LItalie (en Prononciation en italien standard retranscrite selon la norme API. ), en forme longue la République italienne (en ), est un État souverain d'Europe du Sud. Son territoire comprend une partie continentale, une péninsule située au centre de la mer Méditerranée ainsi qu'une partie insulaire constituée par les deux plus grandes îles de cette mer, la Sicile et la Sardaigne, et d'autres îles plus petites. Elle est rattachée au reste du continent par le massif des Alpes. Le territoire italien correspond approximativement à la région géographique homonyme. Le pays possède des frontières terrestres avec la France, la Suisse, l'Autriche et la Slovénie ainsi que des frontières internes avec Saint-Marin et le Vatican. En 2025, l'Italie compte et a une superficie de .
L'Italie apporte une contribution fondamentale à la civilisation occidentale : elle est notamment le berceau de la civilisation étrusque, de la Grande-Grèce et de la civilisation romaine dans toutes ses phases — monarchie, République et Empire —, ainsi que de la chrétienté occidentale structurée autour de la papauté ; elle fut aussi, au Moyen Âge, l'un des principaux foyers de renaissance de la civilisation urbaine européenne à travers les communes et les républiques maritimes, avant de devenir celui de l'humanisme et de la Renaissance. Existant en tant qu'État unitaire depuis 1861 à la suite du (Renaissance ou Résurrection) mené par le royaume de Sardaigne, l'Italie a connu sous le régime fasciste une dictature de 1922 à 1943, issue d'un mouvement politique né en Italie et qui s'est ensuite diffusé en Europe ; elle est une république parlementaire depuis l'abolition par référendum de la monarchie italienne en 1946.
L'Italie est, en ce début de , la huitième puissance économique mondiale et troisième économie de la zone euro. Elle est membre fondateur du Conseil de l’Europe, de l'ONU, de l'Union européenne, de l'Union latine, de l'OTAN, de l'OCDE, du G7 et de l'OMC.
Toponymie vignette|upright|Évolution du territoire dénommé Italia du à Dioclétien..
Au le nom désigne à l'origine une partie seulement de ce qui est maintenant l'Italie du Sud. Selon Antiochos de Syracuse, c'est la partie du sud de la péninsule (Bruttium), l'actuelle région italienne de la Calabre habitée par les Italoi (et plus précisément l'isthme de Catanzaro). Avant le et l'historiographe grec Polybe, on appelle Italie le territoire compris entre le détroit de Messine et les Apennins septentrionaux, puis lui et son contemporain romain Caton l'Ancien étendent le concept territorial de la péninsule jusqu'à l'arc alpin.. C'est sous le règne de l'Empereur Auguste () que le terme a été étendu officiellement pour couvrir la péninsule jusqu'aux Alpes, unifiant ainsi la zone géographique italienne et unifiant pour la première fois l'ensemble du peuple ethnoculturel italique qui y vivait. La Sicile, la Sardaigne et la Corse ne font pas partie de l'Italie à cette époque, et ce jusqu'au , conséquence des réformes administratives de Dioclétien, même si leurs rapports culturels étroits avec la péninsule permettent de les considérer comme partie intégrante de l'ItalieSuzanne Gély, Le nom de l'Italie : Mythe et histoire, d'Hellanicos à Virgile (« Bibliothèque du Voyage en Italie, Études », 37), Slatkine, Genève 1991, 532 p..
Selon la mythologie grecque, le nom Italia est issu d'Italos, fils de Telegonos et de Pénélope, roi des Œnôtres ou Œnotriens, royaume correspondant à une partie de la Calabre et de la Basilicate, allant jusqu'à Tarente au sud : Virgile : Énéide.
Une des plus anciennes inscriptions faisant apparaître le mot Italie sous la forme ITALIA se trouve sur une monnaie datant du , retrouvée dans l'ancienne Corfininium dans les Abruzzes, capitale de la Confédération italique. La monnaie avait été frappée par la confédération des peuples italiques, en guerre contre Rome pour obtenir la citoyenneté romaine (Guerre sociale). Le taureau était un symbole fort dans les royaumes italiques et était souvent dépeint donnant un coup de corne à la louve romaine, symbole provocant de l'Italie libre pendant la Guerre sociale (Rome) au
Le terme même dItalia évolue pendant l'Antiquité. Pour les Grecs, il s'agissait seulement du royaume voisin d'Italos. Une origine populaire rapproche l'étymologie à un épisode de la mythologie grecque des travaux d'Héraclès. En effet, après avoir volé les cent quinze bœufs de Géryon, le héros mena le troupeau le long des côtes italiennes, lorsqu'un taureau s'échappa jusqu'en Sicile. Héraclès l'y retrouva et appela le pays Italia. Une autre version grecque emploie les termes Ouitalia et Ouitalios, en les rapprochant du : . Il est possible que les ítalos aient pris le nom de leur richesse, le bétail, dans des rituels de « printemps sacré » par lesquels ils célébraient les lieux où ils se sont finalement installés. L'historien grec Dionysius de Halicarnasse expose ce compte rendu ensemble avec la légende que l'Italie a porté le nom d'Italus, mentionné aussi par Aristote et Thucydide.
Une autre étymologie est proposée, sur le rapprochement de it- et de aithô, en grec : ce verbe signifie , et on le retrouverait dans le radical du nom du volcan Etna. Sa présence serait justifiée du fait que, étant un nom donné par les Grecs, venant de l'est, ils voient le soleil couchant rougeoyer et brûler l'horizon à l'endroit de la péninsule. On trouve le terme aithalia également utilisé à l'époque antique pour les îles de Lemnos (sans doute du fait de son activité métallurgique) et d'Elbe, pour la même raison qu'. Son usage pour l'Etna ou Aithna est transparent. Le nom daithalia aurait été donné en premier lieu aux côtes sud de la Botte, là où les Grecs ont accosté en premier, sur le continent.
Histoire
Antiquité
Avant et pendant Rome
Avant le développement de Rome, l'Italie était composée de plusieurs cultures et civilisations, pour la plupart indo-européennes (Italiotes ou italiques), sur un substrat ligure du Néolithique. Sur ces cultures qualifiées d'autochtones, empiétaient : au sud, les florissantes colonies grecques de la Grande-Grèce, à partir du par exemple Syracuse, Agrigente et Sélinonte ; au centre, des peuples italiques, venus d'Europe centrale à l'âge du bronze, proches des Celtes : Osques, Sabins, Samnites, Latins, Ombriens, ; la civilisation étrusque, non-indo-européenne, qui, selon les sources, serait autochtone ou venue d'Asie Mineure ; au nord, les Vénètes, les Ligures et les Celtes, ces derniers arrivés plus tardivement de Bohême, occupent la plaine du Pô, appelée ensuite Gaule cisalpine.
Sous la République romaine, la limite nord de l'Italie s'arrête à la Gaule cisalpine, au niveau des fleuves Aesis - puis en -59 le Rubicon - et Magra. En -42, la Cisalpine est réunie à l'Italie qui s'arrête désormais aux Alpes. Cette dernière limite est fixée au trophée des Alpes mais est ensuite déplacée. Rome attribue la citoyenneté romaine à l'ensemble des Italiens dès -89, elle ne l'étend à tout l'Empire que trois siècles plus tard (édit de Caracalla, 211-212).
Rome et son empire
vignette|alt=Photographie représentant Romulus et Rémus nourris par la louve capitoline|Romulus et Rémus nourris par la louve, mythe fondateur de la civilisation romaine, musées du Capitole (Rome). Selon la légende, la fondation de Rome est due à Romulus et Rémus au milieu du La civilisation de Rome connut une première phase d'expansion sous le gouvernement des rois de Rome, qui sont également les fondateurs symboliques de nombreuses institutions romaines. L'unification de la péninsule est conduite à l'époque de la République. Après la victoire de Rome contre Carthage lors de la première guerre punique, les principales îles de la Méditerranée occidentale passèrent également sous le contrôle de Rome. Les deuxième et troisième guerres puniques lui assurèrent le contrôle de tout le pourtour du bassin occidental de la Méditerranée.
Au , Rome domine une grande partie du bassin méditerranéen, mais après la mort de Jules César, le , la République sombre dans la troisième guerre civile de son histoire. Son successeur, fils adoptif par testament et petit-neveu, Octave, futur empereur Auguste, d'abord fort mal préparé à mener sa conquête du pouvoir arrive à éliminer progressivement ses rivaux : en , une coalition des forces octaviennes et antoniennes détruit les forces des tyrannicides dans la plaine de Philippes en Macédoine, en il soumet Sextus Pompée, alors maître des îles tyrrhéniennes, et se débarrasse de son ancien collègue triumvir Lépide. Enfin en il affronte et défait la flotte de Marc Antoine et à la bataille d'Actium, ce qui fait de lui le maître de l'Empire romain. À partir de , faisant mine de restaurer la République dans son fonctionnement traditionnel, il la transforme progressivement en Empire (son « règne » est une période nommée par les historiens le Principat) et met ainsi fin à de longues années d'instabilité politique. Son régime se fonde sur un consensus : le désir de paix sociale après trois guerres civiles destructrices. Le gouvernement des territoires contrôlés par Rome évolue et s'améliore relativement par rapport à ce qu'étaient les pratiques de gestion républicaine. Le fer de lance de la gestion est le respect des cultures locales (par exemple le respect scrupuleux des traditions religieuses de chaque province), des formes d'autonomies (les premières à en bénéficier furent les anciennes cités-États de Grèce) qui s'approfondissent et s'étendent au fur et à mesure que la romanisation des provinciaux progresse et le développement économique favorisé par la réalisation de grandes infrastructures et surtout la Pax Romana.
vignette|Empire romain à son apogée. vignette|L'Italie et ses régions à l'époque de l'Empire romain au vignette|Château El Monte.