quadrant correspond à 60 rotations d'un autre index sur un quadrant opposé. Grâce à cette machine, les erreurs dans le calcul des premier, deuxième, troisième et quatrième degrés peuvent être évitées. Il fut le premier à documenter l'utilisation d'engrenages pour le calcul mécanique. vignette|Une Pascaline, signée par Pascal en 1652

Une horloge à calculerUne brève histoire de l'électronique, Henri Lilen, Vuibert, Paris, 2004. Emmanuel Lazard et Pierre Mounier-Kuhn, Histoire illustrée de l'Informatique, Paris, EDP Sciences, 2026. a été dessinée en 1623 par Wilhelm Schickard (1592-1635) professeur d'astronomie et de mathématiques à l'université de Heidelberg. Ce dispositif, baptisé « horloge à calcul », aurait pu exécuter mécaniquement les additions et les soustractions, et presque aussi facilement les multiplications et les divisions. Mais on ignore s'il a été vraiment construit et, surtout, s'il était assez fiable pour être utilisé au-delà d'une démonstration.

Blaise Pascal, indépendamment de Schickard qu'il ne connaissait probablement pas, réalise en 1642, à l'âge de , une machine à calculer. Cette présentation d'une machine arithmétique ayant été attestée par des témoins dignes de foi, Pascal est crédité de l'invention de la machine à calculer, la pascaline, en 1642Jean Marguin, p. 48 (1994) citant René Taton (1963). Une pascaline, signée par Pascal en 1652, est visible au musée des arts et métiers du Conservatoire national des arts et métiers à Paris. Une reproduction géante au Musée des Arts et métiers permet d'observer et comprendre les mécanismes internes.

Sa machine effectue les quatre opérations arithmétiques sans utiliser l'intelligence humaine, mais multiplications et divisions sont effectuées par répétitions. La pascaline est améliorée par Samuel Morland puis en 1673 par Gottfried Wilhelm Leibniz qui perfectionne le principe pour la rendre capable d'effectuer des multiplications, des divisions et même des racines carrées, le tout par une série d'additions sous la dépendance d'un compteur.

Plus tard, l'arithmomètre, inventé en 1820, par Thomas de Colmar est la première calculatrice produite en série et commercialisée à exemplaires durant le . Durant cette période, il est utilisé par les assureurs.

Système binaire : le retour Leibniz est le premier à réaliser la simplicité du système de numération binaire plurimillénaire dans les opérations arithmétiquesRobert Ligonnière, 1987, p.201-204. ; Thomas Fantet de Lagny, un contemporain de Leibniz, remarqua qu'en arithmétique binaire les multiplications et divisions s'exécutent par de simples additions et soustractions : « Tout se passe comme si les nombres étaient leurs propres logarithmes »Robert Ligonnière, 1987, p. 204..

Le système binaire est parfaitement adapté aux opérations logiques et arithmétiques et sera utilisé dans les futurs ordinateurs : soit sous forme de binaire pur pour les machines scientifiques ; soit sous forme de décimal codé binaire, ou DCB, pour les machines commerciales qui réalisent plus d'entrée-sortie que de calcul.

Néanmoins, jusqu'en 1945, la plupart de la dizaine de machines construites furent basées sur le système décimal, plus difficile à implanter.

Premières machines programmables vignette|Une carte perforée. La principale marque d'un ordinateur est sa programmabilité. Celle-ci permet à l'ordinateur d'émuler d'autres machines à calculer en changeant la séquence des instructions disponibles.

Métier à tisser En 1725, Basile Bouchon, un Lyonnais, met au point le premier système de programmation d'un métier à tisser grâce à un ruban perforéRobert Ligonnière, 1987, p.60.. En 1728, Jean-Baptiste Falcon, son assistant, remplace le ruban par une série de cartes perforées reliées entre elles. Jacques Vaucanson (1709-1782) reprend cette idée en remplaçant ruban et cartes perforées par un cylindre métallique et enfin Joseph Marie Jacquard (1752-1834) lie le tout dans son métier à tisser qui fut adopté dans le monde entier et qui démontra qu'une machine pouvait être minutieuse, constante et dépendante.

Machine à calculer programmable En 1834, Charles Babbage, passionné par le métier Jacquard, propose une machine mécanique à calculer, très évoluée, « la machine analytique»Brève histoire de l'électronique, Henri Lilen, Vuibert, Paris, 2004..

La machine qu'il conçoit « devait permettre de résoudre n'importe quelle équation et d'exécuter les opérations les plus compliquées de l'analyse mathématique. » C'est un calculateur mécanique programmable, fonctionnant à la vapeur, qui utilise des cartes perforées pour ses données et ses instructionsRobert Ligonnière, , 1987.. Bien que la théorie et le projet technique de Babbage aient été remarquablement pensés, bien qu'il en ait confié la réalisation à un atelier capable de produire les pièces mécaniques de la précision voulue, et bien qu'il ait été soutenu au début par l'Académie des sciences britannique, Babbage finit par lasser son constructeur comme ses financeurs, par son arrogance et ses changements de plans successifs : la construction de cette machine analytique, pas plus que les précédentes, n'aboutit.

Charles Babbage avait une collaboratrice, la mathématicienne Ada Lovelace, comtesse et fille du poète britannique Lord Byron. Elle conçoit un programme destiné à cette machine, faisant figure rétrospectivement de « première programmeuse du monde ». De plus, elle pointe que les « diagrammes » ou « programmes » établis pour faire fonctionner la machine analytique constituent un capital immatériel mais réel de connaissances. Elle montre également que la machine peut résoudre des équations algébriques ou manipuler des nombres imaginaires.

Évolution des machines à calculer En 1885, les calculateurs sont dotés de claviers qui facilitent l'entrée des données. Par la suite, l'électricité permet de motoriser les calculateurs mécaniques et de remplacer certains mécanismes (comme les manivelles) par de l'électromécanique.

Essor de l'informatique

Fin du Le recensement de la population des États-Unis de 1880 prend sept ans (précisément sept ans deux mois et treize jours) à analyser. Un appel d'offres pour un système d'analyse plus rapide est lancé avant le recensement de 1890. Des trois offres soumises, c'est la solution d'Herman Hollerith qui est choisie, car elle utilise des cartes perforées qui la rendent deux fois plus rapide que les deux autres, qui utilisent un système de cartes de couleur.

Herman Hollerith travaille pour le bureau du recensement de 1890 à 1894. Puis, en 1896, il crée qui sera une des trois compagnies dont la fusion est à l'origine d'IBM Logo de CTR, IBM history exhibits.. Herman Hollerith utilise pour les statistiques le principe de la carte perforée, rendu populaire par le métier à tisser de JacquardCharles & Ray Eames, , 1973..

Début du À la faveur de l'augmentation de portée considérable des pièces d'artillerie embarquées, des calculateurs d'un type nouveau se développent dans la marine de guerre britannique : les systèmes de conduite de tir, qui permettent de centraliser le feu contre un bâtiment ennemi en mouvement. Ils constituent l'association d'un système d'acquisition (le gyroscope) et d'un système de calcul (l’analyseur différentiel). Le report des résultats d'impacts sur une carte, d'abord manuel, devient électrique, et donne naissance aux premiers pupitres de tir (pupitre Dumaresq, pupitre Dreyer, pupitre Admiralty) au début de la Seconde Guerre mondiale.. L'officier russe Alexeï Krylov aurait réalisé des systèmes de ce type dans les années 1910 : .

Fredrik Rosing Bull dépose le un brevet pour une « trieuse-enregistreuse-additionneuse combinée à cartes perforées », qui donnera naissance à une gamme de matériel concurrente d'IBM.

Le survol du permet d'avancer plusieurs raisons à l'essor fulgurant de l'informatique : les progrès dans la réflexion sur les fondements de la logique et des mathématiques, les progrès de l'électronique,