La Duchère est un quartier de Lyon et une zone d'aménagement concerté d'environ 120 hectaresNadine Halitim, « De la notion de quartier à ses représentations : Exemple de la Duchère » in Bulletin du Centre Pierre-Léon d'histoire économique et sociale. situé dans le arrondissement. Il est labellisé écoquartier en .

Géographie Le quartier de La Duchère s'étend sur dans le nord-ouest du territoire de la ville de Lyon, et est limitrophe des communes de Champagne-au-Mont-d'Or, Écully et Saint-Didier-au-Mont-d'Or. Dominant la Saône et le quartier de Vaise et formant le plateau de l'Ouest lyonnais, ce quartier est souvent qualifié de troisième colline de Lyon, après Fourvière et La Croix-Rousse.

Sous-quartiers

Le quartier de La Duchère possède plusieurs sous-quartiers : Le Plateau, La Sauvegarde, Balmont et Le Château. Le secteur du Plateau constitue le cœur du quartier de La Duchère. Il comporte notamment le Lycée de la Martinière, mais également la tour panoramique, ainsi qu'historiquement la « barre des 1000 », une succession de 3 barres (210, 220, 230) qui totalisaient , intégralement détruites entre 2005 et 2015...

Histoire

Château de la Duchère

vignette|Illustration du château de la Duchère. vignette|Château de la Duchère en 1892.

Au , le château de la Duchère est construit. Il est rénové et agrandi plusieurs fois entre les . Au , il est mis en location, avant d'être abandonné dans les années 1960. Il est démoli entre 1972 et 1973, contre l'avis de François-Régis Cottin... Sa destruction serait dû aux coûts importants pour le réhabiliter. Les seuls vestiges du château encore existants sont les restes d'un lavoir construit en 1661.

Patrimoine militaire Avant de devenir un quartier de Lyon, la Duchère était l'une des 24 places fortes intra-muros ou périphériques constituant la première ceinture de Lyon en 1832. En effet, de 1832 à 1874, la ville s'était dotée de deux barrières défensives, constituées de forts, de bastions, de pipes et de batteries, destinées à préserver la ville d'éventuelles attaques étrangères mais aussi des campagnes alentour et de leurs brigands ; le fort de la Duchère, où se situe désormais le stade de la Duchère, était l'un de ces maillons. Sa construction s'étire de 1844 à 1851. Il n'est plus utilisé militairement à partir de 1957. Il servira par la suite comme centre de recrutement, puis comme lieu de transit pour les rapatriés d'Algérie. Une grande partie est détruite.

Urbanisation du Jusqu'au milieu des années 1950, la Duchère est en grande partie constituée de terres agricolesLa Duchère, Ville de Lyon.. En , un premier plan masse est demandé par le ministère de la reconstruction et du logement à François-Régis Cottin, un second est demandé en 1957François-Régis Cottin Architecte & Historien, Archives de LyonAteliers Santé-Ville, Diagnostic de santé du quartier de La Duchère, Ville de Lyon, Janvier 2004..

En 1958, Louis Pradel lance le projet de construction sur le quartier. La première construction civile de ce nouveau quartier est le lycée de la Martinière en 1959Histoire de la Duchère, Site personnel illustré..

L'urbanisation est massive dans les années 1960 avec la création d'un nouveau quartier, destiné à résorber l'habitat insalubre des quartiers ouvriers de Vaise. En réponse à une crise aiguë du logement dans l'agglomération lyonnaise, Louis Pradel, maire de Lyon, annonce la création d'un ensemble d'entre 5300 et 5500 logements à La Duchère, dirigé par l'architecte François-Régis Cottin.. Les acquisitions foncières et l'aménagement du site sont délégués à la société d'équipement du Rhône et de Lyon (SERL). Le quartier du Château commence à être construit en 1961. Le quartier commence à être habité entre 1962 et 1963.. En , 2000 logements sont habités, puis 4000 en . En 1965, environ un tiers de la population est constitué de rapatriés d'Algérie.

Parallèlement, l'église Notre-Dame-de-Balmont, conçue par Pierre Genton, est construite entre 1963 et 1965. Un château d'eau de de haut est construit en 1967. La même année, la résidence Les Érables est construite, conçue par l'architecte Jean Dubuisson.

Le quartier, à la suite de la guerre d'Algérie, accueille en premier lieu des populations rapatriées d'Afrique du nord, dites Pieds-Noirs, puis des populations d'origine majoritairement maghrébines. Le monument aux morts de la ville d'Oran est transféré à La Duchère en 1968.. La même année, l'église du plateau est construite par François-Régis Cottin.

En 1969, la construction de la tour panoramique de la Duchère commence. Elle sera terminée en 1972. Son architecte est François-Régis Cottin, qui a également construit les églises situés sur le Plateau. Elle s'élève à une hauteur de (du sous-sol au sommet de la flèche).

En 1975, le quartier compte habitants. Ce chiffre passe à habitants en 1982, puis à habitants en 1990. Il est de habitants en 1999. Cela s'explique par une forte décohabitation des ménages, avec un passage de 4 personnes par ménage en 1964 à 2,7 personnes en 1990, qui s'explique par un vieillissement de la population. En parallèle de ce vieillissement, et de la diminution de la part des moins de 20 ans dans la population, la population étrangère passe de 5,5 % en 1975 à 17 % en 1990. En 1990, le taux de chômage dans le quartier est de 14 %.

Dans les années 1990, plusieurs projets sont conçus par l'OPAC du Rhône et par la ville de Lyon, pour réaménager le quartier. L'église Notre-Dame-de-Balmont est désaffectée en 1995 et reconvertie en cinéma sous le nom de Ciné Duchère..

En 2000 le quartier est constitué de logements dont 4026 logements sociaux. 2396 logements sont situés sur le Plateau, 1162 sont situés à Balmont, 1055 sont présents à la Sauvegarde et 563 sont situés au Château.Diversification de l'habitat et mixité sociale dans les quartiers en rénovation urbaine, Act Consultants, CERFISE, Cf. Géo, IUP, Octobre 2009..

Premières politiques de la ville La Duchère est incluse dans les dispositifs de la politique de la ville dès 1986 via une convention Développement social des quartiers (DSQ) entre l'État, la ville de Lyon, le Grand Lyon et les organismes HLM. Ce cadre vise à mettre en avant des actions de rénovation mais également des actions plus sociales d'insertion et d'éducation. Cette convention est renouvelée en 1986. Dans ce cadre et celui d'une réhabilitation d'une barre, un groupe de travail inter-quartier (GTI) est mis en placeSuivre ce qui se passe à la Duchère : formes d'engagement et ressorts du public au sein du Groupe de Travail Interquartiers, Laetitia Overneyn, Centre Max Weber.. Il est porté par un noyau dur d'habitants du quartier. Il vise à faire le lien entre les habitants et les instances décisionnelles, tant avec les élus qu'avec les personnes chargées de la rénovation du quartier. Le GTI existe toujours et tiendra un rôle assez critique vis-à-vis du grand projet de ville. En 1991, la DSQ est reconduiteGPV de La Duchère, Joseph Graven, Ophélie Ignace, Gaëlle Le Génissel, Université Lumière Lyon 2 – UMR 5600 Environnement, Ville, Société, juin 2006.. Un plan d'action de 74 millions de francs est lancé, pour réhabiliter les espaces publics, les logements, en parallèle d'action d'insertion sociales et économiques. En 1994, le quartier est intégré au dispositif de contrat de ville. En 1998, un plan d'action sécurité est mis en place, avec l'augmentation des effectifs policiers, ainsi que de la mise en place de vidéosurveillance. Dans la décennie 1990, la barre 260 est réhabilitée par son bailleur de fonds la SACVL. Le projet inclut également la destruction des anciennes emprises commerciales, en partie inoccupées, pour les relocaliser au rez-de-chaussée des nouveaux immeubles.

Le quartier connaît quelques incidents qui altèrent sa réputation.... Le quartier est secoué par des émeutes en 1997.

En 1999, le quartier possède un parc de logement social représentant 80 % de son parc total contre 18 % dans la commune de Lyon. Les principaux bailleurs sociaux du quartier sont l’Opac du Grand Lyon, l’Opac du Rhône et la SACVL. En 1999, le recensement de la population fait état de à La Duchère (contre en 1968). La même année, le quartier a un taux de chômage de 22 % contre 12 % en moyenne dans la commune de LyonUn Grand Projet de Ville pour un développement durable, ANRU, Octobre 2012. Le quartier montre également en moyenne de piètres résultats scolaires. De plus, il accueille bien plus de ménages monoparentaux, avec un taux de 17 %, contre en moyenne 9 % à Lyon.

En , la démolition partielle de la barre 200 est voté au conseil municipal de Lyon, avec une aide de la mairie de 2 millions d'euros pour cette réalisation. Sa démolition a lieu le .

Grand projet de ville Conception et gestion vignette|Square et immeuble rue de la Sauvegarde.

Le grand projet de ville de La Duchère est conçu entre 2000 et 2003, même si les premières réflexions remontent, semble-t-il à 1999. En parallèle, le contrat de ville est renouvelé pour la période 2000 à 2006. En 2003, le grand projet de ville de La Duchère, est signé entre l'État, le Grand Lyon et la Ville de Lyon. Ce grand projet a vocation à se mettre en place entre 2003 et 2016 en deux phases. La maîtrise d'ouvrage de ce projet est assurée par la Mission Lyon la Duchère, créée en 2001, qui regroupe la ville de Lyon et le Grand Lyon, mais aussi le département du Rhône et la région Rhône-Alpes. Les aménagements mis en place au travers du grand projet de ville se font au travers d'une ZAC, créée en , dont l'aménageur est la société d'équipement du Rhône et de Lyon (SERL), depuis la signature de sa convention le . La conception urbanistique et architecturale du projet est encadrée par Alain Marguerit, Bernard Paris, Pascal Gontier et Bernard Martelet.

Le budget initial du grand projet de ville à la Duchère est de 600 millions d'euros, avec 350 millions d'euros par des fonds publics : 125 millions d'euros par le Grand Lyon, 50 millions d'euros par l'ANRU, 25 millions d'euros par la ville de Lyon, 11 millions d'euros par la Région Rhône-Alpes.

Dans le cadre du grand projet de ville (GPV), la Duchère est intégrée au dispositif contrat de villePolitique de la ville en Rhône-Alpes :chiffres-clés et cartographie des territoires.. Le quartier est classé en contrat urbain de cohésion sociale (CUCS), priorité 1, de 2007 à 2014Lettre de cadrage Duchère 2013., jusqu'à ce qu'il devienne un quartier prioritaire en 2015.

Ce projet prévoit la démolition de plusieurs barres et logements soit un total de logements détruits, dont la "barre des 1 000", mais aussi la barre 260 et une partie de la barre 410. La destruction de la barre 260 est la plus controversée, de par sa récente réhabilitation. Le projet inclut également la reconstruction de plus de neufs dont une grande part de logements privés en accession à la propriété ou en location. Des logements sociaux neufs et un centre de quartier avec de nouveaux commerces et services publics sont également prévus, sur le plateau de La Duchère. Ce projet prévoit notamment la restructuration du quartier par le rééquilibrage de la part de logements sociaux et de logements privés sur le quartier. En 2003, 80 % des logements étaient des logements sociaux ; à terme, soit en 2010, cette part sera ramenée à 63 %Lyon La Duchère, Politique de la ville de Lyon.. De plus, plusieurs équipements publics sont prévus, notamment deux écoles, un gymnase, une bibliothèque, une salle d'athlétisme et une salle de fête, en plus de la réhabilitation de la MJC. Enfin le projet inclut la création d'une nouvelle trame viaire orthogonale, permise par la destruction de plusieurs barres dont la barre 260.

En , le processus de sélection de promoteurs de lots construits est lancé. Ceux sélectionnés sont : Nexity-Georges V, Bowfonds Marignan, Alliade, Cogédim, Rhône Saône Habitat, Spirit Grand Sud et SLCI Promotion.

Réalisation thumb|29 octobre 2003, démolition d'une partie de la barre 200.