Le deuxième gouvernement Pierre Mauroy est le 16 gouvernement de la République française. Dirigé par Pierre Mauroy et nommé par François Mitterrand, président de la République de 1981 à 1995, il est en fonction du au ..
Contexte de formation
Contexte économique et politique Après l'écrasante victoire socialiste aux élections législatives de 1981 (285 députés), François Mitterrand, disposant d'une majorité très confortable, propose aux communistes (qui comptent 44 députés) de rejoindre le deuxième gouvernement Mauroy. Le nouveau gouvernement continue les actions entreprises par le gouvernement Mauroy I.
Choix des ministres Les contacts avec les communistes passent par Jacques Fournier et Guy Braibant. Le président leur demande de proposer aux communistes d'obtenir quatre ministères, ceux qu'ils veulent, à l'exception des régaliens (Affaires étrangères, Finances, Intérieur, Défense). Les communistes désirent cinq ministères, et proposent Anicet Le Pors aux PTT, Gisèle Moreau au Travail, Jack Ralite à la Culture, et Guy Hermier. Gaston Defferre, qui est alors maire de Marseille, refuse ce rival gênant..
Edmond Maire et Jacques Delors conseillent à Mitterrand de ne pas mettre Moreau au Travail. Le président accepte les propositions des communistes avant de décider de leur refuser les PTT et la Culture. Ralite est ainsi envoyé à la Santé, et Le Pors, qui refuse la Consommation, accepte d'être ministre de la Fonction publique et des réformes administratives.
Robert Badinter devient ministre de la Justice en remplacement de Maurice Faure, qui ne souhaitait pas être au gouvernement. Bombard et Debarge quittent le gouvernement, selon Jacques Attali, .
Est décidé le que Charles Fiterman sera nommé aux Transports, mais pas à l'Équipement, que Quilliot conserve. Marcel Rigout obtient le Travail, avant qu'il ne lui soit repris.
Féminisation du gouvernement Le gouvernement compte six femmes ministres : Nicole Questiaux, Édith Cresson, Yvette Roudy, Edwige Avice, Catherine Lalumière et Georgina Dufoix.
Coalition Le gouvernement est soutenu par une coalition composée principalement du Parti socialiste et du Parti communiste. Ce dernier possède 44 sièges à l'Assemblée nationale.
Composition initiale Pierre Mauroy est nommé Premier ministre par un décret du Décret du 22 juin 1981 portant nomination du Premier ministre et les membres du gouvernement par un décret en date du Décret du 23 juin 1981 portant nomination des membres du gouvernement (source gouvernement)Décret du 23 juin 1981 portant nomination des membres du gouvernement (source Légifrance, mais il manque la ).
Le gouvernement de Pierre Mauroy pourra compter sur les élus du groupe socialiste et sur les députés communistes. Donc soit 67 % des sièges à l'Assemblée nationale.
Premier ministre Image Fonction Nom Parti 80px|Jacques Chirac Premier ministre Pierre Mauroy PS
Ministres d'Etat Image Fonction Nom Parti 80px|Gaston Defferre Ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation Gaston Defferre PS 80px|Michel Jobert Ministre d'État, ministre du Commerce extérieur Michel Jobert MDD 80px|Charles Fiterman Ministre d'État, ministre des Transports Charles Fiterman PCF80px|Michel RocardMinistre d'État, ministre du Plan et de l'Aménagement du territoire Michel Rocard PS80px|Jean-Pierre ChevènementMinistre d'État, ministre de la Recherche et de la Technologie Jean-Pierre Chevènement PS
Ministres Image Fonction Nom Parti80px|Nicole Questiaux Ministre de la Solidarité nationale Nicole Questiaux PS 80px|Robert Badinter Garde des Sceaux, ministre de la Justice Robert Badinter PS 80px|Claude Cheysson Ministre des Relations extérieures Claude Cheysson PS 80px|Charles Hernu Ministre de la Défense Charles Hernu PS 80px|Jacques Delors Ministre de l'Économie et des Finances Jacques Delors PS Ministre de l'Éducation nationale Alain Savary PS 80px|Édith Cresson Ministre de l'Agriculture Édith Cresson PS 80px|Pierre Dreyfus Ministre de l'Industrie Pierre Dreyfus PS 50px|André Delelis Ministre du Commerce et de l'Artisanat André Delelis PS 80px|Jack Lang Ministre de la Culture Jack Lang PS 80px|Jean Auroux Ministre du Travail Jean Auroux PS 80px|Jack Ralite Ministre de la Santé Jack Ralite PCF80px Ministre du Temps libre André Henry PS80px Ministre de l'Urbanisme et du Logement Roger Quilliot PS80px|Michel Crépeau Ministre de l'Environnement Michel Crépeau MRG 80px|Louis Le Pensec Ministre de la Mer Louis Le Pensec PS80px|Georges Filloud Ministre de la Communication Georges Fillioud PS 80px|Louis Mexandeau Ministre des P.T.T. Louis Mexandeau PS 80px|Jean Laurain Ministre des Anciens combattants Jean Laurain PS 80px|Catherine Lalumière Ministre de la Consommation Catherine Lalumière PS 80px Ministre de la Formation professionnelle Marcel Rigout PCF
Ministres délégués Image Fonction Ministre de rattachement Nom Parti 80px|André ChandernagorMinistre délégué chargé des Affaires européennesMinistre des Relations extérieuresAndré ChandernagorPS 80px|Jean-Pierre CotMinistre délégué chargé de la Coopération et du DéveloppementMinistre des Relations extérieuresJean-Pierre CotPS 80px|André ChandernagorMinistre délégué chargé du BudgetMinistre de l'Économie et des FinancesLaurent FabiusPS 80px|Edmond HervéMinistre délégué chargé de l'ÉnergieMinistre de l'Industrie(jusqu'au 29/06/1982)Edmond HervéPS 109x109px|Yvette Roudy Ministre délégué, ministre des Droits de la femme Premier ministre Yvette Roudy PS 80px|André Labarrère Ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement Premier ministre André Labarrère PS 80px|Anicet Le Pors Ministre délégué chargé de la Fonction publique et des Réformes administratives Premier ministre Anicet Le Pors PCF 80px|Edwige AviceMinistre délégué chargé de la Jeunesse et des SportsMinistre du Temps libreEdwige AvicePS
Secrétaires d'État Image Fonction Ministre de rattachement Nom Parti 80px|Jean Le Garrec Secrétaire d'État chargé de l'Extension du secteur public Premier ministre Jean Le Garrec PS 80px|Raymond Courrière Secrétaire d'État chargé des Rapatriés Premier ministre Raymond Courrière PS 80px|Henri Emmanuelli Secrétaire d'État chargé des Départements et territoires d'outre-mer Ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation Henri Emmanuelli PS 80px|Georgina Dufoix Secrétaire d'État chargée de la Famille Ministre de la Solidarité nationale(jusqu'au 29/06/1982)Ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale Georgina Dufoix PS 80px Secrétaire d'État chargé des Personnes âgées Ministre de la Solidarité nationale(jusqu'au 29/06/1982)Ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale Joseph Franceschi PS 80px|François Autain Secrétaire d'État chargé des Immigrés Ministre de la Solidarité nationale(jusqu'au 29/06/1982)Ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale François Autain PS 80px|Georges Lemoine Secrétaire d'État Ministre de la Défense Georges Lemoine PS 80px|André Cellard Secrétaire d'État Ministre de l'Agriculture André Cellard PS 80px|François Abadie Secrétaire d'État chargé du Tourisme Ministre du Temps libre François Abadie MRG
Remaniements Remaniement du 29 juin 1982 Ce remaniement du Décret du 29 juin 1982 relatif à la composition du gouvernement est lié aux démissions de Nicole Questiaux et de Pierre Dreyfus. Il prévoit : Pierre Bérégovoy remplace Nicole Questiaux comme ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale ; Jean-Pierre Chevènement devient ministre de la Recherche et de l'Industrie ; Ministre délégué aux Affaires sociales, chargé du Travail : Jean Auroux ; Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l'Emploi : Jean Le Garrec ; Suppression des postes de ministre de l'Industrie et de secrétaire d'État chargé de l'Extension du secteur public ; Modification de l'intitulé du poste de ministre de Travail.
Edmond Hervé reste ministre délégué chargé de l'Énergie mais auprès du ministre de la Recherche et de l'IndustrieDécret du 3 août 1982 relatif aux attributions du ministre délégué auprès du ministre d'État, ministre de la Recherche et de l'Industrie, chargé de l'Énergie (page 1 et page 2).
Remaniement du 17 août 1982 Ce remaniement du Décret du 17 août 1982 relatif à la composition du gouvernement est lié à un changement de poste de Joseph Franceschi : Joseph Franceschi devient secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, chargé de la Sécurité publique ; Le poste de secrétaire d'État chargé des Personnes âgées est temporairement supprimé.
Remaniement du 8 décembre 1982 En désaccord avec la politique africaine, le ministre de la Coopération Jean-Pierre Cot démissionne. Il est procédé au remaniement du Décret du 8 décembre 1982 relatif à la composition du gouvernement : Christian Nucci le remplace comme ministre délégué chargé de la Coopération et du Développement ; Le poste de secrétaire d'État chargé des Personnes âgées (non occupé depuis le ) est pourvu par Daniel Benoist.
Répartition partisane
Parti Premierministre Ministresd'État Ministres Ministresdélégués Secrétairesd'État Total Répartition le 23 juin 1981 1 5 21 8 9 44 Parti socialiste 1 3 18 7 8 37 Parti communiste français 1 2 1 4 Mouvement des démocrates 1 1 Mouvement des radicaux de gauche 1 1 2 Répartition le 22 mars 1983 1 5 19 10 9 44 Parti socialiste 1 3 16 9 8 37 Parti communiste français 1 2 1 4 Mouvement des démocrates 1 1 Mouvement des radicaux de gauche 1 1 2
Actions
Politique budgétaire La majorité socialiste vote en une augmentation des dépenses publiques de 11 milliards de francs, creusant le déficit de 4 milliards, dans le cadre de la relance économique présentée dans les 110 propositions pour la France. 19 milliards de dépenses supplémentaires sont votées en novembre.
La relance cherche à redistribuer les richesses : le SMIC est relevé en pouvoir d’achat de 4,6 % en 1981, soit une augmentation sur une base annuelle de 5,2 % ; l’allocation logement est augmentée de 25 % en et de 20 % en décembre. Les prestations sociales progressent, en termes réels, de 5 % en 1981 et 7 % en 1982. La moitié de cette politique de relance porte ainsi soit sur les hausses du salaire minimum, soit sur les hausses des prestations sociales.
Le gouvernement dépose à Bruxelles à la fin de l'année 1981 un Mémorandum sur la relance européenne, qui propose une relance groupée pour amplifier les effets et stimuler la demande, relançant ainsi la production et l'emploi. Il n'aboutit à rien. La demande est réitérée au G7 de 1982 à Versailles, mais n'est pas acceptée.
La relance keynésienne permet de dynamiser la croissance française, qui passe de 1,1 % de taux de croissance en 1981 à 2,5 % en 1982. Cela se fait cependant au détriment des finances publiques, dont les déficits se creusent. La première pause dans la relance Mauroy, puis le tournant de la rigueur en 1983, provoquent une baisse de la croissance à 1,3 % en 1983, mais permet un rééquilibrage des comptes publics et une baisse de l'inflation.
Politique monétaire Lorsque le Système monétaire européen est mis en place en place en , 1 mark allemand vaut 2,30 francs français. L'annonce de l'élection de François Mitterrand agite les marchés, ce qui enclenche une phase de dépréciation du franc. La Banque de France doit ainsi puiser dans ses réserves pour défendre la monnaie en la rachetant sur les marchés des changes.
Lorsque les premières mesures de relance dégradent la balance commerciale française, une dévaluation de 3 % est proposée. Elle permet d'aboutir à un cours d'1 mark pour 2,50 francs. Il est de nouveau dévalué le de 5,75 %.
Politique industrielle et de l'emploi