Cet article liste les ducs, comtes, puis marquis de Provence. Le titre de comte de Provence devient ensuite tardivement un titre de courtoisie à la Cour.
Recteurs, patrices et ducs de la Provence mérovingienne Avant 561 : recteurs 534 ou 536-548 : Parthénius, probablement un des tout premiers rectores ProvinciæP.-A. Février, La Provence des origines à l'an Mil, .. av. † 559 : Namatius, appelé rector, puis évêque de Vienne. Felix Ennodius, qui porta le titre de patrice. ?-561 : Agricola, patrice bourguignon, remplacé par CelsusGrégoire de Tours (traduction de Guadet et Taranne), Histoire des Francs, volume 1. Paris, Jules Renouard, 1836, . D'après cet évêque, Agricola, après le partage de 561, est remplacé comme patrice par Celsus : « Le roi Gontran, ayant obtenu comme ses frères sa portion de royaume, destitua Agricola le Patrice et donna sa dignité à Celsus, homme de haute stature, aux épaules larges, au bras vigoureux, fier dans son langage, toujours prêt à répliquer, habile dans la connaissance du droit… ».
561-600 : Provence arlésienne et Provence marseillaise 280px|thumb|Le couloir austrasien en Provence instauré en 567. Après le partage du royaume entre les fils de Clotaire en 561, la province d'Arles est dans son ensemble rattachée au royaume de Gontran, c'est-à-dire à la Bourgogne, selon une solidarité naturelle. Mais en raison de l'importance de la fenêtre méditerranéenne, les rois d'Austrasie ont obtenu un corridor appelé corridor austrasien qui partant de leur territoire auvergnat passe par Avignon et aboutit à MarseilleÉdouard Baratier, Histoire de la Provence, .. Ainsi, cette période voit des personnages ayant simultanément des responsabilités en Provence aux ordres de Gontran ou des fils de Clotaire.
Nous savons par Grégoire de Tours que le roi Gontran nomme durant son règne trois patrices, tous d'origine romaine semble-t-il, qui à tour de rôle interviennent en ProvenceJean-Baptiste Dubos, Histoire critique de l’établissement de la monarchie françoise dans les Gaules. Paris, 1734, , chap. 10 : « Or il est fait mention dans un seul chapitre de Grégoire De Tours, de trois Romains créés patrices par le roi Gontran, qui avoit la Bourgogne dans son partage ; sçavoir, Celsus, Amatus, et Eunius Mummolus. Leurs noms suffisent pour montrer qu'ils étoient romains, mais nous sçavons encore d'ailleurs, que Celsus étoit de cette nation. Nous avons l'épitaphe de Silvia, mère de ce Celsus, et il est dit dans cette épitaphe que Silvia, qui comptoit des consuls au nombre de ses ancêtres, avoit vu l'un de ses fils évêque, et Celsus, qui étoit l'autre, revêtu de la dignité de Patrice. ». 561-570 : Celsus, patrice bourguignon, envoyé par Gontran pour reprendre la ville d'Arles enlevée par le comte Firminus de Clermont aux ordres de SigebertP.-A. Février, La Provence des origines à l'an Mil, . ; pour Antoine-Étienne Mille, Celsus n'est fait patrice qu'en 562Antoine-Étienne Mille, Abrégé chronologique de l'histoire ecclésiastique, civile et littéraire de…, , ici : (562) « Ce Prince, mécontent d'Agricole, que avoit fait Patrice de Bourgogne, le révoque et met Celse à sa place. » ; 569 : Amatus, patrice bourguignon, signalé (sic) après le patrice Celsus ; 570-582 : Eunius, dit aussi Mummolus, patrice bourguignon, successeur d'Amatus.
Du côté austrasien, il est possible d'identifier les personnages suivants : 561-569 : Adowaire ; 565 : patrice Bodégisèle (Bodegiselius)P.-A. Février, La Provence des origines à l'an Mil, ., fils de Mundéric et frère de Gundulf, évêque de Tongres.... 565 : Hecca, qui reçoit de la mission « de disposer de la Provence et de Marseille » ; 569-570 : Loup ; 570-573 : Jovin ; représentant du pouvoir austrasien, il devient ensuite évêque d'Uzès (581) ; 573-575 : Albin ; devient ensuite évêque d'Uzès (581).
À la mort de Sigebert en 575, son fils doit céder à Gontran la moitié de Marseille. En réalité, la ville devient une indivision sous l'autorité des deux souverains, représentés par un seul fonctionnaire appelé rector et nommé par le roi austrasien. Ce corridor enclave la cité d'Arles et ses territoires. La région d'Arles, de son côté, semble dépendre de ducs aux pouvoirs territoriaux plus étendus. 575-587 : Dynamius le PatriceSur ce personnage, voir Pascal Boulhol & alii, Maxime de Riez entre l'histoire et la légende (…). Valensole, Aurorae Libri, 2014, ., recteur de Provence ; en 582, à la majorité de Childebert, qui réclame la totalité de la ville de Marseille, s'ensuit un conflit qui va durer jusqu'en 587. Dans la cité phocéenne, le Patrice s'oppose alors violemment à l'évêque Théodore, fidèle au parti austrasien de Childebert. Dynamius est peut-être remplacé par Gundulf, qui suit ; 581-583 : Gundulf, patrice de Provence, nommé par .. ; 587-? : Nicetius ou Nizier, nommé rector Massiliensis Provinciae par Grégoire de Tours, Histoire des Francs, , 43 ici : « L’an douzième du roi Childebert [en 587], Nizier (Nicetius) d’Auvergne fut nommé gouverneur de la province de Marseille et des autres villes appartenant à Childebert en ces contrées. » ; 587-? : Leudegisèle, nommé patrice de Provence ou duc de la Provence d'Arles par GontranGrégoire de Tours, dans son Histoire des Francs (, 30), donne quelques détails : « Le roi, ayant entendu ces nouvelles, nomma pour duc Leudégisèle à la place de Calumniosus surnommé Agilan, lui soumit toute la province d’Arles (i.e. la Provence arlésienne) et lui donna plus de quatre mille hommes pour en garder les frontières. Nizier (Nicetius), duc d’Auvergne, partit également avec des troupes, et fut chargé de cerner les frontières du pays. » La Chronique de Frédégaire, 5, nous dit : « L’an vingt-septième du même règne (587), Leudégisèle (Leudisclus) fut nommé par Gontran patrice de Provence. On annonça que le roi Childebert avait eu un fils nommé Théodebert. » De son côté, Ferdinand Lot, dans son ouvrage Naissance de la France https://classiques.uqam.ca/classiques/lot_ferdinand/Naissance_de_la_france/lot_naissance_france.doc accessible ici]) indique : « Gontran dut confier hommes au duc Leudégisèle pour défendre le pays d’Arles et dépêcher le duc d’Auvergne, Nizier, pour garder la frontière du côté de la Septimanie. » ; vers 596 : Arigius, signalé comme gouverneur de Provence par Louis MaimbourgLouis Maimbourg, Histoire du pontificat de saint Grégoire Le Grand. Paris, 1686, , ici. ou patrice par Bruno DumézilBruno Dumézil, « Grégoire le Grand et les élites locales », , ici. ; une lettre du pape Grégoire le Grand du mentionne un patrice Arigius qui paraît bien être le successeur de Dynamius à la fois comme rector Provinciae et comme patriceGrégoire le Grand, Registrum epistularum, V, 31, , 14-15. Voir P. Boulhol, Maxime de Riez entre l'histoire et la légende (2014), et n. 29..
: préfets Au , les lacunes sont importantes. La fonction de rector du est remplacée par celle de praefectus avec un pouvoir supplémentaire, celui de battre monnaie avec notamment des émissions d'or royales bien représentées entre 613 et 662P.-A. Février (sous la direction de), La Provence des origines à l'an Mil, .. On connaît toutefois à la tête de la praefectura de Marseille : Babo (fl. c. 600). Aegyla (fl. c. 602) ; pour certains, il aurait précédé LeudégisèleGrégoire de Tours, dans son Histoire des Francs (, 30), donne quelques détails : « Le roi, ayant entendu ces nouvelles, nomma pour duc Leudégisèle à la place de Calumniosus surnommé Agilan… ». Syagrius. Didier (Desiderius) ; il succède à son frère Syagrius, décédé. Il prend ensuite la suite, comme évêque de Cahors, de son frère aîné assassiné. Bado (634–641). ou Willebad, patrice de Burgondie (641–643)Chronique de Frédégaire, IV, 89-90..
675-736 : patrices
Entre la fin du et 736, le titre de rector disparaît au profit de celui de patrice. À partir des années 673-675, selon Louis Stouff, un patrice dirige la Provence au nom des souverains francs, mais il ne siège pas à Arles. Il réside à Marseille devenue la capitale de la ProvenceLouis Stouff, Arles au Moyen Âge, . Il est possible toutefois que la situation ait été plus complexe, lors des périodes de Provence arlésienne.. Les frappes d'or disparaissent en 675, remplacées par des émissions en argent dont les initiales y figurant ont permis de reconstituer, en particulier avec les travaux de Fritz Kiener et Georges de ManteyerJean Lafaurie, « Monnaies d'argent mérovingiennes des : les trésors de Saint-Pierre-les-Étieux (Cher), Plassac (Gironde) et Nohanent (Puy-de-Dôme) », dans Revue numismatique, année 1969, vol. 6, 11, , spéc. , ici : « Telle qu'elle peut être établie d'après les textes et les études de F. Kiener et G. de Manteyer, la liste des patrices se résume à :
? - avant 675 : Hector, mis à mort par ? - vers 680 : Rocco vers 681-690/691 : Bonitus, Agnorius vers 700 : Nemfidius vers 711/714 : Anténor, Métranus vers 726-vers 735 : Abbo »., la chronologie des patrices. Plusieurs noms sont également connus par d'autres sources, en particulier par un protocole rédigé à Digne en 780 contenu dans le cartulaire de Saint-VictorP.A. Février (sous la direction de), La Provence des origines à l'an Mil, .. Hector (? - Pâques 675) ; assassiné à Autun pour avoir déplu à ChildéricP.-A. Février (sous la direction de), La Provence des origines à l'an Mil, : Hector est décédé avant le , date de l'assassinat de saint Prix, évêque d'Auvergne, tué le 20 janvier 676, en représailles de son propre assassinat.. Rocco (vers 680) Bonitus (vers 681 - vers 691) ; il succède ensuite à son frère Avitus sur le siège épiscopal de Clermont. Agnorius (vers 691) Anténor ( : frappes avec nom complet) Austrebert ou Ansedert (Ansedertus), vers la fin du sièclePhilip Grierson, Christopher Nugent & Lawrence Brooke, dans C.N.L. Brooke, B.H.I.H. Stewart, J.G. Pollard & T.R. Volk (ed.), Studies in numismatic method presented to Philip Grierson. Cambridge GB, Cambridge University Press, 1983 , , ici : « … The varieties attributed to the Patrice of Provence Ansedert or Austrebert (nos 47-50), and which have generally been dated to the end of the seventh century… ». vers 700-702 : Nemfidius vers 702-716 : Anténor ( : frappes avec monogramme) ; Anténor aurait pu être deux fois patrice, bien que certains n’excluent pas l’hypothèse que le second Anténor ait été un fils ou un parent du premierPhilip Grierson & Mark Blackburn, Medieval European Coinage. 1 : The Early Middle Ages (-10th Centuries). Cambridge GB & London, Cambridge University Press, 1986, , ici.. vers 716-732 : Métranus vers 732-736 : Abbon Dans les années 730, apparaît également un personnage, Mauronte appelé duc (720-739), qui se rebelle contre les Carolingiens. vers 737 : Arding l'Alaman, qui aurait succédé au patrice AbbonJean-Pierre Poly, La Provence et la société féodale, 879-1166, : « Arding, l'Alaman, succédant au dernier patrice Abbon, avait dépossédé l'Église de Marseille de trois de ses domaines pour les donner à son vassal Isembert. ». vers 737 : dit duc de Provence, frère de Charles Martel.
Après 739 : missi dominici Le titre de patrice de Provence aurait été supprimé : soit en 736, année où Charles Martel envahit la vallée du Rhône avec son demi-frère Childebrand et dévaste la région, reprenant Arles et Avignon, tout en repoussant le duc Mauronte dans Marseille ; soit en 739, date de la mort d'Abbon dont la charge de duc et de patrice, faisant ombrage à la nouvelle dynastie carolingienne, fut supprimée par Pépin le Bref, et dont les successeurs instituèrent, à la place de ces gouverneurs inamovibles, des inspecteurs généraux divisionnaires, appelés missi dominici, dont les fonctions étaient temporaires et révocables à la volonté du souverainFrédéric Charles de Gingins la Sarra, Mémoires pour servir l’histoire des Royaumes de Provence et de Bourgogne-Jurane ; : les Bosonides. Lausanne, G. Bridel, 1851, , ( lire en ligne)..
Comtes carolingiens en Provence