L'informatique est un domaine d'activité scientifique, technique et industriel concernant le traitement automatique de l'information numérique par l'exécution de programmes informatiques hébergés par des dispositifs électriques-électroniques : systèmes embarqués, ordinateurs, robots et automates.
Les champs d'application sont : l'Informatique théorique, qui concerne la définition de concepts et modèles ; l'informatique pratique, qui s'intéresse aux techniques concrètes de mise en œuvre ;
Certains aspects de l'informatique sont très abstraits, comme la complexité algorithmique, d'autres sont plus proches d'un public profane.
Ainsi, la théorie des langages demeure un domaine davantage accessible aux professionnels formés (description des ordinateurs et méthodes de programmation), tandis que les métiers liés aux interfaces homme-machine (IHM) sont accessibles à un plus large public.
Définitions
Le terme « informatique » résulte de l'association du terme « information » au suffixe « -ique » signifiant « qui est propre à » : Comme adjectif, il s'applique à l'ensemble des traitements liés à l'emploi des ordinateurs et systèmes numériques. Comme substantif, il désigne les activités liées à la conception et à la mise en œuvre de ces machines. Des questions de télécommunications comme le traitement du signal ou la théorie de l'information, aussi bien que des problèmes mathématiques comme la calculabilité s'y rattachent.
On appelait autrefois « traitement de l'information à façon » l'emploi de machines mécaniques, électromécaniques puis électroniques pour traiter ou produire de l'information contenue dans des bandes perforées ou autres dispositifs à façon. Ces machines étaient regroupées dans des « centres de productivité » et avaient pour but d'améliorer la productivité de leurs clients, soit en facilitant leur gestion, soit par le traitement de leurs données (recensement, statistiques, bilans comptables, etc.)https://www.lemonde.fr/archives/article/1969/09/25/votre-entreprise-demit-le-marche_2433714_1819218.html..
Dans le vocabulaire universitaire américain, l'informatique se dit , littéralement « la science des ordinateurs », et désigne surtout l'informatique théorique : un ensemble de sciences formelles qui ont pour objet d'étude la notion d'information et des procédés de traitement automatique de celle-ci, l'algorithmique.
Les applications de l'informatique depuis les années 1950 forment la base du secteur d'activité des technologies de l'information et de la communication. Ce secteur industriel et commercial est lié à la fois aux procédés (logiciels, à l'architectures de systèmes) et au matériel (électronique, télécommunication). Le secteur fournit également de nombreux services liés à l'utilisation de ses produits : développement, maintenance, enseignement, assistance, surveillance et entretien.
Étymologie
En 1957, l'ingénieur allemand Karl Steinbuch crée le terme « » pour son essai intitulé , pouvant être rendu en français par « Informatique : traitement automatique de l'information » Karl Steinbuch, Bernard Widrow, Reiner Hartenstein, Robert Hecht-Nielsen..
En mars 1962, Philippe Dreyfus, ancien directeur du Centre national de calcul électronique de Bull, utilise pour la première fois en France le terme « Informatique »Maurice Roy, Le patron de l'Informatique, in L'Express du 3-9 octobre 1966, . pour son entreprise « Société d'informatique appliquée » (SIA), consulté le 29 octobre 2014.. Selon certains, ce néologisme est un mot-valise qui agglomère « information » et « automatique », pour désigner le traitement automatique des donnéesMichel Volle - étymologie du mot informatique, sur le site volle.com.Histoire de l'informatique, sur le site snv.jussieu.fr, consulté le 13 novembre 2012..
En 1966, l'Académie française consacre l'usage officiel du mot pour désigner la . La presse, l'industrie et le milieu universitaire l'adoptent dès cette époque.
En juillet 1968, le ministre fédéral de la Recherche scientifique d'Allemagne de l'Ouest, Gerhard Stoltenberg, prononce le mot « » lors d'un discours officiel sur la nécessité d'enseigner cette nouvelle discipline dans les universités de son pays ; on emploie ce même terme pour nommer certains cours dans les universités allemandes.. Le mot fait alors son apparition en Italie et en Espagne, de même qu’ au Royaume-Uni.
Les fondateurs de la Compagnie Générale d'Informatique (CGI) reprennent le mot « informatique » en 1969Compagnie Générale d'Informatique, Livret d'accueil des jeunes embauchés, 1981..
Évolution sémantique Dans l'usage contemporain, le substantif « informatique » devient un mot polysémique qui désigne autant le domaine industriel en rapport avec l'ordinateur (au sens de calculateur fonctionnant avec des algorithmes), que la science du traitement des informations par des algorithmes.
Les expressions « science informatique », « informatique fondamentale » ou « informatique théorique » désignent sans ambiguïté la science, tandis que « technologies de l'information » ou « technologies de l'information et de la communication » désignent le secteur industriel et ses produits. Des institutions assimilent parfois la compétence des utilisateurs dans la manipulation des appareils à l'alphabétisation ou à la conduite automobile, comme veut le faire entendre l'expression (traduction littérale : « permis de conduire un ordinateur »)...
Équivalents en anglais Plusieurs termes en anglais désignent l'informatique : : surtout en tant que domaine scientifique (se rencontre en Europe de l'Ouest)TERMIUM plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada, donne la précision suivante : . ; computer science : l'informatique fondamentale ou science des calculateurs, une branche de la science en rapport avec le traitement automatique d'informations « Computer Science is the study of all aspects of computer systems, from the theoretical foundations to the very practical aspects of managing large software projects. » Massey University. ; computing : qui qualifie les activités nécessitant une masse d'opérations mathématiques et logiques (par exemple, dans cloud computing ou decision support computing)TERMIUM plus donne de computing la définition suivante : . ; electronic data processing : traitement des données à l'aide de l'électronique ; Information technology : souvent utilisé pour désigner le secteur industriel des technologies de l'information Définition sur TERMIUM plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada : , source : , viii, 566 p., ...
Dans le monde du travail, on parle volontiers d’I.T., le département informatique étant IT - Abréviation de IT technology, sur materiel-informatique.be, consulté le 14 mai 2019. (les autres termes ne sont quasiment jamais utilisés).
Histoire
Depuis des millénaires, les humains ont créé et utilisé des outils aidant à calculer (abaque, boulier), exigeant, comme les opérations manuelles, des algorithmes de calcul, dont des tables datant de l'époque d'Hammourabi (environ 1750 av. J.-C.) figurent parmi les exemples les plus anciens.
Si les machines à calculer évoluent constamment depuis l'Antiquité, elles n'exécutent pas elles-mêmes l'algorithme : c'est l'homme qui doit apprendre et exécuter la suite des opérations, comme pour réaliser les différentes étapes d'une division euclidienne. En 1642, Blaise Pascal imagine une machine à calculer, la Pascaline, qui fut commercialisée. Sept exemplaires subsistent dans des musées comme celui des Arts et Métiers. à Paris, et deux sont dans des collections privées (IBM en possède une). Joseph Marie Jacquard avec ses métiers à tisser à cartes perforées illustre en premier le concept de programmation, comme enchaînement automatique d'opérations élémentaires. George Boole et Ada Lovelace esquissent une théorie de la programmation des opérations mathématiques.
Le secteur très féminisé à ses débuts avec des pionnières comme Ada Lovelace, Grace Hopper, Frances Allen, Adele Goldberg est devenu progressivement plus masculin avec la professionnalisation des différents métiers dans l'informatique (premiers diplômes en informatique). La place des femmes en informatique décroît dès le milieu des années 1980 en France..
Mécanographie Dans les années 1880, Herman Hollerith, futur fondateur d'IBM, fonde la mécanographie en inventant une machine électromécanique destinée à faciliter le recensement en stockant les informations sur une carte perforée.. Le gouvernement des États-Unis utilise pour la première fois à grande échelle les trieuses et les tabulatrices lors du recensement de 1890, à la suite de l'afflux des immigrants dans ce pays dans la seconde moitié du .
L'ingénieur norvégien Fredrik Rosing Bull a créé la première entreprise européenne qui a développé et commercialisé des équipements mécanographiques. Installé en Suisse dans les années 1930 il est ensuite venu en France pour s'attaquer au marché français. Pendant la Seconde Guerre mondiale, René Carmille utilisait des machines mécanographiques Bull.
Les Allemands étaient équipés de machines mécanographiques avant la Seconde Guerre mondiale. Ces équipements étaient installés dans des ateliers composés de trieuses, interclasseuses, perforatrices, tabulatrices et calculatrices connectées à des perforateurs de cartes. Des machines électromécaniques utilisant aussi des lampes radio comme les triodes effectuaient les traitements. Ces lampes dégageaient de la chaleur qui attirait les insectes, et les (terme anglais pour insectes, francisé en « bogue ») étaient une cause de panne courante.
Les femmes occupent une place prépondérante au début de l'informatique dans les activités de calcul et de programmation. Les programmeuses de l'ordinateur ENIAC en 1944 sont six mathématiciennes : Marlyn Meltzer, Betty Holberton, Kathleen Antonelli, Ruth Teitelbaum, Jean Bartik, Frances Spence. Adele Goldstine est leur formatrice et elles sont surnommées les « ENIAC girls ».
L'informatique moderne n'a pu émerger qu'à la suite de l'invention du transistor en 1947 et son industrialisation dans les années 1960.
Naissance de l'informatique moderne L'informatique moderne commence avant la Seconde Guerre mondiale avec la conception du premier calculateur électronique spécialisé de John Vincent Atanasoff puis lorsque le mathématicien Alan Turing pose les bases d'une théorisation de ce qu'est un ordinateur, avec son concept de machine universelle de Turing. Turing pose dans son article les fondements théoriques de ce qui sépare la machine à calculer de l'ordinateur : la capacité de ce dernier à réaliser un calcul en utilisant un algorithme conditionnel.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'invention du transistor, puis du circuit intégré permettront de remplacer les relais électromécaniques et les tubes à vide, qui équipent les machines à calculs pour les rendre à la fois plus petites, plus complexes, plus économiques et plus fiables. Le capital-risque finance des dizaines de sociétés électroniques.
Avec l'architecture de von Neumann, mise en application de la machine universelle de Turing, les ordinateurs dépassent la simple faculté de calculer et peuvent commencer à accepter des programmes plus évolués, de nature algorithmique.
En 1961, Marion Créhange soutient une des premières thèses en informatique en France..
Dans les années 1970, l'informatique se développe avec les télécommunications, avec Arpanet, le réseau Cyclades et la Distributed System Architecture (DSA) de réseau en couches, qui donnera naissance en 1978 au modèle OSI, appelé aussi « OSI-DSA », puis aux protocoles TCP-IP dans les années 1990, grâce à la baisse des prix des microprocesseurs. Les concepts de datagramme. et d'informatique distribuée, d'abord jugés risqués, s'imposeront grâce à l'Internet.
Développement des applications informatiques